l t ^-t'7.<-^ ^ ' -N; KWrK#1w S. M -.if m^-m&'f^h. 4:-3^y»s^Vï ,r^^^Sfr-^^:v^'i.^N. ■i ^. >^<^ ^,Ï*P^,.»«W ;;kt^îiS- 35S -^@^a£4<©' Victor de), à Porto Alegre, province de Rio Grande do Sul (Brésil). 1879 BRUMAULD DE MONTGAZON (D-" Alphée). 1883 BRUSINA (D"" S.), professeur à l'Université, directeur du Musée national zoologique, à Agram, Croatie (Autriche-Hongriej. F BUREAU (D"" Louis), directeur du Musée, professeur à l'École de méde- cine, 15, rue Gresset, à Nantes (Loire-Inférieure). 1883 CALMELS, à l'IIôtel-Dieu, à Paris. 1880 CAMERANO (D"" Lorenzo), au Musée zoologique de Turin (Italie). 1880 CAMPBELL (John M.), Kelvingrove Muséum, à Glasgow (Ecosse). 1881 CAZANOVE (Joseph de), ornithologiste, à Avize (Marne). 1879 CERTES (A.), inspecteur général des finances, 21, rue Barbet-de-Jouy, à Paris. 1883 CHABAUD (Dr Félix), à Cannes (Alpes-Maritimes). 1886 CHABRY (D"" Louis), 2, rue Mirbel, à Paris. 1877 CHAPER (Maurice), ingénieur, 31, rue Saint-Guillaume, à Paris. 1883 GHATIN (D*" Joannès), professeur-agrégé à l'École de pharmacie, maître de conférences à la Faculté des sciences, 128, boulevard Saint-Ger- main, à Paris. 1884 CHEVREUX (E.), sur le Port, au Groisic (Loire-Inférieure). 1884 CHICHATSKY (M'"« Marie), Maison du D'' Gortinsky, à TschernigofT (Russie). 1883 CHRISTMAN (Daniel), étudiant en médecine, 2, rue Mirbel, à Paris. 1882 CHUDZIXSKI (Théophile), [)r6parateur au laboratoire d'anthropologie de l'Ecole des Hautes-Études, licencié ès-sciences naturelles de l'Univer- sité de Moscou, 5, rue du faubourg Saint-Jacques, à Paris. 1883 CLADO, interne des hôpitaux, 1, rue Dolomieu, à Paris. 1881 CLEMENT (A. L.), (Membre à vie), dessinateur, 3 4, rue Lacépède, à Paris. 1876 COLLARDEAU DU HEAUME (lïïarie-Philéas), 6, rue Halévy, à Paris. F GOLLIN DE PLANCY (V.), interprète à la légation française, à Pékin (Chine). 1883 CONTA (M"'' Pulcheria), étudiante en médecine, 99, boulevard Saint- Michel, à Paris. 1880 CORY (Chas.-B.), Esq., 8, Arlington street, à Boston, Mass. (États-Unis). 1878 COSSON (D'), membre de l'Institut, 7, rue La Boëtie, ;i Paris. X LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 1 881 COTTEAU (G.), juge honoraire, à Auxerre (Yonne). 1882 COUSIN (Auguste), 61, rue du Rendez-vous, à Paris. 1879 COUTAGNE (Georges), ingénieur à la Poudrerie nationale de Saint- Chamas (Bouches-du-Rii6ne). F CRETTÈ DE PALLUEL (Albert), 41, rue Cambon, à Paris. 1883 CRIÉ(D'' Louis), professeur à la Faculté des sciences, à Rennes (Ille-et- Villaine). 1881 CUSTAUD (Dr L.), médecin civil, à Akbou (Algérie). 1878 DALGLEISH (John- James), B. 0. U., propriétaire, 8, Atholl crescent, à Edimbourg (Ecosse). 1886 DANYSZ (Pierre-Jean), licencié ès-sciences, préparateur au laboratoire d'anatomie comparôe, 24 bis, rue de la Glacière, à Paris. 1884 DAUTZENBEUG (Philippe), 213, rue de l'Université, à Paris. F DAVID (l'abbé Armand), missionnaire en Chine, 9o, rue de Sèvres, à Paris. 1883 DEBIERRE (D""), professeur-agrégé à la Faculté de médecine, 5, quai Claude Bernard, à Lyon (Rhône). 1881 DELAHAYE (Luc-Josopli), peintre d'histoire naturelle, 1'2, rue Lamar- tine, à Paris. F DELÂMAIN (Henri), négociant, à Jarnac (Charente). 1876 DEMAISON (Louis), 9, rue Rogier, à Reims (Marne), 1882 DEMBO (D"" Isidore), 64, quai du Canal Catherine, à Saint-Pétersbourg (Russie). 1883 DEMETZKY (Jules de), IV, Kigvo ûtcza, 1, à Budapest (Hongrie). 1881 DENIKER (J.), 19, rue Berlhollet, à Paris. 1883 DENIS (D-- Clément), d'Haïti. 1879 DESFOSSES (D-" Léonce), à Boussac (Creuse). 1877 DESGUEZ (Charles), attaché au Muséum d'histoire naturelle, à Paris. F DESLONGCHAMPS (Eudes), professeur à la Faculté des sciences, 28, rue de Geôle, à Caen (Calvados). 1880 DEYROLLE (Emile), 23, rue de la Monnaie, à Paris. 1884 DODIEAU (René), étudiant en médecine, 130, rue de Rivoli, à Paris. F DOLLFUS (Adrien), directeur de la Feuille des jeunes naluralisles, 33, rue Pierre-Charron, à Paris. 1876 DOUAI (Musée d'histoire naturelle de), à Douai (Nord). 1877 DOUVILLÉ, professeur à l'Ecole des mines, 207, boulevard Saint-Ger- main, à Paris. 1876 DUfiOIS (D'" Alphonse), conservateur du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique, 91, rue des Rentiers, à Etlerbeck-Bruxelles (Belgique). 1882 DUBOIS (D"" Raphaël), préparateur du cours de physiologie à la Sorbonne, 3, rue d'Ulm, à Paris. 1882 DUVAL (D-" Mathias), professeur à l'École d'anthropologie, à l'École des beaux-arts et à la Faculté de médecine, membre de l'Académie de médecine, 1 1 , cité Malesherbes, à Paris. 1877 ÉBRARD (Sylvain), aux aciéries d'Unieux (Loire). LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE XI F ELLIOT (P.-G.), (Membre à vie), Esq., F. Z. S., etc., à Staten island, près New- York (États-Unis). 4881 FABRE-DOMERGUE (Paul), licenciées-sciences naturelles, 20, rue de la Clef, à Paris. 1876 FATIO (Victor), 4, rue Massot, à Genève (Suisse). 1877 FAUQUE (A.), au jardin d'acclimatation, Bois de Boulogne, à Paris. 1881. FAUROT (D-- Lionel), 121 , rue de Rennes, à Paris. 1886 FERNANDEZ (Hipolito), à Manille (Philippines). 188.5 FERRÉ (D-" Gabriel), chef des travaux histologiques à la Faculté de médecine, à Bordeaux (Gironde). 1886 FILHOL (H.), sous-directeur du laboratoire de l'École des Hautes-Études (zoologie) au Muséum, 90, boulevard Saint-Germain, à Paris. 1881 FISCHER (D'' Paul), aide-naturaliste au Muséum, 68, boulevard Saint- Marcel, à Paris. 1884 GACHE (Henri), 105, avenue Victor Hugo, à Paris. 1881 GADEAU DE KERVILLE (Henri), 7, rue Dupont, à Rouen (Seine- Inférieure). 1881 GARDILLlOxN (D'' Louis), à Goderville (Seine-Inférieure). 1880 GARMAN (Samuel), assistant of Ichthyology and Herpetology at Ihe Muséum of Comparative Zoôjogy, at Harvard Collège, à Cambridge, Mass. (États-Unis). 1885 GAUTHIER (Dr Vicente) , préparateur à l'Institut de thérapeutique expérimentale, 6, vico Belledone, à Chiaia, à Naples (Italie). 1878 GAY (Octave), professeur-agrégé à la Faculté de médecine, piiarmacien en chef de l'hôpital Laennec, à Paris. 1879 GAZAGNAIRE (J.), 39, rue de la Clef, à Paris. 1881 GERVAIS (D"" Henri), aide-naturaliste au Muséum, 13, rue de Navarre, à Paris. 1879 GIARD (A.), professeur à la Faculté des sciences, à Lille (Nord). 1883 GIBERT (D''), 41, rue de Séry, au Havre (Seine-Inférieure). 1885 GIRARD (Albert), au Musée zoologique, à Lisbonne (Portugal). 1881 GIRARD (D"" Maurice), professeur, 28, rue Gay-Lussac, à Paris. 1886 GREZ (Paul), pharmacien, 6, rue Fromentin, à Paris. 1885 GUBB (D''), médecin à l'hôpital franrais, Leiscester scpiare, à Londres (Angleterre). 1879 GUERMONPREZ (D'' Fr.), professeur à l'Université catholique, à Lille (Nord). 1880 GUERNE (J. de), licencié ès-sciences, 2, rue Monge, à Paris. 1881 GUESDE (Dr Dominique), 53, rue de Varenne, à Paris. 1886 GUITEL (Frédéric), licencié ès-sciences, au laboratoire Arago, à Banyuls (Pyrénées-Orientales). 1884 HAHN (D"" Philippe), médecin -major de la Romanche, au Ministère de la marine, à Paris. F HAMONVILLE (Baron Louis d'), (Membre donateur), conseiller général • de Meurthe-et-Moselle, au château de Manonville, par Noviant-aux- Prés (Meurthe-et-Moselle). XII LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE 1883 HARVIE-BKOWN (John, A.), F. R. S. E., F. Z. S., Président of Ihe Nalural History Society of Glasgow, Dunipace House, à Larbert, N. B. (Ecosse). F HÉRON-ROYER, négociant, 22, rue de Cléry, à Paris. 1886 HÉROUARD (Edgard), licencié ès-sciences, au laboratoire Arago, à Banyuls (Pyrénées-Orientales). 1882 HERVÉ (D"" Georges), professeur-adjoint à l'École d'anthropologie, 49, rue La Bruyère, à Paris. 1877 HONNORAT (Edouard F.), quartier des Sièyes, à Digne (Basses-Alpes). 1883 HUET (C L.), maître de conférences à la Faculté des sciences, 7, place de la Mare, à Caen (Calvados). F HUGO (Comte Léopold), (Membre do7iateur), statisticien au Ministère des travaux publics, 14, rue des Saints-Pères, à Paris. 1883 HYADES (D""), médecin de première classe de la marine, 6, rue Oudinot, à Paris. 1884 JANVIER (C Louis Joseph), 4, rue de l'École de médecine, à Paris. 1882 JOUBIN (D"" Louis), préparateur à la Faculté des sciences, 44, boulevard Saint-Michel, à Paris. 1881 JOURNÉ (Camille), mail des Tauxelles, à Troyes (Aube). F JOUSSEAUME (D"' Félix), (Membre à vie), 6, rue de Vanves, à Paris. 1880 JOUSSET (de Bellcsme) (D--), 12, rue Ghanoinesse, à Paris. 1883 JOYEUX-LAFFUIE (Dr J.), professeur à la Faculté des sciences, à Caen (Calvatlos). 1880 JULL\NY (Joseph), 12, place de l'Hùtel-de-Ville, à Manosque (Basses- Alpes). 1879 JULLIEN (D'' Jules), 30, rue Fontaine, à Paris. 1880 JUMEAU, ingénieur, 23, rue Rôtisserie, à Béziers (Hérault). 1879 KEMPEN (Van), 12. rue Saint-Bertin, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 1879 KÙNGKEL D'HERCULAIS (Jules), aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, 20, villa Saïd, à Paris. 1881 KUNSTLER (J.), maître de conférences à la Faculté des sciences, à Bordeaux (Gironde). F LACROLX (Adrien), 1, rue Clémence-Isaure, à Toulouse (Haute-Garonne). 1880 LAFFONT (D>- Marc), 245, rue Saint-Honorc, à Paris. 1876 LALALN-CHOMEL (Emmanuel de), 22, rue de l'Arcade, à Paris. 1880 LALLEMANT, pharmacien, a l'Arba, près Alger (Algérie). 1886 LAMY (Ernest), 12, rue de l'isly, à Paris. 188o LANDOWSKI (D-" Paul), 36, rue Blanche, à Paris. 1880 LANGEASSE (René), 42, quai National, à Puteaux (Seine). 1883 LARCHER (Dr Oscar), membre de la Société de Biologie, 93, rue de Passy, à Paris. 1877 LARGUIER DES BANCELS (D'), conservateur du Musée de zoologie ck Vaud, à Lausanne (Suisse). LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIETE XIII F LE BRETON (André), secrétaire de correspondance à la Société des Amis des sciences naturelles, 43, boulevard Cauchoise, à Rouen (Seine-Inférieure). 4 880 LEMETTEIL (Pierre-Eugène), propriétaire, i, rue de la Barrière, à Bolbec (Seine-Inférieure). 1883 LEAIOINË(D'' V.), professeur à l'École de médecine, 49, boulevard des Promenades, à Reims [Marne). 4 882 LENNIER (G.), directeur du Muséum d'histoire naturelle, 2, rue Ber- nardin de Saint-Pierre, au Havre (Seine-Inférieure). 1880 LE RICHE (J.-B.), instituteur, à Lamolte-en-Santorre, par Marcelcave (Somme). F LESGUYER (F.) , à Saint-Dizier (Haute-Marne). 1879 LILLE (Faculté des sciences de), à Lille (Nord). \ 884 LOYE (Paul), préparateur du cours de physiologie à la Sorbonne, 51 , rue Claude-Bernard, à Paris. F LUBOMIRSKI (le prince Ladislas), (Membre à vie), 25, allée d'Osejar- dofï, à Varsovie (Pologne). F LUNEL (Godefroy), conservateur du Musée d'histoire naturelle, aux Bastions, à Genève (Suisse). 1882 MAGAUD D'AUBUSSON (Louis), 36, rue Poussin, à Paris. 1882 MAGGI (Leopoldo), professeur d'anatomie et de physiologie comparées à l'Université de Pavie (Italie). 1886 MAGNE (Alexandre), {Membre donateur), 41, lue Pasquier, à Paris. 1884 MAGNIN (D-^Paul), 34, rue de Laborde, à Paris. 1877 MAILLES, 9, rue du^Pont Louis-Pliilippe, à Paris. 1884 MALHERBE (D'' Aimé), 63, rue du Bac, à Paris. 1877 MALLOIZEL (Godefroy), sous-bibliothécaire au Muséum d'histoire natu- relle, 3, boulevard Arago, à Paris. 1884 MAN (D-- J.-G. de), à Middelbourg (Hollande). 1882 MANOUVRIER (D'' L.), professeur-adjoint à l'École d'anthropologie, 1 5, rue de l'École-de-Médecine, à Paris. 1883 MANRIQUE (D-" Juan) , à Paris. 1877 MARCHAND (Jean-Albert), cloître Notre-Dame, à Chartres (Eure-et-Loir). F MARCHE (Alfred), voyageur naturaliste, 72, rue de Rennes, à Paris. 1879 MARION, professeur à la Faculté des sciences, à Marseille (Bouches-du- Rhône). F MARMOTTAN (D""), 31 , rue Desbordes Valmore, à Paris. 1885 MARTIN (René), avocat, au Blanc (Indre). 1885 MASSALONGO (D-- Robert), à l'hôpital, à Vérone (Italie). 1886 MAURICE (Jules), licencié ès-sciences, rue des Blancs-Mouchons, à Douai (Nord). 1879 MAUXION (Abel), étudiant en médecine, 34, rue Saint-Jacques, à Paris. 1879 MÈGNIN (P.), 19, rue de l'Hôtel-de-ville, à Vincennes (Seine). XIV LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 1884 MELLO (D"" Guedes de), à Paris. 4 884 MENZBIER (D'' Michel), professeur d'anatomie comparée à l'Université, à Moscou (Russie). i882 MÉREJKOWSKY (Constantin de), à l'Université, à Saint-Pétersbourg (Russie). 4 883 MERLE, propriétaire, à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire). 1879 MILLIARD (Charles), à la Ferté-Aleps (Seine-et-Oise). 1883 MINOR (D"" L.), rue Pokrowka, maison Sirotinin, ii Moscou (Russie). 1876 MOLLIÈRE-LABOULAYE, avocat à la Cour d'appel, 2 bis, boulevard du Temple, à Paris, 1884 MONIEZ (D"" Romain), professeur d'histoire naturelle à la Faculté de médecine, à Lille (Nord). 1883 MORGAN (Jacques de), 7, avenue de Villars, à Paris. 1 883 MOTT (D"" Walker), Lecturer à la Faculté de médecine, 65, Grove Street, à Liverpool (Angleterre). 1876 NICHOLSON (Francis), Esq., The Grove, Oldfield, Altrincham, Cheshire (Angleterre). 4 880 NINNI (D"" Al.-P.), membro del comitato direttivo del civico Museo di Venezia, 3392, S. Lorenzo, à Venise (Italie). 1876 OBERTHUR (Charles), imprimeur, à Rennes (lUe-et-Yillaine). 1 880 OLIVE (Gaspard), 3, rue de la Pyramide, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 1879 OUDRI, major du 3^ tirailleurs algériens, à Constantine (Algérie). 1884 OUSTALET (D"" Emile), aide-naturaliste au Muséum, 1, rue du Bois, il Yincennes (Seine). 1883 PARIZE (Pierre) , directeur de la Station agronomique, à Morlaix (Finistère). 4 878 PARKIN (Thomas), F. R. G. S., F. Z. S., à Halton Vicarage, Hastings (Angleterre). 1882 PARTRIDGE (William Daniel), administrateur de la Station maritime de physiologie et de l'aquarium, 143, rue de Paris, le Havre (Seine- Inférieure). 1881 PARVEX DE MURAZ, 48, rue Notre-Dame de Nazareth, à Paris. 1880 PAUCHON (D'" A.), professeur à l'Ecole de médecine, 60, rue du Tapis Vert, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 1879 PÊCHEUR (Ch. -Marie-Jules), 13, Grande-Rue, Vieille-Ville, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 1876 PELLETIER (A. -J. -Horace), avocat à la cour d'appel de Paris, à Madon, commune de Condé, par Blois (Loir-et-Cher). 1880 PELLETIER (Xavier), industriel, à Elbeuf (Eure). 1877 PELZELN(August von), Custos am Naturaliencabinet, Vienne (Autriche). F PENNETIER (D"" Georges) , directeur du Musée d'histoire naturelle de Rouen, professeur à l'École de médecine, 9, rue Alain-Blanchart, à Rouen (Seine-Inférieure). 4 884 PERRAVEX (Eugène), préparateur à la Faculté des Sciences, 1, rue Rameau, à Dijon. LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ XV 1882 PERRONCITO (Dr Edouard), professeur à l'École vétérinaire et à l'Uni- versité de Turin (Italie). 1882 PETIT (Louis), naturaliste, 10, rue Monsieur le Prince, à Paris. 1879 PIERSON (Henri), 6, rue de la Poterie, à Paris. 1884 PILLIET (Alexandre), 1, rue des Ecoles, à Paris. 1884 PINTO (D'' Cerqueira), professeur-agrégé à la Faculté de médecine, à Bahia (Brésil). 1879 PLATEAU (Félix), professeur à l'Université, 64, boulevard du jardin zoologique, à Gand (Belgique). 1882 POUGNET (Eugène), à LandrofT (Lorraine). 1886 PROUHO (Henri), ingénieur, préparateur au laboratoire Arago, à Banyuls (Pyrénées-Orientales) , 1883 PUGA BORNE (D'' Federico), directeur du Muséum, à Valparaiso (Chili). 1884 RABOT (Charles), 1 1, rue de Condé, à Paris. 1876 RAFFRAY (Achille), consul de France, à Tamatave (Madagascar). 1882 RAILLIET (A.), professeur d'histoire naturelle à l'École vétérinaire, à Alfort (Seine). 1879 REGNARD (D'' Paul), professeur à l'Institut national agronomique, directeur-adjoint du laboratoire de physiologie de la Sorbonne, 46, boulevard Saint-Michel, à Paris. 1884 REY (D"" Philippe), médecin-adjoint à l'asile de Ville-Évrard (Seine-et- Oise). 1877 RIGHET (D"" Charles), professeur-agrégé à la Faculté de médecine, 15, rue de l'Université, à Paris. 1876 ROCHEBOUET (Fernand de), au château de Rouwolts, à Chaumont (Maine-et-Loire). F ROTHSCHILD (le baron Edmond de), (Membre donateur), 19, rue Laffitte, à Paris. 4 880 ROTROU (Alexandre), pharmacien, à la Ferté-Bernard (Sartlie). 1886 ROUCH (Dr G.), 2, rue Hospice Saint-Jean, à Béziers (Hérault;. 1880 SALEM (Aziz), étudiant en médecine, 34, rue d'Ulm, à Paris. 1886 SALMON (Alphonse), 10, boulevard Arago, à Paris. 1882 SANGHEZ (D'' Jésus), professeur de zoologie ù l'Université, directeur du Musée national, à Mexico (Mexique). 1876 SAUNDERS (Howard), Esq., F. Z. S., F. L. S., etc., 7, Radnor place, Gloucester square, à Londres (Angleterre). 1884 SAUVAGE (D'" Emile), directeur de la station aquicole, 9, rue Tour Notre-Dame, à Boulogne (Pas-de-Calais). 1881 SAUVINET (L. -Ernest), préparateur au Muséum, 15, rue de Buffon, à Paris. 1886 SCHLUMBERGER (Charles), ingénieur de la marine, 54 bis, rue du Four Saint-Germain, à Paris. F SÉDILLOT (Maurice), 20, rue de l'Odéon, à Paris. 187G SEMALLÈ (René de), (Membre donaleur), propriétaire, 1, rue de l'Ermitage, à Versailles (Seine-et-Oise). XVI LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 1879 SEOANE (V. Lopez), avocat et propriétaire, 58, calle Real, àlaCorogne (Espagne). 1876 SHELLE Y (captain Georges-Ernest), (Membre à vie), F. Z. S., etc., 6, Interden street, Hanover square, à Londres (Angleterre). 1883 SICARD (Dr Henri), doyen do la Faculté des sciences, 2, place Kléber, à Lyon (Rhône). F SIMON (Eugène), entomologiste, 16, villa Saïd, à Paris. 1885 SMITH (Joseph), licenciées-sciences naturelles, 41 , avenue des Gobe- lins, à Paris.. 1882 SOLIRÈNE (Alexandre), pharmacien, 17, rue Soufflet, à Paris. 1877 STEINDACHNER (D^ Frantz), directeur du Musée royal de Vienne, 20, Kohlmarkt, à Vienne (Autriche). 1878 TALAVERA (D-^ .loachim), 70, calle Prat, à Valparaiso (Chili). 1884 TERQUEM, 78, rue de la Tour, à Passy-Paris. 1883 TESTUT (D"" Léo), Professeur à la Faculté de médecine, à Lille (Nord). 1883 THOMAS (D"" Llewelyn) , 15, Weymonth street, W., à Londres (Angleterre). 1881 THOMAS (Ph.), vétérinaire en ler^ membre de la mission scientifique de Tunisie, à Tunis. 1878 TIRANT (D"" Gilbert), administrateur des affaires indigènes, Cochinchine. 1879 TOURNEUX (D"" Frédéric), professeur à la Faculté de médecine, 57, rue Brùlemaison, à Lille (Nord). 1883 TRAMOND, naturaliste, 11, rue de l'École-de-Médecine, à Paris. 1879 TRUTAT (Eugène), conservateur du Musée d'histoire naturelle, à Tou- louse (Haute-Garonne). 1886 VARIGNY (Henri de), docteur en médecine, docteur ès-sciences, 33, quai Voltaire, à Paris. F VIAN (Jules), (Membre donateur), 42, rue des Petits-Champs, à Paris. 1876 VIAN (Paul), 3, rue Turbigo, à Paris. 1876 VILEMAREST (le baron de), 3, rue de Mailly, à Paris. 1882 VILLENEUVE-ESCLAPON- VENGE (Mi^ de), 27, avenue Marceau, à Paris. 1886 VIRON (D"" Louis), professeur à l'Institut dentaire, pharmacien en chef de l'hospice de la Salpétrière, à Paris. 1877 WAGA (C Antoine), à Varsovie (Pologne). 1880 WAVRIN (marquis de), 49, boulevard du Régent, à Bruxelles (Belgique). 1880 WEBER (D"" Max), professeur à l'Université, à Amsterdam (Hollande). 1884 WEISGERBER (D^ H.), 262, faubourg Saint-Honoré, à Paris. 1880 WIEDERSHEIM (D-- Robert), professeur à l'Université de Fribourg en Brisgau (Allemagne). 1876 WRZESNIOWSKI (Auguste), professeur à l'Université, 15, rue Widok, à Varsovie (Pologne). 1883 ZANNELLIS (D-"), à Mouliherne (Maine-et-Loire). EXTRAIT DES PROCES-VERBAUX SOCIIÎTÉ ZOOLOGIQUE DE FRANCE AXJ. *-»:, >■ (-Ijc- Séance du 12 janvier 1886. 3 R A PRÉSIDENCE DE HM. MÉGNIN ET FISCHER. La séance est ouverte à huit heures et demie. Le procès-verbal de la der- nière séance est lu et adopté. M. Mégnin, président sortant, ouvre la séance et prononce l'allocution sui- vante : « Messieurs, » En quittant le fauteuil de la présidence, permettez-moi de dire quelques mots sur l'année qui vient de s'ajouter à celles que compte déjà notre Société. » Je paierai d'abord un tribut de regret à M. le Professeur Charles Robin, membre honoraire de la Société, que nous avons perdu récemment. » Si maintenant nous jetons les yeux sur les travaux de l'année, nous n'a- vons rien à vous dire qui ne soit satisfaisant. Nous avons publié : deM. Juliien une monographie remarquable des Bryozoaires d'eau douce ; de M. Kiinstler un type tout à fait nouveau de Protozoaires ciliés, alliés aux Radiolaires et vivant en parasites chez les Annélides lubicoles, c'est le Dtimontia opheliarum ; de M. J. de Morgan, un travail sur les Mollusques du royaume de Pérak avec 5 planches et un nombre considérable d'espèces nouvelles ; de M. Simon les Arachnides de la faune asiatique méridionale ; enfin, de M. Ghaper, des travaux variés sur des Mollusques nouveaux de provenances diverses. Voilà pour la zoologie systématique. » La zoologie anatomiquc n'a pas été négligée. Parmiles travaux de ce genre, nous avons à signaler : celui de M. Ferré, sur le nerf auditif ; de M. Pilliet, sur l'intestin des Poissons ; de M. Pilliet et M"e Bignon, sur les glandes lacrymales d'une Tortue. » Enfin, comme travaux de physiologie : un premier mémoire d'une série : Rôle des palpes des Insectes, par M. Plateau. Et à cette occasion, nous tenons 4 II PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ à faire remarquer combien la collaboration de savants étrangers, de la valeur de M, Plateau, est précieuse pour la Société. » L'année écoulée marque, comme on voit, parmi les plus fécondes: le Bulletin est bien rempli, et par des mémoires essentiellement divers traitant de la zoologie à tous les points de vue. En même temps que le nombre, la valeur des mémoires augmente ; malheureusement, le nombre des membres reste stationnaire. Nous avons dû changer de local pour cause d'extension de la Bibliothèque, d'où un surcroit de charges ; et pour y satisfaire, nous invitons les membres à faire delà propagande. 