•m^"^' •^■^ . ^ > /4^*||. 1 t^ÊÊ^^^^St ' »5 r* ^î^^^ #.' ^' <àpy. ^ -'1 ^n. '3^ 41 ^ :^, 51 ^>^^ '" "^ * "wP^^ /'-> 1.. \ V '^ -' 2:._ff_-J v^.^ ^^^H^;\mj| ^•^^^•î't* t5^.-, ••-î*i>î- \jr-^ 1 w M^ .. 'i^y^ L \ > 1 ■"^r^i^ f 't.^^ ,■»•' GLENDOWER EVANTS PORN ftfARGll 2 3 1856 DIED MARPH_»H1HK(; Lftl knowleUçti^ ^Trow from iiioif t« more. \U\X iin»r«î tif revHrt-n<'.<* innsduell; That iiiiiitl aiiLVRCH :i3 1B56 DIEU >LVRCm»8l«K<; Hiit mitre nt rnVHn^n<'iil.:if'<-(irdiii\)e\\e Pagiura et Spirulura, nous les regardons comme des faisceaux de spermatazoïdes encore agglutinés. Von Siebold, en 1839, vit les spermatophores du Cyclops castor (4) et plus tard, ceux des locustiens (5). Il les figura notamment chez le Decticus verruciporus et la Locusta viridissima. Puis Kôlliker(6) mentionna ceux des crustacés décapodes {Pagiirus bernhardus, Galathea strigosa). Dujardin (7) figure les mêmes corps chez une Tettigonia et chez le Sphodriis terricola. Sous le nom de Smnenschlauch, et aussi sous celui de spermatophore , Stein comprend non seulement les vrais spermatophores mais encore la masse de sperme éjaculée qui, dans la vésicule copulative, constitue souvent un coagulum emprisonnant des éléments très divers : des spermatozoïdes, des cellules spermatiques, des noyaux et souvent les spermatophores eux-mêmes. L'application de ce terme à des objets si différents ne nous paraît pas heureuse. Quoi qu'il en soit, Stein mentionne parmi les coléoptères un certain nombre de spermatophores véritables qu'il a pu , dans certains cas , retrou- ver dans le testicule lui-même(8). Fabre(9) a signalé les spermatophores capsulaires des chilognathes et des scolopendrides. Le spermatophore du grillon a été étudié minutieusement par Lespès (10). Il constitue une grande capsule chitineuse contenant un grand nombre de spermatozoïdes à l'état de liberté. (0 Milne Edwards. Ann. d. se. nat., 2™« série, t. XVIII, p. 33i. 1842. (2) Peters. Muller's Archiv, 1842, p. 33 1. (3) Hammerschmidt. Isis von Oken, i838, p. 258, pl. 4. (4) VoN Siebold. Neueste Schriften der Naturf. Geselsch. zu Dantzig, i83g, t. III. Hcft :, p. 36. (5) Id. Nov. act. acad. C. L. C, t. XXI, 1845, pars I, p. 25o. (6) KôLLiKER. 'Beitrâge {. Kenntn. der Gesclil., etc. Berlin, 1841, pl. Il, fig. 21, pl. III, fig. 22. {y) Dujardin. Nouveau manuel de l'observateur au microscope. Pl. XI, fig. 18 et ig. (8) Stein. Vergleick. Anat ti. Thysiol. d. Insekten. Berlin, 1S47, P- 94' 106 et 107. Taf. I, fig. IX, XIV et XV; Fig XIX et XX. Taf. IX, fig. III. (y) Fabre. Ann. d. se. nat., 4<' série, t. III, i855. (10) Lespès. Ann. d. se. nat., 4» série, t. III, i855. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES. 29 Dans son traité d'Histologie comparée, Leydig(i') figure aussi un spcr- matophore de Cercopis spumaria. Il est formé d'un axe sur lequel les sper- matozoïdes sont fixés comme les barbes d'une plume. RÉSUMÉ. Après avoir soumis à l'analyse les travaux des auteurs , nous allons résumer d'une manière synthétique les résultats qu'ils ont obtenus, afin d'établir l'état actuel de la science sur la spermatogénèse des arthropodes. Au lieu de suivre l'ordre chronologique, comme nous l'avons fait en par- courant les auteurs, nous suivrons plutôt dans ce résumé celui de la succes- sion des phénomènes. Première étape. 1° Les métrocytes primordiales n'ont pas été remarquées par les sper- matologistes. A. Deux auteurs seulement, Meyer et Stein, ont porté leur attention sur les premiers ancêtres des cellules spermatiques, Meyer chez les lépidop- tères et Stein chez les myriapodes. Mais ni l'un ni l'autre de ces savants n'a eu sous les yeux les vraies métrocytes ou cellules-mères primordiales : ils versent en effet tous deux dans l'ancienne erreur de la formation spontanée des cellules au sein d'un stroma, c'est-à-dire d'un blastème amorphe. B. C'est assez dire que personne n'a étudié le développement de ces cellules-mères primitives. 1° L'évolution des métrocytes appartenant aux générations suivantes a été suivie par plusieurs observateurs. Divers stades de cette évolution ont été signalés par von Siebold chez les locustiens , par Landois chez les lépidoptères, enfin par de la Valette chez différents insectes, mais sans recevoir une interprétation suffisante. 3° Cependant des observations plus complètes ont été consignées dans les annales de la science ; malheureusement elles sont loin d'être concor- dantes, A. D'après Meyer, Weismann, Bessels et Metschnikoff, les cellules- mères, devenues d'abord multinucléées , donnent bientôt naissance chacune à une colonie de cellules-filles par voie endogène. (i) Leydig. Op. cit., p. Co2, fig. 266B. 30 G. GILSON Bessels et Blanc signalent la succession d'au moins deux générations endogènes, le premier chez les lépidoptères, le second chez les phalangides. B. S'il faut en croire Balbiani, c'est plutôt par un bourgeonnement de toute leur surface que ces cellules donnent naissance aux colonies de cellules-filles ou sphères spermatiques. Plus tard, les cellules qui constituent les sphères spermatiques deviennent cependant le siège d'une multiplication endogéniquc. C. Les colonies de cellules-filles qu'elles engendrent, et que les auteurs appellent spermatocystes, Kugeln, sphères spermatiques, etc., sont entou- rées d'une membrane : depuis von Siebold c'est l'avis de tous les auteurs, à part BtiTSCHLi. D. Mais pour certains observateurs cette membrane est anhiste : ainsi pensent VON Siebold, Meyer, Weismann, Bessels, Landois et Blanc; tandis que pour les autres elle est originairement multicellulaire , elle pro- viendrait en effet, soit de l'épithélium testiculaire (Balbiani), soit des cel- lules péi-iphériques des cystes (de la Valette). 4° Mais jusqu'où doit progresser l'évolution des cellules-mères, pour que les spermatozoïdes puissent s'y développer? Les avis sont partagés sur ce point. A. Pour les uns, l'évolution des métrocytes s'arrête après la formation de noyaux multiples : le faisceau de spermatozoïdes s'élabore donc au sein d'une cellule multinucléée. C'est la pensée de Weismann, de Bessels et de de la Valette S'- George (1874). B. Dans l'opinion de la plupart des autres savants, la métrocyte par- court une étape de plus : le protoplasme de la cellule multinucléée s'indivi- dualise autour de chaque noyau. Ainsi nait une dernière colonie, la colonie des cellules spermatiques proprement dites. Il est bon de le faire remarquer dès à présent, il n'est pas, à notre connaissance du moins, un seul auteur qui ne considère le nombre de sper- matozoïdes d'un faisceau comme correspondant exactement à celui des noyaux contenus dans la dernière métrocyte multinucléée. 5° Notons que Hermann signale chez les isopodes l'existence de cer- taines cellules munies de cinq ou six noyaux, sans que l'on puisse décider, par ce qu'il dit de leur développement, si cet auteur admet ou rejette la formation endogène. Rappelons aussi que Zenker n'y décrit pas de cellules multinucléées. 31 Deuxième étape. 1" Deux opinions sont professées concernant la nature de l'élément qui est destiné à donner directement naissance aux spermatozoïdes.. A. L'opinion la plus généralement suivie est celle qui admet que le spermatozoïde est le produit de la transformation d'une cellule iudwidiia- lisée et préexistante. B. Toutefois Weismann, Bessels et de la Valette font exception, comme nous venons de le voir; ils pensent que les spermatozoïdes s'orga- nisent dans une cellule multinucléée dont le protoplasme est resté com- mun et indivis. :2'^ Quant à l'origine des diverses parties qui constituent le spermato- zoïde, elle a reçu les interprétations les plus diverses. A. Pour les uns le noyau ne prendrait aucune part à la formation de l'élément spermatique. Ainsi le veulent von Siebold pour les locustiens, Metschnikoff pour l'écrevisse, les diptères et les cyproïs , Zenker pour l'aselle et Balblani pour les aphidiens. Ainsi pensait également de la Valette en 1867. On sait que ces obseiTateurs, — à l'exclusion de von Siebold qui ne s'occupe pas de cette question, — attribuent la formation de la tète, non pas au noyau mais à un corps particulier , né dans le proto- plasme et qui a reçu les noms les plus divers : vésicule spermatogène (Balbiani), Nebenkôrper (de la Valette), Nebenkern (Butschli), corpus- cule brillant, nodule céphalique, etc. B. D'autres au contraire admettent à ce sujet les idées de Kôlliker; c'est ainsi que, d'après Bessels, le noyau seul organiserait le spermato- zoïde tout entier, C. Mais la grande majorité des savants ont suivi Henle et Schweig- ger-Seidel : le noyau forme la tète; le protoplasme, la queue du sperma- tozoïde. Tels sont de la Valette en 1865 et à partir de 1874, Butschli, Hermann pour les isopodes, Nussbaum(i), etc., etc. A cette opinion se rattache celle de Metschnikoff qui attribue, comme nous l'avons vu, à une partie du noyau seulement la formation de la tète du spermatozoïde chez le scorpion. 3° Cependant plusieurs des observateurs précédents distinguent deux portions dans l'appendice caudal : 1° la queue proprement dite; 2° la partie moyenne, beaucoup plus courte et souvent plus volummeuse, le Mittelsttick (i) NussBAL'M Archiv f. mik. Anot., 1884. Ueb. die 'Verànderungcn, etc., p. 207. 32 G. GILSON de Schweigger-Seidel. Cette dernière portion dériverait d'après de la Valette S' George (1874), Butschli, etc., du Nebenkôrper ou Nebenkern, tandis que la queue serait un produit de la transformation du protoplasme ordinaire de la cellule. 40 Enfin, depuis von Siebold (1845), on a signalé dans le protoplasme, au voisinage de la partie antérieure du spermatozoïde, l'apparition de cer- tains corps ou nodules plasmatiques, espèces de Nebenkern particuliers, ayant pour but de former le capuchon de la tête (Kopfkappe) (1). Troisième étape. Nous l'avons déjà dit plus haut, p. 27, nous ne possédons pas en- core d'étude approfondie sur la formation des spermatophores chez les arthropodes. IV. TERMINOLOGIE. Il nous parait utile, avant d'entrer dans le détail de nos observations, de préciser le sens attribué par nous à certains termes dont nous ferons par la suite un fréquent usage. Nous appelons cellules spermatiques , les cellules qui se transforment directement en spermatozoïdes. Ainsi toute cellule testiculaire qui donne naissance à un spermatozoïde, sans plus subir de division, est une cellule spermatique. Nos cellules spermatiques sont donc celles-là mêmes auxquelles de la Valette S' George donne le nom de spermatocytes , dénomination dont nous ne répudions pas l'emploi , pourvu qu'on l'applique toujours aux cellules spermatiques véritables. Les petites cellules que nous représentons dans la fig. 35 sont les cellules sperm^-tiques de la Pieris brassicœ ; chacune d'elles va s'allonger, et se transformer en spermatozoïde. Au contraire la cellule de Lithobius, représentée dans la figure 10 et qui va donner naissance à quatre spermatozoïdes, n'est pas une cellule spermatique. Bien que les rudiments des spermatozoïdes y soient déjà visibles, elle doit encore se diviser en quatre cellules allongées qui deviendront autant de spermatozoïdes ; c'est (1) Il résulte de ce qui précède que les auteurs ont attribué les rôles les plus divers à ces formations énig- matiques qu'ils ont désignées sous les noms de Nebenkôrper, Nebenkern, vésicule spermatogène, nodule céphalique, etc., etc. D'après eux en effet, ils forment tantôt la tête, tantôt le Mittelstûck, tantôt la coiffe céphali- que ou Kopfkappe. SPERMATOGÊNÈSE DES ARTHROPODES 33 donc à ces dernières qu'il convient de réserver le nom de cellules spcr- matiques. Il existe un mode particulier et bien connu de formation des spermato- zoïdes, dans lequel on voit apparaître à la périphérie d'une cellule un nom- bre plus ou moins grand de protubérances contenant un noyau. Chacune de ces protubérances avec son contenu devient un spermatozoïde. Ce mode est assez répandu; il s'observe en particulier chez les annélides, les gastéropo- des, les acanthocéphales, les trématodes, etc. A notre avis chacune de ces protubérances doit être considérée comme l'homologue des petites cellules qui, chez les insectes, se transforment en spermatozoïdes , et peut par conséquent recevoir le même nom que ces der- nières; et en effet ces protubérances se comportent tout à fait comme des cellules spermatiques : la tête et la queue du spermatozoïde s'y élaborent comme chez les arthropodes. L'étranglement qui limite ces protubérances reste incomplet, il est vrai, mais cette particularité ne doit pas nous empêcher de les regarder comme des individus cellulaires distincts, ayant leur centre d'activité propre. Nous verrons du reste que chez les insectes les cellules spermatiques conservent aussi pendant longtemps des rapports avec leur cellule-mère. Le nom de cellules spermatiques leur convient donc aussi bien qu'à ces dernières. Elles n'en diffèrent que par un point, le mode de division qui leur donne nais- sance. Chez les insectes, elles naissent par voie endogène, comme les spores dans un sporange de Miicor. Ailleurs, chez les lombrics par exemple, elles naissent par un processus analogue à celui de la formation exogène des botanistes; la cellule qui les produit peut être rapprochée des cellules ba- sidiennes des hyménomycètes. Sous le nom de cellules-mères, ou de métrocytes, nous désignons toute cellule dont la multiplication aboutit à la formation des cellules spermati- ques, quel que soit du reste le nombre des générations qui les séparent encore de ces dernières. D'accord avec Meyer (n, nous préférons donner ce nom aux cellules qui engendrent des cellules-filles que de l'appliquer, comme le faisait KoLLiKER, aux cellules spermatiques elles-mêmes. En agissant ainsi nous suivons d'ailleurs une terminologie adoptée de- puis longtemps par les botanistes, qui appellent cellules-mères toutes les cellules de l'anthère ou de l'anthéridie qui engendrent par leur multiplication répétée la cellule poUinique ou la cellule anthérozoïdienne. (1) Meïer. Loc. cit. 34 G. GILSON Il apparaît dans tout être mâle ou hermaphrodite, à une époque variable de son développement embryonnaire, une ou plusieurs cellules formatives dont la postérité sera entièrement constituée par des éléments spermatiques. Ce sont les métrocytes primitives om primordiales. Tous leurs descendants, à quelque génération qu'ils appartiennent, nous les désignerons simplement, à l'exemple des botanistes, sous le nom de mé- trocytes ou cellules-mères. Les cellules épithéliales, auxquelles de la Valette S'-George donne le nom de Ursamen{ellen, ne sont pas les métrocytes primitives; elles peu- vent même n'avoir avec elles qu'un degré de parenté fort éloignée. Ce serait, nous semble-t-il, donner à ce mot un sens plus rationnel que de l'appliquer exclusivement à nos cellules-mères primordiales ou métrocytes primitives. Parmi les métrocytes il en est une qui, chez la plupart des êtres, mérite une atfention particulière, c'est la dernière, c'est-à-dire celle qui engendre les cellules spermatiques. Beaucoup d'auteurs désignent cette cellule sous le nom de spermato- blaste ou de spermatogemme (voir p. 14); tel sera aussi le sens que nous donnerons à ces mots quand il nous arrivera de les employer. Nous ne les ap- pliquerons jamais, comme le font Blomfield (1), Matmias Duval (2), etc., aux cellules qui se transforment en spermatozoïdes. Si l'on adopte cette dé- nomination, il faut, selon nous, désigner sous le nom de spermatoblastes, aussi bien la cellule à formation exogène des lombrics, que la cellule à for- mation endogène des insectes. On nous dira peut être que la structure de ces deux éléments est trop différente pour qu'on puisse leur donner le même nom. Les auteurs distin- guent en effet dans les premiers, comme dans tous les spermatoblastes de cette espèce, une partie qu'ils désignent sous les noms de cytophore, blastophore, cellule de soutien, cellule fixe, et qui porte les bourgeons sper- matiques. Les spermatoblastes des insectes au contraire ne présentent pas de blastophore. A cela nous répondrons que l'homologie entre ces éléments cellulaires, qui tous deux produisent les cellules spermatiques , est au contraire trop grande, à notre avis, pour qu'on puisse leur donner des noms divers, quelle que soit du reste leurs différences de structure, d'autant plus que ces diffé- rences ne sont pas essentielles. Nous considérons en effet dans tous les cas le blastophore comme un reste de la métrocyte, et nous l'assimilons à cette masse de protoplasme qui contient à la fois le faisceau et les noyaux (1) Blomfield. Quaterly jour, of micr. science. July iSSi. (2) Mathias Duval. Journal de micrographie de Pelletan, 1880, p. 240 et passim. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES 35 femelles dans le spermatoblaste des insectes et (}uc nous regardons aussi comme un reste de la métrocyte. Ces deux spermatoblastes ne* diffèrent que par le mode particulier de division qui engendre les cellules spermatiqucs. Nous n'ignorons pas que certains auteurs tels que Merkel, Rivolta, IMiHALKOvics, Neumann, Blumberg, Klas, von Brunn, Block, Sertoli, Renson, etc., donnent au spermatoblaste de certains vertébrés une origine et par suite une signification différente de celle que leur attribuait von Ebner. Ainsi G. Renson(i) soutient que, chez le rat, les cellules spermatiques (ses nématoblastes) naissent à part dans le testicule, pour venir plus tard, lorsqu'elles ont subi déjà un commencement de différentiation en spermato- zoïde, se fixer à une autre cellule, la cellule de soutien ou blastophore. L'auteur apporte comme raison principale en faveur de son opinion, que jamais il n'a rencontré une cellule de soutien portant des nématoblastes jeunes. C'est donc sur une obsei-vation négative que cette théorie est basée. Si elle se vérifiait, ce serait évidemment faire un usage irrationnel du mot spermatoblaste que de l'appliquer à l'ensemble du blastophore et des nématoblastes, puisque ces derniers éléments n'auraient aucun lien géné- tique avec la cellule de soutien. Blomfield(2) la combat en ces termes : « but viev^ring the subject in the light which we hâve gained from the study of spermatogenesis in other classes , I think that any one will al- low that it is extremely probable that there is a doser connection between them, than our author has allowed, and that the « cellules de soutien r are homologous and analogous with the body which has been described in the foregoing papers as mothers cells with basilar nucleus or sperm blasto- phorofmy nomenclature, r, Quant à nous, nous ne pouvons nous empêcher de trouver au moins originale cette promenade que l'auteur fait exécuter aux cellules spermatiques pourles conduire jusqu'auxcellules de soutien, et très étrange aussi cette union si intime, bien que temporaire, qu'elles contractent avec ces dernières. Mais ce serait sortir de notre cadre que d'entrer plus avant dans cette question. Nous désignerons sous le nom de colonies les amas de cellules qui ont pour origine une même cellule-mère. Le terme tête du spermatoioide dans ce travail, s'appliquera toujours à la partie du spermatozoïde qui dérive du noyau. La tète est donc la partie du spermatozoïde qui contient l'élément (U G. Renson. Archives de Biologie, 1882. {2) Blomfield. Quat. j. ofmicr. science, avril, i883. 