11 ne faut pas que la Société Zoologique de France reste ainsi ii piétiner sur place I Son but est noble, elle s'adresse à tous les travailleurs pour l'aider dans son essor. Elle a déjà dix ans d'exis- tence et il peine 250 membres. Cependant, il n'y a pas d'esprit de coterie, tous y sont reçus avec égards et condescendance. » A l'œuvre donc, et espérons en l'avenir. » M. le D'" P. Fischer, président pour l'année 1886, monte au fauteuil pré- sidentiel et prononce l'allocution suivante : « i\lESSIEURS, » Laissez-moi d'abord vous remercier de l'honneur insigne que vous m'avez fait en m'appelant à présider la Société Zoologique de France. Cet honneur m'impose de grandes obligations, et je ferai tous mes efforts pour me rendre digne de votre choix par mon zèle et mon assiduité. » Je crois être l'interprète de tous mes collègues en adressant l'expression de notre vive gratitude à notre président sortant, M. Mégnin, qui, malgré son éloignement et ses occupations pressantes, nous a donné les gages du plus complet dévouement aux intérêts de la Société^ secondé d'ailleurs par notre Secrétaire général et les autres membres du Bureau dont l'éloge n'est plus à faire ici. » Parlons maintenant de notre chère Société qui va bientôt terminer le dixième volume de ses Bulletins. » Elle a eu une enfance difficile et agitée ; arrivée aujourd'hui à la période d'adolescence, elle montre une vitalité qui permet de bien augurer pour sa carrière future. » Ses publications prennent plus d'importance, et si la situation financière, excellente sans doute, mais modeste, le permettait, elle pourrait augmenter le nombre de ses planches, imprimer des mémoires plus étendus et oifrir ainsi aux naturalistes des facilités de publication qui leur manquent trop souvent. Il est donc nécessaire d'accroitre nos ressources, et à cet effet je vous recom- mande une propagande active parmi les hommes de science qu'il faut recruter et intéresser aux progrès d'une Société où ils seront accueillis avec les senti- PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ II ments d'estime, de cordialité, de bonne confraternité qu'inspirent toujours l'amour du travail et le sentiment d'une véritable indépendance scientifique. » MlM. Joubin et Blanchard présentent M. Louis Boutan, 4, rue de l'Odéon, à Paris. MM. Pierson et Blanchard présentent M. Alexandre Magne, 41 , rue Pasquier, à Paris. En l'absence de l'Archivisle-bibliothécaire, le Secrétaire général dépose son rapport sur l'état des archives et de la bibliothèque pendant l'année 1885. Ce rapport comprend la liste des publications périodiques reçues en échange du JhiUetin. EUROPE FRANCE Paris. La Nature. N°s 607-655. Annales des Sciences naturelles. Zoologie. (6), XVI, 1883; XVII, 1884; XVIII, 4884; XIX, n°* 1-3, 1883. Le Tour du Monde. N°s 1254-1302. Société d'acclimatation. Bulletin mensuel, (4), I, nOM1-12, 1884 ; II, n^^ i.y, 4885. Feuille des jeunes naturalistes. NOS J72-182. Société de Géographie. Compte-rendu, n^^ 1-6, 9-13, 15-18, 4 885. Bulletin, (7), VI, trimestres 1-3, 1885. Société de Géographie commerciale. Bulletin, VII, supplément, 1884-1885; VII, n^^ 1-4, 1885. Académie des Sciences. Comptes-rendus, XCIX, table; C, moins la table; CI, moins la table. Société géologique de France. Bulletin, XII, feuilles 50-55; XIII, feuilles 4-41. IV PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Paris. Société PhilomaU)ique. Bulletin. (7), VIII, n° 4 ; IX, n°M-2. Société d'Anthropologie. Bulletin, (3), VII, 11°^ 4-3 ; VIII, n°M-3, Institut national agronomique. Revue scientifique. 1er semestre -1885 ; 2^ semestre 188'ô. Revue des travaux scientifiques. IV, n°« M -12, '1884 ; V, n^^ 1-7, 1885. Comité des travaux historiques et scientifiques. Liste des membres titulaires , honoraires et non rési- dants du Comité, des correspondants. Paris, 1883. Le Naturaliste. 7e année, n°* 1-24. Aix. Académie des sciences. Séance publique, 1884. Mémoires, XIII, no 1, 1883. Angers. Société d'études scientifiques. Auxerre. Société des sciences liisloriques et naturelles de rVonne. XXXIX, 1883. Béziers. Société des sciences naturelles. Bordeaux. Société d'anthropologie de Bordeaux et du sud-ouest. Bulletin, I, n°« 1-3, 1884. Société linnéenne. Actes, (4), VIII (XXXVIII), 1883. Caen. Société linnéenne de Normandie. Chalon-sur-Saône. Société des sciences naturelles de Saùne-et-Loire. Mémoires, II, n^ 4 ; III, n° 5 ; V, no 4 ; VI, n» 1 . Grenoble. Société des sciences naturelles du sud-est. Bulletin, II, 1883 ; III, 1884. Lille. Bulletin scientifique du département du Nord. VII-VIII, n" 1-6, 1884-1885. Lyon. Société linnéenne. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ V La Rochelle. Société des sciences naturelles de la Charente-Inférieure. Annales, XX, 1883. Amiens, Société linnéenne du nord de la France. VI, feuilles 9-24 ; r-" sept. 1 882-1 «'" déc. 1883. Montpellier. Académie des sciences et lettres. Mémoires de la section des sciences, X, n° 3, 1884. Nantes. Société académique. Annales, (6), V, 1884. Nîmes. Société d'études des sciences naturelles. Bulletin, n"'' 10-12, 1884 ; n»' 1-3, 188o. Rouen. Société des amis des sciences naturelles. Bulletin, rr et 2^ semestres 188 4 ; (2), XX, 2° se- mestre ; XXI, lergeniestrc. Semur. Société des sciences historiques et naturelles. Toulouse. Société d'histoire naturelle. Académie des sciences. Mémoires, (8), VI, 1'='" et 2° semestres 188 4. ALLEMAGNE Berlin. Akademie dor Wissenschaften. Monatsherichte, n°^ 40-54, 188i ; n^s i-39, 1885. Gesellschaft naturforschender Freunde, 1884. Brème. Naturforschende Gesellschaft. Ahhandlnmjen, IX, n" 2. Dresde. Naturforschende Gesellschaft « isis». Juli-Dezember 1884. Festschrift zur Feier des 50 juhrigen Bestehens. Erlangen. Biologisches Centralblatt. Physikalisch-medicinische Societset. XVI, 188 4. Francfort-sur-le-Mein. Senckenbergischo naturforschende Gesellschaft. BerichI, 1884. VI PROCÊS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Freiburg i/Br. Naturforschende Gesellschaft. Festschrift der 50. Versammliinrj deulscher Natur- forscher und JErzte, 4 883. Halle Naturforschende Gesellschaft. K. Leopoldiniscli-Carolinisclie deutsche Akademie der Na- turforscher. Novaada, XLV-XLVI, 1884. Naturwissenschaftlicher Verein fiir Sachsen und Thliringen. Zeitschrift filr Naliinvissenschaften, (4), III, n°^ 4-6, 1884 ; IV, n°« 1-4, 1885. Hambourg. Naturwissenschaftlicher Verein von Hamburg-Altona. Abhandlimgen. VIII, n^M -3, 1884. Heidelberg. Naturhistorisch-medizinischer Verein. Verhandlimgen, (2), Ilî, n° 4. lena. Medicinische-naturwissenschaftliche Gesellschaft. lenaische Zeischrift, XVIII, n°^ 2-4. Leipzig. Zoologischev Anzelger, VIII, 1885. Munich. K. bayerische Akademie der Wisscnschaften. Stuttgart. Verein fiir vaterlândische Naturkundc in Wiirttemberg. Jahreshcfle, XLI, 1885. Wiesbaden. Nassauischer Verein fiir Naturkundc. XXXVn, 1884. AUTRICHE-HONGRIE Budapest. Kir. Magy. természettudomânyi tarsulat tilkâri hivatala. 1°BuzaJ., Les maladies des ])lantes cultivées. ln-S° de 132 p., 1879 (en hongrois). 2° Daday E., La littérature zoologique hongroise dans les années lSlO-1'^80. Gr. in-S^ de 186 p., 1882 (en hongrois). 3° Gruber L., Instructions pour déterminer les posi- tions géographiques. In-8° de 304 p., 1883 (en hongrois). 4*^ Kosutany Th., Les diverses sortes de Tabac hongrois, In-4° de 47 p., 1882 (en allemand). PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ VII Cracovie. Graz. Prague. Vienne. 5° Schenzl G., Instriiclions pour les mesures du magné- tisme terrestre. ïn-8° de 321 p., 1884 (en hongroisj. G° Hazslinszky F., Flore des Lichens de Hongrie. In-8° de 304 p., '1884 (en hongrois). 7° Frohiich J,, Mathematische und naturtvissenschof- tliche Berichte fnw Ungarn, 1, 1882-'! 883. 8° Barstch S., Rotatorin Hurigaricc. In-4" de 52 p., '1877 (en hongrois). 9° Herman 0., Ungarns Spinnen-Fauna. 3 vol. in-4°, 1876-1879. 10° Maderspach L. , Magydrorszâg vasèrczfe'khelyei. In-4° de 111 p., 1880 (mémoire de géologie). 11° Stahlberger E. , Die FÈbe und Fluth in der Rliedc von Fiume. In-4° de 109 p., 1874, 12° Kerpely Antal, Magyarorszâg vaskovei es vaster- ményei... In-4° de 83 p., 1 877 (mémoire sur le fer). 13° Szinnyei J., Bihliolheca hungarica hisloriœ natu- raliset matheseos, 1 472-1 875. Gr. in-8° de 1 007 p., 1878 (en hongrois). Académie des sciences. Pamietnik akademii umiejelnosci to Krakowie, I-IX 1877-1884. Sprawodzanie komisyi fizyjographicznéj... , XVIII , 1884. Rozprawy, XI, XII, 1884. Naturwissenschaftlicher Verein fiir Steiermark. Mittheihingen, XXI, 1884. K. bœhmische Gesellschaft der Wissenschaften. K. k. Akademie der Wissenschaften. Sitzungsberichte der math. -nul. Classe, LXXXVIII , nos 4.5^ 4 883 ; LXXXIX, n°^ 1-5, 1884. K. k. zoologisch-botanische Gesellschaft. Verha7ullungen, XXXIY, 1884 ; XXXV, n° 1, 1885. BELGIQUE Bruxelles. Académie royale des sciences de Belgique. Annuaire, LI, 1 885. Bulletin, (3), VIII, n° 12 ; IX, W" 1-(i ; X, n°^ 7-10. VIII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Bruxelles. Société entomologique de Belgique. XXVIII, 1884 ; XXIX, x\° 1, 1885. Société malacologique de Belgique. Procès-verbal, p. cix-cxLVii, H aoûl-lor (](5c, 1883; p. i-civ, 1884 ; p. I-Lxxx, 1885. Annales. (2), V (xv), n° 1, 1880 ; (3), I (xix), 1884; (3), III (xviii), 1883. Musée royal d'histoire naturelle. Bulletin, III, n"' 2-4, 1884. Annales, IX, 4'' partie, texte et planches; XI, 5° partie, texte et planches. DANEMARK Copenhague. Naturhistorisk Forening. Det k. danske videnskabernes Selskab. Oversùjt, n° 3, 1 884 ; nM , 1 883. ESPAGNE Madrid. Sociedad espafiola de liistoria natural. A7iales, XIII, n« 3 ; XIV, n°s 1-2. FINLANDE Helsingfors. Societas pro fauna et flora fcnnica. GRANDE-BRETAGNE Dublin. Royal Dublin Society. Scientific Proceedings, (2), IV, n°^ 5-6. Sclentific Transactions, (2), III, n"* 4-6. Edimbourg. Royal Society of Edinburgh. Royal Physical Society. Proceedings, session 1884-1885. Glascow. Natural history Society. Proceedings and Transactions, V, n° 3, 1882'-1883 ; (2), I, n° 1, 1883-1884. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ IX Londres, Amsterdam. Harlem. Leyde. Bologne. Gênes. Modène. Naples. Padoue. Royal Microscopical Society. Journal, (2), V, n«^ -1, 3-6, 1885. The Zoologist, IX, n'"- 97-108. Linnean Society. /0Hî7ia/, XVI!, n" 103, -1884; XVIII, n°' lOi-IOT, 1884-1880 ; XIX, n" 108, 188.5. List of the Linnean SocieUj. HOLLANDE Académie des sciences. Jaarhoek voor 1 883. Vei'slagen en mededelingen. Afd. naluurkimde, (3), XIX, XX, 1884. Nederlandsch tijdscluHfl voor de dierkunde, I-IV, 18G4- 1 873 ; V, n» 1 . Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles. XIX, n°5 4-5, 1884 ; XX, n°'' 1-3, 1885. Société hollandaise des sciences exactes et naturelles. Nederlandsche dierkundige Vcreeniging. Tijdschrift, \l, n°s 2-4, 1882-1885; (2), I, n^' 1, 1885. Notes from the Leyden Muséum, I-VI, 1879-1884. ITALIE. Accademia délie scienze deU'lstitulo di Bologna. Memorie, (4), V, n«^ 1-4, 1884. Museo civico di storia naturale. Società dei Naturalisli. Atti, (3), I, p. 1-88, 105-140. Memorie, (3), II, 1 883 ; III, 1884. Mitlheilungen ans der zoologischen Station. VI, no^ 1-3, 1885. Società veneto-treuLina di scienze nalurali. Atti, IX, n'' 1 . Bullettino, III, n" 3. Pavie. Rome. Turin. Venise. Luxembourg, Christiania. Lisbonne. Dorpat. Kasan. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Bollettino scicntijîco, VII, n°' 1-2, 1885. Accademia dei Lincei, Rendiconti, (4), I, nos \^27, 188.5. Osservazioni metcorolorjiche, juillet-décembre 1884. Accademia reale délie scienze. Alli, XX, n°* 1-6, 188.5. Reale Istituto veneto di scienze, lettereed arti, LUXEMBOURG Institut royal grand-ducal do Luxembourg. Section des sciences naturelles. NORVÈGE Den norske nordhavs-Expedition. Zoologi. — XII. Pennalulida, vcd D. C. Daniclsscn og J. Koren. — XIII. Spongiadœ, vcd G. Armauer Hansen. — XIV. Crustacea , ved G. 0. Sars , fasc. 1-2. Nyt magazin for naturvklenskaberne . XXIX, n»^ 2-4, 188.5. Arkio for mathemaiik og naturvidenskab. PORTUGAL Academia real das sciencias. RUSSIE Naturforschende Gesellschaft. Archiv fur die Naturkiinde Liv-, Ehsl- und Kurlands, (2), X, nM, 1884. Sitzungsberlchte, VII, no 1, 1883, Schriften, n» 1 , 1884. Société des naturalistes. Prolokoîy, année 1884-1883. Troudij, XIV, nOM-4, 1883. Isviestia i outchenia zapiski imp. Kazanskago Ouniversiteta. Moscou. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Société impériale des naturalistes. Bulletin, n°^ 2-3, 1884. XI Saint-Pétersbourg. Académie impériale des sciences. Mélanges biologiques, XII, n*^ 1, 1884. Mémoires, XXXII, nos 9, -] 2, 1 3, 1 884. Stockholm. Berne. Genève. Lausanne. Neuchâtel. Bône. Calcutta. SUÈDE Entomologisk Tidskrift, V, nos 3.4^ 4 884. SUISSE Naturforschendc Gesellschaft. Mitiheilungen , nos 1092- MOI, fasc. 3, 1884; n°' 1103-1118, fasc. 1, 1885. Recueil zoologiqiie suisse, II, I880. Société vaudoise des sciences naturelles. Bulletin, (2), XX, n» 91 ; XXI, n° 92. Société des sciences 'naturelles. Bulletin, XIV, 1884. AFRIQUE ALGÉRIE Académie d'Hippône. Bulletin, XX, n"* 2-4 ; XXI, nos i_2. ASIE INDES Asiatic Society of Bengal. Proceedings, n"» 7-11, 1884 ; n°s 1-4, 6-8, 1885. Journal, part I, LUI, n*^ 2, 1884; LUI, spécial number, 1884; LIV, n°^ 1-2, 1885. — Part II, LU, table, 1883; LUI, n°^ 2-3, 1884; LIV, no« 1-2, 1885. Centenarij review , 1784-1883. Un vol. in-8o. Cal- cutta. 1885. XII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ AM ÉRIQUE BRÉSIL Rio de Janeiro. Dulledii astro)iomique et. météoroloijiquc de l Observatoire impérial. ÉTATS-UNIS Boston. Society of Nalural History. Proceedings , XXII, nos 2,4^ 1882-1883; XIII, no 1, 'I880. Memoirs, II, part m, n° 4, 1874 ; II, part iv, n°s 1-4, 1875-1876 ; III, no« 8-1 1 , 1884-1885. American Academy of Arts and Sciences. (2), XII, 1885. Brookvillc. Society of Natiiral History. Bulletin, n" 1, 1885. Cambridge, Mass. Muséum of Comparative Zoology at Harvard Collège. 2j^'i A^mual lieport of the Curator, 1884-1885. Bulletin, VII, nos 2, 3, 5-8, 11 ; XI, n" U ; XH, nos ^.2_ Memoirs, XI, part 1 . Tlliistrated Catalogue, VIII, n*^ 2, 1875. Mihvaukeo. Public Muséum of tlie City of Milwaukee. Second annual Report of the Board of Trustées, 1884. New-York. New-York Academy of sciences. AnnalSj, III, n°* 3-6. American ^luseum of Naturai History. Annual Report of tlie Trustées for ièVS'i-iSSô. New-York Microscopical Society. Journal, I, no 2, 1885. ■ Philadelphie. Academy of naturai sciences. Proceedings, n° 3, 1884 ; n"' 1-2, 1885. American Naturalist, XIX, n^* 1-4, 6-12, 1885. Zoological Society. i,3^'* annual Report of the Board of Direclors of the Zoological Societji of Philadelphia. PROCÈS -VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XIII American Pliilosophical Society. Proceedimjs, XXI, n" -116, 1884 ; XXII, n'>^ 1 17-120, 1883. Saint-Louis, Miss, Acadcmy of sciences. Salem, Mass. American Association for the advancement of science. Proceedings, XXII, Minneapolis, Minn., 1884 ; XXYII, Sainl-Louis, 31iss., 1878. San Francisco. California Acadeniy of sciences. Bullelin, I, nos 2-3, 1885. Wasliinf^lon. Smithsoniaii Institution. American Monlhhj MicroscopicalJonrnal . VI, n"^ Ml, 1885. U. S. Commission of Fisli and Fisheries. Bulletin, n"s 2-6, 1883-'! 884; IV, 1884. U. S. Geoiogicai Survey. Third anniial Report, 1881 -1 882. Foiirlh annual Beporl, 1882-1883. MonograpliSj, III- VIII. MEXIQUE Mexico. Sociedad mexicana do liistoria natuial. RÉPUBLIQUE ARGENTINE Buenos-Aires. Museo publico. Cordoba. Academia nacional do ciencias. Bolelin, VI, no 4 ; VII, n^^ 1-4 ; VIII, n» I . OCÉANI E AUSTRALIE Brisbane. Royal Society of Quecnsland. Proceedings, l, n^^ 2-4, 1884-1885. Melbourne. Royal Society of Victoria. Transaclions and Proceedings, XXI, 1885. XIV PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Sydney. Linnean Society of New Soulh-Wales. Proceedings, IX, n°^ 3-4 ; X, n°' 1-2. Royal Society of New South-Wales, JAVA Batavia. Natimrkundig Tijdschrift voor Nederlandsch-Indi'é, (8), V (xLiv), 1885. Catalogus der Bibliothek, 1884. M. Blanchard donne lecture d'un mémoire de I\r. René Martin, intitulé : Catalogue des Oiseaux de la Brenne. Ornithologie de l'arrondissement dît Blanc. Renvoi à la Commission de publication. En l'absence du Trésorier, empêché, M. Pierson donne communication de l'état des finances de la Société à la fin de l'exercice 1885. MM. Certes et Fabre-Domergue sont désignés pour procéder à l'examen des comptes. La séance est levée à neuf heures et demie. Ouvrages offerts. Fabre-Domergue, Note sur les Infusoires ciliés de la baie de Concarneaii. Journal de l'Anatomie, 1885. L. Joubin, Recherches sur l'anatomie des Brachiopodes inarticulés. Archives de Zoologie expérimentale, (2), IV, 1885. J. Chalande, Recherches anatomiques sur l'appareil respiratoire chez les Chilopodes de France. Bull, de la Soc. d'Hist. nat. de Toulouse, 1885. Séance du 26 janvier 1886. PRÉSIDENCE DE M. FISCHER. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le professeur Alph. Milne-Edwards, élu membre honoraire dans la der- nière séance du Conseil, adresse à la Société l'expression de sa reconnais- sance. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XV MM. L. Boulan et Magne, présentés à la dernière séance, sont élus membres de la Société, MM. Joubin et Blanchard présentent M. Henry de Varigny, docteur en mé- decine et docteur ès-sciences, 33, quai Voltaire, à Paris; M, Henri Prouho, ingénieur, licencié ès-sciences naturelles, préparateur au laboratoire Arago, à Banyuls (Pyrénées-Orientales) ; M. Charles Hérouard, licencié ès-sciences naturelles, au laboratoire Arago, à Banyuls ; M. Frédéric Guitel, licencié ès-sciences naturelles, au laboratoire Arago, à Banyuls. MM. de Guerne et M"'^' Bignon présentent M. le D^^L. Ghabry, 2, rueMirbel, à Paris. MM. de Guerne et Blanchard présentent M, le D'" G. Roucli, 2, rue Hospice Saint-Joseph, à Béziers (Hérault) ; M. Jules Maurice, licencié ès-sciences naturelles, rue des Blancs-Mou- chons, à Douai (Nord) et 130, rue de la Boëtie, à Paris. MM. Fischer et Oustalet présentent M. Filhol, sous-directeur du laboratoire de l'École des Hautes-Études (Zoologie) au Muséum. M'"^ Bignon et M. Boulart présentent M. Pierre-Jean Danysz, licencié ès- sciences naturelles, préparateur au laboratoire d'anatomie comparée, 24 bis, rue de la Glacière, à Paris. MM. Jullien, Hyades et Blanchard présentent M. Paul Grez, [)harmacien, 6, rue Fromentin, à Paris. S. A. le prince héréditaire de Monaco assiste à la séance. M. J. de Guerne fait une communication sur la faune pélagique de la mer Baltique. H décrit notamment les Copépodes du golfe de Finlande, péchés au filet fin par le prince de Monaco et donne la description d'une espèce nouvelle à laquelle il attribue le nom de Ceniropages Grimaldii. La séance est levée à dix heures. Ouvrages offerts. Héron-Royer, Observations relatives à la ponte du Bufo vuUjaris et aux couches protectrices de l'œuf des Batraciens. Bulletin de l'Acad. de Belgique, (3), X, 1883. 11. Boulart et A. Pilliet, Note sur V orçjane folié de la langue des Mammifères. Journal de l'Anatomie, 1885. J. M. F. Bigot, Diptères nouveaux ou peu cosinus, 27^ partie. Aimalcs de la Soc. entomol. de France, ISSS. XVI PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Offert par M. Ch. Richet : Archives slaves de biologie, I, n" 1 , 1886. Offert par M. Certes : • G^"' Bergouën, La vibration vitale. Tours, in-'12 de 180 p., 4 885. Séance du 9 février 1886. PRÉSIDENCE DE M. FISCHER. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. J. Vian et M"" F. Bignon s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. Magne adresse sa photographie pour la Société et se fait inscrire comme membre donateur. MM. H. de Varigny, H. Prouho, Edgar Hérouard, F, Guitel, L. Chabry, G. Rouch, J. Maurice, Filhol, P.-J. Danysz et P. Grez, présentés à la der- nière séance, sont élus membres de la Société. M"*^ F. Bignon et M. Blanchard présentent M. le D'" Louis Véron, profes- seur à l'Institut dentaire, pliarmacien en chef de la Salpôtrière, à Paris. Le 6 février, la Société a célébré par un banquet sa dixième année d'exis- tence. Avaient répondu à l'invitation du Conseil : MM. Assaky, A. Berge, Bo" Billaud, D"" R. Blanchard, prince Roland Bonaparte, Bovier-Lapierre, A. Certes, D'" Chabry, A.-L. Clément, Cotteau, Ph. Dautzenberg, J. Deniker, D'" R. Dubois, Fabre-Domergue, D"" P. Pischer, J. Gazagnaire, J. de Guerne, Héron-Royer, D"" Hyades, D''F. Jousseaume, D"" Jousset, D"" J. Jullien. J. Kiinc- kel d'Herculais, D"" Landowsky, Dr 0. Larcher, Magne, P. Mégnin, J. de Morgan, H. Pierson, Ch. Rabot, professeur Railliet, D"" Ph. Rey, E. Simon, Tramond et J. Vian. On s'est séparé fort tard, mais non sans avoir décidé la fondation d'un banquet annuel. M. Certes donne lecture du rapport de la commission pour l'examen des comptes pendant l'exercice \SS'6. Les conclusions du rapport sont adoptées et des remerciements sont adressés à M. le Trésorier. M. Blanchard donne lecture d'une note de M. leB^n d'Hamonville, intitulée: Description de divers états de 2)lwnage du Canard sauvage et variétés de cette espèce. Renvoi au Bulletin. La séance est levée à dix heures. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XVII Ouvrages offerts. H. Gadeau de Kerville, Causeries sur le transformisme. — //. Historique et progrès de la doctrine transformiste. Elbeuf, in-'12 de 41 p., 1886. D"" P. Hallez, Sur un nouveau Rhizopode (Arcyothrix Balbianii, nov. gen., nov. sp.). Mém. de la Soc. des sciences de Lille, (4), XIV, 1885. Id., Recherches sur l'embryogénie et sur les conditions du développement de quelques Nématodes. Ibidem, (4), XV, 1886. D' P. Delplanqiie, Études tèratologiques. — /. Des difformités congénitales produites sur le fœtus par la contraction musculaire (les Veaux à tête de Chien, ou niatas). Paris, in-4° de 123 p., 1885. Offert par le ministère de l'Instruction publique : Exploration scientifique de la Tunisie. — Élude sur les Crustacés terrestres et fluviaiiles, par Eug. Simon. Paris, in-8o do 21 p., 1883. Séance du 23 février 1886. PRÉSIDENCE DE M. FISCHER. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. MM. Guitel et Prouho, élus membres de la Société à la dernière séance, remercient do leur admission. M. le D"" Viron, présenté à la dernière séance, est élu membre de la Société. MM. Fischer, Terquem et Certes présentent M. Schlumberger, ingénieur de la marine, 54 bis, rue du Four-Saint-Germain, à Paris. MM. Simon et Blanchard présentent M. Jules Bourgeois, président de la Société entomologique de France, 28, rue de l'Échiquier, à Paris. M. J. Vian fait une communication sur les Poussins des Oiseaux d'Europe et présente un grand nombre de spécimens tirés de sa collection. M. Héron-Royer fait une communication sur les dents palatines des Batra- ciens anoures. La séance est levée à dix heures. Ouvrages offerts. J.-I. de Armas, Les crânes dits déformés. La Havane, 1885. XVIII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIETE J.-M.-F. Bigot, Diagnoses de quatre genres nouveaux de Diplères. Bull, de la Soc. entomol. de France, ISSo. A.-P, Ninni, Cenno critico supra il recentissimo scritto del comm. de Betta intilolalo : Sulle diverse forme delta Rana temporaria in Europa e piii parli- colarmente nell'Italia. Alli délia Soc. ital. di se. naturali, XXVIII, 4 886. Offert par l'éditeur : H. Vialianes, La photographie appliquée aux études d'anatomie microsco- pique. Paris, Gauthier-Villars, in-12 de G6 p., 1886. Séance du 9 mars 1886. PRÉSIDENCE DE M. FISCHER. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. ^ MM. Schlumberger et Bourgeois, présentés à la dernière séance, sont élus membres de la Société. MM. Blanchard et Berge présentent M. Alphonse Salmon, étudiant en médecine, 10, boulevard Arago, à Paris, MM. Math. Duval et Blanchard présentent M. Ernest Lamy, 12, rue de risly, à Paris. M. Timothée Rey, de Nissan (Hérault), adresse la note suivante : « Le 25 juin -1884, un chasseur m'a remis un bel exemplaire de Coulicou noir et blanc (Cuciilus glandarius Lin.), qu'il \ena\l de tuer. C'était un mâle adulte. J'ai eu occasion de présenter cet Oiseau au Musée de Toulouse, ainsi qu'un Bruant brun. » A la fin de mai 1885, j'ai regu de Pézenas (environs de Béziers), un tout jeune Coulicou, échappé récemment du nid et que je crois être un mâle. Les auteurs mérodionaux, P. Roux, Crespon, Lapommeraye, etc., qui ont eu l'oc- casion de se procurer cet Oiseau et qui le décrivent, nous apprennent qu'il est très rare et seulement de passage. Une note de V Ornithologie italienne dit qu'eu 1739 un couple de cette espèce nicha aux environs de Pise. Je viens relater à mon tour que cet Oiseau a niché dans nos contrées l'année dernière. Ne peut-on pas admettre qu'il niche communément dans le midi de la France? » M. Terquem adresse une Note sur les Foraminifères et les Ostracodes do l'Islande. La séance est levée à neuf heures. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XIX Ouvrages offerts. J. Stccnstrup, Notœ teiUhologicœ. Oversigt over d. k. d. Vidcnsk. Selsk. Forh., 4882 og 4885. Voilollier, Uincuhatlon artificidle et la basse-cour, traité complet cVélevage pratique. Paris, i'^ éd., in-4 2do 3 H p., 4 886. F. Plateau, La classification des types Immains an point de vue de l'enseigne- ment élémentaire. Le Guide scientifique, 4 885. Séancs du 23 mars 1886. PRÉSIDENCE DE M. FISCHER. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. MM. Salmon et Lamy, présentés à la dernière séance, sonl élus membres de la Société. MM. Bourgeois et Schlumbcrger, élus membres de la Société, remercient de leur admission. M. Bourgeois adresse on outre sa photographie pour l'album de la Société. MM. Jousseaumc et Marche présentent M. Hipolito Fernandez, à Manille (Philippines). M. L. Taczanowski adresse une Liste supplémentaire des Oiseaux recueillis dans le sud-ouest du pays oussourien. M. Vian donne lecture d'une note de M. le Baron d'Iiamonville intitulée : Nouveautés ornithologiques. Colibris (2^ article) . M. Certes décrit un procédé de M. Tempère pour le montage dans le baume des organismes microscopiques délicats et pour fixer directement des Infusoi- rcs par certaines couleurs d'aniline. « J'ai l'honneur de présenter à la Société diverses [iréparalions microscopi- ques do Protozoaires montés dans le baume par un habile préparateur de Paris, M. Tempère. Les préparations d'Infusoires que je mets sous vos yeux ont plus d'un an de date; ce sont des Ophryoscolex et des Ualanlidium de la panse des Ruminants, (pic j'avais préalablement fixés à l'acide osmique et co- XX PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ lorés au picro-carminate de Ranvier, Les Bryozoaires, les Éponges^ les Sys- tolides ont été fixés par M. Tempère lui-môme. » Le parfait état de conservation des organismes, leur transparence, à laquelle la coloration des tissus et des noyaux ne nuit en rien, enfin les garan- ties de durée que présente l'emploi du baume, tels sont les avantages du pro- cédé de M. Tempère. D'après les résultats acquis, le ralatinement des tissus, qui est à redouter, peut être évité, chaque fois que l'on opère sur des orga- nismes convenablement fixés et colorés par les méthodes usuelles, si d'ailleurs on a le soin d'observer les précautions ci-dessous : » 1° Faire passer successivement les organismes, déjà fixés et colorés, dans de l'alcool à 36°, puis à 70°, et enfin à 93° (alcool absolu). Ce dernier devra être renouvelé au moins deux fois suivant la grosseur des objets qui doivent y être maintenus pendant vingt-quatre heures environ. » 2° La seconde opération consiste à remplacer l'alcool absolu par du benzol pur. A cet effet, on enlève avec une pipette un dixième de l'alcool ab- solu dans lequel se trouvent les organismes, et on le remplace par la même quantité de benzol. Cette opération est répétée dix fois à des intervalles va- riant de dix à trente minutes, suivant l'objet à préparer. Il faut avoir soin, en outre, d'assurer le mélange à chaque addition de benzol, en retournant douce- ment, à plusieurs reprises s'il est nécessaire, le tube qui le renferme. Après un instant de repos, le dernier mélange est décanté et on lui substitue du ben- zol pur. » 3° Après vingt-quatre ou quarante-huit heures de séjour dans le ben- zol, suivant les objets, on ajoute par cinquième, du baume de Canada dissous dans le benzol pur, en ayant toujours soin de laisser un intervalle de quinze à trente minutes entre chaque opération. Ceci fait, ou peut, ou conserver les organismes en tube pour des préparations ultérieures, ouïes monter immédia- tement. On doit seulement s'assurer, au moment de monter, que la proportion du liquide au solide n'est pas excessive, ettju'après avoir agité le tout, chaque goutte tient en suspension une quantité sufiisante d'organismes. Cette goutte déposée sur le slide ou mise dans une cellule, suivant le cas, est recouverte d'un couvre-objet. Il est préférable de la laisser se dessécher spontanément et pour assurer la durée des préparations, de les sceller au bout de quelques jours, avec deux ou trois couches de ciment à la laque. » Tous les micrographes sauront gré à M. Tempère d'avoir bien voulu m'au- toriser à publier le procédé par lequel il obtient ses merveilleuses préparations au baume. » M. Certes fait encore la communication suivante : « La Revue scientifique du 20 février dernier a donné une analyse étendue d'un récent travail de M. Rav Lankester sur la viridité des Huîtres. Anecon- PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXI sulter que ce travail, bien que l'Huître verte soit un produit exclusif de nos côtes, les observateurs français n'auraient pas su résoudre définitivement le problème zoologique et physiologique qui leur était posé. » Il n'en est rien. Dès 1880, dans une Notice sur la cause du verdissement des Huîtres (I), M. G. Puységur avait démontré par des expériences de labo- ratoire, entreprises en collaboration avec M. Bornet, et par des cultures en grand dans les parcs du Groisic qu'il a créés, la réalité de l'Iiypothèse qui attri- bue la viridité do l'Huilreau pigment d'une Diatomée dont elle fait sa nour- riture. Bien avant M. Ray Lankester, M. G. Puységur a très exactement décrit et figuré cette Diafomée (Navicula fusiformis ostrearia Griinow) dont a le liquide cellulaire, au lieu d'être incolore, est d'un très beau bleu d'azur ». Il n'a nullement négligé l'examen du tube digestif et a trouvé de nombreuses ca- rapaces de Navicula. » C'est après avoir accumulé des preuves de toute nature de l'action de la Navicula sur l'Huître, que Puységur conclut qu'il y a lieu d'éliminer définili- vement « toutes les autres causes auxquelles des conjectures laborieusement enfantées avaient attribué ce phénomène si simple. » « Il est évident, de plus, ajoute Puységur, que l'absorption par le Mollusque de la matière colorante est directe et que le phénomène se passe dans l'inté- rieur même de l'être. Si, en effet, il y avait dissolution de la matière colo- rante dans l'eau salée, l'eau se colorerait pendant que les Diatomées se décolore- raient. Or il n'en est rien. Dans l'eau douce, au contraire, la dissolution de la matière colorante, et, par suite, la décoloration des corpuscules est immédiate. Une seule goutte d'eau, jetée sur le porte-objet du microscope, en fait dispa- raître immédiatement la couleur. Enfin, si l'on trempe dans de l'eau douce où l'on a déposé de ces Diatomées colorées un morceau de papier à filtrer et qu'on le fasse ensuite sécher, il présente absolument la coloration des Huîtres vertes. » » Cette dernière expérience, qui appartient en propre à Puységur, est tout à fait démonstrative. » Il n'y a donc de vraiment nouveau, dans le travail de M. Ray Lankester, que l'étude hisiologique des tissus colorés de l'Huîlre et l'hypothèse que cer- taines cellules épitliéiiales des branchies, cellules migratrices à mouvements amiboïdes, bien connues de tous ceux qui ont étudié l'Huître et le contenu de son tube digestif, sont le lieu d'élection de la matière colorante qu'elles extrai- raient du sang de l'animal. ï A ce propos, il me sera permis de rappeler que j'ai déjà signalé à la So- ciété Zoologique de France (2) que l'on pouvait faire absorber à des Huîtres, (1) Revue maritime et coloniale, février 1880. (2] Bulletin de la Société zool. de France, séance du 28 avril 1885, procès-ver- baux, p. xxxi, et Bulletin scientifique de l'Université royale de Pavie, juin 1885, p. 54. XXII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ sans les tuor, cerlaines couleurs d'aniline et même des substances médicamen- teuses, telles que l'iodure de potassium. Dans les Huîtres vertes, bleues, vio- lettes, colorées artificiellement, comme dans les Huitres vertes de Marennes, la coloration se localise dans les branchies et dans les tentacules buccaux. » Quoiqu'il en soit, la lacune que présente le travail de M. Ray Lankesler, en ce qui touche les recherches de G. Puységur, se comprend d'autant moins que la notice de ce dernier a été analysée tout au long dans le journal anglais Nature ('I) et qu'elle figure dans la bibliographie donnée, en 1881, dans un travail classique sur l'Huître, par la Station zoologique néerlandaise (2), » M. J. Gazagnaire fait une communication sur des glandes nouvelles qu'il a découvertes dans la cavité buccale des Coléoptères. Ces glandes sont généra- lement unicellulaires et répandues dans tous les Insectes de cet ordre en nom- bre d'autant plus grand que le régime de l'animal est plus manifestement herbivore et qu'il est privé de toute glande salivaire. Chez les Hydropliilidœ, ces glandes unicellulaires se groupent et forment des organes glandulaires composés, de véritables glandes alors s'ouvrant dans la cavité buccale par des orifices propres (paroi ventrale du labre, bord antérieur : Hijdrophilus piceiis, Hydrochains, Hydrobius, etc.). Simultanément, dos glandes unicellulaires ou des organes composés de môme nature, à orifice propre, peuvent se ren- contrer sur la paroi dorsale de la lèvre inférieure, sur les faces buccales des mâchoires et des mandibules. M. J. Gazagnaire considère ces glandes comme des glandes salivaires, ou du moins comme leurs homologues. Leur situation, leur présence dans les es- pèces herbivores et leur développement plus grand chez les individus qui sont privés de toute glande sali\aire différenciée, sont les arguments sur lesquels il s'apppuie. Il résulte de ces faits nouveaux que les Coléoptères, qui dans leur ensemble, sauf de rares exceptions, étaient considérés comme privés de glan- des salivaires ne font pas exception aux notions générales que nous possédons sur les glandes salivaires dans l'ordre des Insectes. M. le D"" Jousseaume fait une communication sur les Mollusques rapportés du Haut-Sénégal par le D'' Bellamy et décrit un grand nombre d'espèces nou- velles. Ouvrages offerts. Ch. van Bambeke, Pourquoi nous ressemblons à nos parents. Bull, de l'Acad. de Belgique, (3), X, n° 12, 1885. (1) The Grecn colour ofOyster, by H. M. C. — Oct.7, 1880, XX, p. 519. (2) Overzicht van de litcratuur op de Ocster en haar culfunr betvckkinri hebbcndc. Uitggeeven door de Commissië voor het Zoologisdi Station der nederlandsche dier- kundige vereeniging. Leiden, 1881, p. 69. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXIII Id., Contribution pour seroir à l'histoire de la vésicule germinative . Commu- nication préliminaire. Ibidem, XI, 1886. Héron-Royer, Note sur les amours, la ponte et le développement du Disco- glosse, suivie de quelques remarques sur la classification des Anoures Bull, de la Soc. zool. de P^rance, X, 1885. J. M. F. Bigot, Diagnoses de trois genres nouveaux de Diptères. Bull, de la Soc. entomol. de France, 13 janvier 1886. Séance du 13 avril 1886. PRÉSIDENCE DE M. IISCHEU. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal do la dernière séance est lu et adopté. M. II. Fernandez, présenté à la dernière séance, est élu membre de la So- ciété. M. le Df Jullien décrit quelques organes des Bryozoaires et établit une clas- sification nouvelle de ces animaux. M. Boulenger adresse une note sur la position de l'orifice anal chez les têtards des Batraciens d'Europe. M. Gazagnaire continue sa communication de la précédente séance sur les glandes annexes de la bouche des Coléoptères. M. Certes fait une communication sur l'emploi du bleu C2B pour l'étude du pédoncule contractile des Yorticelles. La séance est levée à dix heures. Ouvrages offerts. Oiïcrt par le ministère de l'Instruction publique : Exploration scientifique de la Tunisie. Note sur la flore de la Kroumirie cen- trale, par E. Cosson. Paris, in-S» de 33 pages. Offert par le Muséum de Bergen : Fr. Nansen, Bidrag til Myzostomernes anatonii og histologi. Bergen, in-4"de 80 pages et 9 pi., 188:>. XXIV PROCÈS-VERBAUX DE LA. SOCIÉTÉ Séance du 11 mai 1886. PRÉSIDENCE DE M. FISCHER, PRÉSIDENT. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. A l'occasion des fêles de Pâques, la Société n'a pas tenu séance le mardi 27 avril. Le Secrétaire général annonce le décès de M. Abel Mauxion, membre de la Société depuis 1879. M. Mauxion a été secrétaire pendant les années 1880- 1883 et était membre du Conseil depuis 1884. MM. Colteau et Héron-Royer présentent M. Emile Deschamps, à la Régie des tabacs, à Constantinople (Turquie). MM. de Guerne et Blanchard présentent M. Paul de Sède de Liéoux, 33, boulevard Arago, à Paris. M. Pilliet fait part de ses recherches sur le développement des os dermiques chez les Tortues et les Tatous. M. Héron-Royer présente des Bufo musiciis reçus récemment de New-York et communique les observations qu'il a pu faire sur les mœurs de ces Batraciens. M. Héron-Royer parle ensuite des différences qu'il a observées dans le déve- loppement des Discoglosses d'Algérie et d'Espagne. M. Deniker fait hommage de la note sur les sacs laryngiens des Anthro- poïdes qu'il a publiée en commun avec M. Boulart et résume ses observations à cet égard. M. le D-- Jullien communique ses observations en vue d'une monographie des Bryozoaires du genre Steginopora d'Orbigny et décrit quelques espèces nou- velles. M. J. Gazagnaire fait connaître à la Société les résultats de ses recherches sur les organes de la gustation chez les Insectes coléoptères. La famille des Dyticidœ est signalée comme possédant les organes les mieux différenciés et pouvant fournir, par leur étude anatomo-histologique, une détermination assez rationnelle du rôle physiologique. Chez les nombreux individus qu'il a observés, répartis dans 1 3 genres de la faune parisienne (1), il a toujours rencontré dans la cavité buccale, à la (1) Hyqrobia, Hydroporus, Hyphydrus, Copelatus, Agabus, Hybius, Rhcmtus, Co- lymbetes Byticus, Hydaticus, Cybister,Laccophilus, Noterus. Des espèces exotiques ont été observées. Les différenciations sexuelles, spécifiques, génériques ont une va- leur très limitée. PROCÊS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXV face ventrale du labre et de l'épistome, deux renflements, chacun surmonté d'un petit bouton chitineux. Ces renflements et leur bouton font saillie dans la cavité buccale de chaque côté de la ligne médiane. Ces organes, mus par des muscles propres, offrent une mobilité remarquable. Sur chaque renflement, à son contour interne, il existe un groupe de poils articulés. 11 en est encore ainsi à la même région pour les boutons chitineux : on peut même dire que tout le contour interne et l'extrémité libre de ces bou- lons sont couverts de poils articulés. Le conduit chitineux dans lequel le poil se loge a la forme d'un verre de Champagne. Fr. Leydig, pour les conduits chitineux de certains poils des antennes, a représenté des formes à peu près identiques. Des glandes unicellulaires très nombreuses, à réservoir et conduit excréteur chitineux, lubrifient les poils articulés. Les conduits excréteurs affectent des dispositions remarquables dans leurs rapports avecles poils (1). Un nerf spécial pair (7ierf gustatif), branche interne du nerf du labre, donne des ramifications aux poils articulés des renflements et se termine par 5 ou 6 filets qui pénètrent dans la lumière du bouton chitineux. Le rapport des filets nerveux avec les poils articulés s'établit très certaine- ment par l'intermédiaire de cellules nerveuses. Ces organes avaient déjà été représentés chez Dylicus et Colymbetes, par J. C. Schiodte, en 1841, dans son travail classique sur la faunedu Danemark Brullé, trois ans après, en 1844, crut les avoir découverts et les signala au point de vue morphologique. Si l'auteur insiste sur ce point, c'est que l'erreur com- mise de bonne foi par Brullé est transmise consciencieusement dans le mémoire de M. J. Chatin : Morphologie comparée des pièces maxillaires, mandibulaires et labiales chez les Insectes broyeurs, 188^, mémoire qui n'est qu'une amplification du beau travail de Brullé. La valeur morphologique de ces organes est loin d'être prouvée par le mé- moire de M. J. Chatin. Leur rôle physiologique était complètement méconnu Dans la famille des Hydrophilidœ, la manière d'être de ces organes diffère Les renflements sont moins saillants, et les boutons chitineux font complètement défaut. Il y a eu fusion fort probablement, cette tendance se laissant entrevoir déjà dans la série des Dyticidœ et des Haliplidœ que l'auteur a observée De la fusion des boulons avec les renflements, il résulte que les poils gustatifs sur ces derniers sont beaucoup plus nombreux que chez les Dyticidœ Ces poils varient légèrement de forme. Chez les Gyrinidœ, il existe une disposition de forme assez semblable. Du reste, c'est cette disposition qui paraît se géné- raliser chez les Coléoptères, du moins dans le cadre des observations de a) Voir pour plus amples détails : J. Gazagnaire, Du siège de la gustation chez les Insectes coléoptères. Comptes-rendus de l'Académie des sciences, 15 mars 1886. 3 XXVI PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ M. J. Gazagnaire, bien qu'on ne doive pas perdre de vue que le labre, dans son bord antérieur, peut localiser un certain nombre de poils gustatifs, surtout chez les individus où la paroi dorsale, et par suite la paroi ventrale, est peu chitinisée, les grands poils qu'on y rencontre ne détenant, selon l'auteur, qu'une fonction tactile. Si l'on tient bien compte des rapports de ces organes, de leur structure ana- tomo-histologique et des expériences ingénieuses du professeur F. Plateau sur les autres appendices de la bouche, mandibules, mâchoires, lèvre inférieure, dont la fonction simplement tactile semble avoir été démontrée, on ne trouvera pas trop hypothétique l'idée de considérer ces ori^anes comme des organes gustatifs. En résumé, des recherches de M. J. Gazagnaire, il résulte que : 1" La gustation chez les Insectes coléoptères se fait par l'intermédiaire de poils articulés en rapport avec les nerfs (nerfs gustatifs) et lubrifiés par des glandes unicellulaires. Des muscles propres mettent en jeu l'ensemble de l'organe. 2° Le siège de la gustation doit être localisé dans la cavité buccale, sur les faces ventrales du labre et de l'épistome. 3° Enfin, sur les régions indiquées, les groupements de poils gustatifs, con- sidérés dans leur répartition comme dans leurs rapports avec les faces ven- trales du labre et de l'épistome, ont une valeur zoologique de famille. La séance est levée à dix heures et demie. Ouvrages offerts. H. Gadeau de Kerville, Causeries sur le transformisme. — ///. De V évolu- tion des animaux et des plantes. Elbeuf, in-1 2 de 60 p., 1886. Deniker et Boulart, Note sur les sacs laryngiens des Singes anthropoïdes. Journal de l'anatomie, 4 886. Offert par le Ministère de l'Instruction publique : Mission scientifique au Mexique et dans l Amérique centrale. — Recherches zoologiques. 3*^ partie. Études sur les Reptiles et les Batraciens, par Aug. Dumé- ril et Bocourt, 10" livraison. — Recherches botaniques. 2'^ partie. Graminées, par E. Fournier, S'' livraison. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXVII Séance du 25 mai 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D"" FISCHER, PRÉSIDENT. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière se'ance est lu et adopté. MM. Deschamps et de Sède, présentés à la dernière séance, sont élus mem- bres de la Société. MM. Saimon et J. de Guerne présentent M. Lacaze, étudiant en médecine, 4-17, boulevard Voltaire, à Paris. M. Fabre-Domergue présente à la Société, de la part de M. Maggi, les cinq brochures suivantes : 1° Saggio d'una dassificazione protistologica degli esseri fermenli. Dans ce travail, l'auteur a tâché de fixer la terminologie des divers ferments, termino- logie qui, pour les noms génériques surtout, présente une confusion extrême et bien propre à faire naîlre des erreurs. Certains ferments et, pour ne prendre qu'unjexemple, le ferment acétique, ont jusqu'à 5 noms de genre se rapportant tous à un seul nom spécifique : aceti. 2** Settimo programma d'analomia e fisiologia comparate coll' mdirizzo mor- fologico. L'auteur commence par étudier les corps simples et les lois de consti- tution du corps animal. Il passe de là à l'étude des diverses substances plasmiques, étudie les causes efficientes de l'élaboration de ces substances, leur structure, leur individualité et leur transformation en organes physiologiques. Suivent enfin les modifications graduelles de ces organes dans l'échelle animale. 3° Sulla distinzione morfologica degli organi degli animali. Considérations sur l'homologie des organes. 4° Di alcune funzioni degli esseri inferiori a contribuzione délia morfologia dei Metazoi. 