36 G. GILSON nucléinien, et qui par conséquent se colore vivement par le vert de méthyle, certains carmins, etc. Nous l'appellerons aussi noyau du spermatozoïde. La queue du spermatozoïde est pour nous' toute la portion du protoplasme de la cellule spermatique, qui s'est différentiée d'une manière particulière et qui se rattache à la partie postérieure de la tête. Nous n'appliquerons évi- demment ce terme qu'aux spermatozoïdes filamenteux. Souvent on observe, au devant du noyau ou de la tète, une nouvelle portion protoplasmatique qui ne se colore pas plus que la queue. Nous l'appellerons segment procéphalique, quelle que soit son origine. Nous emploierons souvent le terme noyau femelle. Ce mot désignera, dans notre travail, le noyau ou les noyaux que l'on trouve dans le spermatoblaste à côté des spermatozoïdes. Par l'application de ce mot femelle aux éléments précités nous ne vou- lons nullement préjuger de leur véritable nature, et nous n'entendons pas nous déclarer partisan décidé de la théorie du sexe des cellules, telle que Sedgwick-Minot l'a formulée (i). Cette théorie nous plaît parce qu'elle renferme l'interprétation la plus plausible, à l'heure qu'il est, que l'on puisse donner à la fonction de ces deux éléments énigmatiques : le globule polaire de l'œuf, et le noyau femelle du' spermatoblaste. Mais cette hypothèse pourrait bien n'être qu'une con- ception ingénieuse de l'esprit. Dans l'état actuel de la science, oserait-on •affirmer que le globule polaire contient une partie du noyau neutre de l'œuf différente de celle qui y demeure après l'expulsion de ce globule? Qui poun-ait décider, d'autre part, que le noyau femelle du spermato- blaste n'est qu'un élément étranger à la substance mâle qui se serait localisée dans les cellules spermatiques, et non pas tout simplement un noyau ordi- naire jouant le rôle d'un centre d'activité au sein de la la métrocyte? Ce sont là des questions de cytologie générale qui sont insolubles dans le temps présent. Aussi, ce qui nous a décidé à employer l'expression « noyau fe- melle, y c'est avant tout le moyen commode qu'il nous fournit de désigner, dans tous les cas, cet élément d'une façon précise. Il nous reste à dire un mot du terme spermatophore. Nous marquons par là des productions particulières, formées dans la partie inférieure de l'appareil mâle et destinées à transporter les spermatozoïdes dans la femelle. Nous disons des productions particulières : en effet de simples faisceaux non dissociés, tels que ceux que nous avons trouvés dans la femelle de maints papillons, nous ne les considérons pas comme des spermatophores. Nous ne fi) Sedgwick-Minot. Journal de Micrographie de Pelletan, 1881, p. 71 et 199. SPERMATOPHORES DES ARTHROPODES 37 les désignerons par ce terme que dans les cas où la maturité des sperma- tozoïdes y est suivie de la formation d'un appareil quelconque qui serve à maintenir ces éléments réunis. Si nous spécifions en outre que ces formations doivent s'organiser chez le màlc, c'est que Stein et d'autres auteurs ont regardé comme des spermato- phores certains corps que l'on trouve seulement dans la vésicule copulative, et qui ne sont que des coagulums de sperme, entourés parfois d'une coque. Ces prétendus spermatophores ne servant pas au transport des spermato- zoïdes, il ne nous paraît pas que ce terme puisse leur être appliqué. Wagner et Leuck\rt(i) appellent aussi spermatophores les capsules décrites par von Siebold, et qui contiennent des faisceaux plumeux de sper- matozoïdes chez les locustiens. Or, ces faisceaux eux-mêmes sont évidem- ment des formations analogues aux vrais spermatophores des coléoptères. On serait donc amené, en imitant ces savants, à désigner sous un même terme le contenant et le contenu de ces corps. Aussi préférons-nous réserver aux productions de cette espèce le nom de : capsules à spermatophores. (i) Wagner et Leuckart. Loc. cit. PREMIÈRE PARTIE. OBSERVATIONS. I. Myriapodes. La classe des myriapodes se divise en deux ordres bien distincts : les chilopodes et les chilognathes. Nous avons étudié les spermatozoïdes des lithobiides et des géophilides, parmi les chilopodes ; ceux des iulides, des glomerides et des polydesmides, parmi les chilognathes, et nous avons trouvé dans ces deux groupes de familles deux formes bien différentes de spermatozoïdes. Chez les chilopodes ce sont généralement de longs filaments, d'une structure parfois compliquée (Lithobius, Geophilus). Chez les chilognathes au contraire (/îatique ressemble tant à celui des insectes, n'en présente pas davantage.. Troisième étape. Constitution du spermatoioïde adulte. Pas plus chez VOnisciis asellus que chez VAsellus aquaticus, nous n'avons pu obtenir des spermatozoïdes adultes isolés; toutefois, l'étude que nous avons faite de la formation de ces éléments, ainsi que l'observation directe des faisceaux nous permettent de nous faire une idée assez complète de leur constitution. Les spermatozoïdes de ces deux isopodes ont la forme d'un fouet. La hampe de ce fouet, qui dérive d'une différentiation du protoplasme, correspond à la queue des spermatozoïdes filamenteux ordinaires : le vert de méth3-le ne la colore pas. Le flagellum, qui provient de l'étirement des protubérances contenant un noyau, correspond à la tête des spermatozoïdes normaux : il se colore intensément dans le vert de méthyle et la safranine. Chez VOniscus asellus, aucune portion du spermatozoïde ne correspond au segment procéphalique. En effet l'extrémité litre du flagellum, exami- née à un stade assez avancé (fig. 327), ne porte pas d'appendice qui demeure incolore, et qui soit un reste du protoplasme de la protubérance spermatique. Chez VAsellus aquaticus, on peut considérer comme l'équivalent d'un segment procéphalique la portion terminale fusiforme de ces flagellums, portion qui est le siège du dépôt d'une substance albuminoïde possédant so 158 G. GILSON des caractères particuliers, et qui dérive à la fois, on se le rappelle, des restes du caryoplasma, de la membrane du noyau vidé et du cytoplasma des protubérances spermatiques. Ainsi que le montre la fig. 320, les spermatozoïdes de VOnisciis asellus sont très longs; leurs faisceaux mesurent de 0,13 mm. à 0,20 mm. Ils sont moins longs chez Y Asellus aquaticus et V Armadillo asellus. État des spermatozoïdes adultes. Nous avons vu que la rentrée des flagellums dans le corps du faisceau se fait plus ou moins tôt. Dans certains cas elle se fait à mesure que le noyau s'étire, tandis que d'autres fois les flagellums déjà très amincis et très longs pendent encore au dehors (fig. 329 et 330). Cette rentrée des flagellums était achevée dans le faisceau qui est dessiné dans la fig. 328 ; mais les chocs que ce faisceau a subis pendant la préparation en ont fait ressortir en partie les six flagellums, et les ont disposés comme des cordes d'arcs sous-tendant le faisceau incurvé. Cette disposition accidentelle montre que la membrane du faisceau à ce stade n'est pas encore très ferme, puisqu'elle est facilement déchirée par les flagellums. Mais plus tard elle devient beaucoup plus solide et empêche ces filaments de sortir du faisceau. Les cellules spermatozoïdes sont donc contenues dans un étui résistant, dérivant de la différentiation du protoplasme, c'est-à-dire dans une production particulière; on pourrait donc appliquer aux faisceaux la dénomination de spermatophores, en donnant à ce mot le sens que nous avons défini précédemment. Le lecteur aura remarqué sans doute que notre description de la sper- matogénèse chez V Asellus aquaticus est entièrement différente de celle que Zenker(i) en a donnée. Il a pu voir aussi que nous attribuons aux sper- matozoïdes de cet isopode une constitution qu'il n'est pas possible de concilier avec celle que ce même auteur, leur attribue. Zenker rapporte l'origine des spermatozoïdes aux petites cellules qui remplissent la partie inférieure des cœcums testiculaires ; sous ce rapport nous sommes d'accord avec lui, nous regrettons seulement que l'exposé de ses observations soit si écourté. Mais, au sujet de la formation des spermatozoïdes, l'accord n'est plus possible entre nos conclusions et les siennes. Pour Zenker, le noyau de la cellule-mère disparaît sans prendre aucune part à la formation des spermatozoïdes. Or, nous avons montré que chacun des flagellums, portion céphalique des spermatozoïdes de V Asellus, (1) Zenker. Loc. cit. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES 159 dérive au contraire d'un noyau ; c'est là un fait dont il n'est pas possible de douter en faisant usage du vert de méthyle comme réactif colorant. Ensuite ce savant distingue dans chaque cellule-mère deux espèces de spermatozoïdes : des spermatozoïdes filamenteux et des spermatozoïdes en forme de massue. Quant aux premiers, il se borne à dire qu'ils appa- raissent dans la cellule-mère; en effet ces filaments ne sont autres que les queues des vrais spermatozoïdes qui se découpent dans le protoplasme de la colonie, la fig. 5 de Zenker ne laisse d'ailleurs pas de doute à cet égard. La seconde forme de spermatozoïdes représente les fiagellums avec leur article terminal. Nous avons vu que les restes du noyau et du protoplasme de la protubérance spermatique, après s'être chargés d'une matière albumi- noïdc, prennent la forme d'une massue pour passer ensuite à celle d'un fuseau. Cette massue et ce flagellum, Zenker les a pris pour des stades jeunes de la formation des spermatozoïdes de la deuxième forme, tandis qu'ils représentent les dernières phases de l'achèvement des vrais spermatozoïdes. De plus il affirme que les spermatozoïdes de cette seconde sorte sont attachés à la membranede la cellule-mère, tandis qu'ils se fixent au contraire aux hampes qu'il regarde à tort comme des productions indépendantes des premières. Enfin la masse qui, dans la figure de Zenker, représente le protoplasme de la cellule-mère ayant organisé tout le faisceau, est loin d'avoir cette signification. Nos fig. 331 à 334 démontrent en effet que les métrocytes qui organisent les spermatozoïdes ne sont nullement sem- blables à l'objet qui est représenté dans cette figure. Cet objet est un faisceau presque achevé, un peu moins avancé cependant que celui que nous représentons dans la fig. 335. On remarque dans notre figure que la portion supérieure du faisceau de hampes est engluée dans une masse ayant grossièrement l'aspect d'un protoplasme vacuoleux. Or cette matière n'est pas un reste du protoplasme de la métrocyte, c'est un plasma chargé de substances albuminoïdeâ en solution ou en suspension, qui rem- plit la partie inférieure du canal déférent, et qui se fixe toujours aux faisceaux qui y sont plongés. Le faisceau que nous avons dessiné est le moins chargé de cette substance que nous ayons rencontré dans ce canal. Très souvent les flagellums y sont enrobés tout entiers et, dans ce cas, les faisceaux ressemblent fort à celui que Zenker reproduit , mais cette masse albumi- neuse n'est point la métrocyte qui a donné naissance aux spermatozoïdes, ainsi que le pense cet obsei"vateur. Nous sommes convaincu que Zenker n'a point vu les vraies colonies spermatiques ; ce qui nous confirme dans cette opinion c'est qu'il ne parle pas de l'énorme noyau femelle que toutes les colonies possèdent. l6o G. GILSON Il résulte de nos observations que les deux formes de spermato- zoïdes signalées chez VAselliis aquaticits ne sont que les deux parties des vrais spermatozoïdes, à savoir : les hampes et les flagellums, c'est-à-dire les queues et les tètes. Il est donc inexact de ranger cet isopode parmi les animaux qui possèdent deux sortes de spermatozoïdes; à notre connaissance la Paliidina vivipara est le seul animal dont le sperme présente cette particularité (i). Nous avons dit précédemment qu'il est difficile de comprendre la note publiée par Hermann sur la spermatogénèse des édriophthalmes, cet auteur appliquant les mêmes notions à des isopodes et à des amphipodes. Ainsi que le feront voir les pages qui suivent, la spermatogénèse des amphi- podes est si différente de celle des isopodes qu'il n'est pas possible de les confondre dans une seule description. En outre, pour ce qui regarde les isopodes, la description de Hermann, nous le répétons, est demeurée une énigme pour nous. AUTRES ISOPODES. Plusieurs autres isopodes présentent aux trois étapes de leur spermato- génèse des pliénotnèties tout à fait analogues à ceux dont nous avons fait la description chei l'Oniscus asellus et chei l'Asellus aquaticus; citons entre autres VOniscus granulatus, le Porcellio pictus, deux espèces d'Arniadillo, les Sphœroma serratuni et fossaruni, les Idotea hectica et tricuspidata, V An il ocra niediterranea, etc. Les Idotea et les Sphœroma nous ont permis d'élucider deux détails importants dont l'observation est très difficile chex VOniscus asellus : 1° La multiplication des noyaux dans les métrocytes destinées à donner naissance aux faisceaux et, 2° le mode d'attache des flagellums à la hampe des spermatozoïdes. 1° On trouve en effet chez les Idotea un grand nombre de cellules multinucléées à tous les stades de la multiplication des noyaux depuis la cellule uninucléée jusqu'à celle qui renferme vingt ou trente noyaux et où va débuter la formation des protubérances spermatiques. 2° Le faisceau spermatique du sphœroma serratuni est de tous les objets que nous ayons examinés celui qui permet le mieux de reconnaître le mode d'union de la tète avec la queue du spermatozoïde. Il n'est pas difficile en effet de voir les flagellums se continuer avec l'extrémité supérieure (i) Du reste il n'est pas prouvé que les deux sortes de filaments spermatiques de la paludine aient toutes deux la valeur de spermatozoïdes. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES l6l des hampes, en formant une boucle très ouverte et remarquable par sa régu- larité. Cette observation permet de conclure par analogie que tels sont aussi les rapports des hampes et des flagellums chez VOiiisciis aselliis (FIG. 327 à 330). Ajoutons en terminant que nous avons trouvé chez VAiiilocra mediter- ranea un volumineux no5'au femelle dans tous les faisceaux de spermatozoïdes en voie de formation. Ce noyau ressemble à celui de VAselliis, mais il s'en distingue toutefois par l'épaisseur et la régularité du boyau nucléinien et par sa richesse en nucléine. 2° AMPHIPODES. Les FiG. 337 à 356 de notre pl. VI II ont rapport à la spermatogénèse du Gammariis pulex. Ces figures revêtent un faciès tout différent de celles qui concernent les isopodes. Cette différence résulte avant tout de ce fait que, chez cet amphipode, les cellules spermatiques demeurent toujours isolées et ne constituent ni colonies ni faisceaux. Première étape. Nous avons pu suivre dans le Gainmanis pulex l'évolution des métro- cytes d'une manière plus complète que dans les isopodes. Cette évo- lution ne comprend que des phénomènes fort simples. Les métrocytes volumineuses, dont nous représentons deux exemples dans les fig. 337 et 338, remplissent la partie supérieure du testicule, au début de l'entrée en activité de cet organe. Un peu plus tard, on voit un certain nombre d'entre elles se diviser et donner naissance à des cellules qui demeurent plus petites. C'est le phénomène initial d'un travail de proli- fération active qui se manifeste bientôt dans le testicule et qui, en se conti- nuant plus ou moins longtemps, engendre les cellules spermatiques (fig. 340). On n'obsei-ve jamais de cellules multinucléées dans le testicule du Gammanis, la formation endogène ne s'y opère donc point. La segmentation binaire est le seul mode qui préside à la multiplication des métrocytes chez cet amphi- pode comme chez les isopodes. Conformément à la règl^énérale, les cellules issues de la segmentation sont toujours d'autant moins volumineuses que leur naissance a été précédée d'un nombre plus grand de générations cellulaires. Les dernières formées, qui sont les cellules spermatiques, sont donc les plus petites cellules que contienne le testicule. On observe pendant la multiplication des métrocytes 162 G. GILSON que les plus volumineuses subissent la division directe, leur noyau s'étrangle; tandis que celles qui possèdent des dimensions plus faibles se divisent par caryocinèse Au sujet de la structure du noyau on peut faire aussi une remarque. Les noyaux les plus volumineux sont ordinairement assez pauvres en nu- cléine, eu égard à leur dimension; les plus petits s'en montrent générale- ment plus fournis (fig. 339). Deuxième étape. Les phénomènes de la formation du spermatozoïde chez le Gammarus pulex sont peu différents de ceux que nous avons décrits chez les insectes; aussi nous bornerons-nous à en faire une courte description. I. Changement déforme de la cellule spertnatique. La cellule spermatique, pour revêtir la forme filamenteuse qu'affecte le spermatozoïde, subit un étirement unipolaire comme chez les insectes. Un. coup-d'œil jeté sur les fig. 345 à 350 permettra au lecteur de s'assurer de ce fait. Cet étirement est à son début dans la fig. 345; il est plus avancé dans les FIG. 346 et 350, où l'on constate que ce changement de forme se réduit à la formation d'un prolongement qui s'allonge en absorbant toute la substance de la cellule. On voit dans la fig. 348, que le cytoplasme presque tout entier a passé dans le prolongement; il n'en reste qu'une petite zone, en forme de croissant, au-devant du noyau. Dans la fig. 349 il a complètement disparu, de sorte que la vésicule qui contient la nucléine fusionnée est formée à la fois par la membrane du noyau et par la membrane cellulaire qui s'est fusionnée avec elle. Notons en outre que la cellule en voie d'étirement présente souvent un ou plusieurs renflements creusés d'un espace vacuolaire, détails que nous avons déjà signalés chez d'autres animaux (fig. 347 et 348). Remarquons enfin que, pendant la production de ces phénomènes, le protoplasme diminue ; la cellule spermatique des Gammarus en se trans- formant en spermatozoïde devient donc moins volumineuse. //. Di^érentiations internes. A. Phénomènes qui ont pour siège le noyau. Ces phénomènes sont identiques à ceux qui se passent chez les insectes. On voit en effet le filament nucléinien disparaître, et tout le contenu du SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES 163 noyau se transformer en une masse sans structure. Tantôt ce phénomène est dû aune fusion des anses du filament nucléinien et, dans ce cas, la masse qui en résulte n'occupe pas toute la cavité nucléaire, elle se rétracte au contraire à l'intérieur de cette cavité, laissant entre elle et la membrane du noyau un espace vide (fig. 345 à 349). Tantôt la rétraction se fait de manière à produire non pas un espace entourant régulièrement toute la masse nucléinienne, comme c'est le cas dans les fig. 345 à 349, mais une vacuole occupant seulement l'extrémité du noyau (fig. 352 et 353). Parfois aussi cette vacuole occupe le milieu de la masse nucléinienne qui est alors scindée en deux portions (fig. 354). D'autres fois la nucléine semble plutôt se dissoudre dans le plasma nucléaire. Le noyau tout entier est alors rempli d'une substance homogène qui se colore moins vivement que l'élément nucléinien intact ; ce cas est représenté dans la fig. 344. Le contenu amorphe du noyau, qu'il résulte de la fusion ou de la disso- lution de la nucléine, commence bientôt à s'allonger; on peut suivre dans les FIG. 345 à 351 divers stades de ce processus. Dans la série des fig. 345 à 349 la masse résultant de la fusion du boyau nucléinien passe de la forme globuleuse à une forme conoïde; elle se con- tinue ensuite avec la portion étirée de la cellule qui a déjà pris la minceur d'un fil (FIG. 346). La membrane du noyau dans toutes ces figures est encore séparée de la nucléine par un espace vide, mais cet espace finit par disparaître complètement, grâce à l'application de la membrane sur la masse nucléi- nienne. Celle-ci prend en même temps la forme d'un fuseau, forme qu'on retrouve dans le spermatozoïde achevé (fig. 356). La série des fig. 344, 350, 351 et 355 montre des phases de la formation de la tête aux dépens d'un noyau dont la nucléine s'est dissoute dans le plasma nucléaire. Dans ce mode particulier, les phénomènes ne diffèrent de ceux que nous venons de décrire qu'en ce que l'élément nucléi- nien ne se rétracte pas avant de s'étirer en fuseau; c'est le noyau tout entier qui devient fusiforme, comme on le constate dans les fig. 350, 351 et 355. Mais, tôt ou tard, il faut que le noyau subisse une diminution de volume correspondant à celle qu'il subit dans les cas où la masse nucléinienne s'est préalablement rétractée, diminution qui se constate dans les fig. 345, 348 et 349. La FIG. 350 représente un spermatozoïde dont la tète dérive d'un noyau où la nucléine, au lieu de se fusionner et de se rétracter, s'était simplement dissoute dans le plasma ; cette tète devra se rétrécir notablement pour pren- 164 G. GILSON dre la grandeur et la forme qu'elle possède dans le spermatozoïde achevé qui est dessiné dans la fig. 356. BuTSCHLi est, pensons-nous, le seul auteur qui ait donné une des- cription accompagnée de dessins de la spermatogénèse chez un amphipode, le Gammarus pulcx. Ses figures ne représentent, il est vrai, que quelques stades de la différentiation de la cellule spermatique, et sa description est som- maire aussi : il n'explique pasendétaill'origine et la signification des différen- tes parties du spermatozoïde. Mais il est probable qu'il conserve au sujet du Gammarus la manière de voir qu'il exprime dans le même travail au sujet des insectes. Cependant ni ses figures ni sa description ne nous indiquent l'origine et la destination du corps obscur qu'il dessine dans sa fig. VII, 2. Ce corps vient-il du noyau? Dans ce cas il devrait, d'après les idées de BUtschli, former le Mittelstuck, tandis que la tète, que l'auteur appelle portion antérieure, dériverait du protoplasme. Mais Butschli ne se pose pas cette question. La description succinte donnée par Hermann ( 1) de la spermatogénèse des crustacés édriophthalmes en géjiéral, est plus facile à comprendre si on l'applique au Gammarus seulement; toutefois elle donne lieu encore de re- gretter que cet auteur n'ait pas publié des figures capables de nous faire saisir plus clairement sa pensée. Hermann distingue dans le spermatoblaste, c'est-à-dire dans la cellule spermatique des édriophthalmes, trois parties constitutives : un noyau, un nodule céphalique et un corps cellulaire. Le noyau existe : toute cellule en effet possède un noyau; le terme corps cellulaire désigne évidemment le protoplasme de la cellule, mais quant au nodule céphalique il n'existe pas comme tel. Sans doute on trouve dans la cellule spermatique du Gammarus des corps de nature diverse qui dérivent évidemment du protoplasme : une petite vacuole (fig. 346, v), une ou plusieurs enclaves albuminoïdes, etc. C'est probablement à- l'une de ces dernières que Hermann applique le tei-me de nodule céphalique. Mais ni la vacuole ni les enclaves ne jouent un rôle dans la formation du spermatozoïde, comme on a pu le voir par notre description. En outre nos figures montrent que leur présence est loin d'être constante dans la cellule spermatique : ici il y a une enclave et une vacuole, là ni l'une ni l'autre n'existe (fig. 347 et 350), ailleurs il y a une ou plusieurs enclaves et pas de vacuqle (fig. 345). Du reste Hermann ne soutient nullement que le nodule céphalique prenne part à la formation du spermato- zoïde; il se borne à dire que le corps disparaît et qu'il n'a pu en suivre {1) Hermann. Loc. cit. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES I65 complètement la destinée. Mais alors pourquoi lui donner le nom de nodule céphalique, ce nom impliquant une participation à la formation de la tète? Pour nous ces nodules, aussi bien que le Nebenkern et le Nebenkorper de Butschli et de de la Valette, ne sont que des enclaves albuminoïdes, peut-être dans certains cas des vacuoles : productions qui peuvent exister accidentellement ou habituellement dans toute espèce de cellules, et qui ne méritent pas une dénomination particulière dans la cellule spermatique, puisqu'elles n'y jouent aucun rôle essentiel. B. Pliciioniènes qui ont pour siège le protoplasme. Nous n'avons pu découvrir chez le Gammarus la moindre trace du fil élastique qui constitue le premier rudiment, le squelette pour ainsi dire de la queue du spermatozoïde, et que nous avons appelé filament axial. Comme nos figures le montrent, la masse piriforme qui constitue la tète du spermatozoïde en formation dirige son extrémité amincie vers le prolongement caudal de la cellule: Celui-ci est si mince qu'il n'est pas possible de distinguer si la tète s'y continue, comme chez beaucoup d'autres animaux, avec un filament axial. Mais dans les renflements, dont nous avons signalé la présence assez fréquente sur ce prolongement, on devrait apercevoir le filament axial s'il existait; c'est en effet dans des ren- flements semblables qu'on voit le mieux ce détail interne chez les Litho- bius et les insectes. Or on n'en voit pas plus de traces en ces endroits que dans le corps de la cellule et du prolongement caudal. Noyau femelle. Les cellules spermatiques du Gammarus, on se le rappelle, naissent par segmentation binaire ordinaire; il en résulte qu'elles ne sont jamais réunies en colonies et que les spermatozoïdes ne forment pas de faisceaux. Aussi l'élément femelle, s'il est éliminé chez le Gammarus, doit-il être re- présenté par le noyau d'une cellule née par voie de segmentation. Peut-être "certaines petites cellules que l'on trouve entremêlées aux spermatozoïdes ont- elles cette signification. Nous devons dire cependant que les cellules dont nous voulons parler ne possèdent pas des caractères bien différents de ceux des métrocytes de moyenne grandeur. C'est donc une simple hypothèse que nous émettons à leur sujet. l66 G. GILSON Troisième étape. Constitution des spermatozoïdes. Les spermatozoïdes du Ganimarus pulex sont des filaments assez longs, légèrement aplatis et portant à l'une de leurs extrémités une tète fusiforme qui se colore encore, quoique faiblement, par le vert de méthyle (fig. 356). Les figures que Butschli en donne marquent dans l'axe du filament une nervure médiane (Mitteli'ippe) que nous avions pensé d'abord devoir rapporter à un filament axial, mais ce détail n'existe pas chez le Gamniarus. La ligne sombre que l'on voit apparaître dans l'axe de la queue, surtout quant on fait usage d'un objectif à sec, est due à un effet de réfraction ; on s'en assure en faisant usage de l'objectif 1/12 de Zeiss qui permet de constater que cette ligne ne se dessine que lorsque la mise au point est imparfaite. État des spermato{oïdes. Nous venons de le dire, les spermatozoïdes ne sont pas réunis en fais- ceaux; c'est ce qui les distingue de ceux des oniscides. On doit considérer les protubérances de toutes les métrocytes à formation exogène, et par conséquent celles des métrocytes analogues des oniscides, comme étant des cellules spermatiques incomplètement divisées. L'imper- fection de cette division maintient les spermatozoïdes unis en faisceaux dans VOniscus, les annélides, etc., tandis que son achèvement donne aux cellules spermatiques des Gammarus, comme à celles des Lithobius, la liberté dont elles jouissent. L'isolement des spermatozoïdes chez les amphipodes, est la raison principale pour laquelle nous trouvons que la description de Hermann s'y adapte mieux qu'à ceux des isopodes où ils sont réunis en faisceaux. En effet Hermann ne parle nullement dans sa note de productions semblables aux élé- ments en grappe de VOniscus asellus et de VAsellus aquaticus. Est-il possi- ble qu'il ait observé cette disposition sans la signaler , et qu'il se soit borné à donner la description de ce qui se passe dans chacune des protubérances spermatiques en particulier? Il est cependant un détail dans sa description des métamorphoses du noyau qui se rapporte mieux aux isopodes qu'au Gammarus, c'est la transformation du noyau en un cordon qui se trouve enroulé dans la cellule et qui en sort plus tard. Ce phénomène ne s'observe pas chez le Gammarus, car on n'y trouve jamais le noyau étiré et pelotonné dans la cellule. Ce détail pourrait bien se rapporter à un mode semblable à celui que nous avons décrit chez VOniscus et VAsellus. Mais à ce propos on peut se demander si Hermann n'a pas considéré comme un noyau allon- gé le boyau nucléinien qui est si remarquable et dont il ne fait pas mention? SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROrODES 167 AUTRES AMPHIPODES. Nous avons constaté le même mode de spermatogénèse chez divers amphipodes, et entre autres chez deux espèces à' Allorchcstes et chez la Lysianassa spinicornis. Aussi considérons-nous les phénomènes que nous venons de décrire dans le Gammants piilex comme constituant le mode typique de la spermatogénèse des amphipodes ; les deux sous-ordres des crustacés édriophthalmes présentent donc une différence bien tranchée dans leur spermatogénèse. {A continuer). EXPLICATION DES FIGURES N.B. Toutes nos figures ont été dessinées à la chambre claire et an microscope de Zeiss, à la hauteur de la table, le tube du microscope ayant i6 centimètres de longeur. A part certains cas particuliers, mentionnés dans le texte, les objets qui ont servi à la confection des dessins ont été traités d'après la méthode indiquée à la page 40. PLANCHE I. (Myriapodes, Fig. 1 à 26.) Grossissements : ]?ig. 1 : Obj . F, Oc. i et 4. — Fig. 2 à 26 : Obj . F, Oc. i. Lithobius forficatiis. FIG. 1 . A. Métiocyte tirée d'un individu jeune : mn membrane du noyau ; pn proto- plasme nucléaire; ni nucléole-noyau. B. Noyau d'une métrocyte semblable : ni nucléole- noyau ; V vacuole. FIG. 2. Cellule spermatique : ni nucléole-noyau en voie de destruction. FIG. 3. Cellule spermatique s'allongeant par un pôle pour se transformer en sper- matozoïde ; til restes du nucléole-noyau dont la membrane a disparu. FIG. 4. Stade plus avancé : k/ restes du nucléole-noyau, les bâtonnets nucléiniens commencent à se disperser. Le filament axial est déjà ébauché. FIG. 5. Stade ultérieur. On voit encore en ni quelques fragments nucléiniens ; des fragments semblables s'observaient aussi en d'autres points de la cellule, mais on a omis de les graver. FIG. 6. Deux métrocytes qui viennent de se segmenter. Elles sont encore unies par leur plaque cellulaire ab. La membrane du noyau ne s'est pas encore formée autour des nucléoles-noyaux déjà reconstitués. FIG. 7. Quatre cellules unies par les plaques cellulaires ab et a' b\ traversées par les restes du fuseau caryocinétique. Ces cellules peuvent être des métrocytes ou des cellules spermatiques. FIG. 8. Quatre cellules spermatiques unies, et commençant à subir l'allongement unipolaire. FIG. 9. Groupe de quatre cellules semblables ; l'allongement y est plus prononcé. FIG. 10. Métrocyte uninucléée portant déjà l'ébauche de quatre spermatozoïdes; les rudiments du filament axial ax sont nettement dessinés snr les prolongements qu'elle porte. FIG. 11. Stade plus avancé du développement de cette métroèyte qui possède main- tenant quatre nucléoles-noyaux issus de la division du noyau primitif. FIG. 12. Stade encore plus avancé d'une métrocyte semblable : les quatre prolon- gements ont la signification de cellules spermatiques, bien que le filament axial n'y paraisse pas encore. 170 -G. GILSON FIG. 13. Stade encore plus avancé : les prolongements spermatiques de la métrocyte à quatre nucléoles-noyaux sont beaucoup plus allongés , ils sont devenus plus variqueux et laissent voir le filament axial en formation ; les renflements présentent des espaces vacuoleux. FIG. 14. Métrocyte uninucléée présentant deux prolongements' spermatiques où l'on aperçoit le filament axial ax. FIG. 15. Stade subséquent d'une métrocyte semblable. Le noyau a donné naissance à deux nucléoles-noyaux. Les deux prolongements se sont développés ; ils possèdent un fila- ment axial mieux formé et laissent voir de plus, en sp, les rudiments fraîchement établis de la spirale. FIG. 16. Métrocyte possédant deux noyaux complets. FIG. 17. Métrocyte à quatre noyaux complets. FIG. 18. Faisceau formé de six cellules spermatiques déjà très allongées; les noyaux et les nucléoles ont disparu, mais le filament axial et la spirale n'ont pas encore fait leur apparition. FIG. 19. Groupe de quatre cellules spermatiques accolées, mais libres de toute adhé- rence réciproque. Celle qui figure sous le n° 2 possède encore un nucléole-noyau intact. Dans les trois autres cet élément commence à se désorganiser, sa membrane a déjà disparu, et les fragments nucléiniens ne tarderont plus à se disperser dans le protoplasme. FIG. 20. Tronçon d'une cellule spermatique déjà très allongée et se régularisant pour prendre la forme définitive du spermatozoïde ; deux renflements seulement ont per- sisté. Le filament axial existe dans toute sa longueur, mais la spirale ne s'y forme point en- core. Le noyau a disparu entièrement. FIG 21 . Cellule spermatique semblable à la précédente, mais moins allongée et moins régulière Le changement de forme n'y est pas aussi avancé quoique le travail de différen- tiation interne y soit poussé plus loin, car outre le filament axial qui existe dans toute la longueur, la spirale y est visible en plusieurs endroits. Les tours de cette spirale, encore mince et filoide, sont très rapprochés. Le filament axial est plus long que la cellule elle- même, aussi doit il se pelotonner dans les renflements. FIG. 22. Coupe optique d'une cellule spermatique semblable à la précédente. La spirale existe déjà dans la partie supérieure de la figure : on y voit en sp la section des tours de spire, mais elle n'est pas encore formée dans la partie inférieure où la membrane est épaisse et continue (elle est représentée trop mince). Dans l'axe de cette cellule se voit aussi la coupe du filament axial. FIG. 23. Extrémité antérieure renflée d'une cellule spermatique vue de face. FIG. 24. Portion d'une cellule spermatique montrant le filament axial, et en divers endroits la spirale qui y a pris déjà la forme d'un ruban aplati, et dont les tours se sont es- pacés. En B est représentée une coupe optique de l'extrémité de cette même cellule. On peut y reconnaître que la spirale se découpe dans la membrane interne. FIG. 25. Extrémité d'un fragment de spermatozoïde adulte pris dans la vésicule sé- minale; le filament axial en sort par le bord rompu. Geophiliis. FIG. 26. Spermatophore extrait de la vésicule séminale. SPERMATOGENESE DES ARTHROrODES I7I PLANCHE II. (Lépidoptères, Fig. 27 à 47.) Gr. : Fig. 27 ;\ 30, 45 à 47 : F, i. — Fig. 31 à 34 : 1/12, i. — Fig. 35 à 44 : i;i2, 4. — Fig. 46 : D, i. Chelonia caja. EIG. 27. Colonie primitive extraite du testicule dune larve longue de 5 millimètres. FIG. 28. Colonie primitive provenant d'une larve de 10 millimètres. FIG. 29. Cellules multinucléées extraites d'une colonie semblable à la précédente mais un peu plus volumineuse. FIG. 30. Colonie de métrocytes, légèrement écrasée par le porte objets, extraite d'une larve peu de temps avant la mue nymphale. Bombyx rubi. FIG. 31. Coupe microtomique d'une colonie semblable à la précédente, et extraite d'une larve. Chelonia caja. FIG. 32, 33 et 34. Métrocytes où l'on voit la multiplication des noyaux. FIG. 35. Colonie de cellules spermatiques. Les noyaux y sont très petits. Pieris brassicœ. FIG. 36. Colonie de cellules spermatiques commençant à s'allonger; le filament axial est formé. L'état des noyaux est variable : dans les uns, les cordons nucléiniens sont encore intacts; dans les autres, ils sont fusionnés en une masse qui, çà et là, s'allonge en bâtonnet. FIG. 37. Colonie de cellules spermatiques plus allongées, mais ne présentant pas encore de différentiation interne. FIG. 38. Colonie plus avancée : le filament axial est formé et les cellules sperma- tiques sont plus développées; le noyau n'y est cependant pas encore modifié. FIG. 39. Colonie un peu moins avancée que la précédente, à demi dissociée. FIG. 40. Cellule spermatique isolée. Le filament axial est bien constitué, mais le noyau ne présente pas encore de modifications. FIG. 41, 42, 43. Cellules semblables montrant trois stades de l'étirement de la masse nucléinienne. Chelonia caja. FIG. 44. Partie antérieure d'une colonie plus âgée, la nucléine y a la forme d'un fuseau. Au devant de la colonie s'observe une accumulation de protoplasme renfermant le noyau femelle. Pieris brassicœ. FIG. 45. Partie antérieure d'une colonie plus avancée. Protoplasme sur les côtés avec deux noyaux femelles. Chelonia caja. FIG. 46. Faisceau arrivé au même stade. Noctuela. FIG. 47. Faisceau très riche en protoplasme.' 