5° La priorila délia Batterioterapia. M. J. Vian donne lecture d'une note de M. le Bo" d'Hamonville intitulée : Nouveautés ornithologiques. Paradisiers. M. R. Blanchard donne lecture de deux mémoires. L'un, par M. le professeur Plateau, a pour titre : Expériences sur le rôle des palpes chez les Arthropodes maxillés. — Deuxième partie : Palpes des Myriapodes et des Aranéides. L'autre, par M. le professeur R. Meniez, a pour titre : Description du Distoma ingens no», sp., et remarques sur quelques points de Vanatomie et de Vhistologie com- parées des Trématodes. La séance est levée à dix heures. XXVIII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Ouvrage offert. J. (le Morgan, Exploration dans la presqu'île malaise. Linguistique. Bulletin de la Société normande de géographie. Rouen, 1886. Séance du 8 juin 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D'' FISCHER, PRÉSIDENT, La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. Lacaze^ présenté à la dernière séance, est élu membre de la Société. MM. Certes et Blanchard présentent M. Blavy, avoué, 4, rue Barralerie, à Montpellier (Hérault). MM. Boutan et Deniker présentent M, François, préparateur à la Faculté des sciences de Poitiers. M"*^ Bignon et; MM. Th. Barrois, Blanchard, Dautzenberg, Fischer, de Guerne, Héron-Royer, Jousseaume, Jullien et Pierson déposent une demande tendant à conférer le titre de membre correspondant à M. le D"" Alfred Dugès, consul de France à Guanajuato (Mexique), MM. Dubois et Manouvrier présentent M. Wielowieski, professeur à l'Uni- versité de Lemberg (Autriche). M. Wielowieski assiste à la séance. M. Simon dépose un mémoire sur les Arachnides recueillis en 1882-1883 dans la Patagonie méridionale par M. Lebrun. M, E. Dugès adresse une Note sur la classification desMéloïdes du Mexique. M. le D"" Jullien décrit le système nerveux de quelques Bryozoaires marins. M. Jullien parle encore d'une jeune Chèvre chez laquelle il a observé l'ab- sence congénitale de l'une des deux mamelles. M. le D"" R, Dubois présente à l'appréciation de la Société un nécessaire zoologique, construit d'après ses indications par M. Mathieu. M. Dubois rend compte de ses expériences sur l'origine et la nature de la lumière des Élatérides. MM. Wielowieski, Jousseaume, Gazagnaire et Kiinckel d'Herculais pren^ nent part à une discussion à cet égard. La séance est levée à dix heures. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXIX Ouvrages offerts. Prof. P. Albrecht, Sur la non-homologie des j)oumons des Vertébrés pulmonés avec la vessie natatoire des Poissons. Paris et Bruxelles, 1886. Id., Zur Zioischenkieferfrage. Fortschritte der Medicin, III, i885. Id., Ueber die Wirbelkôrperepiphysen wul Wirbelkorpergelenke zioischen dem Epistropheus, Atlas und Occipitale der Sàugethiere. Comptes-rendus du 8û congrès médical international, 1884. Id., Anatomische Schriften des Prof. D'' Paul Albrecht. A. Railliet, Éléments de zoologie médicale et agricole. Paris, in-8° de 1 053 pages avec 705 figures, 1886. Offert par M. R. Blanchard : Bulletin de la Société d'Anthropologie de Lyon, IV, 1885. Séance du 22 juin 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D"" JULLIEN, VICE-PRÉSIDENT. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le Président s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. M. Ém. Deschamps adresse sa photographie pour l'album de la Société. MM. Blavy, Wielovvieski et François, présentés à la dernière séance, sont élus membres de la Société. MM. Certes et Blanchard présentent M. Louis de Fesquet, 16, rue Saint- Roch, à Montpellier; M. Etienne Mares, place Castries, à Montpellier; M. Fernand Anduze, avocat, 27, rue Maguelone, à Montpellier. MM. J. Vian et Collardeau du Heaume présentent M. Xavier Raspail, à Gouvieux (Oise). MM. Salmon et Berge présentent M. Paul Marmion, étudiant, 14, rue Gay- Lussac, à Paris. MM. R. Dubois et de Guerne présentent M. Léon Berthoud, licencié ès- sciences naturelles, pharmacien en chef des hôpitaux, 50, rue Gay-Lussac, à Paris. Conformément à l'article X des statuts et à l'article 5 du règlement, la demande déposée à la dernière séante par un certain nombre de membres et XXX. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ tendant à conférer à M. Alfred Dugès le litre de membre correspondant, a été renvoyée à l'examen du Conseil. Le secrétaire général, chargé de faire un rapport verbal, expose les titres de M. Dugès, les services rendus par lui à la science et conclut en émettant un avis favorable. La Société consultée élit M. Dugès membre correspondant. M. C. Schlumberger fait une conimunication sur les Foraminifères du genre Adelosiria. M. J. Gazagnaire signale une méprise importante de la part d'un observa- teur consciencieux, M. H. Viallanes. Il démontre que le prétendu « nouveau type de tissu élastique », signalé par M. H. Viallanes dans les Comptes-rendus 1881 et dans les Annales des Scien- ces naturelles 1885, doit être rayé du cadre histologique. Ce tissu trouvé dans le tube caudal stigmatifère de la larve d'Eristalis, ne saurait être comparé, comme le fait M. H. Viallanes, au tissu élastique des Vertébrés, pour la rai- son toute simple que les prétendues « cellules élastiques » de M. H. Viallanes ne sont et ne peuvent être que des glandes unicellulaires, de même nature que celles qui sont connues dans la science depuis 1 8i6. M. le D"" Jousseaume fait part d'observations nouvelles sur les Limicolaria du Haut-Sénégal, d'après des exemplaires recueillis par M. le D"" Colin. M. le D"" Jullien [fait une communication sur des Bryozoaires fossiles de la craie de Meudon appartenant à la famille des Stéginoporidés. La séance est levée à dix heures. Ouvrage offert. Offert par M. H. Pierson : H. Frey, Précis d'histologie, Paris, in-18 de 384 p., 1878. Séance du 13 juillet 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D»" JULLIEN, VICE-PRÉSIDENT. La séance" est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le Président s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. MM. de Fesquet, Mares, Anduze, Raspail, Marmion et Berthoud, présentés à la dernière séance, sont élus membres de la Société. PROCÈS -VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXXI M. Deniker, on offrant à la Société son ouvrage sur l'anatomie et l'embryo- logie des Singes anthropoïdes, expose brièvement les résultats de ses recher- ches qui s'y trouvent consignés. Ces recherches se rapportent principalement au développement des Anthropoïdes, dont l'étude a été négligée jusqu'à ces derniers temps. Un des faits intéressants signalés par l'auteur est que, dès la deuxième moitié de la vie fœtale, les caractères distinctifs du Gorille sont déjà nettement dessinés, mais le développement des différentes parties du corps Suit à peu près la même marche que chez l'Homme jusqu'au moment de l'ap- parition des premières molaires de lait. Ce n'est qu'à partir de celle époque que les divergences commencent et ne font que s'accentuer avec l'âge. M. J. Vian lit une notice sur les espèces asiatiques du genre Pouillot [Phyl- lopseuste) capturées dans l'île d'Helgoland. M. le D'' Sauvage adresse une note sur la nourriture de la Sardine. M. le D"" R. Blanchard fait une communication sur le Txnia nana et sur une nouvelle anomalie des Cestodes. La séance est levée à neuf heures et demie. Ouvrages offerts. ,1. deJIorgan, Géologie de laBohêîne. Paris, in-8o de 167 p., -1882. Id., Map of the Perak valletj, july 4 885. Deux feuilles in-folio. De Sélys-Longchamps, Rcvision du synopsis des Ayrionines. — i''» partie : Pseudostigma, Podagrion, Platycnemis et Prolonevra. Mémoires couronnés de l'Académie de Belgique, 1886. J. Deniker, Recherches anatomiques et embryologiques sur tes Singes anthro- poïdes. Thèse de la Faculté des sciences de Paris, 1 886. X. Raspail, Histoire naturelle des Merles. Paris, in-S" do 48 p., 1878. Id. Monographie du Rossignol. Paris, in-8o de 17 p., 1879. G. Tirant, Les bois odoriférants de la Cochinchine. Bulletin de la Société des éludes indo-chinoises de Saigon, 1885. Offert par le Ministère de l'Instruction publique : Mission scientifique au Mexique et dans l'Amérique centrale. Recherches zoo- logiques. — 7^ partie. Etudes sur les Mollusques terrestres et fluviatiles, par P. Fischer et H. Crosse, 9'^ livraison. Exploration scientifique de la Tunisie. Émimération des Hémiptères.,, suivie de la description des espèces nouvelles, par A. Puton. Paris, 1886. XXXII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Séance du 27 juillet 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D"" JULLIEN, VICE-PRÉSIDENT. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. H. Fernandez, élu membre de la Société à l'une des précédentes séances, remercie de son admission. M. l'Archivisle-bibliothécaire annonce qu'il vient de terminer le catalogue sur fiches des périodiques français et des livres et brochures non périodiques. Il espère que le catalogue des périodiques étrangers sera dressé complètement pour la rentrée. M. G. A. Boulenger adresse une note sur les Grenouilles rousses d'Asie. M. Héron-Royer fait une communication sur la transmission héréditaire de l'albinisme chez les Batraciens anoures. M. le D"" Jousseaume fait une communication sur des Mollusques des genres Proserpinella et Guesteria, reçus récemment de M. Cousin. La séance est levée à dix heures. Ouvrage offert Héron-Royer, Notices sur les mœurs des Batraciens, 2' fascicule. Bulletin de la Soc. d'études scientifiques d'Angers, 1885. Séance du 12 octobre 1886. présidence DE M. LE D'" FISCHER, PRÉSIDENT. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le D"" Alf. Dugès adresse le dessin en couleur d'un Lépidoptère nouvean du Mexique. Ce Papillon appartient au genre Ophideres, mais constitue une espèce nouvelle, que M. Dugès dédie à M. le D'' Raphaël Blanchard, Secrétaire géné- ral de la Société, et dénomme Ophideres Raphaïi. Une courte description accompagne l'envoi du dessin. MM. A. Certes et H. Fernandez adressent leur photographie pour l'album de la Société. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXXIII M. le Dr Jousseaume transmet une lettre par laquelle la Société linnéenne de la Charente-Inférieure, à Royan, demande à être inscrite au nombre des membres de la Société. MM. Th, Barrois, R. Blanchard et G. Ferré présentent M. le D^ B. Nabias, professeur-agrégé d'histoire naturelle à la Faculté de médecine de Bordeaux. MM. Jullien et R, Blanchard présentent M. Prosper Thélohan, étudiant en médecine, à Redon (Ille-et-Vilaine) ; M. J.-F. Heymans, docteur en sciences et en médecine, 29, rue des Récol- lets, à Louvain (Belgique). M. Bigot adresse un mémoire sur des Diptères nouveaux ou peu connus. M. Héron-Royer fait une communication sur les Grenouilles rousses d'Eu- rope. M. le Dr Jousseaume fait connaître à la Société les observations faites à Quito (Equateur) par M. A. Cousin sur lo Borus Garcia Moreni Miller. M. le D"" J. Jullien fait une communication sur certains Bryozoaires de Roscoff et de Concarneau, et fait remarquer notamment que l'Amathia semic onvolula Joliet n'est pas autre chose que la Bowerbankia cUrina Hinks. La séance est levée à dix heures. Ouvrages offkrts. Th. Barrois, Les glandes du pied et les pores aquifères chez les Lamellibran- ches. Un vol. in-4°, Lille, 1885. J. Bolivar, Artrôpodos del viaje al Pacifico verificado de 1862 à 1865 por una comision de naturalistas enviada por el gobierno espanol. — Insectos neurô- pteros y ortôpleros. Madrid, in-4° de M 4 p. et 3 pi., 1884. Ant. del Caslillo y Mar. Barcena, Antropologia mexicana. El hombre del Penon. Noticia sobre el hallazgo de un hombre prehislôrico en el valle de Mexico. Mexico, in-8° de 20 p. et .3 pi., 1885. H. Gadeau de Kerville, Évolution el biologie des Bagous binodulus Herbst et Galerucella nymphose L. Annales de la Soc. entomol. de France, 23 sept. 1885. Id., Noie sur Valbinisme imparfait unilatéral chez les Lépidoptères. Ibidem, 9 déc. 1885. Id., Les Myriapodes de la Normandie ("2* liste) suivie de diagnoses d'espèces et de variétés nouvelles (de France, Algérie et Tunisie) par le D^ Robert Latzel. Bull, de la Soc. des amis des se. nat. de Rouen, 2" semestre 1 885. XXXIV PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Id., La Société des amis des sciences naturelles de Rouen en 1885. Compte- rendu annuel. Ibidem. Id Noie sur un hybride bigénère de Pigeon domestique et de Tourterelle a collier, suivie de la récapitulation des hybrides uni- et bigénères observes jus- qu'alors dans l'ordre des Pigeons. Ibidem. Id., Compte-rendu de la 2i« réunion des délégués des Sociétés savantes a la Sorbonne. 1886 {Sciences naturelles). Ibidem, l"-- sem. 1886. Id La faune de Vesluaire de la Seine. Annuaire normand, -1 886. Anton Fritsch, Naturgeschicte der Vôgel Europas. Prag, in-8° de 506 p., /1853-1870. ., ^ ^^^, Id Les Oiseaux de l'Europe. Allas in-4" de 61 pi. coloriées. Prague, 1 871 . Id.^ Cephalopoden der bohmischen Kreideformation. Prague, m-4^ de 51 p. et16pl., 1872. . Id., Die Reptilien und Fische der bohmischen Kreideformation . Prague, in-4 de 46 p. et 10 pi. ,1878. U.,Fauna der Gaskohle und der Kalksteine der Permformation Bohmens. 1er vol. in-4° de 182 p. et 48 pi. en couleur ; Prague, 1879-1884.— 2e vol. en 2 parties; in-4° de 64 p. et 22 pi. en couleur; Prague, 1885. J. V. Barboza du Bocage, Replis e Amphibios de S. Thomé. Jornal de scien- cias mathem., phys. e naturaes, n" XLII, 1886. Id., Reptiles et Batraciens nouveaux de l'île de St Thomé. Ibidem. Id.', Note additionnelle sur les Reptiles de S« Thomé. Ibidem. Gh.' van Bambeke, Des déformations artificielles du noyau. Archives de bio- logie, VII, 1886. Offert par l'éditeur : Ern. Bellecroix, Guide pratique du garde-chasse. Paris, Firmin-Didol, in-18 de 324 p., 1886. Offert par M. R. Blanchard : Viaiid-Grand-Marais, De la léthalité de la morsure des Vipères indigènes. Association française pour l'avancement des sciences, 1875. Séance du 26 octobre 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D^" P. FISCHER, PRÉSIDENT. La séance est ouverte à huit heures et demie. Le procès-verbal de la der- nière séance est lu et adopté. M. le D^ J. de Bedriaga fait hommage à la Société de son ouvrage sur La PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXXV famille des Lacertiens et expose quelques considérations sur la division des genres et la distribution géographique. MM. Thélohan, Nabias et Heymans, présentés à la dernière séance, sont élus membres de la Société. La Société linnéenne de la Charente-Inférieure est éga- lement élue. M. Héron-Royer fait une communication sur le chant de la Salamandra atra. M. J. Gazagnaire dit que le chant de la Salamandra maailosa est bien connu des paysans du Cher; lui-même l'a entendu. M. de Bedriaga a entendu parler, à Lucerne, du chant de la Salamandre noire; lien a vu un exemplaire qu'un enfant avait trouvé sur le Pilate, guidé _par son chant. M. le D"" J. Deniker rend compte de ses observations sur les Anthropoïdes du Brilish Muséum. M. Pilliet communique les observations qu'il a faites avec M. R. Boulart sur la structure de l'estomac de l'Hippopotame, du Paresseux, du Dauphin et du Kanguroo. • La séance est levée à dix heures. Ouvrage offert. D"" J. de Bedriaga, Beitràge zur Kenntniss der Lacer Uden-Familie (Lacerta, Algiroides, Tropidosaura, Zerzumia und Bettaia). Abhandlungen der Sencken- berg. naturf. Gesellschaft, XIV, 1886. Séance du 9 novembre 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D'' P. FISCHER, PRÉSIDENT. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. Dautzenberg fait hommage à la Société de trois notes relatives à des coquilles. M. le D"" Th. Barrois adresse une note sur le Palxmoneles varians. Ce tra- vail est accompagné d'une planche dont M. Barrois prend à sa charge la litho- graphie et le tirage. XXXVI PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ M. le D"" Jousseaume fait une communication sur des Mollusques envoyés de l'Equateur par M. Cousin. Il décrit un certain nombre d'espèces nouvelles. M. le D"" R. Dubois dit avoir fait des observations et des expériences qui lui démontrent que l'œuf du Lampyre est lumineux par toute sa substance et non à la surface, comme le pense M. de Wielowyeski. M. le D"" Fischer a étudié huit exemplaires d'une Coronule qui vit en para- site sur la Chelonia imbricata et'se loge au-dessous des écailles des membres. Ce sont des animaux larges de 6 à 8 millimètres environ et gros comme un pois ; ils forment un genre nouveau que M. Fischer appelle Siephanolepas . La Chelonée sur laquelle ils ont été trouvés provenait de Poulo-Condor. M. le D"" R. Rlanchard fait une communication sur certaines tumeurs épider- miques observées sur la queue d'un Lézard vert. Ces tumeurs, de taille considé- rable, étaient causées par un Champignon dont le mycélium rabougri se déve- loppait dans les parties les plus profondes de l'épiderme, au contact même du derme et produisait des spores qui se retrouvaient en quantité innombrable entre les lamelles épidermiques hypertrophiées. Le développement de ces spores a pu être suivi et le Champignon a été étudié à toutes l'es phases de son évolution au moyen de cultures sur gélatine peptonisée. M. le D"" J. Deniker communique la nouvelle annoncée dans la séance du 13 septembre de la Société de géographie à Saint-Pétersbourg, relative à une décou-verle de Uammonlh [Elephas jjrimigenius) sur les bords de l'Océan gla- cial. On se rappelle qu'en 1884, le Dt" Rounge, un des membres de la mission russe à la station circumpolaire de l'embouchure de la Lena, avait annoncé l'existence de restes d'un Mammouth dans le delta de ce grand fleuve. Celte nouvelle fit le tour de la presse sans qu'on ait eu longtemps de renseignements précis sur le sujet. Aujourd'hui, nous savons d'après le compte-rendu de la mission russe (1), que, malgré toutes les recherches, M. Rounge n'a pu trouver que quelques os brisés et le contenu de l'estomac du Proboscidien quaternaire : les Yak'outes ont mangé le lard, la marée et les bêtes fauves s'étant chargé du reste. Inutile d'ajouter que tout ce qui a été trouvé par M. Rounge fut soi- gneusement conservé et remis à son retourau musée de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg; on ne tardera pas certainement de faire bientôt l'élude de ces restes précieux. Depuis, le même D'' Rounge fut nommé, en 1885, chef d'une nouvelle expédition arctique, organisée par le gouvernement russe et ayant pour but d'explorer l'extrémité nord de la Sibérie orienlale, entre les fleuves Yana et Indighirka. Or, c'est un des membres de cette expédition, le naturaliste baron Toll, qui a réussi à trouver récemment un autre Mammouth (1) « Isvestia » de la Société russe de géographie, XXI, 1885. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXXVII « in situ » sur les bords d'un des affluents du fleuve Tchendon, tributaire de la Mer glaciale, à une centaine de kilomètres à l'est du village Kasaichié, sur la Yana. 11 est parti au commencement de l'année courante avec une corvée d'hommes pour procédera l'extraction du gigantesque animal. Malheureusement, une lettre de M. le D'" Bounge, datée du 26 février et reçue par la Société de géographie d'Irkoutsken août, dit que M. Toll a trouvé l'animal bien en place mais sans les parties molles; néanmoins il espère recueil- lir plusieurs données intéressantes relativement à la conservation des animaux fossiles dans le sol gelé de la Sibérie (1). La séance est levée à dix heures. Ouvrages offerts. G. Hartlaub, Description de trois nouvelles espèces cVOiseaux rapportées des environs du lac Tanganyka (Afrique centrale) par le capitaine Em. Slorjus. Bulletindu Musée royal d'hist. nat. de Belgique, IV, iSSG. A. -P. Ninni, Sul l'roteo anguineo. Atti del 11. Istiluto veneto, (6), IV, 1886. Id., Sui iempinei quali gli Anfibi anuri del Veneto entrano in amore. Ibidem. Id., Note sull' erpetologia del Veneto. Atti délia Soc. ital. dl se. nat., XXIX, 18S6. E. Faurot, Voyage au golfe de Tadjoura (Obock, Tadjoura, Goubbet-Kha' rab). Revue de l'Afrique française, 4 886. A. Pilliet et R. Boulart, Sur l'estomac de V Hippopotame, du Kanguroo de Bennett et du Paresseux ai. Journal de l'anatomie, 1 886. A. Pilliet, Structure des glandes œsophagiennes chez VOctopus vulgaire. Ibidem. Ph. Dautzenberg, Note sur fAddisonia lateralis Requien. Journal de con- chyoliologie, 1886. là.. Nouvelle liste de coquilles de Cannes. Feuille des jeunes naturalistes, 1886. G. Dollfus et Ph. Dautzenberg, Élude préliminaire des coquilles fossiles des falîins de la Touraine. Ibidem. Séance du 23 novembre 1886. PRÉSIDENCE DE M. LE D'' P. FISCHER, PRÉSIDENT, La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. (1) Revue orienlale, n° 33, 1886 (en russe). XXXVIII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ M, le professeur Nabias, élu membre de la Société à l'une des précédentes séances, remercie de son admission et adresse sa photographie. MM. Blanchard et Crié présentent M. Louis Lecourl, étudiant en médecine, 52, rueMonge, à Paris; M. Emile Émery, étudiant en médecine, 22, rue de l'Odéon, à Paris, M. J. Perravex, de Dijon, fait connaître à la Société le décès de son fils, membre de la Société depuis 1884. M. le Président annonce en ces termes la mort de M. Paul Bert : « Vous avez tous appris la mort si regrettable de notre éminent collègue, M. Paul Bert. La Société Zoologique lui avait décerné le titre de Membre hono- raire et cette rare distinction était justifiée non seulement par l'éclatant mérite du savant dont nous déplorons la perte prématurée, mais aussi par les témoignages sympathiques qu'il avait donnés à notre Société dans des temps difficiles. « Je ne puis malheureusement apprécier ici les nombreux travaux physiolo- giques de Paul Bert et j'espère que cette lâche sera remplie dignement par un de nos collègues naturellement désigné par son titre d'élève et d'ami. Mais vous n'oublierez pas que Bert avait toutes les qualités d'un excellent natura- liste et que plusieurs de ses publications sont consacrées à la zoologie des- criptive et à la répartition géographique des animaux. J'ai pensé n'être que le fidèle interprète des sentiments qui vous animent tous, en adressant à la mé- moire de notre cher confrère l'expression de nos regrets les plus vifs. » M. Cotteau fait une communication sur des Échinides nouveaux ou peu connus. La séance est levée à neuf heures et demie. Ouvrages offerts. Th. Barrois, Rôle des Insectes dans la fécondation des végétaux. Thèse d'agrégation. Paris, -1886. Lescuyer, Les étangs de Baudonvilliers. Modificaiion de la flore et de la faune selon que les étangs sont en eau ou à sec. Rôle des Hirondelles. Bulletin de l'Assoc.scientif. de France, (2), XIV, p. 17, 1886. P. Albrecht, « Herr Paul Albrecht zum Ictzten Maie. » Anticort auf den gleichnamigen Aufsatz des Herrn Geheimrathes Prof. D^vonKôlliker. Sitzungs- ber. der Wiirzburger pliys.