172 G. GILSON PLANCHE III. (Coléoptères, Fig. 48 à 73.) Gr. : Fig. 48 à 50, 54 à 57, 69, 72 et 73 c : 1/12, 4. — Fig. 51, 58 à 62 : F, 4. — Fig. 52 et 53, 59 à 68 : F, i. — Fig. 70 et 71 : 1/12, i. Hydrophiliis piceiis. FIG. 48. Coupe transversale de la partie supérieure d'un cœcum testiculaire. A, mé- trocyte multinucléée; B, colonie. FIG. 49. Coupe transversale de la partie moyenne du même cœcum. A, métrocyte niultinuclée; B, jeune colonie; C, colonies pendant la période de segmentation; D, colonie après la fin de la période de segmentation : les cellules qui la composent sont des cellules spermatiques. FIG. 50. Coupe transversale inférieure à la précédente. A, colonies des cellules sper- matiques commençant à s'allonger, coupées obliquement; B et C, colonies plus avancées, dont le noyau n'a pas encore subi de modifications ; D, stade suivant : les noyaux s'al- longent ; beaucoup d'entre eux montrent encore la nucléine sous la forme de petits frag- ments, d'autres la montrent plus ou moins fusionnée; E, stade plus avancé : la fusion de la nucléine est achevée dans tous les noyaux. FIG. 51. Métrocyte multinucléée. FIG. 52. Colonie de spermatozoïdes. Le développement des queues y est très avancé; celui des têtes l'est moins : ce sont encore des noyaux sphériques contenant des fragments du filament nucléinien. On y voit un volumineux noyau femelle; le protoplasme s'est sur- tout accumulé à son extrémité caudale. FIG. 53. Colonie plus avancée, dissociée à son extrémité caudale. Le protoplasme s'est accumulé à la partie céphalique, et contient le noyau femelle dont le volume a consi- dérablement augmenté. FIG. 54, 55, 56. Cellules spermatiques à trois stades de leur allongement. Dans la fig. 56 le filament axial a fait son apparition. FIG. 57. Cellules spermatiques plus avancées; la nucléine est rassemblée en un bâtonnet filiforme ; la membrane nucléaire s'y est appliquée, puis a cessé d'être distincte. Feronea anthracina. FIG. 58. Métrocyte uninucléée tirée du testicule d'un très jeune individu pendant la période où la segmentation règne exclusivement. FIG. 59. Métrocyte semblable tirée d'un testicule plus âgé. FIG. 60, 61, 62. Trois stades du développement de la cellule précédente; multipli- cation des noyaux. FIG. 63. Dernier stade de l'évolution de la même métrocyte; la division du proto- plasme vient de s'opérer. FIG. 64. Faisceau de -spermatozoïdes presque mûrs. Feronea nigerrhna. FIG. 65. Métrocyte à trois noyaux. FIG. 66. Métrocyte multinucléée très volumineuse. FIG. 67. Colonie à demi dissociée, renfermant des cellules uninucléées, des cellules en segmentation et des cellules multinucléées. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES 173 Feronea authracina. FIG. 68. Cellules spermatiques renfermant un spermatozoïde enroulé dont la tête est encore sphérique. FIG. 69. Cellules renfermant, l'une deux, l'autre trois spermatozo'ides semblables aux précédents. Helops caraboidcs. FIG. 70. Colonie de métrocytes. FIG. 71. Colonie de cellule spermatiques. FIG. 72. Colonie dérivant de la précédente. Les cellules spermatiques étirées se sont réparties en deux groupes orientés en sens contraire. FIG. 73. Stade plus avancé que le précédent; faisceau de spermatozoïdes pres- que achevés, légèrement écrasé par le couvre-objets. PLANCHE IV. (Coléoptères, Fig. 74 à 112.) Gr : FiG. 74 et 75, 84 à 112 : 1/12, i. — Fig. 76 à 82 : 1/12,4. — Fig. 83 : F, i. GeoU'upes. FIG. 74. Faisceau de cellules spermatiques étirées. Les noyaux encore sphériques contiennent une masse sphéroïdale formée par l'élément nucléinien fusionné et coloré en bleu intense par le vert de méthyle. FIG. 75 Même faisceau plus avancé; les cellules spermatiques sont devenues de minces filaments, et les noyaux se sont transformés en têtes linéaires. Le noyau femelle a fait son apparition au devant des têtes. FIG. 76. Une cellule spermatique provenant d'un faisceaux dissocié. Son noyau n'est pas epcore modifié. FIG. 77. Cellule analogue. La nucléine est fusionnée et forme déjà une masse al- longée; la membrane du noyau a disparu. Le filament axial est établi. FIG. 78. Cellule analogue plus avancée. FIG. 79. Cellule analogue à celle de la fig. 76 ; plusieurs tronçons du filament axial s'y montrent. FIG, 80. Même cellule plus développée. La nucléine est fusionnée et rétractée au centre du noyau en une petite masse qui commence à s'allonger. FIG. 81. Stade ultérieur. La nucléine est beaucoup plus allongée, mais la membrane du noyau existe encore. FIG. 82. Spermatozoïde presque achevé. Le segment procéphalique est devenu plus court que dans la fig. 75. Chrysomela. FIG. 83. Faisceau de spermatozoïdes; deux noyaux femelles se voient sur les côtés. Calosoma inquisitor. FIG. 84. Colonie de métrocytes. 174 G. GILSON FIG. 85. 86, 87. Cellules extraites d'une colonie plus âgée. La multiplication nu- cléaire se poursuit dans ces cellules, sans que le protoplasme- se divise, jusqu'au stade de la figure 88. FIG. 88. Métrocyte multinucléée, peu de temps avant la division protoplasmatique. FIG. 89. Colonie de spermatozoïdes, issue d'une métrocyte semblable à celle de la figure précédente (après division protoplasmatique et segmentation des premières cellules- filles). On y voit le noyau femelle. FIG. 90. Colonie semblable, plus avancée; les têtes commencent à converger, tan- dis que les queues s'échappent de la cellule au pôle opposé. FIG. 91. Stade plus avancé : un grumeau de substance réfringente apparaît à l'extrémité antérieure. FIG. 92. La masse de substance réfringente a augmenté de volume et forme une pièce solide, déjà incurvée mais encore épaisse. Carabus purpurascens. FIG. 93, 94, 95, 96. Stades analogues à ceux des fig. 89, 90, 91 et 92. FIG. 97. Faisceau semblable à celui de la fig. 95, vu de face. FIG. 98. Stade plus avancé : la substance réfringente est maintenant une pièce aplatie et a pris la forme d'une petite écaille incurvée en nacelle. FIG. 99. Écaille débarrassée des spermatozoïdes, et vue de face. Carabus auratus. FIG. 100. Spermatophores semblables aux précédents. Le protoplasme y a déjà pris, à la partie antérieure, la forme du spermatophore achevé, bien que sa transformation en substance réfringente soit encore à son début. FIG. 101. Spermatophore un peu plus avancé que le précédent. Il contient deux gouttes irrégulières de substance réfringente. FIG. 102. Spermatophore jeune, vu de profil. Helops carabdides. FIG. 103. Faisceau de spermatozoïdes. On aperçoit à l'extrémité antérieure une gouttelette d'une substance réfringente analogue à la soie, et à laquelle le picro-carmin com- munique une coloration intense. FIG. 104. Stade plus avancé de la formation de ce spermatophore. La soie beaucoup plus abondante, forme un filament irrégulier; la gouttelette en s'allongeant entraîne les spermatozoïdes qui y demeurent insérés par l'extrémité de leur tête. FIG. 105. Spermatophore presque achevé. Loricera. FIG. 106. Spermatophore analogue. FIG. 107. Spermatozoïde. L'extrémité de la tête y est ordinairement recourbée en crochet. FIG.- 108. Spermatophore achevé. L'axe de soie, qui était primitivement incolore, s'est différentié en deux parties : une tige centrale qui reste incolore, et une gaîne où plongent les spermatozoïdes, et qui se colore intensément. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES I75 Feronca anthracina. FIG. 109. Tronçon du testicule dessiné en coupe optique. De cliaque diverticulum latéral sort un filament de soie; le filament inférieur est encore très court. FIG. 110. Spermatophorc en formation. La soie, encore peu développée, est renflée à l'une de ses extrémités qui est garnie d'une gerbe de spermatozoïdes. Cette extrémité porte une bordure formée d'une substance différente de la soie, qui ne se colore pas par le carmin, et qui englue les spermatozoïdes sur une certaine longueur. FIG. 111. Spermatophore moins avancé; les spermatozoïdes sont insérés sur la soie elle-même, ils se répartissent déjà en deux groupes qui vont devenir les larmes latérales. On n'y voit pas encore la substance incolore : ce qui semble indiquer que celle-ci se forme aux dépens de la soie, sous l'influence des spermatozoïdes. FIG. 112. Spermatophore plus avancé que celui de la fig. 110. La substance inco- lore gagne du terrain vers l'arrière, à mesure que les spermatozoïdes s'accolent à la soie. PLANCHE V. (Coléoptères, Fig. 113 à 124. — Diptères, Fig. 125 à 137). Gr. : Fig. 113 à 120, 123 à 131, 133 à 135 et 137 : 1/12, i. — Fig. 132, 134 et 136 : 1/12, 4. — Fig. 121 : A, 2. — Fig. 122 : A, i. Feronca anthracina. FIG. 113. Très jeune spermatophore : gerbe de spermatozoïdes fixée à une goutte- lette de soie formée dans la lumière du testicule. FIG. 114. Spermatophore dans lequel la substance incolore fait son appariton au devant de la soie. FIG. 115. Spermatophore vu de profil; une zone incolore existe sur les deux faces. FIG. 116. Spermatophore plus jeune que le précédent, vu de profil également. La substance incolore y forme un épais bourrelet antérieur, et une zone mince sur une seule face. FIG. 117. Gouttelettes de soie répandues dans le testicule. FIG. 118. Spermatophore très avancé, vu de profil à son extrémité antérieure où l'on voit la spatule en coupe optique; dans la partie postérieure de la figure, il est vu de face. On y constate que les lames latérales ne sont pas achevées ; un certain nombre de spermato- zoïdes s'en détachent encore. FIG. 119. Spermatophore presque achevé; la portion antérieure doit cependant conti- nuer à s'allonger, et la spatule terminale doit s'y développer; les lames latérales sont for- mées sur une plus grande longueur que dans le précédent. FIG. 120. Spermatophore terminé et découpé en tronçons; la portion postérieure est constituée par un mince filament de soie ne portant plus de lames latérales. A l'extrémité antérieure s'aperçoit la spatule bien développée. FIG. 121. Spermatophore dessiné sous un faible grossissement. FIG. 122. Spermatophore d'un carabique indéterminé. L'axe de soie y est contourné en spirale; les ailes sont détachées de la soie, excepté à l'extrémité antérieure. 176 G. GILSON Feronea nigerrima- . FIG. 123. Partie antérieure d'un spermatophore extrait de la vésicule copulative de la femelle. Le tube qu'elle représente était primitivement rempli par l'axe de soie ; la sub- stance de celui-ci a disparu, car le tube est vide et ne contient que quelques spermatozoïdes. FIG. 124. Tronçon de la partie moyenne du même spermatophore, vu de face, et montrant l'altération des lames latérales ; les spermatozoïdes se dégagent de ces derniers et passent dans le tube axial vide. Ornithobia cenn. FIG. 125. Colonie de métrocytes. FIG. 126. Métrocyte provenant d'une colonie semblable à la précédente. La pre- mière division nucléaire s'y est achevée, mais le protoplasme ne donne encore aucun signe de division. FIG. 127. Métrocyte semblable où le protoplasme est en division : un sillon profond l'étrangle en deux portions. La membrane de la cellule n'est pas intéressée dans la forma- tion de ce sillon. FIG. 128. Stade ultérieur. La deuxième division nucléaire est achevée; les deux cellules sont contenues dans la membrane de la cellule-mère. FIG. 129. Stade ultérieur. La division protoplasmatique des deux premières cellules- filles est achevée; quatre cellules sont contenues dans la membrane de la cellule-mère. FIG. 130. Stade ultérieur. Colonie née par la segmentation endogène d'une cellule- mère semblable à celle de la fig. 126, et contenue encore dans la membrane de cette cellule. FIG. 131. Stade ultérieur. Colonie dans laquelle la segmentation a été poussée plus loin : les cellules qui la constituent sont des cellules spermatiques ; un certain nombre d'entre elles subissent déjà un allongement unipolaire. FIG. 132. Trois cellules spermatiques plus allongées, et dont le noyau n'a pas encore subi de modifications. FIG. 133. Colonie de cellules spermatiques dans lesquelles l'étirement est plus avancé. L'élément nucléinen de leur noyau s'est fusionné et rétracté, il apparaît sous la forme d'un bâtonnet. A la partie antérieure de la colonie s'aperçoit une accumulation de proto- plasme contenant un no3'au femelle. FIG. 134. Cellules spermatiques provenant de la dissociation d'une colonie sembla- ble à celle de la figure précédente. On y constate la présence du filament axial près du noyau et dans les renflements des queues. FIG. 135. Colonie spermatique plus avancée, à demi dissociée. Les spermatozoïdes qui la composent doivent encore s'allonger beaucoup. FIG. 136. Spermatozoïdes de l'âge des précédents, mais vus sous un grossissement plus fort. FIG. 137. Tronçon de la portion antérieure d'une colonie plus âgée, et dont la lon- gueur était d'environ le triple de celle du tronçon figuré. On y remarque le court segment procéphalique des spermatozoïdes. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES 177 PLANCHE VI. lOrthoptères, (Fig. 138 à 213. — Névroptères, Fig. 214 et 215. — Hémiptères, Fig. 216 à 227. — Hyménoptères, Fig. 228.) Gr. : Fig. 138 à 142, 199, 215 et 226 : F, i. — Fig. 143 à 148, 222 et 227 : 1/12, i.— Fig. 149 à 197, 200 à 213, 216 à 221, 223 à 225 et 228 : 1/12, 4. — Fig. 198 : D, i. — Fig. 214 : F, 4. Decticits' rernicii'onis . FIG. 138. Alétrocyte à deux noyaux présentant un prolongement amiboïde. FIG. 139. ]\Iétroc3'te uninucléée. FIG. 140. jMétrocyte binucléée, sans prolongement. FIG. 141. Stade ultérieur, trois noyaux. FIG. 142. Stade ultérieur, colonie qui vient de naître par la division endogène d'une cellule multinucléée. FIG. 143. Métrocyte semblable a celles qui composent la colonie précédente. FIG. 144. Stade ultérieur du développement de cette métrocyte, deux noyaux. FIG. 145. Stade ultérieur, trois noyaux. FIG. 146. Stade ultérieur, une vingtaine de noyaux. FIG. 147. Stade ultérieur, grand nombre de noyaux. FIG. 148. Stade ultérieur. La division du protoplasme s'est opérée et les cellules, nées de cette manière, se sont déjà segmentées. Les faibles dimensions des cellules qui constituent cette colonie permettent de les considérer comme des cellules spermatiques. Les cellules dessinées dans les fig. 143 à 148 représentent donc des phases de la formation d'une colonie spermatique^ et dérivent de la dernière division endogénique de l'évolution d'une métrocyte; elles sont d'ailleurs reconnaissables à leurs faibles dimensions ainsi qu'à la petitesse et au faciès de leur noyau. FIG. 149. Cellule spermatique. Une très jeune vacuole est accolée au noyau ; un court rudiment de filament axial se voit au pôle opposé. L'élément nucléinien a commencé à se dissoudre dans le plasma nucléaire ; des bâtonnets y sont pourtant encore visibles au sein d'un liquide homogène. Le vert de méthyle a coloré ce noyau d'une manière uniforme. FIG. 150. Cellule spermatique : une vacuole un peu plus grande que la précédente se voit encore appliquée sur le noyau; une surface plane la sépare de celui-ci. FIG. 151. Cellule semblable dans laquelle la vacuole est séparée du noyau par une surface convexe; le noyau n'a pas subi de déformation. FIG. 152. Cellule semblable; le noyau se déforme, une surface concave le sépare' maintenant de la vacuole. FIG. 153. Stade ultérieur du développement de la cellule spermatique : l'allongement unipolaire est déjà bien accentué et le filament axial a fait son apparition. FIG. 154. Cellule spermatique très allongée et assez épaisse sur toute sa longueur; elle peut représenter un stade ultérieur à celui qui est marqué dans la fig. 157. Le proto- plasme autour du noyau est presque entièrement résorbé. 178 G. GILSON FIG. 155. Cellule spermatique dont le noyau est déjà plus différencié que dans les cellules précédentes : la nucléine y est entièrement dissoute ; de plus une saillie s'élève de la paroi antérieure du noyau et s'avance dans la vacuole. FIG. 156. Cellule spermatique dans laquelle le noj^au est au même stade que dans la figure précédente. Mais l'allongement de la cellule n'y a pas encore débuté, bien que le filament axial y soit déjà très long ; 'on aperçoit ce dernier pelotonné autour du noyau. FIG. 157. Cellule spermatique. La transformation du noj'au y est plus avancée que dans la figure précédente; la saillie antérieure du noyau a pris la forme d'une lamelle aplatie portant à ses angles deux épaississements ponctiformes. FIG. 158. Cellule spermatique. L'allongement du noyau y est plus prononcé. FIG. 159. Cellule spermatique plus avancée. Le noyau a pris la forme d'une palette. On remarque dans ce noyau une vacuole interne. Dans toute la portion antérieure de la cellule le protoplasme cellulaire a disparu, et le noyau surmonté de la vacuole antérieure y paraît nu, bien qu'en réalité il soit revêtu de la membrane cellulaire fusionnée sans doute avec la membrane nucléaire et la membrane de la vacuole. FIG. 160. Cellule spermatique plus avancée. Les chambres latérales de la vacuole antérieure commencent à faire saillie sur les parties latérales du noyau qui continue à s'étirer. FIG. 164. Stade ultérieur. Ces deux saillies sont plus accentuées; on y reconnaît déjà leur destination : elles vont former les crochets latéraux des spermatozoïdes. FIG. 162. Spermatozoïde achevé, vu de profil. FIG. 163. Spermatozoïde achevé, vu de face. FIG. 164. Cellule spermatique déjà très allongée; le filament axial ax y est à peine ébauché. Le noyau ne présente pas d'autre modification que la dissolution partielle de la nucléine; ce phénomène a eu pour résultat de faire prendre au noj'au, sous l'action du vert de méthyle, une coloration uniforme, indiquée dans la figure par un pointillé homogène. FIG. 165. Cellule spermatique à deux noyaux surmontés d'une vacuole antérieure. FIG. 166. Cellule spermatique semblable à la précédente mais plus avancée : les noyaux y sont déjà modifiés dans leur forme, et le filament axial s'y est découpé dans le piotoplasme indivis. FIG. 167. Cellule spermatique donnant naissance à quatre spermatozoïdes. FIG. 168. Cellule spermatique dont le noyau allongé est vu de profil, et renferme une vacuole interne. FIG. 169. Cellule spermatique semblable à la précédente, mais où le filament axial s'est dégagé de la cellule et pend au dehors. FIG. 170. Cellule spermatique en peu plus avancée que celle de la fig. 168. L'étire- ment de cette cellule est déjà très prononcé, mais le filament axial n'est pas formé; tandis que dans la fig. 168 le filament axial existe, bien que la cellule n'ait pas encore subi d'étirement. FIG. 171. Deux vues d'une même cellule spermatique. La figure de gauche est une vue de profil, celle de droite est une vue de face. Dans chacune, on remarque un espace vide entre le noyau et la membrane cellulaire ; ce vide résulte de la résorption du cytoplasme. La membrane cellulaire y est appliquée en avant à la paroi de la vacuole ; elle ne tardera plus à s'appliquer intimement sur tout le noyau, phénomène qui est accompli dans les cel- lules de la fig. 172. FIG. 172. Deux vues d'une même cellule spermatique plus développée. La supé- rieure est une vue de profil, l'inférieure une vue de face. On y remarque les baguettes et les points d'épaississement de la partie antérieure du noyau. SPERMATOGENHSE DES ARTHROPODES 179 Locusta viridissima. FIG. 175. Métrocyte analogue i\ celle de la fig. 139. On y voit en c une enclave albuminoide. FIG. 176. Cellule spermatique. A côté du noyau et du filament axial, elle renferme une vacuole v semblable à la vacuole antérieure du spermatozoïde, mais n'affectant jusqu'ici aucun rapport avec le noyau. Ce dernier laisse voir encore des bâtonnets nucléiniens plon- gés dans une substance uniformément colorée par le vert de méthyle. FIG. 177. Cellule spermatique. Le noyau est dans le même état que dans la figure précédente, seulement il porte une vacuole antérieure très développée. FIG. 178. Cellule spermatique. Le noyau ne montre plus de bâtonnets nucléiniens; ces éléments sont dissouts et le noyau parait formé d'une substance homogène, soit que le carj-oplasma ait, comme les bâtonnets, subi la dissolution, soit qu'il se trouve seulement masqué par la réfringence de la nucléine dissoute. On remarque de plus dans ce noyau une vacuole interne. Dans le protoplasme se voit une petite enclave e. FIG. 179. Cellule spermatique. Le noj'au renfermé une vacuole. Le protoplasme contient une enclave e accolée au filament axial. FIG. 180. Cellule spermatique. Le noyau porte deux vacuoles : l'une est la vacuole antérieure ordinaire; l'autre, postérieure, est une vacuole interne du noyau et semblable à la vacuole centrale de la fig. 178. FIG. 181. Cellule spermatique analogue. Le noyau renfermé, comme dans la figure précédente, une vacuole interne située à la naissance du filament axial, et une vacuole anté- rieure; celle-ci est un peu plus volumineuse et la saillie antérieure du noyau qui s'y avance porte déjà les deux épaississements ponctiformes. FIG. 182. Cellule spermatique. L'étirement est poussé très loin, sans que le filament axial se montre encore. FIG. 183. Cellule spermatique plus avancée. Le noyau, différentié dans sa forme, contient encore des bâtonnets nucléiniens. FIG. 184. Cellules permatique plus avancée : la saillie antérieure est plus développée. FIG. 185. Stade suivant. La saillie antérieur s'est encore allongée, et ses épaissis- sements ponctiformes sont devenus proéminents. FIG. 186. Cellule spermatique dans laquelle la saillie antérieure ne porte pas d'épaississements ponctiformes. FIG. 187. Cellule spermatique vue de face. Le noyau y passe de la forme d'une pa- lette à celle d'une tige cylindrique. La membrane cellulaire jusqu'ici n'a pas suivi la déformation du noyau; aussi voit-on un espace vide entre elle et ce corps. FIG. 188. Cellule spermatique plus avancée. La membrane cellulaire, qui était dé- tachée du noyau dans la figure précédente, commence à s'en rapprocher ; les crochets se dessinent. FIG. 189. Cellule spermatique analogue. Les crochets se dirigent tous deux de manière à faire saillie sur l'une des faces du spermatozoïde, comme dans la fig. 162; ils sont moins allongés que dans la fig. 188. FIG. 190. Cellule spermatique. Stade analogue à celui de la fig. 156 du Decticus ; la saillie antérieure du noyau ne fait que s'y dessiner. l8o G. GILSON FIG. 191 et 192. Deux cellules spermatiques. Elles représentent de profil des cel- lules semblables à celle de la fig. 182. FIG. 193. Cellule spermatique vue de profil : stade analogue à celui de la fig. 187. On y remarque sous la vacuole un petit espace triangulaire communiquant avec elle, et qui représente la cavité d'une des chambres latérales de cette vacuole ; ces chambres, on se le rappelle, vont se trouver comprises dans les crochets. FIG. 194. Cellule semblable mais plus volumineuse. FIG. 195. Cellule spermatique plus avancée et vue de profil. Les deux crochets se di- rigent en avant ; on y remarque la baguette brillante qui part des points d epaississements et qui constitue comme leur squelette. Les baguettes et les points sont très développés dans cette cellule. FIG. 196. Cellule spermatique effilée possédant déjà un filament axial bien établi, tandis que son noyau n'est encore modifié ni dans sa forme, ni dans sa constitution interne. FIG. 197. Cellule à quatre noyaux; le volume de ceux-ci indique que ce sont des noyaux spermatiques. Cette cellule va donner naissance à quatre spermatozoïdes; mais jusqu'ici il n'est pas possible de dire si le protoplasme va se diviser au préalable, ou si le filament axial va se découper dans sa masse indivise. L'un des noj'aux contient une sphé- rule nucléinienne, n, appliquée à la membrane. FIG. 198. Faisceau de spermatozoïdes ayant atteint à peu près le stade de la fig. 184, dessiné sous un faible grossissement. Libellula depressa. FIG. 199. Colonie de métrocytes. FIG. 200. Cellule spermatique. FIG. 201. Cellule spermatique donnant naissance à deux spermatozoïdes. La mem- brane des noyaux a disparu et le filament nucléinien commence à se détendre. FIG. 202. Cellule spermatique formant trois spermatozoïdes. Le déroulement du boyau est plus accentué que dans la figure précédente. FIG. 203. Cellule spermatique engendrant deux spermatozoïdes. L'extension du boyau est encore plus prononcée. FIG. 204. Trois cellules spermatiques contenant un boyau nucléinien bien dégagé. FIG. 205, 206 et 207. Trois stades du changement de forme de la cellule sperma- tiques. Le boyau nucléinien se redresse en même temps que la cellule s'allonge. On remar- quera que ce boyau est devenu plus court et plus épais que dans les stades précédents. FIG. 208. Stade suivant. La cellule a pris la forme d'un fuseau et le protoplasme se réduit de plus en plus. FIG. 209. Stade ultérieur. La membrane cellulaire s'est appliquée sur le bâtonnet nucléinien; le protoplasme a presque totalement disparu, il n'est plus représenté que par une petite portion incolore à l'extrémité effilée du spermatozoïde. FIG. 210, 211, 212 et 213. Quatre stades de l'achèvement du spermatozoïde; La portion incolore, c'est-à-dire la queue, devient de plus en plus longue, tandis que la tête se raccourcit. Si l'on compare ces cellules spermatiques avec celles des figures 200 et 204, on constate qu'elles ont diminué de volume pendant la différentiation du spermatozoïde. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES iHl Panorpa vulgaris. FIG. 214. Cellule spermatique en voie detirement. On peut constater dans cette figure le caractùre unipolaire de 1 etiremcnt. Le no}-au tout entier s'allonge, prend la forme d'un fuseau. L'élément nucléinien fusionné y revêt la forme d'un bâtonnet se continuant en arrière avec le filament axial. Phrygauca pilosa. FIG. 215. Faisceau de spermatozoïdes en boucle. On remarque dans l'intérieur de la boucle les restes du noyau femelle, des bâtonnets nucléiniens et du caryoplasma; quant à la membrane nucléaire elle a disparu. Aphrophora spiiman'a. FIG. 216. Métrocyte uninucléée. Son noyau se prépare à la division, ainsi que l'in- dique la fragmentation du filament nucléinien en bâtonnets incurvés. FIG. 217. Colonie de métrocytes, née d'une métrocyte semblable à la précédente. FIG. 218. Cellule spermatique. Début de l'étirement unipolaire. FIG. 219. Cellule spermatique. Le filament axial est formé. Dans le noyau, on voit l'élément nucléinien s'appliquer contre la membrane, laissant ainsi un espace vide au centre du noyau. FIG. 220. Cellule spermatique formant deux spermatozoïdes. Le protoplasme con- tient une petite vacuole. . FIG. 221. Cellule spermatique. Une vacuole se montre au devant du noyau ; celui- ci est en voie d'allongement : il renferme encore des bâtonnets nucléinien, mais ces corps sont plongés dans une substance contenant de la nucléine en solution, et se colorant uni- formément. Ce noj-au ne présente pas de vacuole interne. FIG. 222. Faisceau de spermatozoïdes. Les tètes ne portent pas de vacuole anté- rieure ni de vacuole interne. FIG. 223. Deux cellules spermatiques. La tète renferme une ou deux vacuoles in- térieures, résultant de l'espace central, déjà visible dans la figure 219 avant la fusion de l'élément nucléinien. FIG. 224. Cellule spermatique dont le noyau fusiforme ne contient ni vacuole ni bâtonnets nucléiniens; ceux-ci sont entièrement dissouts. FIG. 225. Spermatozoïde presque achevé : stade faisant suite à celui de la fig. 223. La vacuole antérieure persiste; le vide central du noyau est devenu, dans la tête, une simple fente. Velia currens. FIG. 226. Faisceau de spermatozoïdes. A la partie antérieure on voit une masse con- sidérable de protoplasme encore limitée par la membrane de la colonie spermatique. Cette membrane, au niveau des têtes, s'est rompue et a laissé échapper toute la portion postérieure du faisceau qui y était pelotonné. En t, se voient les tètes qui sont très courtes ; elles sont surmontées d'un segment procéphalique très développé. En arrière d'une grande vacuole, traversée par le faisceau, on aperçoit le petit noyau femelle, dont le graveur a omis d'exécuter l'intérieur; (le petit corps ovale qui se voit sur le côté du faisceau n'est donc pas une vacuole, ainsi que semble l'indiquer cette figure, mais un noyau). s3 l82 G. GILSON Notonecta glanca. 227. Portion antérieure d'un faisceau de spermatozoïdes montrant de nombreux noyaux femelles sur les côtés. Ces spermatozoïdes ont près d'un centimètre et demi de longueur. Ichneumonidc non déterminé. 228. Spermatophore en bouquet : x, culot de substance réfringente homogène. PLANCHE VII. (Orthoptères, Fig. 173 et 174, 229 à 239. — Arachnides, Fig. 240 à 3i0). Gr. : Fig. 173 et 239: D, i. — Fig. 174, 229 à 238, 240 à 276, 304 à 330 : 1/12, 4. — Fig. 277 à 285 : F, i. — Fig. 286 et 287, 1/12, i. — . Fig. 288 et 293 : F, 4. — Fig. 289 à 292, 294 à 303 : 1/18, 4. Locusta viridissima. 173. Faisceau de spermatozoïdes. Ces éléments sont groupés en petits fais- ceaux secondaires. 174. Un des groupements secondaires vu de face. 229. Autre groupement secondaire, vu de face également, mais à un stade moins avancé que le précédent. 230. Tronçon de spermatophore. A l'extrémité inférieure se voit un spermato- zoïde détaché des autres. Ce tronçon présente à la vue la gouttière que laissent entre eux les bras des ancres procéphaliques soudées. La profondeur de cette gouttière et le relief de ses bords sont peu indiqués dans cette figure, c'est là du reste un effet difficile à obtenir dans les réprésentations de cet objet. L'axe du spermatophore est formé d'une substance homogène; sur ses parties latérales se voient deux séries longitudinales de traits transversaux produits par les petites portions élargies que l'on aperçoit à la base des branches dans les fig. 231 et 233, où elles sont désignées par les lettres x^ etj^^. 231. Tronçon de spermatophore en destruction, vu de profil. Un seul des bras de l'ancre est visible dans chaque spermatozoïde; l'autre, situé en dessous, est caché par le premier. Les portions comprises entre les. lettres i eif sont les pièces de chaque spermato- zoïde qui se soudent entre elles pour former l'axe du spermatophore. Cet axe dans le sper- matophore achevé porte en avant la gouttière qui est vue de face dans la fig. 230, et qui n'est autre que l'espace compris dans l'écartement des ancres ; en arrière il donne attache aux portions des spermatozoïdes qui ne se soudent pas. 232 en 233. Ancres procéphaliques, trouvées en grand nombre dans une pré- paration du contenu de l'oviducte. Les portions comprises entre les lettres x etjy sont celles qui se soudent. Il est probable que les petites portions élargies x^ ^^yi ne se soudent pas et produisent les deux séries de traits transversaux qui, dans les spermatophores examinés de face, s'aperçoivent le long de l'axe homogène (fig. 230). 234 et 235. Groupements d'ancres, trouvés dans la même préparation. Dans la fig. 234 elles affectent encore les unes vis-à-vis des autres la position qu'elles ont dans le spermatophore inaltéré. Dans la fig. 235 elles sont décollées et tombées à plat sur le porte-objets. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES. 183 FIG. 236. Spermatozoïde provenant de la rupture d'un spermatophore. FIG. 237. Groupement de spermatozoïdes tiré de l'oviducte. Ces éléments y aflec- tent la même disposition que dans la fig. 174 qui représente non pas un stade de la destruc- tion du spermatophore, mais un stade de son édification dans le spermiducte. FIG. 238. Groupement analogue à celui de la fig. 231 et tiré de la même prépara- tion, seulement les spermatozoïdes y affectent une disposition qui reste énigmatique pour nous, bien qu'elle soit susceptible d'interprétation, ainsi qu'il est dit dans le texte. FIG. 239. Spermatophore de Locusta vifidissima, vu sous un faible grossissement. Tetragnatha extcnsa. FIG. 240. Métrocyte uninucléée. FIG. 241, 242, 243. Trois stades de la multiplication des noyaux dans une métro- cyte semblable. FIG. 244. Stade ultérieur. .Colonie de métrocytes nées simultanément par la division protoplasmatique d'une métrocyte multinucléée. FIG. 245. Stade ultérieur. Les métrocytes de la colonie se sont segmentées et ont' donné naissance à des cellules plus petites ; les dimensions et le nombre de celles-ci per- mettent de les considérer comme des cellules spermatiques. FIG. 246. Cellule spermatique isolée. Son no3-au renferme un boyau nucléinien très distinct. FIG. 247. Cellule spermatique plus avancée. La membrane du noyau a disparu et le boyau nucléinien s'est légèrement déroulé. FIG. 248 Stade ultérieur. Le boyau nucléinien s'est allongé et déroulé davantage ; de plus il est en relation avec un filament axial incolore, et pelotonné comme lui dans la masse du protoplasme. FIG. 249. Cellule spermatique subissant l'allongement unipolaire. FIG. 250 et 251. Deux stades ultérieurs de cet allongement. FIG. 252. Spermatozoïde achevé. FIG. 253. Cellule spermatique formant deux spermatozoïdes. FIG. 254. Cellule spermatique devant organiser quatre spermatozoïdes. FIG. 255. Stade ultérieur du développement de la cellule précédente. FIG. 256. Cellule spermatique multinucléée. FIG. 257. Stade ultérieur du développement de la cellule précédente. La division du protoplasme s'est effectuée, et les noyaux présentent déjà des modifications internes : l'élément nucléinien, après s'être fusionné, s'est blotti contre la membrane nucléaire et a pris la forme d'un anneau. Plusieurs de ces anneaux sont brisés et entrouverts. FIG. 258. Cellule spermatique tirée d'une colonie dont beaucoup de cellules présen- taient l'aspect qu'elles offrent dans la colonie de la fig. 357. Elle montre un stade plus avancé de la formation de la tête du spermatozoïde : en effet le corps nucléinien, qui pré- cédemment revêtait la forme d'un anneau, s'y est accru en longueur tout en se pelotonnant un peu dans le cytoplasma ; la membrane nucléaire a disparu. Tegenaria atrica. FIG. 259. Colonie de métrocytes. FIG. 260. Métrocytes résultant de la division des précédentes. FIG. 261 et 262. Deux stades de la segmentation binaire d'une métrocyte de plus petite taille. l84 G- GILSON FIG. 263. Colonie de quatre métrocytes formées par voie endogène. FIG. 264. Cellule spermatique uninucléée . FIG. 265 et 266 Deux stades de la formation du spermatozoïde dans une cellule spermatique uninucléée. La nucléine fusionnée s'est rétractée au centre du noyau en pre- nant une forme ovoïde ; dans la seconde figure cette forme s'est modifiée, la nucléine y revêt la forme d'un croissant. FIG. 268, 260 et 267. Trois stades de la formation des spermatozoïdes dans une cellule spermatique binucléée. FIG. 270 à 273. Quatre stades de la transformation du noyau dans une cellule sper- matique quadrinucléée. FIG. 274. Stade plus avancé. ï>e corps nucléinien s'est détendu et a rompu la mem- brane nucléaire dont il porte encore des lambeaux. FIG. 275. Deux cellules spermatiques binucléées, encore unies par une plaque cellulaire. FIG. 276. Cellule spermatique extraite du canal vaginal de la femelle. Agelena labyrinthica. FIG. 277 à 279. Trois stades de la multiplication des noyaux dans une métrocyte, FIG. 280 et 281. Deux stades de la transformation des noyaux dans une cellule spermatique quadrinucléée. FIG. 282 et 283. Deux stades du même développement dans une cellule spermatique à deux noyaux. FIG. 284. Cellule spermatique contenant huit noyaux. FIG. 285. Cellule semblable dans laquelle s'organisent les spermatozoïdes. La lettre d marque un spermatozoïde vu par son bord convexe. Lycosa. FIG. 286 et 287. Deux spermatozoïdes présentant un segment caudal très court. Phalanghim longipes. FIG. 288. Colonie de métroc3'tes. FIG. 289 à 293. Développement d'une métrocyte qui devient multinucléée puis forme, par voie endogène, une nouvelle colonie de métrocytes plus petites que les premières. FIG. 294 et 295. Segmentation binaire d'une des métrocytes de la colonie précédente. FIG. 296. Cellule spermatique résultant de la segmentation binaire des mêmes métrocytes. FIG. 297. Colonie de cellules spermatiques, dérivant d'une colonie de métrocytes, semblable à celle de la fig. 288. L'augmentation du nombre des cellules est le résultat de la segmentation binaire qui a envahi les métrocytes. Le noyau de ces cellules spermatiques con- tient un anneau que le vert de méthyle colore assez vivement : c'est l'élément nucléinien qui, en se fusionnant, s'est rétracté de manière à laisser au centre du noyau aplati un espace vide. FIG. 298. Cellule spermatique isolée et vu à un fort grossissement. FIG. 299. Cellule spermatique formant deux spermatozoïdes. FIG. 300. Cellule spermatique dans laquelle l'anneau nucléinien est brisé. FIG. 301. Cellule spermatique ou spermatozoïde^ Une très faible zone de proto- plasme entoure encore l'anneau nucléinien. SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES 185 FIG. 302 et 303. Cellules spennatiques dans lesquelles l'anneau, après s'être fixé, s'est détendu. La rencontre assez fréquente de ces éléments semble indiquer que la forme du spermatozoïde parfait n'est pas celle d'un corps lenticulaire mais bien celle d'une tigelle semblable au spermatozoïde des aranéides ou à celui de la Libellida depressa. FIG. 304. Très petite métrocyte en caryocinèse ; elle va donner naissance à deux cellules spermatiques (voir p. i36, ligne 21). Bitthus occitanus. FIG. 305 et 306. Deux métrocytes. FIG. 307. Colonie de métrocytes. FIG. 308. Métrocyte multinucléée. La pelotte nucléinienne dans certains noyaux présente une disposition radiée. FIG. 309. Colonie de cellules spermatiques. FIG. 310. Faisceau de spermatozoïdes, enroulé dans la membrane épaisse de la colo- nie spermatique. PLANCHE VIII. (Isopodes, Fig. 3ii à 334. — Amphipodes, Fig. 337 à 356). Gr.;FiG.311,313à328,331 à356: 1/12,4. — Fig. 312:F, i. — Fig. 329 et 330: 1/12, i Onisciis aselhis. FIG. 311. Cellules qui remplissent l'extrémité supérieure des cœcums testiculaires. FIG. 312. Cellules de l'épithélium qui tapisse la canal déférent jusqu'à la base des cœcums. Les fig. 313, 314 et 315 représentent trois des noyaux que l'on trouve toujours en quantité plongés dans une masse indivise de protoplasme. FIG. 313. Noyau libre entouré d'un peu de protoplasme : il est en voie de division par étranglement et l'élément nucléinien y est très fragmenté. FIG. 314. Autre noyau libre se divisant également; le filament nucléinien y est gros et tortillé de manière à former une pelotte serrée. FIG. 315. Noyau libre montrant le pointillé que porte sa membrane. FIG. 316. Métrocyte à deux noyaux. FIG. 317. Métrocyte à six