- med. Gesellschaft, 1886. Id., Ueber denmorphologischen Sitz der Hasenscharten-Kieferspalte. 'Bio\og. Centralblatt, VI, no3, 1886. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XXXIX Id,, Uebe7' die morphologische Bedeutung der Penischisis, Epi- und Hypospa- die des Menschen. Ibidem, no 7. Id., Zur Diskussionder die Hasenschavien und schràgen GesichtspaUen betref- fenden Voriràge der Herrn Biondi und Morian. Centralblalt fur Chirurgie, no 24, Beilage, 1886. Id. , Ueber den morphologischen Werth ûberzàhliger Finger und Ze/je». Ibidem. Id., Ueber die morphologische Bedeutung von Penischisis, Epi- und Hypo- spadie. Ibidem. Id., Ueber eine in zwei Zipfel auslaufcnde rechtsseilige Vorderflosse bei einem Exemplare von Protoplerus annectens Ow. Sitzungsber. der k. preuss. Akad. derWiss. zu Berlin, n» 32, 1886. J. G. de Man, Anatomische Untersuchungen iiber freilebende Nordsee-Nema- toden. Leipzig, in-folio de 82 p. et 13 pi., 1886. Séance du 14 décembre 1886. PRÉSIDENCE DE M. VIAN, DOYEN d'aGE. La séance est ouverte à huit heures. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le D"" Fischer, président, s'excuse de ne pouvoir assister à la séance. MM. Lecourt et Emery, présentés à la dernière séance, sont élus membres de la Société. MM. Fabre-Domergue et Chabry présentent M. Henri Viallanes, Docteur en médecine, Docteur ès-sciences, 9, rue du Val-de-Griice, à Paris. MM. L. Joubin et R. Blanchard présentent M. Henri Dominici, licencié ès- sciences naturelles, 4, rue Castiglione, à Paris. M. le Dr L. Joubin adresse une note sur l'anatomie des Brachiopodes arti- culés. M. le professeur Railliet, d'Alfort, adresse une note sur une espèce nouvelle d'Acarien parasite des Oiseaux de basse-cour. M. le Prof. V. Lemoine, de Reims, offre à la Société un certain nombre de brochures et insiste sur la description du squelette du Simœdosaure. M. le D'" J. Jullien fait une communication sur le développement des jonc- turies chez les Brvozoaires. XLII PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Mâle. — Yeux ronds et noirs. Antennes semblables à celles de M. versicu- lakis. Quatrième article de la première paire de pattes thoraciques prolongé en pointe aiguë atteignant aux deux tiers de la longueur de l'article suivant; bord inférieur légèrement dentelé ; cinquième article beaucoup moins large que le quatrième; bord inférieur garni, à partir de la griffe, d'une grosse dent obtuse, suivie de trois petites ; griffe aussi longue que le bord inférieur du cinquième article, et se croisant avec le prolongement du quatrième. Deuxième paire de pattes plus faible que la première ; premier article long et large; bord antérieur ondulé, finement dentelé, et débordant fortement sur le second ; cinquième article quadrangulaire, aussi long et aussi large que le quatrième; bord antérieur armé d'une dent aiguë à sa partie inférieure ; griffe un peu plus longue que le bord antérieur. Pattes suivantes, telson et uropodes semblables aux parties correspondantes de M. versiculatus. Femelle. — Ressemble beaucoup aux autres femelles de Microdeulopus ; on peut cependant la reconnaître avec un peu d'attention, car on retrouve chez elle, bien que beaucoup moins accentué que chez le mâle, le caractère du premier article de la seconde paire de pattes thoraciques, qui déborde forte- ment sur le bord supérieur du second. Couleur jaune avec des bandes transversales brunes. Longueur 4 mill. Dragué dans le N.-E. de Basse-Kikerie, par 18 met., Vase molle, gr. M. J. de Guerne communique ensuite la note suivante : Sur quelques Amphipodes marins du nord de la France, Par Jules de Guerne. Les Amphipodes du littoral des départements du Nord et du Pas-de-Calais sont encore peu connus. Sans m'être livré spécialement à la recherche de ces Crustacés, j'ai pu cependant, à diverses reprises, en recueillir un certain nombre aux environs de Boulogne et dans la rade de Dunkerque. Vu l'insuffi- sance des données actuelles sur la distribution géographique de ces animaux le long des côtes septentrionales de France, je crois utile de publier dès aujour- d'hui, bien qu'elle soit fort courte, la liste des espèces qu'on y a rencontrées jusqu'ici. Plusieurs sont nouvelles pour la faune française. La plupart de mes spécimens ont été examinés par M. Chevreux. D'un autre côté, le D"" Théodore Barrois, Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Lille, a bien voulu revoir ceux que j'avais récoltés en compagnie de mon excellent collègue le D"" Sauvage, directeur de la Station aquicole de Boulogne, et qui font partie de la collection de cet établissement. Depuis mon dernier séjour à Boulogne, en 1883, le D"" Sauvage a pu faire quelques nouvelles recherches, notamment sur les bouées. Grâce à l'obligeance du D' Th. Barrois, je puis PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XLIII également donner ici le nom des espèces qui y ont été trouvées. Enfin, le même zoologiste, ayant en cours de publication un travail sur les Orcheslia du Pas-de-Calais, m'a envoyé avec un empressement dont je ne saurais trop le le remercier, le nom de plusieurs formes qu'il a observées au cours de ses études sur les Orcheslia (1). Amaihilla Sabinei Leach. Dragué dans le port en eau profonde de Boulogne, 6 à 10 mètres. Commun à la côte, Amphithoe podoceroides Rathke. La Roche Bernard à Boulogne (2). — - rubricata Mont, avec le précédent, plus commun. Aora gracilis Sp. Bâte. Dunkerque, dragué par 20 à 30 mètres de profondeur, sur le banc d'Huîtres du Dyck et entre celui-ci et le Snou\v,la Roche Bernard. Atylus Swammerdami M.-Edw. Dunkerque, dragué par 20 mètres de pro- fondeur, entre les feux flottants du Dyck et du Snouvv; commun. Bathyporeia pelagica Sp. Bâte. Wimereux. Calliopius lœviusculus Krôy. La Roche Bernard (3). Caprella sequilibra Sp. Bâte. La Roche Bernard, sur les Hydraires. — linearis Lin. Dunkerque, dragué par 20 à 30 mètres de profondeur sur le banc d'huîtres du Dyck; la Roche Bernard. Corophium grossipes Lin. Wimereux, bassin de l'ancien port. Dexamine spinosa Mont. Commun partout à la côte dans les Algues. Dryope crenatipalmata Sp. Bâte. Dunkerque, dragué par 20 à 30 mètres de profondeur sur le banc d'Huîtres du Dyck (4). Gammarus locusta Lin. Commun sur le sable, à la limite des hautes mers. — mariniis Leach. Avec le précédent. Hyperia galba Mont. Dunkerque, Boulogne, Groffliers, dans les Rhizostoraes. Janassa variegata Leach. Rade de Dunkerque, sur le Hillsbank; bouées du port de Boulogne (D"" Sauvage), voir plus loin la note relative au Podocerus falcatiis. (1) Ce travail, actuellement sous presse et qui paraîtra dans les premiers jours de janvier 1887, est intitulé : Note sur quelques points de la morphologie des Orches- ties, suivie d'une liste succincte des Amphipodes du Boulonnais (Lille, irap. Danel). (2) C'est la forme verte dont parle M. Yves Delage (Catal. des Crust. obs. à Ros- cofT, Arch, zool. exp., vol. IX, 1881). M. Chevreux l'a signalée sous le n" 26, Amphitoe sp. (Assoc. fr. av. se. Congr. Blois 1884, page 314), comme très abon- dante au Croisic. (3) Espèce signalée pour la première fois, en France, par le D"' Th. Barrois. C'est une forme arctique et boréale qui n'a pas encore été trouvée, à ma connaissance, aussi loin dans le Sud. M. Chevreux a recueilli au Croisic Calliopius norvégiens Rathke, espèce très voisine de C, lœviusculus et qui n'est peut-être qu'une variété méridionale de celle-ci. (4) Espèce peu connue dans la mer du Nord où elle a été signalée pour la pre- mière fois en 1875 par Metzger. fZoolog. Ergebn. der Nordseefahrt Jahresber. d. Commis, z. wiss. Unters. d. deutsch. Meere 2' et 3' année). XLIV PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ Lysianassa Costie M.-Edvv. Assez commun sur les cotes du Boulonnais. Melita jjalmata Mont. Baie d'Aulhie, Grollliers (Dr Barrois). — obtusata Mont. Dunkerque, espèce répandue dans toute la rade; Hills- bank, banc d'Huîtres du Dyck, fonds de 20 met. entre le Dyck et le Snouw. Metopa Alderi Sp. Bâte, La Roche Bernard, rare (1). — longimana Bœck. Rade de Dunkerque sur le Hillsbank (2). Orchesiia Deshayesi Aud. Baie d'Authie, Grofïliers (D^ Barrois) (3). — litloren Mont. Commun sur toutes les plages de sable. Podoceropsis rimapalmata Sp. Bâte. Rade de Dunkerque, Hillsbank. — excavata Sp. Bâte. Rade de Dunkerque, dragué par 20 mètres de profondeur, entre les feux flottants du Dyck et du Snouw, rare (4). Podocerus falcaias Mont. Dunkerque, Bouées de la rade; Boulogne, bouées du port (D'" Sauvage) (5). Prolo ventricosa Millier, Dunkerque, Hillsbank; la Roche Bernard. Sunamphithoe haniulus Sp. Bâte. La Roche Bernard, assez rare. Talitrus locusta Lat. Commun partout. Urollioe marinus Sp. Bâte, Ambleteuse, dans le sable. La liste qui précède, malgré son insuffisance, démontre cependant deux choses : 1° Que la recherche sérieuse des Amphipodes sur les côtes septentrionales de France sera certainement couronnée de succès. 2" Que la faune de ces Crustacés, en ces parages, malgré le petit nombre d'espèces actuellement connues, accuse d'une manière très nette un caractère boréal. Il est procédé au dépouillement du vote pour la nomination du Bureau et des membres du Conseil pour l'année 1 887. (1) Espèce signalée pour la première fois, en France, par le D' Th. Barrois; forme boréale. (2) Espèce nouvelle pour la faune française -. n'est pas signalée dans la mer du Nord par Metzger. (3) Espèce signalée pour la première fois sur les côtes françaises de la Manche par le D''Th. Barrois. M. Chevreux m'informe qu'il a trouvé Orcliestia Deshayesi au Croisic, mais toujours en petit nombre. (4) Espèce nouvelle pour la faune française ; forme boréale. (5) Dans mon travail sur la topographie zoologique de la Rade de Dunkerque f Revue scient., 14 mars 1887, page 327), j'ai donné des détails sur les colonies innombrables de Podocères qui couvrent les bouées. Ces animaux y sont désignés sous le nom de P. pulchellux Leach. C'est une des nombreuses formes qui doivent, d'après Nebeskî (Beitr. zur Kennt. Amphip. der Adria, Arbeit. zool. Inst, Wien, tome III, 1880), être confondus sous le nom de P. fakatas; d'après le même auteur, Janassa variegata, cité plus haut, et pris par Bœck fSkand, og Ark. Amphip.) comme type du genre nouveau Janassa, serait la femelle adulte de cette espèce. PROCÈS-VERBAUX DE LA SOCIÉTÉ XLV Le scrutin donne les résultats suivants, sur 88 votants : Président MM. A. Certes par 8G voix. ,. „ , .j , ( J. Jullien — 87 — Vice-Presidents l ^ ^ ( G. Cotteau — 86 — Secrétaire général R. Blanchard. .. . — 87 — / M"" Bignon — 83 — Secrétaires ] J. Gazagnaire ... — 88 — ( L. Manouvrier. . . — 88 — Trésorier Héron-Royer. ... — 88 — Archiviste -bibliothécaire H. Pierson — 88 — J. Kiinckel — 88 — De Guernc — 87 — Membres du Conseil { „ , „ „ Hyades — 80 — G. Schkimberger . — 85 — Par suite du passage de M. G. Cotteau à la vice-présidence, une vacance s'est produite parmi les membres du Conseil. M. E. Oustalet est élu par 17 voix sur 17 votants. La séance est levée à dix heures. Ouvrages offerts. P.-J. Danysz, Contributions à l'élude de la multiplication des Euglénes. Compte-rendu de la Société de Biologie, 1886. Id., Un nouveau Péridinien et son évolution. Ibidem. Offert par IM. Danysz : Notice sur la station zoologique d'Arcachon. (Société scientifique dWrcachon), 1886. ERRATA Page 300, lignes 4 et 3 en remontant, lire : ... au-delà delà vulve, f; en arrière, ils s'arrêtent au niveau du ÇiT crochet. Pages 336, 337 et 338, en tête du tableau, lire : Distribution des espèces, au lieu de Description des espèces. Page 597, ligne 15, lire : « Tubercule métatarsien interne assez fort, ovale, mousse, comme chez Rana agilis; un petit tubercule métatarsien externe, » au heu de « Tubercule métatarsien externe. » ESPECES ET GENRES NOUVEAUX DÉCRITS DANS LE BULLETIN DE 1886 PROTOZAIRES Pages, Orbulina nitida 0. et E. Terquem 330 Lagena semi-ornata Terq 330 L. costifera Terq 330 L. ornata Terq 331 Frondicularia affiyxis Terq 331 Rotalina horealis Terq 332 Truncatulina glohulosa Terq 333 Anomalina irregularis Terq 333 Bulimina doliolum Terq 333 Polymorphina racemosa Terq 333 P. inflata Terq 335 Quinqueloculina implexa Terq 335 Gymnospora R. Moniez, n. g 587 G. nigra R. Mon 587 ÉCHINODERMES Coraster G. Gotteau, n. g 708 C. Vilanovse G. Gott 709 Ornithaster G. Gott., n. g 710 0. Evaristei G. Gott 711 Brissopneustes G. Gott., n. g 712 B. Vilanovx G. Gott 713 Microsoma G. Gott., n. g 715 M. Croizieri G. Gott 716 Salenia Janeti G. Gott 716 Cœlopleurus Rousseli G. Gott 718 Ghjphoci/phus ataxensis G. Gott 725 TRÉMATODES Distoma ingens R. Moniez. 531 XLVIII ESPÈCES ET GENRES NOUVEAUX NÉMATOUES Pages. Ankylostoma Box R. Blanchard 295 Rktularia Bovieri R. Bl 297 BRYOZOAIRES Costula J. Jullien, n. g 604 Mumiella J. Jull. , n. g 605 Barroisina J. Jull. , n. g 605 Reginella J. Jull. , n. g 605 Lyrula J. Jull,, n. g 606 Becurtaria J. Jull., n. g 606 Collarina J. Jull-, n. g 607 Puellina J. Jull., n. g 607 Jolietina J. Jull., n. g 608 Figularia J. Jull., n. g 608 Murinopsia J. Jull. ,n. g 608 Ubaghsia J, Jull., n. g . . . 610 U. arcifera J. Jull 618 Thoracophora J. Jull., n. g 610 Colletosia J. Jull., n. g . . 610 Scorpiodina J. Jull., n. g 611 Steginopora ineudonensis J. Jull 614 St. ocellata J. Jull 614 St. de Morgani J . Jull 615 MOLLUSQUES Limicolaria Bellamgi F. Jousseaume 475 L. Hyadesi Jouss 477 Bellamya Jouss., n. g 478 B. bellamya Jouss 479 Reneus Jous., n. g 481 R. reneus Jouss » 482 R. Faidherbei Jouss 483 R. fouladougouensis Jouss 485 Pharaonia Bellamyi Jouss 486 Mutelina complanata Jouss 489 Spatha Bellamyi Jouss 491 Sp. Renei Jouss 492 Sp. Rochebrunei Jouss 494 ESPÈCES ET GENRES NOUVEAUX DÉCRITS XLIX Pages. Sp. Mahillei Jouss 495 Sp. tristis Jouss 497 Spathella Adansoni Jouss 498 CRUSTACÉS Centropages Grimaldii J. de Guerne 276 Ptiloclieirus tricristatus Ed. Cbevreux xl Microptopus longimayms Ed. Ghev XLI Microdactopus armatus Ed. Ghev XLi ARACHNIDES Thiratoscirtus Eug. Simon, n. g 559 Th. patagonicus E. Sim 560 Th. niveimanus E. Sim 561 Lycosa nigricans E. Sim 563 L. patagonica E. Sim 563 Peirichus E. Sim., n. g 564 P. marmoratus E. Sim 565 Storena Lehrunei E. Sim 566 Microctenus ravidus E. Sim 567 Trachelas sericeus E. Sim 568 Tr. cingulïpes E. Sim 569 Philisca obscura E. Sim 569 Gayoma trîdcntata E. Sim 570 Tomopisthes Lehrunei E. Sim 570 T. tasniatus E. Sim 571 Aporoptychus E. Sim., n. g 572 A . austraJis E. Sim 572 Stenoterommata Goiinellei E. Sim 573 St. guttulatum E. Sim 573 St. segne E. Sim 574 Mitrura E. Sim., n. g 574 M. caudicula E. Sim 575 Damon australis E. Sim 575 BATRACIENS Eana Camerani JBoulenger 597 R. amurensis Boul 598 R. Martensi Boul 599 TABLE DES MATIERES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE D'AUTEURS Pages. Th. Barrois. — Note sur le Palœmonctcs varians Leach, suivie de quelques considérations sur la distribution géographique de ce Crustacé (PI. XXII)... 691 R. Blanchard. — Notices hehninthologiques (Première série) (Pi. X; 294 — — Réponse à la critique de M. G. -A. Boulenger 322 G. -A. Boulenger. — Note sur la position de l'orifice anal chez les têtards des Batraciens d'Europe 319 — — Quelques mots en réponse à la note de M. le W R. Blan- chard sur la classification des Batraciens 320 — — Note sur les Grenouilles rousses d'Asie 595 El). Chevreux. — Description de trois espèces nouvelles d'Amphipodcs du sud-ouest de la Bretagne xl G. CoTTEAU. — Échinides nouveaux ou peu connus, 5= article (PI. XXIII et XXIV) 708 R. Dubois. — Contribution à l'étude de la production de la lumière par les êtres vivants. — Les Ëtatérides lumineux, avec 29 figures dans le texte (PI. I-IX et une planche frontispice) 1 EuG. DuGÈs. — Note pour servir à la classification des Méloïdes du Mexique . 578 — — Addition à ma note pour servir à la classification des Méloïdes du Mexique 680 J. Gazaonaire. — Note sur un prétendu « nouveau type de tissu élastique, observé par M. H. Viallanes chez la larve de ÏEristalis. » 583 .1. DE Guerne. — Description du Coilropagcs Grimaldii, Copépode nouveau du golfe de Finlande 276 — — .Sur quelques Amphipodes marins du nord de la France.... xlii d'Hamonville. — Description de divers états de plumage du Canard sau- vage et variétés de cette espèce 286 — — Nouveautés ornithologiques 311. 503 HÉRON-RovER. — Sur les apophyses dentifornies développées sur l'us palatin fies Batraciens du genre Bufo (avec 2 figures) 324 — — Sur la reproduction de l'albinisme par voie héréditaire chez l'Alyte accoucheur et sur l'accouplement de ce Batracien . 671 — — A propos de la question des Grenouilles rousses soulevée en Italie par Edoardo de Betta. — Bana fiiaca et Rana agilis et des principaux caractères qui les différencient à la période embryonnaire et branchiale (PI. XXI) 681 F. .loussEAUME. — Coquilles du Haut-Sénégal (Pi. XII-XIVj 471 J. JuLLiEN. — Les Costulidées, nouvelle famille de Bryozoaires (PI. XVII à XX) 601 LU TABLE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE D AUTEURS Pages. R. MoNiEZ. — Description du Distoma inrjcns nov. sp. et remarques sur quel- ques points de l'anatomie et de l'histologie des Trémalodes (PI. XV) 531 R. MoNiEZ. — Note sur le genre Gymnospora. type nouveau de Sporozoaire, avec 10 figures dans le texte 587 A. PiLLiET. — Sur la texture de la tunique musculaire de l'utérus dans la série des Mammifères 420 — — Sur les plaques osseuses dermiques des Tortues et des Tatous, et sur l'ossification par la moelle des os en général 623 F. Plateau. — Expériences sur le rôle des palpes chez les Arthropodes niaxillés, deuxième partie. — Palpes des Myriopodes et des Aranéides, avec 2 figures dans le texte 512 G. Rouen. — D'un nouveau mécanisme de la respiration chez les Thalasso- Chéloniens 461 E. Sauvage. — La nourriture de la Sardine sur les côtes du Boulonnais 621 C. Schlumbergek. — Note sur le genre Adclosina, avec 8 figures dans le texte (PI. XVIj 544 E. SiMOX. — Arachnides recueillis en 1882-1883 dans la Patagonie méridio- nale, de Santa-Cruz à Punta-Arena, par M. E. Lebrun, attaché comme natu- raliste à la mission du passage de Vénus, avec 7 figures dans le texte 558 L. Taczanowski. — Liste supplémentaire des Oiseaux recueillis dans le sud- ouest du pays Oussourien 305 0. etEoM. Terquem. — Foraminifères et Ostracodes de l'Islande et du sud de la Norvège (Pi XI) 328 .1. Vian. — Monographie des Poussins des Oiseaux d'Europe qui naissent vêtus de duvet (Ptilopœdss Sundevall) 340 — — Notice sur les espèces asiatiques du genre Pouillot [Phyllopseiiste] capturés dans l'île d'Heigoland 6.52 TABLE PAR ORDRE DE MATIÈRES Pages. Bureau et Conseil de la Société Zoologique de Fi'ance pour l'année 1886 ii Liste des Membres honoraires v Membres correspondants vi Membre donateur décédé vi Liste des Membres de la Société au l^' avril 1886 vu Raphaël Dubois, — Contribution à l'étuda de la production de la lumière par les êtres vivants. — Les Élatérides lumineux, avec 29 figures dans le texte (Pi . I-IX et une planche-frontispice) 1 Jules de Guerne. — Description du Centropages Grimaldii, Copépode nou- veau du golfe de Finlande 276 L. d'Hamonville. — Description de divers états de plumage du Canard sau- vage et variétés de cette espèce 286 Raphaël Blanchard. — Notices helminthologiqucs (Première série) (PI. X)... 294 L. Taczanowski. — Liste supplémentaire des Oiseaux recueillis dans le sud- ouest du pays Oussourien 305 L. d'Hamonville. — Nouveautés ornithologiijues 311 G. -A. Boulenger. — Note sur la position de l'oritice anal chez les têtards des Batraciens d'Europe 319 G. -A. BouLENGEH. — Quelfjues mots en réponse à la note de M. le D' R. Blan- chard sur la classification des Batraciens 320 R.4.PHAËL Blanchard. — Réponse à la critique de M. G. -A. Boulenger 322 HÉRON-RoYER. — Sur les apophyses dentiformes développées sur l'os palatin des Bati-aciens du genre Bufo (avec 2 tlgures) 324 0. Ter(iue.m et Edm, Terquem. — Foraminifères et Ostracodes de l'Islande et du sud de la Norvège (PI. XI) 328 J. Yl4.\. — Monographie des Poussins des Oiseaux d'Europe qui naissent vêtus de duvet fPtilopxdes Sundevall) 340 Alexandre Pilliet. — Sur la texture de la tunique musculaire de l'utérus dans la série des Mammifères 420 . RoucH. — D'un nouveau mécanisme de la respiration chez les Thalasso- Chéloniens 46L F. Jousseaume. — Coquilles du Haut-Sénégal (PI. XII -XIV) 47L L. d'Hamonville. — Nouveautés ornithologiques 503; FÉLIX PL.4TEAU. — Expérlenccs sur le rôle des palpes chez les Arthropodes maxillôs, deuxième partie. — Palpes des Myriopodes et des Aranéides. avec 2 figures dans le le.xte 512 LIV TABLE PAR ORDRE DE MATIÈRES Pages. R. MoNiEZ. — Description du Distoma ingens nov. sp. et remarques sur quel- ques points de l'anatoniie et de l'histologie des Trématodes (PI. XV) 531 C. ScHLUMBERGER. — Notc sur le genre Adelosina, avec 8 figures dans le texte (PI. XVIj 544 E. Simon. — Arachnides recueillis en 1882-1883 dans la Patagonie méridio- nale, de Santa-Cruz à Punta-Arena, par M. E. Lebrun, attaché comme natu- raliste à la mission du passage de Vénus, avec 7 figures dans le texte 558 Eugène Dugès. — Note pour servir à la classification des Méloïdes du Mexique. 578 J. Gazagn.\ire. — Note sur un prétendu « nouveau type de tissu élastique, observé par M. H. Viallanes chez la Larve de VEristalis. » 583 R. MoNiEZ. — Note sur le genre Gymnospora, type nouveau de Sporozoaire, avec 10 figures dans le texte 587 G.-A. BouLENGER. — Note sur les Grenouilles rousses d'Asie 595 J. JuLLiEN. — Les Costulidées, nouvelle famille de Bryozoaires (Pi. XVII à XX) 601 H.-E. Sauvage. — La nourriture de la Sardine sur les côtes du Boulonnais . . 621 Alexandre Pilliet. — Sur les plaques osseuses dermiques des Tortues et des Tatous, et sur l'ossification par la moelle des os en général 623 J. Vian. — Notice sur les espèces asiatiques du genre Pouillot fPhyllopseusteJ capturées dans l'île d'HolgoIand 652 HÉRON-RoYER. — Sur la reproduction de l'albinisme par voie héréditaire chez l'Alyte accoucheur et sur l'accouplement de ce Batracien 671 D' EuG. DuGÈs. — Addition à ma note pour servir à la classification des Mé- loïdes du Mexique 680 Héron-Royer. — A propos de la question des Grenouilles rousses soulevée en Italie par Edoardo de Betta. — Raua fusca et Ratia agilis et des princi- paux caractères qui la différencient de la période embryonnaire et bran- chiale (PI. XXI) .' 681 Th. Barrois. — Note sur la Palsemonetes variam hQ?LÇ,\\, suivie de quelques considérations sur la distribution géographique de ce Crustacé (Pi. XXII)... 