noyaux. FIG. 318. Stade plus avancé d'une métrocyte à six noyaux. Les noyaux se sont al- longés et sont contenus dans des masses piriformes de protoplasme attachées au corps de la cellule par un pédicelle. Ces masses piriformes sont nées sous la forme de protubérances sur une métrocyte à six noyaux. Dans la fig. 322 on voit un stade moins avancé de la formation de ces protubérances. FIG. 319. Grappe un peu plus avancée que la précédente; les pédicelles des masses piriformes se sont amincis. Cette figure diffère de la précédente par l'état des no3'aux : tout l'élément nucléinien y est dissout, et les noyaux, en forme de larme, paraissent formés d'une substance homogène et se colorant uniformément par le vert de méthyle ; tandis que dans la fig. 318, le filament nucléinien est resté intact pendant l'allongement du noyau, qui n'a fait que donner aux anses nucléiniennes une disposition parallèle . l86 G. GILSON FIG. 320. Stade plus avancé d'un élément semblable au précédent. Le no5'au y est profondément modifié : sa membrane à disparu et son filament nucléinien apparaît comme un écheveau plongé dans le protoplasme de la protubérance qui le contient. Les six masses piriformes de la fig. 318 se sont allongées et transformées en un cordon irrégulier. On voit pénétrer dans chacune d'elles un fil très mince, c'est le filament axial du spermatozoïde ; il représente le premier rudiment de la hampe ou queue du spermatozoïde, et il s'édifie à la manière ordinaire dans le réseau plasmatique. FIG. 321. Stade ultérieur du développement des masses piriformes. Celles-ci ont pris la forme de minces cordons portant encore un renflement à leur extrémité libre. Ces cordons contiennent dans leur axe un filament nucléinien homogène qui se pelotonne sur lui-même dans le renflement terminai. FIG. 322. Élément en grappe analogue à ceux des fig. 318 et 319, mais portant sept protubérances au lieu de six, qui est le nombre le plus ordinaire. Ces protubérances con- tiennent un filament nucléinien pelotonné se continuant jusque dans le corps de la mé- trocyte. Qu'elle est l'origine de ce filament? Il est clair qu'il vient du noyau. Les noyaux homogènes de la fig. 319, où la dissolution de la nucléine a été précoce, lui ont peut-être donné naissance en s'étirant de bonne heure, avant même que les protubérances plasmati- ques ne se soient développées en longueur. Mais il n'est pas impossible que ce cordon ne soit tout simplement le boyau nucléinien du noyau, qui se serait seulement déroulé sans subir de fusion ni de dissolution ; il sufirait en effet que le boyau nucléinien des six noyaux de la fig. 317 s'épaississe un peu et devienne libre dans le protoplasme, pour qu'il prenne exactement l'aspect du cordon interne des protubérances. FIG. 323. Élément en grappe plus avancé que ceux des fig. 318 et 319. Le déve- loppement des protubérances y est un peu différent. En effet, au lieu de se détacher du corps de la cellule, elles restent accolées à mesure qu'elles descendent; le filament nucléinien qu'elles contiennent se déroule et rentre dans le corps de la cellule. Dans le protoplasme s'aperçoivent déjà les hampes. FIG. 324. Élément en grappe, semblable au précédent mais plus avancé. Les protu- bérances continuant à descendre le long du corps de la cellule sont arrivées à son extrémité inférieure; elles ne tarderont pas à se fusionner. Les hampes ne sont pas encore formées. FIG. 325. Stade un peu plus avancé : on voit les hampes incolores sortir d'une certaine longueur par l'extrémité brisée de la métrocyte. FIG. 326. Élément semblable au précédent : les filaments nucléiniens qui vont deve- nir les flagellums sont moins amincis, et ils se terminent d'une manière peu distincte en haut. Ainsi que le montrait l'absence de coloration de tout le faisceau qui occupe l'extrémité su- périeure de la métrocyte, les filaments nucléiniens ne s'avancent pas jusqu'à cette extré- mité ; ils s'arrêtent au point ovi les hampes incolores deviennent parallèles. FIG. 327. Faisceau de spermatozoïdes plus avancés. Il représente un stade ultérieur du développement d'un élément du genre de ceux qui se voient dans les fig. 320 et 321. Les flagellums sont complètement extérieurs au corps de la cellule-mère qui ne contient que les hampes. Les flagellums se relient à leur hampe en formant une boucle. Un filet aminci termine le faisceau à son extrémité supérieure. FIG. 328. Faisceau dérivant probablement d'un élément du genre de ceux des fig. 323, 324, 325 et 326. Les filaments nucléiniens étaient donc contenus dans le corps de la mé- SPERMATOGÉNÈSE DES ARTHROPODES 187 trocyte, mais les manipulations les en ont fait sortir ; ils sous-tendent maintenant sur une cer- taine longueur le faisceau incurvé des hampes. Il n'est pas impossible que ce faisceau dérive aussi d'éléments du genre de celui de la fig. 327; il faudrait alors que la rentrée des fîagellums eût été tardive. FIG. 329. Portion antérieure d'un faisceau de spermatozoïde ou, si l'on veut, il'un • spermatophore. FIG. 330. Elément semblable, mais plus avancé; les flagellums, encore libres, sont beaucoup plus longs que dans la figure précédente. Aselliis ûc] lia ficus. FIG. 331. Spermatoblaste assez jeune. On y remarque l'énorme no}'au femelle dans le- quel la nucléine est réunie en sphérules; la plus grande de celles-ci présente une vacuole, par- ticularité qui s'obser\'e communément dans les productions de cette espèce. Le caryoplasma est très abondant et vacuoleux. Autour du noyau femelle sont disséminés des noyaux plus petits, ce sont des noyaux mâles; en se multipliant ils donneront naissance aux noyaux spermatiques, destinés à former les flagellums. FIG. 332. Elément plus avancé. Les noyaux présentent les premiers indices de la formation des flagellums. Le fil nucléinien s'est blotti contre la membrane. FIG. 333. Stade plus avancé. Les noyaux deviennent fusiformes, et leur extrémité amincie se continue dans un cordon auquel le vert de méthyle imprime une coloration in- tense ; ce cordon est bien un filament nucléinien. Il parait résulter de la fusion et de l'éti- rement de tout le contenu nucléinien du noyau. Cet objet est d'une observation délicate et il est difficile de décider si, dans certains noyaux, toute la nucléine se fusionne en même temps qu'elle sort du noj'au, ou si le filament nucléinien ne fait que se dérouler. Les hampes sont déjà formées dans le protoplasme. Il est remarquable que la plupartdes noyaux sortis de la métrocyte ne sont pas enveloppés d'une couche de protoplasme. FIG. 334. Grand spermatoblaste montrant des protubérances semblables à celles de rOniscus. Les noyaux qu'elles contenaient ont déjà donné naissance au filament nucléinien du fîagellum. Contrairement à ce qui s'observe dans la figure précédente, ces noyaux de- vaient être entourés d'une masse considérable de protoplasme qui, après l'étirement des protubérances, sera utilisée dans la formation des massues terminales des flagellums; (voir fig. 335), tandis que, dans le cas de la fig. 333, les restes du noyau contribueront presque seuls à former ces massues. FIG. 335. Faisceau de spermatozoïdes. La partie filiforme des flagellums se colore vivement dans le vert de méthyle, tandis que la portion renflée qui les termine y reste incolore; cette dernière portion se colore au contraire dans la safranine. Les flagellums se rattachent à l'extrémité supérieure des hampes, mais leur point d'at- tache est caché par une substance abuminoide visqueuse, charriant des granules et des vacuoles, et formant autour du faisceau une gaîne opaque. Le plus souvent toute la partie supérieure des faisceaux est entourée d'une masse si considérable de cette substance, que les flagellums s'y trouvent entièrement cachés. Nous ferons remarquer que le nombre de noyaux que contient le spermatoblaste de VAselhis aqitaticiis, et par suite le nombre de flagellums d'un faisceau, est ordinairement plus grand que dans les objets figurés ; ce nombre a été réduit à dessein pour atténuer la difficulté de l'exécution de ces figures compliquées. FIG. 336. Extrémités de deux flagellums moins avancés. 188 G. GILSON Gammavus piilex. FIG. 337 à 339. Métrocytes. FIG. 340. Cellule spermatique, née par simple segmentation binaire ; son noyau n'a encore subi aucune modification. FIG. 341. CeluUe spermatique dont tout l'élément nucléinien est fusionné, et s'est rétracté au centre du noyau. FIG. 342, 343, 345 à 349. Divers stades de la transformation du noyau en tête, dans les cas où la nucléine se fusionne en une masse centrale. On peut y suivre aussi le changement de forme de la cellule spermatique; v, vacuole; e, enclave albuminoïde. FIG. 344, 350, 351 et 355. Divers stades de la transformation du noyau en tête, dans le cas où l'élément nucléinien, au lieu de se fusionner, s'est dissout dans le plasma nucléaire. FIG. 352 et 353. Cellules spermatiques dans lesquelles l'élément nucléinien, lors de sa rétraction, ne s'est détaché de la membrane nucléaire qu'en avant ; ce qui a causé la production d'une vacuole antérieure, au lieu de l'espace circulaire de la fig. 342. FIG. 354. Autre variation dans la rétraction de la nucléine. FIG. 355. Spermatozoïde approchant de la maturité; sa tète dérive d'un noyau où l'élément nucléinien s'était dissout dans le caryoplasma. FIG. 356. Spermatozoïde à peu près achevé. Sa tête dérive d'un no}'au où la nu- cléine s'était fusionnée et rétractée ; on n'y voit plus d'espace vacuolaire. ERRATA. Page 85, ligne 2 : Au lieu de : fig. 80 à 104, lire : fig. 85 à 102. Page 91, ligne 34 ; Au lieu de : fig. 112, lire : fig. 122. Page 124, ligne 16 : Au lieu de : fig. 223, lire : fig. 225. (^X^Hc\\^ I. V//<^//ro ^'j. ////r//'' y... Fui ir, OiisUlve (nùi'ti . ,1,/ iiirl M A/i\v. Jcvs. Se . Ltlh (h IhiiuiU. „ Iriudin. cfl'a.u-lu- II. ^r/^^Vr-//A^>rJ. '-,, :' i tuj.'ll $^r ■j-'-'v /((/. i'i'j. 'm W/' M a^ |â , ■#- ^'^' > iJ ,, «' '^' J,% # %^ #* tV iv i' t£' '»5^ %> îA ,;n^-^.^-.4^ @" #, ii^. /;,/,■;/ V' ê: &!•• ^ t. ® %.;'; » ti' o- Fil/j'y-. 4^- «s.,'^' f..-, . ^'=^' i, « (î «f' , !v @- * !&' , Sv Fiff.oS. m \t'" ' ^'ii- ** Cdstair Ci/.son ,,J „„/ ,/;./ 1,1/, Ol IJliniollI ,1 Lu„,-(o„. \m t Kf-'ll Fiif y^.' %JP. ■"m p^ /'/(/, -^À ,J/(M' fA^iJJ. JC -fX.ncW. TE flif Î-S. Ous/illT Ot/j, ■on ad nul J,t AU.r.ilvo.t. se. /.,//) ('/i.Diiinoiil à I.diuiiiii . (<{\ncl\, 1\ Cnu/arr tnho„a,l.n,it Jcl AIm.Jiioj m. lilh. C/tJ)uiiwiil à ioiini ". I tl I U' 1 1 t' \ . friLilair Oii.wn. aU. nal dd MeX.Jvos ,((-. Uh-ChI>umvn}.UUnv, 4x? ^(" ///// r y/ rV/ //> r. j . /^ 0. Cilson et A Mriinier ,„/ int/ ,{,/ A Joos. se. iil/i CàDiimml '" /.ouvmn. .-^!^* Fui '2 AS. fdfi'li-t- Fu/.i'O'.i. Fui '-'"'•■ ,.ck. # ^ (3 'W 3' Fy Jb,. *^ Fil/ '.''(i. Fhi/IW. Fui'JSj. lu, 188 ^*«l Xr^ , \mà if,q.î87. §/;^j^/;, ^.^ ;;5,;^"'-0 tS^^ 2!'8 ^t^p^o^'o*:^ î<^ J(?^. /v,, sus. M.^^' ''•^ii;**' Fui.Ôoâ tf Oilsc'ii d A.}fc!miei: aj luit dcl. .l.,/m< .tr. /////. Oi. ffunionl :, /.,i„,„i,i ^^^^^>a.e€i^^ C^âàv/////fa//^/ r. y . G.Gihon ci AJ/ciliiier ad lud. dtl /.tlll. CIlDlllliniif ,'r /,„„,■„ LA CYTODIÉRÈSE CHEZ LES ARTHROPODES PAR J. B. CARNOY PROFESSEUR DE CYTOLOGIE A l'UnIVERSITÉ CATHOLIQUE DE LOUVAIN. (Mémoire déposé le i avril i885.) 24 LA CYTODIÈRESE CHES LES ARTHROPODES Le groupe des arthropodes est fort remarquable au point de vue cytologique. - Des cellules immenses, d'une beauté ravissante et d'une incomparable - perfection, jeunes et sans enclaves; des noyaux gigantesques, parfois visi- - blés à l'œil nu, d'une constitution sans rivale; des membranes cellulaires - qui ne le cèdent en rien aux membranes végétales, et tout cela dans - presque tous les genres de cellules : en voilà plus qu'il n'en faut déjà pour " fixer l'attention du cytologiste et exciter son admiration Les arthro- « podes suffisent à eux-seuls pour écrire l'anatomie cellulaire ( i ). - Néanmoins cette mine inépuisable a été peu explorée jusqu'ici (2). Il est surtout un point de l'histoire cellulaire des articulés qui a été laissé dans l'ombre par les savants : nous voulons parler de la cytodiérèse. Ce phénomène biologique important a été l'objet des travaux récents d'un grand nombre d'observateurs. Les groupes les plus divers d'animaux et de végétaux, parmi lesquels figurent en première ligne les batraciens et les monocotylés, ont été soumis à une exploration minutieuse et soigneusement contrôlée; mais l'immense embranchement des arthropodes n'a pas été fouillé comme il le mérite, car personne jusqu'ici n'a fait une étude générale et comparative des phénomènes de la cytodiérèse de ces animaux. A part en effet quelques recherches particulières, ou quelques indications sommaires qui seront mentionnées tout-à-l'heure, la littérature scientifique ne possède rien sur cette question intéressante. C'est pour combler cette lacune que nous avons entrepris, il y a trois ans, plusieurs séries de recherches sur la division cellulaire dans les diverses classes des articulés. Nous publions aujourd'hui les principaux résultats auxquels cette étude pénible et laborieuse nous a conduit. Le lecteur verra sans peine que nous sommes loin d'avoir épuisé un si vaste sujet. (i) J. B. Carnoy. La Biologie cellulaire, i'' fasc. Lierre, Van In, mai 1884, p. 99. (2) Leydig a étudié au point de vue cellulaire divers tissus des arthropodes dans son Histologie, et spé- cialement dans sa dernière publication : Untersuch. f. Anat. und Hist. d. Thiere, i883. 192 J. B. CARNOY DIVISION DE CE TRAVAIL. Parmi les nombreuses conclusions qui se dégagent tous les jours davan- tage des travaux modernes sur la cytodiérèse des deux règnes, il en est une qui peut se formuler de la manière suivante : la division cellulaire, envisagée d'une manière très générale, peut se pratiquer suivant deux procédés, par voie directe et par voie indirecte. Cette distinction, due à Flemming, repose principalement sur la nature des phénomènes qui se passent au sein du noyau pendant la division. Dans le premier mode, le plus élémentaire, le noyau se partage à l'aide d'un sim- ple étranglement; dans le second il devient le siège d'une série de mouvements singuliers et fort compliqués que l'on a coutume de résumer, depuis Schleicher(i), sous le nom de caryocinèse, et qui y déterminent l'apparition successive de diverses images on figures caryocinétiques. Malgré les rapports intimes qui existent entre ces deux modes, comme le lecteur pourra le voira la fin de ce mémoire, nous avons jugé utile de maintenir provisoirement leur distinction pour faciliter l'exposition des faits. Après avoir exquissé sommairement la constitution des cellules des ar- thropodes à l'état quiescent, nous parlerons dans une Première Partie de leur division directe, et dans une Seconde Partie de leur division indirecte. En terminant, nous tirerons quelques conclusions basées sur l'étude des faits. Nous insisterons spécialement sur deux points : a) La ressemblance frappante de certaines figures caryocinétiques des arthropodes avec celles des infusoires et des protistes en général ; b) Les analogies et les différences qui existent entre les deux modes de division : la division directe ou acinétiqiie et la division indirecte ou ci- nétique. (i) W. SCHLEICHER, dans son travail sur la division des cellules cartilagineuses; Archiv f. mil<. Anat., tome XVI, p. 248, 187g. Ce mot remplace avantageusement celui de caryolfse, créé par Auereach en 1874 {Organologische Studien), et qui implique une idée fausse, celle de la dissolution et de la disparition totale du noyau pendant la division. INTRODUCTION I. CONSTITUTION DE LA CELLULE DES ARTHROPODES A L'ÉTAT QUIESCENT. Pour initier le lecteur à l'interprétation des phénomènes qui se déroulent pendant la cytodiérèse, les auteurs sont amenés forcément à parler de la cellule et du noyau à l'état quiescent , car cette interprétation doit découler naturellement de la constitution présumée de l'élément organique. Nous avons exposé nos vues à ce sujet dans un ouvrage récent, assez répandu pour pour que nous puissions nous contenter de consigner ici les données indis- pensables à l'intelligence de ce mémoire (i). Les divers éléments de la cellule : la membrane, le protoplasme et le noyau, sont doués de structure, c'est-à-dire formés de parties distinctes et réunis ou agencés d'une façon déterminée. 1° Le protoplasme est structuré. On y rencontre en effet un reticulum fibrillaire dont les mailles sont occupées par un enchylème granuleux (2). Cette structure se révèle avec un cachet particulier d'évidence chez les arthropodes. Nous figurons ici Pl. I, FiG. 3, 7, 8 et 9; Pl. II, fig. 51 et .52; Pl. III, fig. 82 et 83; Pl. VI et VIII de nombreux exemples de cette constitution fondamentale. On a souvent agité la question de savoir si la structure fi.briilaire dont nous par- lons, structure remarquée ça et, là depuis RemakOi, était due à la présence de fibrilles séparées, irrégulièrement distribuées dans le protoplasme, ou bien à la présence d'un réseau véritable. Flemming n'ose se prononcer dans le débat (4). L'étude attentive des arthropodes ne laisse aucun doute dans l'esprit de l'observateur. Nous avons rendu aussi exactement que possible le reticulum vivant des cellules malpighiennes de V Aphrophora spumaria dans la fig. 7, Pl. I; il ne peut y être question de fibrilles séparées. On voit nettement que toutes les trabécules se tiennent aux angles des mailles, surtout en imprimant divers mouvements au tube du microscope à l'aide (i) La Biologie cellulaire. L'édition en est presque épuisée. (2) Nous nous sommes servi pour la première fois de ces expressions dans le Prospectus de la Biologie, édité en avril iS83. (3) Remak. Neurolog, Erlàutcrungen, Taf. XH, fig. g, p. 461); MûUer's Archiv, 1844. (4) Flemming. Zellsubs., Kern und ]Zelltheil.; Ch, II, p. 58 et suiv., où il résume et discute les opinions des auteurs. 194 J- B. CARNOY de la vis micrométrique. Les cellules intestinales et testiculaires des clo- portes Pl. I, FiG. 2 et 3(1), desligies; celles des panorpes Pl. III, rio. 82-85, des lithobies et des pagures Pl. VI, des scolopendres Pl. VIII, sont aussi remarquables par la puissance et la régularité de leur reticulum. Nous avons déjà fait remarquer ailleurs (2) un détail cjui intéresse plus spécialement le sujet que nous allons traiter : au moment de la division le reticulum s'accentue davantage au sein du protoplasme, et les asters des fi- gures caryocinétiques n'en sont qu'une simple dépendance Pl. III, fig. 83 à 85; Pl. VI, fig. 228 à 231, 238 à 241 et Pl. VIII. Ce réseau est formé de substances protéiques plus résistantes que les albuminoïdes ordinaires, et appartenant au groupe de la plastine ou de l'élastine (3). Nous considérons le réseau plastinien comme le siège des mouvements physiques de la cellule, et l'enchylème comme le milieu plus spécialement approprié aux réactions chimiques (4). Plusieurs faits démon- trent en effet que c'est l'élément plastinien de la cellule qui est doué d'irri- tabilité et de contractilité et qui, par conséquent, préside aux mouvements : tels sont les phénomènes de motilité présentés par le reticulum musculaire, lés cils, la queue des spermatozoïdes, etc., qui ne sont que des dépendances ou des modifications légères du reticulum ordinaire (5), et qui sont formées comme lui de plastine ou d'élastine (6). 2° La membrane est également structurée. La masse protoplasmatique est limitée à l'extérieur par une couche membraneuse, l'utricule primordiale de H. von Mohl. Cette couche dérive du protoplasme par une simple différentiation; elle se rattache conséquem- ment d'une manière insansible aux trabécules de ce dernier, et elle est douée comme lui d'une structure réticulée, structure qui est apparente sur un très grand nombre d'enveloppes cellulaires (7). La membrane primitive est close de toutes parts ; elle ne porte donc ni pores ni ponctuations véritables (8). (i) Biologie cellulaire, p. 196, fig. 41. {2) Ibid., p. 192, fig. 35. (3) Ibid., p. 196. (4) ibid., p. ig6. (5) Ibid., p. 192, fig. 3S. — Gilson, plus haut p. 5i, Pl. 1, fig. 10 à i3.. (6) Zacharias. Bot. Zeit., 1S81. (7) Biologie cellulaire, p. 190 et 199; fig. 84, 45 et suiv. (8) Aussi est-ce mal à propos, selon nous, que Strasburger (1)ie Contr. d. indir. Kcrntli.; Archiv f. mik. Anat., 1884, p. 248), et Leydig (Uutersucli. f. Anat. u. Hist. d. T/iiere, i8S3, p. yS) se servent des mots poros et durchlochert au sujet de cette membrane. Ces expressions sont impropres, à moins qu'on ne veuille désigner ^3.r pores les mailles du reticulum constitutionnel de la membrane ; mais alors ce mot aurait un tout autre sens que celui qu'on lui donne en botanique. D'ailleurs les mailles ne nous paraissent pas ouvertes, mais fermées soit par l'épaississement des fils du reticulum, soil par la solidification de l'enchylème. CYTODIÉRÈSE DES ARTHROPODES 195 La Structure réticulée de la membrane primordiale, d'abord si délicate, se maintient souvent pendant sa transformation en membrane distincte et présentant un double contour. Ce fait se remarque facilement sur un grand nombre de cellules épithéliales chez les arthropodes(i). On le constate également sur certaines cellules testiculaires, celles des panorpes, par exemple, Pl. III, fig. 82. La membrane, mise à découvert aux deux pôles par le retrait accidentel du protoplasme, s'y montre finement réticulée, et émaillée de granules brillants, situés aux points de jonction des trabécules; comme cela se voit fréquemment sur la cuticule des infusoires et beaucoup d'autres membranes cellulaires. Il n'est pas rare du i^este que la membrane primitive s'épaississe par l'adjonction constante de nouvelles couches de mailles internes. Ces couches se différentient successivement en prenant parfois des caractères particuliers(2) qui les font distinguer sous la forme de lamelles concentriques. Tantôt ces lamelles s'isolent les unes des autres en perdant leurs adhérences originelles; tantôt elles demeurent unies par leurs trabécules radiales. Malgré son épais- seur, l'ensemble parfois considérable qu'elle constituent peut rester en liaison avec le protoplasme sous-jacent, tout aussi bien que la plus mince des mem- branes i-éputées à simple contour (3). Toutes ces particularités se rencontrent communément chez les arthropodes. Mais nous ne devons nous occuper spécialement que des cellules testi- culaires dont il sera surtout question dans ce mémoire. Ces cellules possèdent une membrane à double contour. Déjà visible sur certaines cellules vivantes et au repos, comme chez les panorpes et les lithobies Pl. III, fig. 82-86 et Pl. VI, elle le devient surtout pendant la cytodiérèse, car alors elle se dégage à certaines endroits du protoplasme in- térieur. Nous avons remarqué en effet qu'il se fait à ce moment dans les cellules une irruption d'eau qui s'y accumule sous la forme de vacuoles, souvent volumineuses, et refoule la masse plasmatique vers les deux pôles. La portion intermédiaire présente alors ça et là de grands espaces vides de protoplasme, ou s'en montre même tout à fait dépourvue. Ce phénomène (i) Nous l'avons représenté sur les cellules intestinales du cloporte. Biolog. cellnl. p. igo, fig. 33. (2) Par exemple, un veticulum tout-à-fait différent d'une couche à l'autre; voir Biologie, p. 191, fig. 34. (3) La fig. 45 de notre biologie, qui représente une cuticule épaisse de libellule, établit ce fait. On y voit non seulement que toutes les couches se tiennent, mais qu'elles font corps commun avec le protoplasme de l'épithélium sous-jacent. Les faits de ce genre, et ils sont nombreux, prouvent à l'évidence que s'il fallait, comme le prétendent beaucoup d'auteurs, réserver le nom de membrane pour les couches distinctes et indépendantes du protoplasme, on arriverait à cette conséquence absurde qu'on ne peut plus même l'appliquer aux coques les plus solides, telle que la cuticule ou le squelette externe des arthropodes, etc. Ce mot deviendrait d'ailleurs sans signification, puisque primitivement toutes les membranes ordinaires tiennent au protoplasme dont elles dérivent (Biologie, p. 200). 196 J. B. CARNOY est général chez les arthropodes. Les contours de la membrane, ainsi mise à nu, se dessinent alors avec une netteté remarquable, Pl. II, fig. 33 et 45; Pl. III, FIG. 74, 75, 86, 109 et 112; Pl. IV, FIG. 123, 148, 150 et 154, et Pl. V, FIG. 176, 184, 194 et 196, pour ne citer que les exemples les plus frappants. Rien de plus aisé que la constatation de l'existence de cette en- veloppe distincte sur les cellules vivantes, au moment où le scalpel les fait sortir du tube testiculaire avec le liquide qui leur sert de milieu naturel. Le doute n'est donc pas possible, et les objections que l'on pourrait formuler concernant son apparition sous l'influence des réactifs sont écartées. Ces faits nous ont paru d'autant plus intéressants que, depuis M . Sch u ltze, on s'est plu à nier jusqu'à la possibilité de l'existence d'une pareille membrane dans les cellules douées de mouvements amiboïdiens. Or, on le sait depuis longtemps(i), les cellules testiculaires présentent ces mouvements à un haut degré. On les remarque sans peine chez tous les arthropodes, surtout dans un sérum artificiel, car ils sont alors beaucoup plus actifs. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet. Pour le moment nous devons nous contenter de mentionner ce fait que des cellulesà membranes solides et épaisses, comme celles des pa- norpes et des myriapodes, sont animées de mouvements amboïdes dont l'étendue et la vivacité étonnent l'observateur. Ainsi tombe l'argument favori, tant de fois invoqué, des adversaires de l'existence d'une membrane solide et distincte dans les cellules animales jeunes et actives. Il faudra en revenir sur ce point, à part quelques modifications, aux idées de Mohl et de Reichert (j). La membrane existe donc, sa présence n'est que voilée par les granules du protoplasme, blottis sur sa face interne. Inutile d'ajouter que l'emploi des réactifs appropriés l'accentuent davantage (3). L'enveloppe vivante que nous venons de signaler n'est pas rigide ; elle est au contraire douée d'extensibilité et d'élasticité. La présence des mouvements amiboïdiens suffirait déjà pour prouver cette assertion, mais on peut en obtenir la preuve directe en dissociant sous le microscope un tissu dont les cellules se tiennent, par exemple un lobule graisseux. Les cellules se laissent étirer outre mesure sous l'action des aiguilles. (i) De LA Valette S'-George , Archiv f. mik. Anat. iSij5, p. 68, Pl. III, n'a observé les mouvements amboïdiens que dans un seul arthropode, VAsellus aqiiaticus, fig. g. (2) Reichert, Miiller's Archiv, 1S41, p. 523, à propos de la segmentation de l'œuf des batraciens, et dans plusieurs autres publications. (3) Il y a longtemps que nous montrons à notre laboratoire la membrane des amibes en expansion, en les traitant par l'alcool ou un réactif coagulant qui ramène le protoplasme au centre de la cellule, La membrane, maintenue en place, se voit alors sous la forme d'une cuticule assez épaisse et à double contour, dont les pro- longements épineux entouraient les pseudopodes. CYTODIÉRÈSE DES ARTHROPODES 197 mais au moment où la traction cesse, elles reviennent subitement à leur position et à leur forme premières. Pour les maintenir séparées, il est né- cessaire d'opérer à sec sur la lame de verre, afin que leur adhésion à cette dernière neutralise l'élasticité des membranes cellulaires; au sein d'un liquide une pareille dissociation est impossible sans léser les éléments. Les propriétés physiques de la membrane animale découlent en grande partie de sa. constitution chimique. On sait depuis Mohl et Reichert (1. c.) que cette membrane offre une grande résistance aux réactifs les plus éner- giques, les bases et les acides concentrés. Elle se maintient pendant la ma- cération, la digestion artificielle; elle résiste à l'action des dissolvants des albuminoïdes ordinaires. Donders avait donc raison de proclamer, déjà en 1851 (1), que les membranes de toutes les cellules animales sont originaire- ment formées de substance élastique ou d'élastine (2). A notre avis, il n'est point douteux qu'il en soit ainsi chez les arthropodes. 3° Le noyau lui-même est structure (3). - Nous croyons pouvoir résumer les données que nous possédons sur <^ le noyau, à l'état de repos, dans les termes suivants : Le noyau est une « manière de cellule logeant un petit boyau ou filament tortillé de nucléine, (i) Donders ; Ned. Lancet, 3= série, f» année i85i-32, p. i à 24 et p. 65 à 90. — Aussi dans Zeitsch,, f. wiss. Zoologie. — (Voir surtout 3° conclusion.) Donders appelle la substance constitutive des membranes, cellulose animale; ce n'est que plus tard qu'on lui a donné le nom d'élastine ou de substance élastique. (2) L'élastine appartient à ce groupe de substances que nous désignerons souvent sous le nom de sub- stances protéiques réfractaires, pour les distinguer des albuminoides typiques : vitelline, myosine, albumine etc. Ces corps sont, à n'en pouvoir douter, des dérivés plus ou moins immédiats des albumino'ides véritables. A ne considérer que les arthropodes — et même à parler d'une manière générale — on peut les classer en trois groupes, suivant leur degré de résistance vis-à-vis des réactifs : a) \es plastines; b) les élastines qui comprennent la kératine (identique, à part un mélange de soufre, avec l'élastine, d'après Hoppe-Seyler, Physiol. Chemie), la névrokératine de KiiHNE et EwALD (f/eèer e;n. neu. Bestandtheil d. Nervensyst. ; Verhandl. d. nat, med. Vereins zu Heidelberg, 1876, tome I, p. 457); c) la chitine. Il importe peu au cytologiste de savoir si ces corps représentent autant d'esjSiPfes chimiques — ■' du reste les chimistes eux-mêmes l'ignorent, — ou s'ils ne sont que des mélanges. Il est probable que ce ne sont que des mélanges de substances analogues. Nous ne voudrions même pas affirmer que les plastines diffèrent chimiquement des élastines. Ou peut très bien admettre que la moindre résistance des éléments qui en sont formés : réticulum plasmatique, membranes très jeunes, etc., pro- vient de ce qu'ils ne renferment que très peu d'élastine. Le fait est que dans les cellules qui ont vieilli les pro- priétés du réticulum ressemblent beaucoup plus à celles de l'élastine. La même particularité se présente pour la membrane cellulaire. Les choses se passent comme si l'élastine y augmentait avec l'âge aux dépens des albu- minoides qui y seraient encore contenus à l'origine. Dans bien des cas, chez les arthropodes, les composés des deux premiers groupes se transforment en chitine, la plus solide et la plus difficilement attaquable de toutes les substances qui entrent dans la composition de leurs membranes. En résumé, plus ils s'éloignent de leur souche primitive, plus ces dérivés deviennent réfractaires. (3) Toutes les questions qui concernent la constitution du noyau ont été traitées dans notre « 'Biologie », avec de nombreuses figures à l'appui de nos assertions, tirées surtout du groupe des arthropodes. C'est pour cette partie spécialement que nous renvoyons le lecteur à notre ouvrage, p. 211 à 258. 25 iç8 J- B. CARNOY " jouissant d'une certaine autonomie, mais ne pouvant vivre qu'à l'intérieur « du protoplasme, et doué en outre d'une structure particulière. On peut " en effet y distinguer trois parties également organisées : une membrane, « une portion protoplasmatiqiie et un élément nucleinien (i) « A. Élément nucleinien. La forme typique qu'affecte cet élément, surtout chez les arthropodes, est celle d'un boyau ou d'un filament continu et pelotonné (2) dont les circonvolutions, plus ou moins nombreuses, sont répandues dans tout le noyau (3). Toujours libres au début, ces anses se soudent peut-être ultérieu- rement, dans certains cas et pour un temps, aux endroits où elles se croisent, avec ou sans épaississement marqué. Tantôt les circonvolutions sont jetées les unes sur les autres, sans ordre apparent Pl. V, fig. 196 et 197; tantôt au contraire elles courent parrallèlement en venant se croiser aux deux pôles opposés du noyaux. Cette distribution régulière est particulièrement re- marquable dans les cellules testiculaires des arachnides Pl. V, fig. 165,^ et 166; elle se marque aussi parfois chez d'autres arthropodes, chez les vers etc., mais avec moins de netteté. Lorsque de semblables noyaux sont vus par un pôle leur aspect change totalement. On aperçoit alors le sommet des portions parallèles et leur inflexion vers l'intérieur du noyau ; il arrive même assez souvent que les retours se font au centre de ce dernier, en prenant une disposition rayonnante qui est parfois d'une grande régularité Pl. V, fig. 165^, XQBa, En abaissant le tube du microscope, pour mettre au point leur plan équato- rial, leur aspect se modifie de nouveau ; on ne voit plus que la section trans- verse des filaments parallèles, comme dans la fig. 171, Pl. V. Dans ces (i) Biologie cellulaire, pp. 202 et 211. (2) Straseurger, qui admettait Texistence de ce boyau continu en i883, semble plutôt partisan aujour- d'hui du (W/cif/ioi! chromatique de Flemming. (Die Controverse)!, etc., p. 249) Guignard , dans une.note récente (iVoiii' . obs. sur la striict. et la div. du noyau cellulaire. Bull. Soc. bot. de Lyon, i884) maintient au ^ contraire l'opinion qu'il avait émise, à la suite de Straseurger, un an auparavant dans les Ann. des Se. natur., e^Sér. Tom. XVII. 1884, p. 5. (3) A ce propos nous devons rectifier une assertion récente de R. Hertwig. Dans son travail sur la division des noyaux de X'Actinospluvriuni Eiclilionii (Untersuch. \. Morph. und Thys. d. Zclle, Heft. I, p. 27, 1SS4), ce savant parle accidentellement des noyaux des insectes. A ses yeux, ces noyaux seraient comparables à ceux de \ Actinosphœrium, la nucléine y étant ramassée en un nucléole central et amorphe. Que le boyau soit pelotonné au centre du noyau, comme dans les grégarines et peut-être dans Va^ctinosphœriiim, cela ne se voit que çà et la chez les insectes fvoir Biologie, fig. 40, p. igS; voir aussi plus loin Pl. VII, fig. 287, et 289); il est bien plus rare encore d'y rencontrer la nucléine en masses amorphes (voir Pl. 1, fig. 7, et Pl. III, fig. 82 de ce mémoire). Ce qui nous paraît certain, c'est que dans tous les tissus des arthropodes les noyaux présentent normalement la forme typique que nous décrivons ici, et cela d'une manière éclatante. Hertwig a dû examiner des préparations maltraitées par les manipulations ou par les réactifs pour émettre une pareille assertion. CYTODIKRKSE DES ARTHROPODES 1 9Q diverses conditions l'élément nucléinien semble formé de granules ou de bâtonnets séparés, et telle est l'interprétation que Blanc a donnée de la constitution du noyau des phalangides (i). Mais ce ne sont là que des appa- rences. En examinant le noyau sous toutes ses faces, surtout par le pôle mais un peu obliquement ainsi que le montre la fig. 198, b, il est aisé de s'assurer que toutes les anses parallèles sont en continuité les unes avec les autres aux deux pôles et forment un filament unique. A propos de la continuité du boyau, nous ferons une dernière observation. On pourrait croire, à la vue de certaines images, qu'il est fragmenté en tron- çons nombreux. Les cellules testiculaires des sauterelles, des libellules, des isopodes, etc., particulièrement celle de la Lysianassa spinicoruis et des Ido- tcû, offrent de pareilles images. Ces images sont trompeuses, car un examen attentif fait découvrir un lien entre les tronçons. Il sont en effet rattachés par des portions du tube d'où la nucléine a émigré pour«e porter aux endroits qui se colorent par les réactifs. Pour apercevoir ces liaisons nous avons trouvé utile de traiter les préparations par le carmin boracique ou Ja safranine, de façon à leur imprimer une teinte légère, et ensuite par le vert de méthyle. Le contraste des nuances fait mieux saisir la continuité dont nous parlons : l'étui vide qui est incolore se détache nettement sur un fond rosé entre les tronçons verts. La forme et les dimensions du boyau varient beaucoup, même chez les arthropodes. Généralement très volumineux dans les glandes, il l'est moins dans les cellules testiculaires. Parfois son diamètre est uniforme, comme dans VOniscus Pl. I, fig. 1-3; Pl. V, fig. A, b, et fig. B; mais le plus souvent il varie d'un point à l'autre : le boyau devient alors irrégulier, bosselé, souvent moniliforme, Pl. V, fig. A, a, fig. 166-172, fig. 196 et 197; Pl. I, fig. 10, etc., etc. Le boyau est doué de structure; il est en effet formé d'un mince étui qui lui sert de paroi et d'un contenu. L'étui est de nature plastinienne, toutes ses" réations le prouvent. Une chose importante à remarquer c'est qu'il se maintient pendant toutes les phases de la division. Les nombreuses expé- riences que nous avons faites à l'aide des dissolvants les plus variés de la nucléine ont levé tous nos doutes à cet égard, Pl. II, fig. 57 et 58. On voit dans ces figures que tous les bâtonnets de la couronne équatoriale et des couronnes polaires étaient entourés d'un mince étui réfractaire. A l'intérieur de ce tube se trouve la nucléine, ou chromatine des auteurs. La manière dont celle-ci s'y présente est variable. Ici elle rem- plit entièrement son étui ; là, dans les boyaux volumineux, elle se retire (i) Blanc : Anat. et physiol. de l'app. sex. mâle des Phalangides; Bull, de la Soc. vaud. 2' Série, T. XVII, Pl. V. fig. 9,c et io,d. 200 J- B. CARNOY contre la paroi, en laissant ouvert un canal central renfermant un plasma transparent Pl. V, fig. A,b et fig. B; ailleurs elle se localise davantage sous la forme de disques superposés, régulièrement séparés par des espaces plasmatiques hyalins, disposition qui détermine l'apparition de stries transversales sur le boyau Pl. V, fig, A,c,d,e. Cette dernière particularité se voit assez rarement dans les