691 G. Cotteau. — Échinides nouveaux ou peu connus, 5= article (PI. XXIIi et XXIV). 708 Procès-verbaux pour l'année 1886 i Ed. Chevreux. — Description de trois espèces nouvelles d'Amphipodes du sud-ouest de la Bretagne ■ xl J. de Guerne. — Sur quelques Amphipodes marins du nord de la France... lu Errata du tome XI XLVi Table des espèces et genres nouveaux décrits dans le Bulletin de 1886 xlvii Table des matières par ordre alphabétique d'auteurs li Table par ordre des matières nui Le présent volume a été publié en trois parties : 18 mars 1886. Fascicule 1-3, comprenant les feuilles 1 à 27, les planches I àXI et la planche-frontispice, la feuille de titre et de liste des membres, ainsi que la première feuille de procès-ver- baux. 10 septembre 1886. Fascicule 4, comprenant les feuilles 28 à 41, les planches XII à XX et la feuille 2 des procès-verbaux. 30 janvier 1887. Fascicule 5-6, comprenant le reste du volume. Le Secrétaire général, gérant. Prof. Raphaël BLANCHARD. Meulan, inip. de A. Masson. CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DE LA PRODUCTION DE LA LUMIÈRE PAR LES ÊTRES VIVANTS LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX PAR RAPHAËL DUBOIS « Ce sont comme de petits Astres animez, qui dans les nuicts les plus obscures remplissent l'air d'une infinité de belles lumières, qui éclairent et brillent avec plus d'éclat que les Astres qui sont attachez au Firmament. » Dltertre, Hist. des zAntilles françaises. 1667. INTRODUCTION Sur presque tous les points du globe, des myriades d'animaux lumineux émettent des clartés singulières, parfois même des feux d'une incomparable beauté, qui sont comme les rayons de la vie elle-même, puisqu'ils les tirent de leur propre substance, qui vit et meurt en les engendrant. Ces animaux luisants naissent et se multiplient non seulement à la surface de la terre, dans les bois, dans les prés, mais encore jusqu'au sein des mers et dans les grandes profondeurs. Les explorations sous-marines ont révélé, au fond des abîmes, l'existence de véritables forêts de Polypiers lumineux : le sol lui- même est couvert d'un tapis de feu, et, dans ces féeriques et mystérieux séjours, au milieu des créatures aux vives couleurs, 1 2 RAPHAËL DUBOIS aux formes étranges, des Poissons bizarres, dont la tête est pour- vue de puissants fanaux et dont le corps est tout enguirlandé de perles étincelantes, sillonnent l'espace à des centaines de brasses au-dessous du niveau des mers. Cette faculté de produire de la lumière dans les milieux les plus divers et plus particulièrement là où celle des astres fait défaut, n'est pas l'apanage exclusif des animaux. Les mycéliums, qui habitent les sombres galeries des mines, semblent aussi vouloir suppléer à la privation de la lumière du jour par leur vive phosphorescence. Beaucoup de végétaux sont pourvus de cette propriété; mais, presque tous appartiennent aux degrés les plus inférieurs du règne végétal. La lumière physiologique resserre encore les liens de parenté qui unissent les animaux aux végétaux. Les manifestations les plus grandioses de ce phénomène vital s'observent précisément chez les intiniment petits, chez les Psychodiaires ou Protistes, comme on les a appelés, qui forment, pour ainsi dire, le tronc commun d'où partent en divergeant les deux branches animale et végétale. Les effets d'ensemble produits par ces infimes activités parti- culières sont si considérables, que l'on peut dire, avec Ehren- berg, que la voie lactée traverse le monde des Vibrions et des Infusoires ! D'ailleurs, la production de la lumière par les êtres vivants est peut-être plus commune qu'on ne le suppose généralement. Nos sens imparfaits ne nous révèlent l'existence de l'électricité animale que par l'application d'instruments délicats, si ce n'est dans q-uelques cas particuliers, chez les Poissons électriques, par exemple, où cette force atteint une intensité suffisante pour nous impressionner directement. On en pourrait dire autant de la calorification, de la sensibilité, de la motilité et de tous les mouvements moléculaires dont l'en- semble permet, jusqu'à un certain point, de distinguer ce qui vit de ce qui ne vit pas. La lumière physiologique a peut-être une importance plus grande qu'on ne le pense, et, dans tous les cas, on comprend fa- cilement qu'une aussi belle manifestation de la vie ait pu de tous temps préoccuper les savants. Aussi voyons-nous, depuis Aristote et Pline, dont les œuvres nous sont plus particulièrement connues, le nombre des investi- LES ÉLATÉKIDES LUMINEUX 3 gateurs aller sans cesse en augmentant et sans cesse aux faits connus s'ajouter des faits nouveaux. On peut diviser en deux groupes les savants qui se sont occupés de cette question. Le premier, de beaucoup le plus important, comprend ceux qui ont observé et relaté des faits particuliers donnant lieu toujours ou presque toujours à des remarques intéressantes à divers titres, selon les aptitudes spéciales et les moyens d'investigation mis en œuvre. Tour à tour, la zoologie et la botanique, l'anatomie et l'his- tologie, la physique et la chimie ont apporté leur tribut ; mais, en examinant avec attention les résultats obtenus, on éprouve le regret que toutes ces sciences ne se soient pas prêté un mutuel concours, en mettant simultanément à profit les ressources dont chacune d'elle dispose pour arriver à la connaissance de la vérité. Le second groupe se compose des esprits généralisateurs, sou- vent dominés par une conception théorique à j^nori. Ceux-ci in- terprètent des faits qu'ils n'ont pas observés directement et se laissent souvent entraîner à les façonner au moule d'une hypo- thèse à laquelle ils donnent, sans preuves suffisantes, la valeur d'une notion scientifiquement acquise. A ce groupe appartiennent encore quelques simples compilateurs dont le rôle plus modeste n'est pas toujours le moins utile. Cependant, l'étude de la production de la lumière par les êtres vivants est essentiellement du domaine de la physiologie géné- rale, puisqu'il s'agit d'un phénomène commun aux animaux et aux végétaux ; aussi, avions-nous pensé tout d'abord qu'il était nécessaire d'avoir recours à la méthode qui est propre à cette branche supérieure des sciences biologiques. Nous avions réuni et coordonné le plus grand nombre de faits possible ; mais, le seul enseignement qui résulte de ce travail, c'est qu'une généralisation prématurée serait sans valeur, plutôt contraire aux véritables intérêts de la science. Alors, il nous a semblé qu'il était à la fois plus utile et plus prudent de borner nos efforts à l'étude aussi approfondie que possible d'un seul groupe d'êtres lumineux, en nous promettant toutefois de tenter pour tous les autres successivement l'appli- cation de la méthode adoptée dans ces recherches, si les moyens d'action dont nous disposons actuellement ne nous font pas défaut. Le groupe que nous avons choisi est celui des Élaté rides lumi- neux. 4 RAPÎIAKL DUBOIS Ces brillants Insectes, les Pyrophores américains surtout, sont, de tous les êtres terrestres, les plus richement dotés sous le rap- port de la production naturelle de la lumière. A l'intensité et à la pureté de leur luminosité, ils joignent une grande force de résistance, une exquise sensibilité et une organi- sation suffisamment élevée, pour qu'il soit possible d'analyser avec fruit toutes les manifestations de leur organisme suscep- tibles d'avoir quelqu'influence sur la fonction photogénique. Déjà, nous avions pu faire au Laboratoire de Physiologie mari- time du Havre des observations physiologiques un peu superfi- cielles, il est vrai, sur un de ces curieux Coléoptères, arrivé vivant de l'Amérique méridionale, après avoir navigué pendant plusieurs mois dans un navire chargé de bois de Gampêche. L'Insecte ayant résisté pendant plus de trois semaines, nous avons pensé que l'on pouvait tenter en France une étude appro- fondie, à la condition de posséder un nombre suffisant d'indi- vidus . Notre espoir n'a pas été trompé, grâce aux généreux efTorts de M. William Partridge, administrateur de la Station maritime de Physiologie du Havre, et au dévouement à la science de M. Guède, secrétaire de la Société d'horticulture de la Guadeloupe, bien connu déjà par ses belles recherches en Ethnologie. Nous avons reçu des Antilles, par envois successifs, quelques centaines de Pyrophores, au moyen desquels nous avons pu, pendant plusieurs mois, entreprendre des expériences physiolo- giques qui n'avaient pas encore été tentées . Dans le bois pourri que renfermaient les boîtes contenant les Insectes parfaits se trouvaient des œufs, qui nous ont permis d'assister à l'éclosion et au développement des larves jusqu'alors inconnues, ainsi que nous en avons acquis la certitude par l'étude attentive des travaux publiés antérieurement sur ce sujet. Mais, si les matériaux nécessaires à nos recherches ne nous ont pas manqué, nous avons eu à vaincre plus d'une difficulté résul- tant de l'état peu avancé de la Physiologie et de l'Anatomie même des Coléoptères : des lacunes considérables existaient particuliè- rement dans l'étude des deux groupes des Élatérides et des Mala- codermes, auxquels appartiennent presque tous les Insectes lu- mineux connus. Or, il est bien évident qu'il n'est possible de tenter avec quel- ques chances de succès une recherche physiologique qu'autant que le terrain sur lequel en opère est bien connu. LES ÉLATEKIDES LUMINEUX 5 L'anatomie descriptive des Pyrophores n'existait pas : quelques points de détails seulement avaient été signalés, en passant, par des histologistes et encore plusieurs d'entre eux étaient-ils erronés, ainsi que nous avons pu nous en convaincre par les recherches entreprises sous la savante et sympathique direction de M. Kûnc- kel d'IIerculais, Aide-naturaliste au Muséum, dans le Laboratoire de M. le Professeur Emile Blanchard. Nos premières recherches nous ayant fait comprendre tout l'intérêt qui s'attachait à l'étude approfondie de l'Anatomie com- parée des Élaterides et des Lampyrides lumineux, ainsi que des espèces voisines non lumineuses, nous avons sollicité et nous avons été assez heureux pour obtenir la collaboration de M. Kûnc- keld'Herculais, dont les beaux travaux sur l'Anatomie des Insectes font assez comprendre qu'il s'agit, pour nous, bien plus d'une précieuse initiation scientifique pratique que d'une simple colla- boration. Du travail entrepris en commun, nous avons détaché ce qui est relatif à l'anatomie descriptive du Pyrophore, bien que cette partie intéressante n'ait pas reçue tous les développements qu'elle comportera plus tard, mais seulement parce qu'elle nous a permis d'entreprendre avec assurance des expériences impor- tantes et que son exposition était indispensable pour permettre de comprendre et de discuter les résultats de quelques-unes des nombreuses recherches pl^ysiologiques auxquelles nous nous sommes livré dans le Laboratoire de notre excellent Maître, M. le Professeur Paul Bert, dont les savants conseils et la bien- veillante sollicitude ne nous ont jamais fait défaut. PLAN DE CE MÉMOIRE PREMIÈRE PARTIE Observation. Chapitre I. Littérature. Si. — Bibliographie. § 2. — Historique. Chapitre IL Zoologie. § I. — Caractères généraux des Élaterides. 6 RAPHAËL DUBOIS § 2. — Caractères généraux des larves. — Métamorphoses des Élatérides. g 3. — Des Pyrophorites. — Caractères généraux. — Classifi- cation. § 4 — Distribution géographique des Élatérides lumineux. § 5. — Caractères spécifiques du Fyrophorus noctilucus. S 6. — Développement. — Métamorphoses du Pyrophorus nocti- lucus. Chapitre 111. Anatomie descriptive. Si. — Du squelette. S 2. — De l'appareil digestif. S 3. — De l'appareil circulatoire. § 4. — De l'appareil respiratoire. S 5, — Du système nerveux. § 6. — Des organes génitaux. Chapitre IV. Organes lumineux. § 1. — Historique. § 2. — Développement. — Structure et texture des appareils lumineux des Larves. § 3. — Histologie et texture des appareils lumineux de l'Insecte partait. DEUXIÈME PARTIE , EXPÉRIMENTATION Chapitre I. Propriétés physiques de la lumière des pyrophores S 1. — Nature des rayons éclairants. S 2. — Photométrie et spectrophotométrie. § 3. — Longueur d'onde moyenne. § 4. — Propriétés organoleptiques de la lumière des Pyrophores. § 5. — Recherche de la lumière polarisée. § 6, — Rayons chimiques. — Photographie par la lumière ani- male. — Action sur la chlorophylle et sur diverses substances fluorescentes et phosphorescentes. S 7. — Rayons calorifiques. — Radiomètre. — Appareil thermo- électrique. S 8. — État électrique. LES ELATERIDES LUMINEUX 7 Chapitre II. Influence des agents mécaniques et physiques sur LA PRODUCTION DE LA LUMIÈRE. S 1. — xlction des agents extérieurs agissant mécaniquement; vibrations du diapason. § 2. — Action du l'roid; congélation. S 3. — Action de la chaleur. § 4. — Action de l'électricité. S 5. — Action de la lumière. § 6. r- Dépression barométrique. Chapitre III. Action des agents chimiques et des substances TOXIQUES et venimeuses SUR LA PRODUCTION DE LA LUMIÈRE. § 1, — Eau : a, à la pression normale; p, sous les hautes pressions. g 2. — Corps oxydants : Oxygène à diverses pressions; Ozone. — Chlore. — Acide hypoazotique. — Vapeurs d'acide osmique. g 3. — Gaz inertes : Azote. — Hydrogène. § 4. — Agents réducteurs : Acide sulfureux. — Acide sulfhydrique. — Hydrogène phosphore. — Aldéhyde éthylique. — Paraldéhyde. — Nitrite d'amyle. S 5. — Agents anesthésiques : Acide carbonique. — Protoxyde d'azote. — Alcool. — Ether. — Chloroforme. — Benzine. — Sulficre de cay^hone. § 6. — Poisons non gazeux : Curare. — Strychnine. — Cocaïne. — Atropine. — Digitaline. — Morphine. — Kairine. — Sels métal- liques. — Venins. Chapitre IV. — Étude des diverses fonctions et de leurs RAPPORTS AVEC LA PRODUCTION DE LA LUMIÈRE. § 1. — Mœurs des Pyrophores. — Champ d'éclairage. — Organes des sens. § 2. — Alimentation. — Digestion. § 3. — Sang et circulation. § 4. — Des muscles. — Appareil du saut. § 5. — Innervation. § 6. — Respiration. Chapitre V. Chimie. § 1. — Analyse spectrale. — Analyse qualitative (renseigne- ments fournis par 1'). — Réactions histochimiques. 8 RAPHAKL DUBOIS § 2. — Réduction de la l'onction photogénique à un phénomène chimique. Chapitre VI, Conclusions. Nous pensons que l'extension que nous avons cherché à don- ner à ces recherches trouvera sa justification dans ces paroles du grand Maître de la Physiologie française : « Si, à l'aide de l'analyse expérimentale, on décompose l'orga- » nisme vivant en isolant ses diverses parties, ce n'est pas pour » les concevoir séparément. Quand on veut donner à la propriété )) physiologique d'un organe ou d'un tissu toute sa valeur et sa » véritable signification, il faut toujours le rapporter à l'organisme » et ne tirer de conclusion sur elle que relativement à ses effets )5 dans l'ensemble organisé. Il faut reconnaître en un mot que le » déterminisme dans les phénomènes de la vie est non seulement » un déterminisme très complexe, mais encore un déterminisme » harmoniquement subordonné. Les phénomènes physiologiques, » si compliqués chez les animaux élevés, sont constitués par » une série de phénomènes qui s'engendrent les uns les autres » en s'associant et en se continuant vers un but final commun. » Cl. Bernard {La Science expérimentale, p. 69, Paris. 1878). PREMIÈRE PARTIE OBSERVATION Chapitre 1. Bibliographie et historique. g 1 . — Bibliographie des Elatérides lumineux. 152G. OviEDO Y Valdes Gonzalo fernandez. De summario de la natural y gênerai Istoria de las Indias. Toledo, 1526. Id. Historia gênerai y natura de las Indias Islas y Tierra firme del mar Oceano, puhlicada por la real Academia de la Historia. part. 1, II, Madrid, 1851, (Liv. XV, chap. n, p. 52). 1536. Anghiera (Pietro Martire d'). Décades oftheNew World. — De rébus Oceanio et orbe nova Décades. Paris, 1536. 1634. Moufet, Disectorum sive minimoriim animalium theatrum. LES ÉLATÉHIDES LUMINEUX 9 1635. JOANNÈS EUSEBIUS NlEREMBERGIUS, lUst. nat., lib. XIII, C. III. 1647. Thomas Bartholin , De luce cmimalium, lib. III. Lugd. Batav., ex officiaa Francis! Hackii, p. 20o. 1667. DuTERTRE, Histoire générale des Antilles françaises, p. 280. Paris. 1667. Stubbes, a continuation of tlie Voyage to Jamàica. Philosoph. Trans., n° 36, p. 699 (Mem. of the Royal Society, 2° éd., 1745,p. 131). Id., Journ. d. Sçav., 1667. 1668. NoRWOOD, Observations in Jamaïca. Philosoph. Trans., n°41, p. 824 (Mem. of the Royal Soc, I, p. 152. London). 1725. Sloane, a Voyage to the Islands, Madera, Barbades, Nieves, St-Christophers and Jamaica, etc., Il, p. 206. London. 1742. Melchior Johan. Alb., De Noctilucis {Lampyris, Elater). Fra- nequerai. Dissert, philosoph. inaiig. (Bibl. de Lacordaire). 1756. Brown, The civil and natural history of Jamaïca. London. 1763. Gronov, Zoophylacium Gronovianum. Lug. Batav., p. 152, n° 474. 1764. Linné, Muséum S. R. M. Lud. Ulr. Reg. Holmiœ, 1764, p. 83, et Syst. nat., éd. 12'', t. I, part. ii. Holmiœ, 1767, p. 651. 1766. Fougeroux de Boi^iDAUOY, Mémoire sur t^n Insecte de Cayenne appelé Maréchal et sur la lumière qu'il donne. Mém. Acad. d. Se, p. 339. 1774. De Géer, Mémoires pour servir à l'Histoire des Insectes. Stoc- kholm, IV, 1774, p. 160-161. 1790. Olivier, Entom., II, p. 15. 1805. Palisot de Beauvois, Insectes d'Afrique et d'Amérique. Paris. 1807. Illiger, Monographie der Elateren (Elateren mit leuchtenden Flescken auf dem Ilalsschilde). 1809. Azara, Voyage dans l'Amérique méridionale 1781-1801, l, p. 114. Paris, 18U9, 4 vol. in-8o et atlas. 1810. Macartney, Observations upon luminous animais. Fini. Trans., p. 277-79. V. 100. 1814. IIumboldt et Bonpland, Voyage au Nouveau-Cotitinent, III, p. 482. — HuMBOLDT, Relation historique, I, p. 79 et 533. — Humboldt, Tableaux de la Nature. II, p. 69. Paris 1851. 1817. KiRBY AND Spence, Introduction to Entomology, p. 513 et Note abrégée de Morren, 7'' éd., 1856, p. 503 et suiv. 1823. Si'ix et Martius, Reisen in Brasil et Travels in Brasil, 1817- 1820. 1827. Curtis, Account of Elater noctilucus of the Westindies Zool. jouru., III, p. 379-382. 10 RAPHAËL DUBOIï^ 1830. Lacoruaire, Mémoire sur les habitudes des Insectes Coléoptères de l'Amérique méridionale. Ami. d. Se. nat., XX, p. 241 et Introduction à V Entomologie. 1832. BuRMEiSTER, Handbucli d.er Entornologie, I, p. 535. 1832. Latreille, Voyage de de Hurnboldt, Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparée faites dans un voyage aux Tropiques dans les années 1799-1804, Y. Paris, 1811-1832. — Insectes, I, p. 127-304, pi. xv à xxv, II, p. 9 à 138. 1841. Heward (Robert), Mémoire ofthe fire-flies of Jamdïca [Vers- cheindenheit in émission des Lichtes bei Elater und Lampyris.) The Entomologist, p. 42-43. 1841. Morren, Sulla fosforescenza délie Lampiridi noctiluca e splen- didula ; Atti terza riiinione Scienz. Ital. Fizenze, 1841, p. 366. Isis, VII, p. 412,1843. 1841. Germar, Beitrdge zu einer Monographie der Gattung Pyro- l^horus. Gerraar's Zeits. d. Entom., III, p. i, 1841. — Bemer- kungen iXber Elateriden. Germar's Zeits. Entom., IV, p. 43, 1843; V, p. 133, 1844. 1841. Erichson, Of Pyrophorus from Cuba. Wiegmann's Archiv., I, p. 87. 1844. Reiche, Note sur les propriétés lumineuses du Pyrophorus nyc- tophanes. Ann. de la Soc. ent. franc., (2), IL Bull., p. 63-67. 1848. Gosse, Of the Insect of Jamaica et Ueber das Leuchten von Pyrophorus noctilucus. Ann. and Magazine Nat. Hist., (2), I, p. 200. 1850. BuRNETT, On the luminous spots of the great Fire-fly of Cuba {Pyrophorus phosphorus). Proceed. Boston Soc. Nat. hist. m, p. 290-291. 1853. DE Lacaze-Duthiers, Recherches sur l'armure génitale femelle des Insectes, Ann. d. Se. nat., (3), XIX, pi. 3, %. 6, 7, 8, 9, 1853. 1853. Reinhardt (J.-T.), Twende Jagttagelser af phosphorisk Lysning hos en Fisk og en Insectlarve. Vidensk. Meddel. fra. d. Na- turhist. Foren. Kjœbenh. for 1854, p. 60-65. — Transact. entom. soc. Londou, (2), III, 1854 (Proceed. p. 5-8). — Zeit- schriftf. d. gesammt. Naturw,V, 1855, p. 208-212. 1855. VxVN DER Hoeven, Einige Woorden over het Lichten van den Zuid-Amerikaanschen Springkever. Album der Natur, 1855; aflev. 7, p. 205-212. 1860. MoNTROUZiER, Essai sur la Faune entomologique de la Nou- velle-Calédonie. Ann. Soc. Entom. Fr., p. 2o8. LES ËLATÉRIDES LUMINEUX il 1864. Pasteur, Sur la lumière émise par les Cucujos. Compt. rend. Acad. d. se, (2), LIX, n^ 12, p. 509. 1864. Blanchard (E.), Compt. rend., LIX, p. 510, 1864. — iV/eYa- morphoses, mœurs et instincts des Insectes, p. 537. Paris, 1868. Gomp. rend.. LXXVII, p. 333, 1873. 1865. Milne-Edwards, Leçons d'Anat. et de Physiol., VllI, leç. 68°. Paris. 1863-65. Candêze, Monographie des Élatérides; Mém. de la Soc. roy. d. se. de Liège, XVII, p. 1-76, 1863. — Sep., iV, Élatérides vrais, p. 76, pL i, fig. 3 et fig. 5 à 23. Id., Élatérides nouveaux. Mém. couron. de l'Acad. Roy. de Belgique, XVII, p. 51, 1865. 1867. 'Perki'ss {G.- A..), Bespricht den « Cucujo y> oder Westindischen Leuchtkàfer {Elater noctilucus). Amer Natiir., VIII, p. 442-443. 1868. Andrew Murray, 0)ian undescribed light giving Coleopt. larva. Soc. Linn., VIII, p. 74, pi. i. 1869. Smith, Larve von Pgrophorus ofUrugag. Proceed. entom. Soc. Lond., p. XV, 1869. 1870. Phipson, Pliosphorescence or the Emission of Light hy Minerais, Plants, and Animais. London, p. 146 et suiv. 1871. BuRMEiSTER, Kàfer-larve von Parana. Proced. Linn. Soc, XI, p. 416 ff. 1872. Leprieur, Soc. entom. de France, Bull., p. 68, à propos d'un passage du Voyage à la Nouvelle-Grenade du D"" Saffray, Tour du monde 605^ liv. 1872. Heinemann (Garl), Untersuchungen ûber die Leuchtorgane der hei Vera-Cruz vorkommenden Leuchtkàfer. Erste Mitthei- lung. Arch. f. mikrosk. Anat., VIII, p. 461. 1873. De DOS Hermanas, Sur les Cucujos de Cuba. Gompt.-rend., t. LXXVII, p. 333. 1873. Girard, Les Taupins Imnineux. La Nature, l""*^ année, p. 337. 1873. Robin et Laboulbène, Appareil lumineux.des Cucujos. Gompt. rend. Acad. d. Se, LXXII, p. 511. 1874. Towend Glover, Report of Entomologist and Curator of the Muséum, p. 152-169, fig. I à 10. Habits and Luminosity of Pyrophorus j)hysoderus (fig. 3) cotnpared loith P. noctilucus (fig. 4) and Photinus pyralis. K : A luminous elaterid ? larva. Psyché, V, I. 1874. Beach (A.), The Science record for 1874. A compendium of scientifîc Progress and Discovery during the past Year, with illustrations, VIII, p. 598, avec fig. New-York. 12 RAPHAËL DUBOIS 1875. Darwin, Voyage cVun naturaliste autour du monde. Paris. 1875. Pickman Mann's, Note on the luminous Larve of Elateridœ {Asaphes Memnonius). Psyché, I, p. 89. 