cellules testiculaires, nous ne l'avons constatée avec certitude que sur les premières générations de cellules-mères : Pl. V, FIG. 170; Pl. VI, FIG. 223 et 224; Pl. III, FIG. 89(0. Quelle que soit d'ailleurs la disposition de la nucléine au sein de son étui, nous ne l'y avons jamais vu affecter la forme de granules — les micro- somata de Strasburger et des autres observateurs (2) — dans les objets frais et traités par le vert de méthyle. Sur de pareilles préparations on observe que la nucléine forme une masse continue, distribuée d'une manière uniforme et, alors même que le boyau est fortement bosselé, ses ventres sont géné- ralement reliés entre eux par des traînées non interrompues de de cette substance Pl. -V, fig. A, a, etc. Nous avons seulement pu constater l'existence naturelle de granules indépendants dans les disques des énormes boyaux de certaines tissus des insectes, spécialement des tubes de Malpighi et des glandes filières Pl. V, fig. A, h, i (3). Mais ces boyaux font défaut dans les cellules du testicule. Sous l'influence des réactifs, surtout des réactifs durcissants, il arrive que ces granules apparaissent : soit par le retrait de la nucléine, soit par la contraction de l'étui plastinien qui viendrait couper la colonne ou le manteau de nucléine à des endroits régulièrement espacés. Le boyau, toujours si homogène, des noyaux testiculaires du cloporte montre souvent cette particularité au début de l'action des acides forts, avant la dissolution de la nucléine, et après le traitement par l'eau bouillante additionnée d'acide osmique, ou après l'application de la liqueur de Flemming, Pl. V, fig. A,f. Aussi, à part le cas signalé plus haut, nous croyons que les mi- crosomes nucléiniens sont des produits artificiels; à moins qu'on ne veuille désigner par microsomes les disques eux-mêmes, mais cette interprétation serait contraire à la pensée de leurs partisans. (i) Voir aussi les fig. i38 à 141. lyS, 200 et 240 à 244 de Gilson. (2) Strasburger : Die Controversen, etc., p. 248 et passim. — Pour ce qui regarde les arthropodes, voir plus loin dans V historique de la caryocinèse : Balbiani (Stenobothnis) et Nussbaum (Asellus). C'est en vain que nous avons recherché les granules signalés par ces observateurs ; nous n'avons vu que des boyaux bosselés et moniliformes. Nous pensons qu'ils ont pris pour des microsomes les grains ou articles de ces filaments. (3) Leydig : Untersuchungen :;ur Aiiat. imd. Histol. d. Tliierc , pl. IV, fig. 43, représente un boyau de Cliironomus avec de semblables granules; mais il ne dit pas comment il a été traité. CYTODIÉRHSE DES ARTHROPODES 201 L'observation précédente nous parait s'appliquer également au bo}au pelotonné et aux btUonnets des figures caryocinétiques. Les deux ran- gées de microsomes, signalées par Pfitzner au moment de la division longitudinale, ne sont pas formées, chez les arthropodes du moins, de gra- nules séparés. Ceux-ci sont reliés comme dans les boyaux moniliformes, Pl. V, FiG. 192 et 193; ils ne deviennent indépendants que par l'application des réactifs durcissants, ainsi que nous l'avons constaté plusieurs fois. Nous ferons remarquer en outre que la présence d'une bande~ incolore, ou du moins beaucoup plus pâle, au milieu d'un tronçon nucléinien, FIG. A, b, Pl. V, n'est pas un indice certain d'une division longitudinale à son début, car cet espace hyalin se remarque à l'état statique, surtout lorsque le manteau de nucléine est mince : nous l'avons en effet observé plus d'une fois sur divers objets, en particulier sur les cellules testiculaires des cloportes, des forficules, des agrions, etc., au repos. Il est donc néces- saire de recourir à des indications plus précises pour prouver l'existence de la division longitudinale. B. Élément protoplasmatique . Le noyau possède une partie plasmatique formée, comme le cytoplasme lui-même, d'un reticulum plastinien et d'un enchylema; seulement ce dernier est généralement plus hyalin, et le reticulum moins apparent. L Cette portion plasmatique est directement visible, comme nous l'avons montré (i ), sur une foule de noyaux, principalement de ceux où le boyau présente des. circonvolutions lâches et peu nombreuses; ou bien se rétracte au centre du noyau (2) et se localise dans un espace restreint sous la forme de nucléole-noyau, comme dans les Lithobius Pl. VI, fig. 214 à 217; ou bien enfin se résout en un certain nombre de sphérules séparées, telles que les taches de Wagner dans les œufs et les sphérules nucléiniennes de certaines cellules ordinaires Pl. III, fig. 82. Grâce à ces diverses circon- stances en- effet la partie plasmatique, dégagée de l'élément nucléinien, frappe plus vivement les regards de l'observateur (;3). Pendant la division, soit directe soit indirecte du noyau, sa partie protoplasmatique se dessine (i) Biologie cellulaire, p. 236 à 245. (2) Comme cela se voit accidentellement dans certaines cellules des tissus (Biologie, fig. io5), et assez fréquemment dans les cellules nerveuses ganglionnaires, etc. (3) Dans nne -note récente (Ucber d.feiner. Ban d. Kerns; Centralb. f. raed. Wissenschaften, 1884, p. 546,) Ferrucio T.^rtl'feri dit avoir découvert de petits fuseaux, à fils très fins, à l'intérieur du noyau au repos. Nous croj'ons que ces fuseau.x ne sont que des portions de notre reticulum plasmatique, malheureusement cette communication préliminaire n'est pas accompagnée de figures. 202 J. B. CARNOY parfois d'une manière éclatante. Nous en donnerons plus loin de nombreux exemples. Cependant il n'en est pas toujours ainsi. Souvent on n'apei"çoit, en de- hors de la portion chromatique, qu'un élément hyalin et homogène : la sève nucléaire (Kernsaff) des auteurs (i). Mais en réalité cet élément est organisé. Il renferme un réticulum plastinien et un enchylème ; comme on peut s'en assurer par l'application des dissolvants de la nucléine, et par l'examen de ceitains accidents de préparation dont nous parlerons plus loin. Ici nous rencontrons une objection. Heuser (2), en traitant les noyaux de Fritillaria par la potasse diluée comme dissolvant de la nucléine, d'après la méthode de Zacharias, arrive à cette conclusion que, en dehors de la sève amorphe, il n'existe à l'intérieur du noyau que l'élément nucléinien avec sa gaine plastinienne; en effet, dit-il, celle-ci après la réaction reste seule comme élément figuré sous la forme d'une très mince enveloppe. Strasbur- GER (3), GuiGNARD (4), ctc. ctc. sont au fond du même avis. Comme nous venons de le voir, Vetiide comparée du noyau n'est pas favorable à cette opinion. Certes, nous admettons la présence d'un étui plasti- nien fermé et logeant la nucléine ; nous avons même cherché à établir ce fait par divers genres des preuves inconnues aux auteurs précités dans une thèse spéciale de notre Biologie (5). Mais si l'on veut bien jeter un coup d'œil sur les fig. 99 (œuf de Nephihys), 102 (œuf de Pelotâtes fuscus), 104 (œuf de crabe), 118 (noyau de grégarine), m (glande salivaire de Nepa) et bien d'autres, on restera convaincu de l'existence d'une portion protoplas- matique figurée et indépendante du boyau nucléinien. Le moyen en effet de considérer ces larges zones et ces plages protoplasmatiques, identiques d'as- pect et de constitution au cytoplasme, renfermant souvent des vacuoles ou d'autres enclaves, comme la simple paroi du tube ou de l'élément nucléinien blotti dans un coin du noyau? La figure que nous donnons (1) Nous l'avons déjà fait observer (Biologie, p. 2o3), cette expression u Kcnisaft, » sève du noyau, est fort incorrecte. Elle doit être réservée, comme l'expression correspondante « ZcUsaft, » pour désigner les vacu- oles véritables qui se rencontrent dans, le noyau aussi bien que dans le cytoplasme (1. c. p. 246). Stkasburger {T)ie Controverse», etc.) et Heuser (1. c. infra) assimilent, il est vrai, le noyau à une vacuole dans laquelle se trouverait plongé le réseau chromatique: mais cette assimilation ne nous paraît pas heureuse. Le plasma nu- cléaire, fut-il hyalin et dépourvu de réticulum, ne pourrait encore être comparé à une vacuole. Celle-ci n'est qu'une enclave aqueuse; tandis que le premier est dense, visqueux, gorgé d'albuminoides et présentant, à l'in- verse des vacuoles, toutes les réactions de ces dernières substances et de la plastine, ayant en un mot tous les caractères du protoplasme lui-même. Il constitue une partie essentielle du noyau , et non une enclave. (2) Heuser : 'Beotachtungen ûber Zellkenttlieihing; Bot. Centralb., 18S4, Tom. XVII, u« i et sqq., p. 125. (3) Straseurger : 1. c, p. 248. (4) GuiGNARD : Recli. s. la struct. et la div. d. noy. ccll. ; Anu. des Se. nat., 6"^ sér., 1884, p. 6 à 8. (5) Biologie, p. 23o. CYTODIERESE DES ARTHROPODES 203 Pl. III, FiG. 82 (lu no3-au des cellules testiculaires de la panorpc et celle que nous donnons Pl. VII, fig. 289." x, ne sont pas moins démonstratives. // en est de même en général de tous les noyaux, et ils sont nombreux, où les éléments plasmatiquc et nucléinien sont séparés, c'est-à-dire des noyaux qui possèdent soit des nucléoles nucléiniens, soit des nucléoles-noyaux. En appliquant les idées de Heuser aux noyaux munis d'un nucléole nucléinien, on pourrait peut-être insister, et dire : la portion plasmatique de ces noyaux dérive du boyau continu primitif; la nucléine , en se ramassant en sphérules amorphes, laisse tout son étui derrière elle sous la forme de tra- bécules ou de granules, à l'exception des portions qui se renflent pour rece- voir la nucléine et lui servir de paroi. Nous ferons à ce sujet plusieurs remarques. Il y a longtemps que nous nous sommes posé à nous-même l'objection que nous venons de formuler, et nous avons fait un grand nombre d'obsei"vations pour la résoudre. Ces observations présentent de sérieuses difficultés : en général le boyau est peu volumineux, la paroi de son étui est d'une excessive minceur et d'une grande altérabilité, enfin le plus souvent il est impossible de décider si l'on a devant soi une gaine ou des mailles serrées et délicates du réticulum plasmatique. Voici, en résumé, les résultats que nous avons obtenus. Nous croyons que le mode de formation des nucléoles nucléiniens dont parle l'objection, est réalisé au sein du noyau de certains œufs, par exemple dans les œufs de crabe (i), et dans les cellules testiculaires des panorpes Pl. III, FIG. 82. Car, au début du phénomène, on peut suivre encore les contours du boyau vidé entre les colonnes de nucléine, dont la séparation ferait croire tout d'abord que le tube s'est scindé en tronçons plus ou moins nombreux (2), On s'explique d'ailleurs très bien par ce procédé comment les nucléoles multiples qu'on aperçoit parfois dans les œufs jeunes (3) finissent par se réunir en cheminant à l'intérieur de l'étui pour former un petit nombre de nucléoles. Cependant ce mode de formation est loin de se présenter comme un fait général. On rencontre en effet des nucléoles qui, au lieu d'être formés de nucléine amorphe, sont constitués par un filament pelotonné, le filament primitif qui s'est ramassé au centre du noyau. Plus on perfectionne les méthodes d'observation, plus le nombre des nucléoles amorphes se restreint. C'est ainsi que dans bien des œufs, surtout dans ceux qui n'ont qu'une tache de Wagner, on trouve un boyau tortillé, (1) 'Biologie cellulaire, -p 224, fig. 8i et 82. (2) Voir plus haut, p. 19g, ce que nous avons dit de la fragmentation apparente du boyau. (3) Dans l'œuf du brochet, par exemple : fig So, p. 223 de la Biologie. 204 J- B. CARNOY à peu près comme dans les cellules testiculaires des chilopodes Pl. VI, FiG. 216, etc. Nous avons constaté ce fait sur plusieurs œufs de cœlentérés(i), surles œufs d'un lernéen parasite de la baudroie, le Chondracanthus gibbosus, sur ceux d'un mollusque ptéropode, la Cymbulia Peronii, etc. Le nucléole central de beaucoup de cellules ganglionnaires est de nature nucléinienne et présente souvent la même constitution filoïde. Enfin de semblables nucléoles se rencontrent communément chez les protistes et çà et là dans les divers tissus des arthropodes, Pl. VII, fig. 289, .v. Or dans tous ces cas on constate l'existence d'une zone périphérique, toujours riche en protoplasme réticulé. L'indépendance de cette zone vis-à-vis de l'élément nucléinien n'est point douteuse, car ce dernier s'en est retiré tout entier avec sa gaine; on peut constater ce fait par l'application des dissolvants de la nucléine sur des boyaux volumineux(2), et par l'examen attentif de la formation des nucléoles. Parmi les objets que nous avons étudiés, ce sont les œufs de la Cym- bulia Peronii sur lesquels nous avons pu suivre le mieux toutes les étapes de cette formation. Les œufs qui approchent de la maturité possèdent un énorme noyau, rempli de caryoplasma réticulé au milieu duquel brille un nucléole volumineux. Ce nucléole est un nucléole-noyau. Sa membrane est aussi nette et aussi épaisse que celle du noyau lui-même, et les circonvolutions du filament nucléinien, quoique minces, s'y distinguent aisément. Dans les ieunes œufs le noyau est autrement constitué. Il présente tous les caractères d'un noyau ordinaire; les anses nucléiniennes, d'ailleurs très visibles, sont uniformément distribuées dans toute son étendue. Mais bientôt les anses se portent dans la partie centrale et s'y accumulent successivement en abandonnant la périphérie, jusqu'à ce qu'elles y soient toutes réunies en une pelotte qui s'entoure sans tarder d'une épaisse membranule. Au fur et à mesure que le retrait des anses s'effectue le caryoplasma, plus ou moins caché jusque là, se dégage entièrement. Il est dense et granuleux. La zone qu'il occupe est assez étendue, mais elle est loin d'avoir les di- mensions de la maturité, car le noyau ne possède alors que la moitié de son volume définitif. Le phénomène que nous venons de décrire s'exécute avec une certaine lenteur. On peut en suivre toutes les phases, depuis le moment où l'on re- marque seulement quelques boucles accumulées vers le centre jusqu'à celui où l'on ne voit plus que deux ou trois anses plongées dans le carj'oplasma. En outre, pendant leurs mouvements, les anses de la pelotte deviennent (i) Exemple : le Pleurobrachia pileus, fig. 98, p. 237, de la Biologie. (2) Sur celui de la fig. io5 de la Biologie, par exemple. CYTODIÉRÈSE DES ARTHROPODES 205 de plus en plus courtes et plus serrées, mais elles ne paraissent pas gagner en épaisseur; en comparant leur diamètre dans les nucléoles-no3'aux avec celui qu'elles possèdent dans les noyaux jeunes nous n'avons pu saisir de difierence notable. En résumé, pendant la*formation du nucléole tout se passe comme si le bo3au abandonnait seulement une portion du milieu où il était plongé, le car)'oplasma, et qui serait devenu trop vaste pour lui. Il faut se rappeler d'ailleurs que l'étui plastinien est toujours d'une minceur telle qu'on a peine à le voir sur les boyaux les plus volumineux, même sur les boyaux striés des insectes. Il semble absurde d'admettre que les portions abandonnées par la nucléine puissent fournir à elles seules la quantité si considérable de caryoplasma qu'on trouve dans les œufs, dans les cellules testiculaires des pànorpes Pl. III, fig. 82, etc., etc. Notons encore que la transformation du boyau en nucléole se fait généralement de bonne heure, quand le noyau est peu volumineux et doit s'accroître encore pendant longtemps, ainsi que nous l'avons dit en parlant de la Cymbiilia. Or, la quantité de caryoplasma qui s'élabore durant cette seconde période est souvent si considérable qu'elle masque et rend insignifiante la portion primitive. Oserait-on prétendre que ce nouveau plasma dérive aussi de l'étui plastinien? Mais il y a plus, dans certains noyaux aucun lien génétique ne peut exister entre l'élément plasmatique et l'élément nucléinien. Le noyau des Litliobiiis est particulièrement démonstratif à cet égard. Car à aucune période de son existence, le filament nucléinien, emprisonné de bonne heure dans le nucléole-noyau, comme nous le verrons bientôt, n'a été en contact avec la grande sphère protoplas matique extérieure; celle-ci a donc toujours eu une existence indépendante du boyau et par conséquent n'a pu en dériver, Pl. VI, fig. 210 à 217. L'étude attentive de la formation des noyaux dans les autres groupes à la fin de la caryocinèse prouve également notre thèse, car durant ce phéno- mène il se joint aux bâtonnets une nouvelle portion protoplasmatique : on peut le voir particulièrement sur les fig. 32, 88 et 185. L'élément nucléinien ayant conservé, ainsi que nous l'avons démontré plus haut, son étui propre pendant toutes les phases de la division, il est évident que cette portion est indépendante du boyau dès son origine. II. Dans les pages précédentes, nous avons envisagé principalement les no3'aux dont les deux éléments se voient directement, ou se distinguent sans grande difficulté. Malheureusement il en existe une foule d'autres qui se présentent dans des conditions beaucoup moins favorables à l'observation : ce sont ceux dont les circonvolutions nombreuses se serrent et se tassent au point de les rendre impénétrables. Pour en dévoiler la constitution il faut 26 2o6 J- B. CARNOY Utiliser certains accidents de préparation qui dégagent leurs éléments. Ainsi en pratiquant des coupes sur les tissus végétaux frais, spécialement sur les jeunes endospermes des monotylés, ou en dissociant dans une goutte de vert de méthyle les divers organes des insectes , le rasoir ou l'aiguille emporte le boyau avec son étui propre ; on peut s'en assurer à l'aide des dissolvants de la nucléine. Alors, .pourvu que le noyau ait été respecté dans sa forme, on y distingue un réticulum plus ou moins accentué et ren- fermant dans ses mailles un enchylème hyalin, parfois parsemés de granules. Nous avons souvent remarqué dans les divers groupes d'arthropodes de pareils noyaux remplis de protoplasmes granuleux (i). Il n'est pas rare non plus de rencontrer, dans les préparations, des noyaux qui ont été accidentel- lement extraits des cellules et actionnés par l'aiguille. Là où l'on n'avait d'abord remarqué qu'une sève amorphe en dehors du noyau nucléinien, on découvre maintenant un fuseau de filaments rappelant celui delà caryocinèse, et dérivant sans nul doute du stroma plastinien étiré. Pl. V, fig. C et D. Nous avons d'ailleurs pu constater par l'application de l'acide chlorhydrique concentré que le boyau, reporté vers l'une des extrémités du noyau, possédait son étui habituel. De ces faits il est permis de conclure que le résidu qui se maintient dans un noyau sain, sous l'action des dissolvants de la nucléine, a une double origine : il provient à la fois du stroma plastinien et de l'étui du boyau lui- même, Pl. II, FIG. 56; Pl. V, fig. 164. Nous avouons volontiers qu'il est souvent assez difficile de distinguer ces deux portions, surtout après l'emploi des alcalis qui gonflent le boyau outre mesure, dis