1876-77. Weyenbergh (H.), Eine leuchtende Kà fer-larve. HoraeSoc, Rossicae, XII, p. 177, fig., tab. iv, B. 1876. Richard Napp, Cours sur les Arthropodes de la faune de la République Argentine {Lampyrides et Élatérides), p. Weyen- bergh. Die argentinische Repubhk. 1881. Gadeau de Kerville (Henri), Les Insectes ^phosphorescents, Rouen. 1881. Candèze, Élatérides nouveaux. Mém. Soc. d. Se. de Liège, IX, (2). 1882. BowLES, On luminous Insects. Rep. Entom. Soc. Ontario, p. 34-37, fig. 16 (figure représentant un Pyrophore). 1884. Dubois (R.) et Aubert, Sur la lumière des P y rophor es. Compt. rend. Acad. d. Se. Paris, 1884. 1884. Dubois (R.), Note sur la Physiologie des Pyrophores. Soc. de biolog., (8), I, n°40. Paris. 1885. Dubois (R.), Fonction photogénique des Pyrophores. Soc. de biolog., (8), II, n° 30, p. 559. Paris. § 2. — Historique. « Je n'ai rien vu dans toute l'Amérique digne à mon jugement « d'estre admiré, comme les Mouches luisantes. Ce sont comme « de petits astres animez, qui dans les nuicts les plus obscures « remplissent l'air d'une infinité de belles lumières, qui éclairent « et brillent avec plus d'éclat, que les Astres qui sont attachez a au firmament. » C'est en ces termes qu'en 1667, le R. P. Dutertre, de l'ordre des FF. Prêcheurs de Saint-Louis, auteur de l'Histoire des Antilles françaises, exprimait son admiration pour les charmantes créa- tures qui font l'objet de cette étude. Aussi n'est-on pas surpris.de voir les hardis investigateurs qui, les premiers, eurent le bonheur de faire la conquête scientifique du Nouveau-Monde, consacrer parfois plusieurs pages de leurs précieux recueils aux Mouches lumineuses qui d'ailleurs parais- saient jouer un rôle relativement important dans la vie des Indiens. Tout d'abord Oviedo (1526), qui s'intitule le premier chroni- LES ÉLATÉl\IDES LUMINEUX 13 qiieur du Nouveau-Monde, nous raconte, avec l'élégante simplicité du vieux langage castillan, des choses qui remplissent tout un chapitre intitulé : Les Mouches ou Insectes et Animaux semblables qui volent et brillent la nuit et en j^articulier sur Vun d'eux qui est en cette île {Haïti) et que les Indiens appellent « Cocujo. » « Il existe, « dit-il, » dans toutes ces îles, beaucoup de Mouches, d'Insectes et de Scarabées qui brillent la nuit en marchant et en volant, comme ceux qui, en Gastille, portent le nom de Lucier- negas et que l'on voit se mettre en mouvement au printemps et en été. Dans ces contrées, on les trouve presque en tout temps, parce qu'il y a peu de différences du jour à la nuit et que le cli- mat est tempéré : il y a peu de chaleurs excessives, peu de varia- tions suivies de froid : on ne le ressent que rarement quand le vent vient du nord ou bien dans certaines chaînes de montagnes où il souftle avec violence. Il existe beaucoup de Luciernegas (Lucioles, Vers luisants), mais ils sont petits : on en trouve cepen- dant une espèce qu'il est important de noter pour beaucoup de raisons. « C'est un animal très connu dans cette île espagnole et dans toutes celles qui l'entourent, sorte de iScara&e'c presque aussi gros que le pouce ou quelque peu moins. Il possède deux ailes dures au-dessous desquelles on en trouve deux autres, mais plus déli- cates, qu'il préserve et cache au moyen des deux supérieures, quand il cesse de voler. Il a les yeux resplendissants comme des chandelles, de sorte que, là où il passe en volant, il rend l'air aussi lumineux que le pourrait faire le feu seulement. » Dès que la nuit tombe, si l'on porte un Cocujo dans sa main, on voit souvent ceux qui ont besoin d'allumer une chandelle venir pour y prendre du feu : enfermé dans une chambre obs- cure, il est assez lumineux pour que l'on puisse lire et écrire une lettre. » Si l'on rassemble quatre ou cinq de ces Cocujos et qu'on les suspende en les entilant, ils peuvent servir autant qu'une puis- sante lanterne, dans la campagne et dans la montagne, pendant une nuit obscure. >) Lorsqu'on était en guerre à Haïti et dans les autres îles, les Chrétiens et les Indiens se servaient de ces feux pour ne pas se perdre les uns les autres ; les Indiens, en particulier, fort habiles à prendre ces animaux, s'en faisaient des colliers, quand ils voulaient se faire voir à une lieue de distance et plus loin encore. » Dans la campagne comme dans la nase, ceux qui les possèdent 14 RAPHAËL DUBOIS font avec ces Cocujos ce qu'ils veulent pendant la nuit, sans que l'air, la violence du vent ou aucune pluie puisse les priver de lumière et les empêcher de voir par quelque temps que ce soit. » Quand les chefs de guerre font des marches de nuit dans cette île, l'officier, le capitaine ou le guide, qui va devant en sondant l'obscurité, porte sur la tète un Cocujo et sert de phare à toute la troupe qui le suit. » La clarté qui existe dans les yeicx de cet animal se montre aussi dans le dos quand il entr'ouvre ses ailes pour voler. Pendant le vol, il donne encore plus de clarté en montrant ce que cachent ses ailes : cette clarté est la même que celle des yeux et pendant qu'il vole, l'une s'ajoutant à l'autre, l'éclat est plus intense. » On a l'habitude d'enfermer ces Cocujos dans des cages et de les conserver pour travailler dans les maisons ou pour souper, pendant la nuit, en se servant de leur lumière, sans qu'il soit nécessaire d'en avoir une autre. Quelques Chrétiens agissaient de même, afin d'épargner l'argent qu'il aurait fallu pour acheter de l'huile pour alimenter leurs lampes, soit parce qu'elle était très chère, soit parce qu'il n'y en avait pas. » Dès que l'on s'apercevait que les Cocujos commençaient à dépérir ou que l'ennui de leur prison les faisait languir et qu'alors la faculté de briller diminuait, on les rendait à la liberté et on en prenait d'autres pour s'en servir pendant quelque temps. » Les Indiens se frottaient la poitrine avec une pâte qu'ils fai- saient avec les Cocujos, au moment des fêtes ou quand ils voulaient se divertir en faisant peur à ceux qui ne savaient de quoi il s'agis- sait : il semblait alors que tout ce qui avait été frotté avec la substance du Cocujo était embrasé. » Ceux qui ont besoin de Cocujos sortent le soir, au crépuscule, tenant à la main un tison enflammé et montent sur une émi- nence, afin d'être vus des Insectes : ils les appellent en s'agitant dans tous les sens et en criant très haut : « Gueule 1 Gucuie t » » Le menu peuple indien pensait que ces Insectes aimaient la compagnie, parce qu'ils venaient volontiers, par troupes nom- breuses, en volant avec beaucoup de vitesse et d'empressement, lorsqu'on les appelait ; mais ils font plutôt diligence vers la lumière du brandon, parce que les essaims de Moucherons y volent également et qu'ils les dévorent pour se nourrir {sic). » Quelques Cocujos suivent le tison et brillent sur le sol, il est alors aisé de les prendre, comme un promeneur peut, s'il en a besoin, prendre un Hanneton marchant avec ses ailes fermées. LES ÉLATÉKIDES LUMINEUX 15 » Pour s'amuser, plaisanter ou effrayer ceux qui sont épou- vantés par chaque ombre, on dit que certains sauvages farceurs étalent sur leur visage, pendant la nuit, la chair des Cocujos qu'ils tuent, dans le but de se montrer brusquement à leurs voisins avec un visage enflammé, à la manière des jeunes espiègles qui se font des mâchoires magiques pour effrayer les enfants et les femmes qui tremblent facilement. » A mesure que l'animal dépérit, la lumière s'éteint peu à peu, puis complètement, mais elle ne se transforme jamais en aucune autre lumière. » Oviedo termine ainsi son récit: «Gela est suffisant, car, par rapport aux Luciernegas et autres Vers lumineux, ceux-ci sont, comme il a été dit, de beaucoup les plus importants. » Il était indispensable de rapporter presque textuellement les paroles d'Oviedo, car plusieurs auteurs qui ont écrit depuis sur le même sujet lui ont emprunté jusqu'à ses erreurs, sans le citer et sans rien ajouter à ce qui était connu de son temps. Diverses remarques originales et observations intéressantes sont dues également à Pietro Martire (d'Anghiera) (1), contempo- rain d'Oviedo : c'est à ces deux auteurs, ainsi qu'à divers témoins oculaires qu'il ne nomnie pas, que Moufet emprunte les curieux détails consignés dans son Théâtre des Insectes, àpropos des Cucu- jos (2) auxquels il donne le nom de « Ks^xlolocij.'Ktç » pour les dis- tinguer des Vers luisants dont les organes lumineux siègent sur l'abdomen. D'après Moufet, les Indiens se servaient de cet Insecte pour débarrasser leurs demeures des Moustiques nocturnes ; ils les utilisaient pour chasser, en se les attachant aux doigts de pieds, et aussi pour pêcher (3). Il décrit à peu près de la même manière qu'Oviedo la façon dont se fait la chasse aux Cucujos : « Quand, par suite de l'absence de lumière, les Indiens se voient obligés de passer leurs nuits dans l'inaction, ils sortent avec un tison allumé et se mettent à (1) Pietro Martire a écrit d'après les manuscrits originaux de Christophe Colomb et les relations envoyées au Conseil des Indes dont cet auteur était membre. (2) La plupart des auteurs qui écrivent après Oviedo remplacent la lettre o par la lettre H : le mot Cocujo devient Cucujo. (3) Nos pêcheurs se servent parfois d'un ou plusieurs Vers luisants enfermés dans un petit flacon de verre pour attirer le poisson dans leurs filets, moyen prohibé d'ailleurs en raison de sa trop grande efficacité. 16 l^APHAKL DUBOIS crier : « Cucuje, Cucujc ! » remplissant l'air de leurs cris perçants jusqu'à ce que les Insectes arrivent, soit qu'ils volent vers la lumière qui les attire, soit qu'ils fuient le froid. On les fait tomber à terre avec des branches de feuillage ou bien on se sert de filets faits exprès et on peut ensuite les saisir à la main. Moufet raconte encore que lorsque le noble Thomas Gandisius et le Chevalier Robert Dudley, fils du célèbre Comte Robert de Leicester, mirent les premiers le pied sur la côte des Indes occi- dentales, où ils abordèrent dans la nuit, ils aperçurent dans la forêt avoisinante une quantité innombrable de lumières sem- blables à des torches allumées qu'ils virent se rapprocher d'une façon imprévue : ils se réfugièrent rapidement sur leurs vaisseaux pensant que les Espagnols s'étaient établis dans les bois, avec leurs arquebuses, mèches allumées. Joan. Eus. Nierembergius (1635) reproduit, en grande partie d'après Pierre Martire, des faits déjà connus. 11 croit à l'existence de quatre miroirs très lumineux, dont deux seraient placés dans les yeux et deux autres dans les flancs, cachés dans une gaîne. Les indigènes croient que les Cucujos aiment les chants et s'exercent à suivre dans les fêtes les mouvements des danseurs, mais Nierembergius pense que les divers circuits qu'ils exécutent n'ont pour but que d'atteindre les Moustiques, dont ils se nour- rissent. Il sait également que la substance lumineuse extraite du corps de l'animal continue à briller pendant quelques instants. La lumière est due, d'après cet auteur, à une humeur luisante renfermée dans une substance délicate qu'il croit de nature vola- tile et dont le siège serait sous la peau de l'Insecte. Thomas Bartholin (1647), dans son traité « de Luce animalium », le premier ouvrage de généralisation ayant trait à cette question, fournit également divers renseignements empruntés, en majeure partie, aux auteurs cités antérieurement. Il mentionne l'existence au Mexique d'une espèce analogue à celle des Antilles, mais plus petite, lisse, mince, « brillant d'une admirable façon dans l'obscu- rité » ; il a soin d'ajouter que chez nous elle est aussi rare que le Corbeau blanc et que Cardan, sachant que la lumière persistait après la vie, avait promis d'en retirer une liqueur lumineuse que des praticiens de cette époque auraient songé à employer pour rendre la vue aux aveugles ! Les observations de Dutertre, consignées dans son Histoire des LES élaïf:rides lumineux 17 Aiitillcs françaises (1667), ne nous apprennent pas des choses bien nouvelles, mais elles méritent d'être reproduites textuellement en raison de la beauté du style dans lequel elles sont écrites : « De jour, ces bêtes rendent hommage à ce bel astre, duquel toutes choses lumineuses empruntent ce qu'elles ont de splen- deur et d'éclat, car elles savent si bien cacher leur lumière que ceux qui ne les connaissent pas les prendraient pour de vils escarbots : elles se retirent dans les bois pourris jusqu'à ce que le soleil soit couché. Et alors elles prennent leur vol qui de çà qui de là, et il semble que ce soit autant de chandelles allumées, por- tées par des mains invisibles le long des forests et des habita- tions. Je ne sais si c'est l'amour ou l'envie qui les fait courir avec tant d'ardeur, après les choses qui brillent et esclatent tant soit peu ; mais il ne faut que poser une chandelle, un tison de feu, ou une mèche allumée, pour les faire approcher, et faire tant de tours aux environs de ces lumières étrangères, que bien sou- vent elles y éteignent la leur, en s'y brûlant comme des Papillons à la chandelle. » Ces petites chandelles suppléent souvent à la pauvreté de nos Pères, ausquels la chandelle et l'huile manquent la plupart de l'année : quand ils sont dans cette nécessité, chacun se saisit d'une de ces Mouches elne laisse pas de lire matines aussi faci- lement que s'ils avaient de la chandelle. » Si ces Mouches estoient incorruptibles comme les pierreries, et que leur lumière les survequit, il est certain que les diamans et les escarboucles perdraient leur prix : mais cette lumière est tellement attachée à la disposition de l'animal, que lors- qu'elles sont en pleine santé, elles font feu de toutes parts ; et quand elles sont malades, cette lumière s'affaiblit, et elle se perd entièrement, lorsqu'elles meurent. Gela se remarque faci- lement par ceux qui en veulent conserver en vie, car elles ne vivent que quinze jours ou trois semaines estant ainsi prises. » 11 ajoute que le S"" de Bochefort rapporte que les sauvages se frottent le corps de la liqueur luisante; mais c'est un conte fait à plaisir. C'est a tort également que cet observateur aurait prétendu qu'elles ne vivaient que de Heurs : d'après Dulertre elles se nour- rissent de bois pourri et celles que l'on trouve à la Guadeloupe ne semblent pas vivre d'autre chose. Le P. Dutertre en aurait observé à la Martinique une espèce toute diilerénte et guère plus grosse que la Mouche commune : « Celles-cy font briller en un moment dans l'air dix à douze petits 18 RAPHAËL DUBOIS éclairs d'un fou doré, le plus agréable du monde, puis elles s'arrêtent et cachent leur feu tout-à-coup, et à un moment de là elles recommencent et vont ainsi voltigeant toute la nuit, faisant paraître à chaque démarche un petit échantillon de leur gloire. Cette clarté est attachée à une certaine substance blan- che, de laquelle elles sont toutes remplies, et la font paraître par les incisions de leur peau quand il leur plaît. » Stubbes (lb67) fait remarquer que les Mouches lumineuses de Cuba et de la Jamaïque diffèrent par leur taille : elles peuvent diminuer leur lumière ou l'augmenter pendant le vol et continuent à briller après leur mort. Une observation de Norwood, publiée vers la même époque, confirme l'exactitude des faits avancés par Stubbes : cet obser- vateur pouvait lire un imprimé et même écrire facilement avec la lumière que ces Insectes émettaient encore après leur mort, Sloane, qui écrit en 172o, donne pour la première fois une des- cription des caractères morphologiques de ces Insectes ; il croit, avec Cardan, que l'on pourrait en retirer par distillation une eau merveilleuse et mentionne, comme Nierembergius, l'existence de quatre foyers lumineux. Il est également question de ces Elaters lumineux dans un travail de Melchior qui fit partie de la bibliothèque de Lacordaire, mais nous n'avons pu retrouver ce document qui fut imprimé en 1742. Brown (17.56) s'est surtout appliqué à déterminer les caractères extérieurs de ce Coléoptère et il décrit avec soin l'appareil singu- lier que l'on retrouve chez les Insectes non lumineux, du même fenre, qui habitent nos contrées et qui leur permet, étant placés sur le dos, de faire des bonds de plusieurs pouces de hauteur pour retrouver leur position normale, ce qui leur serait impossible en raison du peu de longueur de leurs pattes. La lumière jaillit naturellement quand l'Insecte est éveillé, mais il l'interrompt à volonté et alors les glandes (sic) chargées de la produire devien- nent opaques. Il pense que toutes les parties internes de l'Insecte sont lumineuses, mais que l'imperméabiUté des téguments em- pêche la lumière de paraître à une autre place que celle où on LES ÉLAÏÉHIDES LUMINEUX li) l'observe d'ordinaire ; ce qni, selon Brown, prouve qu'il en est ainsi, c'est qu'en forçant les anneaux qui recouvrent les diffé- rentes parties du corps à s'écarter, on peut observer la lumière qui s'échappe évideriiment des entrailles de l'animal. « On les voit, » dit-il, « i-arement dans le jour, mais le soir ils s'éveillent et conti- nuent à briller et à se mouvoir une partie de la nuit. Ils se ser- vent de leur lumière pour se reconnaître entre eux , se réunir et provoquer ainsi les conditions les plus favorables à la con- servation de l'espèce. Les Nègres, qui savent cela, mettent à profit l'instinct qui les porte à se rassembler : ils placent un de ces Insectes entre leurs doigts et lui font exécuter des mouve- ments de haut en bas et de bas en haut : les autres Cucujos attirés par la lumière volent vers celui qui l'émet et ne s'aper- çoivent pas toujours à temps du piège qui leur est préparé. » C'est au mois de septembre de l'année 1766, que le premier Ciccujo. observé vivant en Europe, fit inopinément son appari- tion dans le faubourg Saint-Antoine, à Paris. Fougeroux de Bondaroy nous raconte ainsi ce petit événement qui fit alors sensation dans ce quartier où l'Insecte était sans doute arrivé avec quelque chargement de Bois des lies : « Le temps était doux et serein, deux femmes virent descendre et se reposer sur une croisée une lumière qu'elles comparèrent pour son éclat à ces feux que le vulgaire connaît sous le nom d'éioUes coulantes : on reconnut qu'un Insecte donnait cette lumière dont les yeux avaient peine à soutenir la vivacité » Dans la communication qu'il fit à Tx^cadémie des Sciences, Fougeroux de Bondaroy dit seulement à propos des métamor- phoses de cet Insecte : « On sait qu'avant de devenir Scarabée, il reste longtemps sous la forme de Ver, qu'il se nourrit du bois qu'il ronge et dans lequel il s'est introduit jeune. » Il émet l'opinion que l'on pourrait l'acclimater sans qu'on put appréhen- der que sa multiplication fit un grand tort à nos récoltes. En 1790, Olivier, dans son grand traité d'Entomologie, signale et décrit avec soin trois espèces de Taupins lumineux. Le pre- mier habite l'Amérique méridionale et les Antilles, c'est YElater noctilucus; le second se rencontre h Surinam et est désigné sous le nom d'Elater phosphoreus ; enfin il fait connaître une troisième espèce originaire des mêmes localités et qu'il appelle Elnter ignitius. 20 RAPHAËL DUBOIS Selon Palisot de Beauvois (1805), qui donne une belle figure de VElater phos]:-)horeus , la description de cet Insecte par Olivier est défectueuse et il reproche à Brown et à Sloane de l'avoir confondu avec VElater noctilucus. Palisot, qui a plusieurs fois ouvert de ces Insectes, a trouvé dans l'intérieur du corps une matière onctueuse et lumineuse comme du })hospliore. La lumière que répand le Taupin phosphorique est moins vive, plus verdàtre, plus terne et moins abondante que celle de VElater noctilucus ; qua- rante à cinquante de ces derniers, enfermés dans un ilaeon de verre blanc, donnent une lumière suffisante pour permettre d'écrire la nuit, mais il faut quatre fois autant d'individus de l'es- pèce du Taupin phosphorique pour produire le même résultat. Les Nègres de Saint-Domingue les nomment « Coucouilles ». Ils sont recherchés par les petits négrillons qui courent après ces Insectes dans la savane en les appelant par leur nom; ceux-ci, effrayés du bruit et du mouvement, cherchent un refuge en se posant sur les arbres ; quelquefois ils sont si étourdis qu'ils se précipitent sur les cheveux des personnes qu'ils rencontrent et même de ceux qui les poursuivent. Les Nègres pensent, comme autrefois les Indiens, que ces Insectes entendent leur nom et viennent à l'appel qu'ils leur font (1). Illiger publie, en Io07, une monographie des Élatérides qui portent des plaques lumineuses sur le thorax et décrit seize espèces différentes. Les premières recherches anatomiques sur la structure des organes lumineux sont dues à Macartney qui, en I8I0, reconnaît que les organes lumineux situés dans le corselet sont constitués par une substance jaune particulière, placée derrière une partie transparente du tégument, qui permet de voir la couleur naturelle de cette substance pendant le jour (Voir l''" part., chap. IV). De Humboldt et Bonpland, pendant un voyage au nouveau continent qui a duré plusieurs années et dont la relation a été publiée en 1814, ont eu l'occasion d'observer ces intéressants (1) On ne doit pas être surpris de l'existence de cette croyance, car, encore aujourd'hui, à Haïti, les indigènes ont des Taupins les ménies idées supersti- tieuses que celles qui se sont conservées dans nos campagnes relativement aux feux follets : comme ceux-ci, les Taupins hantent souvent les cimetières et l'on croit dans certaines localités que c'est l'âme des morts que l'on voit reparaître sous la forme de ces lumières vivantes. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 21 insectes. La première et la seule expérience connue, relative à l'inQuence du système nerveux sur la production de la lumière chez les Pyrophores est due à de Humboldt « On peut d'ailleurs, » dit celobservàlenv dunsles Tableaux delà Nature, « se convaincre faci- lement par des expériences que la phosphorescence des animaux vivants est due à rirritabilité des nerfs. J'ai tiré une lumière très vive d'un EJater noctilucus qui était mourant, en touchant le gan- glion d'une de ses pattes antérieures avec du zinc et de l'argent. » De Humboldt aurait également, d'après Perty, constaté que les larves des Élaters lumineux vivaient dans la racine de la Canne à sucre ; mais, nous n'avons pa retrouver le passage où il est question de ces larves. En passant dans le chemin qui conduit au port de la Trinida.d le célèbre voyageur fuf, dit il, singulièrement frappé du spectacle qu'un séjour de deux ans dans la partie la plus chaude des tropi- ques aurait dû lui rendre familier : « Nulle part ailleurs je n'ai vu cette innombrable quantité d'Insectes phosphorescents (Cucujo, Elater noctilucus); les herbes qui couvraient le sol, les branches et le feuillage des arbres, tout brillait de ces lumières rougeâtres et mobiles dont l'intensité varie à la volonté des Animaux qui les produisent. On aurait dit la voûte étoilée du firmament abattue sur la savane. » Dans la case des habitants les plus pauvres de la campagne, une quinzaine de Cucujos^ placés dans une Calebasse percée de trous, servent à chercher les objets pendant la nuit. Il suffit de secouer fortement le vase pour exciter l'AnimAl à augmenter l'éclat des disques lumineux qui se trouvent placés de chaque côté de son corselet. Le peuple dit, avec une vérité d'expression très naïve, que les Calebasses remplies de Cucujos sont des lan- ternes qui sont toujours allumées ; elles ne s'éteignent en effet qu'avec la maladie ou la mort des Insectes qu'il est aisé de nourrir au moyen d'un })eu de Canne à sucre. Une jeune femme nous racontait à la Trinidad de Cuba que, pendant une longue et pénible traversée à la Terre-Ferme, elle avait tiré parti de la phosphorescence des Cucujos chaque fois que de nuit elle don- nait le sein à son enfant, le capitaine du navire ne voulant pas, à cause de la crainte des corsaires , qu'on allumât d'autre lumière à bord. « Pendant un voyage au Brésil qui dura trois années (1817-1820^, Spix et Martius ont eu fréquemment l'occasion d'observer des Pyro- 22 UAPIIAËL DUBOIS pliores. lis rapportent que les espèces « phosphoriques » sont nom- breuses jusqu'à Bonaria et qu'on en trouve également dans le royaume du Chili. On les voit rarement pendant le jour; mais, à la nuit tombante, elles envahissent en grand nombre les arbustes au milieu desquels elles volent en troupes serrées, les branches sont, alors embrasées de feux d'émeraude qui otTrent aux yeux le spec- tacle le plus agréable; tant que les lueurs phosphoriques vibrent, elles s'élèvent rarement plus haut. Leur vol est plus rapide et plus continu que celui des autres Élaters. Ces auteurs indiquent qu'il existe seulement trois points lumineux, mais placent la plaque abdominale « à la partie postérieure du mésothorax, dans une cavité triangulaire aplanie revêtue d'une membrane très fine jusqu'à une ouverture très petite recouverte de substance cornée : cette membrane contient la matière phosphorique; » mais, ils ajoutent que « lorsque l'Insecte vole, le mésothorax se sépare du métathorax. w La lumière de l'Insecte est à volonté diminuée ou éteinte totalement. Après la mort, la lumière décroît peu à peu ; mais, l'eau bouillante la ranime. Les Indiens, disent-ils, les aiment et les vénèrent. Curtis, qui cependant écrit en 1827 c'est-à-dire vingt ans après la publication du travail d'Illiger, ne compte que les six espèces d'Élaters lumineux énumérées par Schonher, il donne divers détails sans grand intérêt que l'on trouve d'ailleurs dans les auteurs qui l'ont précédé. Il sait que la larve est xylophage, que l'Insecte se nourrit de Canne à sucre et que la luminosité peut être ranimée par le frottement, même après la mort. Il rapporte qu'à la Havane on conserve ces Insectes dans des cages en ayant soin de leur faire prendre des bains d'eau tiède; les dames en font provision, pour s'en servir dans les soirées : elles les fixent dans les boucles de leur chevelure, sous le voile qui recouvre leur tête et relèvent ainsi l'éclat de leur beauté de celui de ces terres- tres étoiles. Lacordaire (1830) fait remarquer que le vol des Pyrophores, qu'il a observés dans l'Amérique méridionale, est plus rapide et phis soutenu que celui des Élatérides ordinaires; leurs espèces sont assez nombreuses et on les rencontre jusqu'à Buenos-Ayres et au Chili, localité qui lui a fourni deux espèces nouvelles. Il combat l'opinion de Brown cité par Latreille, et de quelques autres auteurs qui prétendent que l'Insecte entier est lumineux. LES ÉLATÉUIDES LUMINEUX 23 Selon Lacordaire, les réservoirs sont au nombre de trois ; rem- placement est bien nettement indiqué, en ce qui concerne les plaques du prothorax; mais, il place l'appareil abdominal à la partie postérieure du mésothorax : « lorsque l'animal vole, le mésothorax se sépare du métathorax et il jette par là une lumière moins brillante que celle des ta-ches du corselet, mais qui paraît plus considérable de loin. » Le célèbre entomologiste ajoute entin : « Le plus grand de tous et le plus commun est VElater noctiluciis (L'mn.) dont i\ eut ])d.Y\é àiins les plus anciennes relations de voyage et sur lequel on n'a pas encore donné de renseignements exacts. » Ce qui montre combien de points incertains existaient encore à cette époque dans l'histoire de ces Insectes, c'est ce que Bur- meister écrit deux ans plus tard (1832) dans son manuel classique d'Entomologie. Il émet des doutes sur l'exactitude de l'opinion de Pietro Martire, en faisant remarquer que les Taupins ne sont pas carnivores et ne peuvent manger les Moustiques, puisqu'ils vivent du nectar des fleurs : « Cependant, » dit-il, « en raison des détails fort circonstanciés donnés par Pietro Martire, il y a lieu de faire certaines réserves, car il existe des Carabides et des Coccinelles qui sont végétariens alors que le reste de la famille est Carnivore ». Il nous paraît convenable de clore ici cet exposé historique, déjà fort long, parce que, dès à présent, il approche suffisamment du but que nous nous sommes proposé d'atteindre en l'écrivant. Nous avons cru nécessaire d'avoir toujours recours aux textes originaux afin de débarrasser l'histoire de ces Insectes de récits dictés trop souvent par l'imagination, en dehors de toute obser- vation directe. L'origine de la découverte des Élatcrs lumineux étant acces- sible, puisqu'elle ne remonte pas au-delà de la conquête du Nouveau-Monde, on pouvait se proposer de rassembler, sinon toutes, au moins presque toutes les observations publiées depuis cette époque et faire connaître, par un exposé aussi complet que possible, à qui revenait le mérite de l'exactitude et à qui incom- bait la responsabilité des notions erronées. D'ailleurs, bien que nous soyons convaincu qu'il est moins difficile de voir la nature telle qu'elle est que de la reconnaître telle qu'on nous la présente ^BufTon), nous ne nous sommes pas cru autorisé à dédaigner les observations consignées par des 24 RAPHAËL DUBOIS savants, dont plusieurs ont acquis dans la science une grande notoriété, d'autant mieux que la plupart ont pu observer, dans leur pays natal, en pleine liberté sous les tropiques, ces curieux Insectes que nous n'avons possédés qu'à l'état de captivité. Pourtant, on verra par la suite combien d erreurs peuvent résul- ter d'une observation passagère et incomplète, quelque soit d'ail- leurs la valeur de celui qui observe et l'on demeurera convaincu qu'une étude complète et minutieuse de ce sujet était absolument indiquée. A partir de 1832 les observations publiées prennent un carac- tère moins général, plus précis. A l'exception de quelques auteurs qui rééditent avec plus ou moins d'exactitude des faits depuis longtemps connus, la plupart donne des renseignements pouvant servir de fondement à une discussion véritablement scientifique ; et, ce sont ces renseignements qui nous serviront à établir l'his- torique des matières qui sont traitées à un point de vue spécial dans chacun des chapitres de ce travail. Grâce à la disposition chronologique adoptée dans l'exposé bibliographique, il sera toujours facile de trouver les sources où nous avons puisé, quand il s'est agi uniquement des Élatérides lumineux. Les indications bibliographiques mises en remarque au bas des pages se rapportent exclusivement aux recherches que nous avons dû faire parallèlement ou comparativement et qui ne font partie que d'une manière accessoire de l'étude des Élatérides lumineux. CHAPITRE II ZOOLOGIE. S 1. Caractères généraitx des Elatérides. Le groupe des Pyrophorites. auquel apparliennent les Gacujos, fait partie de la famille si curieuse des Élatérides désignés vulgai- rement sous le nom de Scarabés à ressorts. Les caractères généraux zoologiques et anatomiques établissent les plus grandes affinités entre les Coléoptères confondus autre- fois sous le nom de Malacodermes et les Élatérides. Ce sont surtout les Lampyrides qui servent de trait d'union. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 25 Ces liens de parenté sont encore resserrés par la propriété que possède un grand nombre d'espèces de ces deux familles d'émettre de la lumière, et, circonstance plus singulière encore, de mono- poliser, pour ainsi dire, dans le monde des Insectes, la production de cette lumière (1). Les Élatérides auxquels on donne encore les noms de Maré- chaux, Taupins, Forgerons, pris dans leur ensemble, sont des Insectes de taille médiocre, bien que ceux des pays chauds soient plus grands que ceux qui habitent dans nos contrées. Ce n'est pas en général par la couleur de leurs téguments qu'ils se font remarquer, car celle-ci est d'ordinaire uniforme et peu brillante. La tète fortement enchâssée dans le corselet, est généralement très inclinée ; elle est le plus souvent recouverte au-dessous par une pièce pectorale, prolongement du prothorax qui forme men- tonnière; les antennes de 11 à 12 articles, insérées sur le bord antérieur de la tète en avant des yeux sont dentées, souvent pec- tinées chez le mâle et quelquefois aussi filiformes : la lèvre supé- rieure est distincte : chaque lobe de la mâchoire est lamelliforme et cilié : la languette est sans paraglosse. La cavité qui sert d'insertion aux hanches antérieures reste ouverte en arrière; ces hanches sont presque globuleuses; les hanches postérieures très petites sont en partie cachées par le bord postérieur du métasternum. Les jambes linéaires portent de courts éperons terminaux et les tarses de cinq articles sont pourvus en dessous de lamelles. On distingue cinq segments à l'abdomen. Les Insectes de cette famille sont principalement caractérisés (1) Les Elatérides et les Lampyrides fournissent en effet les exemples les plus remarquables et les plus nombreux d'espèces douées de la propriété de produire de la lumière; mais pour de nombreuses raisous que nous ne pouvons exposer ici, sans sortir des limites que nous nous sommes imposées, nous pensons que cette propriété est beaucoup plus générale qu'on ne l'a supposé jusqi-'à présent. Elle a été signalée chez d'autres Coléoptères, en particulier chez un Bupreste de l'Inde (Bupreslis oceUata), par Latreille. Parmi les Orthoptères on l'a observée sur des individus appartenant au geni'C Anurophoras, chez les Diptères dans les genres Culi-x et TIvjreophora, et chez les Hémiptères du genre Fulgore. Ajoutons que certains Insectes qui sont, à l'état adulte, dépourvus d'organes lumineux en possèdent au contraire à l'état de larves, fait important sur lequel nous aurons l'occasion de revenir. Nous n'insistons pas davantage sur les divers points que nous venons de signaler en passant et qui seront traités avec tous les développe- ments qu'ils comportent dans l'étude complète des Insectes lumineux qui sera publiée ultérieurement. 2/j RAPHAËL DUBOIS par le siiiguliur appareil saltaloire auquel ils doivent le nom à'Élatériens (du mot élax'ho qui pousse, qui meut, élastique). La description de cet appareil sera donnée avec l'anatomie descriptive du Pyrophore noctiluque et l'explication de son mé- canisme trouvera mieux sa place dans le chapitre consacré à la Physiologie, en raison de l'influence qu'il exerce sur la produc- tion de la lumière. g 2. Des métamorphoses. — Caractères généraux des larves. Si les entomologistes, examinant les apparences extérieures, ont considéré les Élatérides et les Buprestides comme devant être rapprochés dans la classification naturelle, l'élude seule des larves démontre le peu de valeur qu'il faut accorder aux carac- tères extérieurs, surtout quand ils sont envisagés superficielle- ment. Tout examen approfondi du système tégumentaire et appendi- culaire conduit forcément à l'éloignement des deux types Êlater et Bupreste; mais, à elle seule, l'étude des larves suffit à démon- trer le peu de rapports réels qui existent entre les Élatérides et les Buprestides. Voici d'après le travail d'Erichson (I), dont les résultats sont reproduits dans l'ouvrage de MM. Chapuis et Candèze (2), les ca- ractères généraux des larves d'Élatérides. On en possède actuellement dix à douze bonnes descriptions seulement dont les caractères peuvent se résumer de la façon suivante : Tête cornée, plane en dessus et en dessous, à bouche dirigée horizontalement. Ocelles nuls (3). (1) Erichson. Wiegmann's Arch., I, p. 85, 1811. (2) Chapuis et Candèze. Catalogue des larves de Coléoptères. (3) Remarque. — D'après Perris (a), aucun auteur ne signale les yeux: Lucas n'a pu en découvrir que sur celles de VAgripnus. Mais, sur les larves de couleur claire de Melanofus et celles d' Elater et sur les jeunes larves d'Athous on observe sur- tout, en les examinant au grand jour et par transparence, un petit point noir sur chaque joue, un peu au-dessous de l'antenne. Sur la larve de l'Agriostes segetis ce i'X) Perris, Insectes du Pin maritime. Ann, soc. entom. franc, II, p. 151 et suiv., 1851. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 27 Antennes très courtes de trois articles, articulées sur les côtés de la tète, près des mandibules. Plaque sus-céphalique sans chaperon distinct fermant la bouche en haut. Lèvre supérieure non visible. Mandibules courtes, assez fortes, tantôt simples, tantôt den- tées, se recouvrant un peu au repos. Mâchoires formées d'une seule pièce basilaire, très allongées, soudées au menton et enclavées avec lui dans une échancrure de la plaque sous-céphalique, si profonde qu'elle atteint presque la base de la tête, soudure des mâchoires avec le menton, disposées de telle manière qu'elles ne peuvent en aucune façon se rappro- cher, par suite de l'interposition de la lèvre inférieure : leur lobe interne est peu développé, cilié en dedans : le lobe externe est formé de deux articles, avec un palpe court de quatre articles. La lèvre inférieure est formée d'un menton très allongé, soudé, immobile entre les mâchoires , tantôt de forme quadrangu- laire allongée , tantôt triangulaire , lorsque les mâchoires se réunissent à leur base. Ce menton corné à sa base est par- cheminé à son extrémité : pièces palpigères libres, totalement soudées entre elles : palpes labiaux courts, de deux articles, pas de traces de languette. Le thorax est formé de segments semblables aux segments abdo- minaux; le prothorax plus long, recouvert de téguments cornés plus solides; pattes courtes très rapprochées l'une de l'autre, formées d'une hanche cylindrique, dirigée obliquement en bas, d'un troclianter court, d'une cuisse et d'une jambe un peu plus longue et d'un tarse consistant en un ongle simple et crochu. Les segments abdominaux sont au nombre de neuf, presque comfdètement protégés en dessus et en dessous, de même que les segments thoraciques, par des écussons cornés écailleux; les inférieurs moins larges que les supérieurs : celui de l'arceau dor- sal du dernier segment plus dur, souvent déprimé et diversement figuré. Anus porté sur un prolongement conique servant à la progression. Les stigmates sont au nombre de neuf paires, dont huit situées point est très apparent, de quelque uianière que l'examen se fasse. Mais, dans tous les cas, le point est peu régulier, il est entièrement noyé dans les tissus, et ne correspond à aucune saillie, à aucun tubercule externe. Quoique Perris soit dis- posé à y voir un ocelle, il n'ose pas se prononcer sur ce point. En raison de sa couleur roussàtre, il a été pris à tort par Blisson pour un stigmate. 28 RAPHAËL DUBOIS sur les huit premiers segments abdominaux, sur les bords laté- raux des lergites, le neuvième sur le mésotliorax également sur le tergite, mais sur un plan inférieur auxaulres. Ericlison, Candèze et Cliapuis ainsi que Perris insistent sur les singulières particularités que présente la bouche de ces larves, que l'on ne retrouve dans aucune autre famille, si ce n'est dans le groupe des Glythridcs, parmi les Chrysoméiides, et celui des Peltides, parmi les Nitidulaires. D'après Perris, c'est à tort qu'on les a comparées aux larves des Ténébrionides : « non seulement» dit cet auteur « il n'est pas permis de les confondre mais même de les comparer. Cette assimilation a été la conséquence irréfléchie de leur couleur, de leur contexture généralement cornée et même de leur forme qui, dans les larves cylindriques de Melanotus, d'Elater. de Luclius et d'Agriotes les rapproche de la plupart des Mélasomes. Elles ont de plus cette ressemblance que leur corps a une certaine raideur, par suite de la dureté des téguments et qu'il n'est guère suscep- tible d'extension et de contraction. » Les larves de Cardiophorus font exception à la règle. Ce sont des Vers blancs délicats membra- neux sauf la tète et le prothorax qui sont colorés et cornés, dont le corps longitudinalement cannelé est presqu'absolument glabre et susceptible de telles contractions et extensions que son diamètre et sa longueur peuvent varier du simple au double, l'abdo- men pouvant paraître avoir jusiiu'à 23 segments, les sept premiers étant susceptibles de se diviser en trois. Les caractères généraux particuliers à ces larves sont surtout constitués par la forme si étrange des mandibules et si étroite des mâchoires, du menton, de la lèvre inférieure, dans l'insertion des antennes au-dessus des mandibules, dans la situation des ocelles, de sorte qu'il serait bien difiicile de les confondre avec d'autres larves. Elles se distinguent encore de celle des Ténébrionides par la forme déprimée de la tête ; le corps est tantôt cylindrique, tantôt légèrement aplati et dans ce cas plus raccourci. La couleur la plus ordinaire est le jaune clair ou rougeâtre : quelques espèces sont d'un brun noir ou purpurin, par exception d'un blanc jaunâtre. Dans un grand nombre, le dernier segment est aplati, à bords diversement dentés ou épineux, ce qui pourrait servir peut-être à caractériser beaucoup d'entre elles. Les petites espèces se trouvent communément dans le gazon ; LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 29 d'aul.res, dans les Champignons ou les détritus de bois décomposé, d'autres entin sous les écorccs et dans les galeries creusées par les Xylopbages. Celles de ces larves qui vivent dans les cultures ou les potagers y font souvent de grands ravages, comme cela se voit pour les larves à'Agriotcs. Elles paraissent être en général phytophages ; mais, certaines espèces seraient carnassières, soit d'une manière habituelle ou accidentellement; MM. Chapuis et Gandèze pensent qu'il peut bien en être ainsi, en raison de la conformation de leur bouche. Ces mêmes observateurs ont confirmé l'exactitude du fait relaté par Dufour : ils ont vu en automne 1849, une larve d'Elater occupée à dévorer une larve de Diptère dans un Cham- pignon en décomposition. Ratzeburg et Dufour les avaient déjà vues, en efïet, manger diverses larves et même des larves de leur propre espèce. Perris également a pu confirmer la réalité de ces appétits car- nassiers en nourrissant en captivité des larves d'Élatérides avec des larves de Longicorues : il pense, qu'à défaut de ces larves, elles se nourrissent d'excréments et de dépouilles qu'elles trou- vent en abondance dans les vermoulures où elles vivent ; aussi, Perris recommande-t-il de ne pas chercher à les élever dans la sciure, mais dans les vermoulures de bois : les Elaters en particu- lier n'aiment que les bois travaillés. Perris pense que ces larves se développent en deux années dans notre pays, peut-être dans une seule à la condition qu'elles soient nées à une époque convenable. Il paraît surpris que le volume de la larve au moment de l'éclo- sion soit beaucoup pLis considérable que celui de l'œuf d'où elle sort, mais ce n'est pas un fait particulier aux larves d'Élatérides. Tous ceux qui se sont occupés de la Physiologie des Insectes, savent en effet, que cet accroissement subit de volume est géné- ral et tient à la pénétration de l'air dans l'appareil respiratoire. Cette remarque a une certaine importance relativement au rôle de la respiration dans la production de la lumière et nous aurons l'occasion de revenir sur ce point. La métamorphose a lieu dans le séjour cach' où vit la larve. La nymphe élancée, très mobile, qui en résulte, repose dans une loge ménagée dans la terre ou le bois pourri et d'où certai- nement rinsecte parfait sort au bout d'un temps très court. Selon Perris, peu de temps après que la larve s'est renfermée dans la cellule, elle devient immobile, son corps se raccourcit un 30 RAPHAËL DUBOIS peu et se dilate au milieu. Cette dilatation fait tous les jours des progrès par l'extension des membranes latérales qui séparent les arceaux supérieurs des arceaux inférieurs et il arrive un moment où la forme ballonnée devient elliptique. Les flancs sont alors très bombés et blanchâtres, ce qui la rend méconnaissable. Bientôt après, la peau se fend sur le thorax et sur une partie de l'abdomen, le long de la petite suture médiane que l'on observe dans la larve, la nymphe paraît et en quelques instants elle re- foule son maillot à l'extrémité de son corps. Cette nymphe contrairement à celle des Buprestides est mobile ; à l'aide des épines de son dernier segment et des ondulations de son corps, elle peut facilement se retourner dans sa cellule. L'étude de ces larves a une grande importance, parce qu'elle permet d'assigner aux Élatérides une place plus exacte dans le monde des Coléoptères, condition nécessaire pour déterminer, par l'étude comparée des Taupins lumineux avec les espèces les plus voisines, la signification morphologique des organes lumineux. Elle sépare nettement les Buprestides des Élatérides qui avaient été réunis sous le nom de Sternoxes en raison des analo- gies du faciès. Les organes de manducation les font remonter aux plus hauts degrés de l'échelle, puisqu'elles les rapprochent des Garabides : elles ont, comme elles, des mandibules arquées, acérées, quoique moins longues et moins crochues, les palpes maxillaires de quatre articles, le lobe des mâchoires bi-articulé ou paraissant l'être, l'épistôme et le labre soudés, ainsi que le menton et les mâchoires. Bien plus, les larves d'Agrypnus et dJAthous ont la forme de celles des Carabes. Les cornes même du dernier segment présen- tent une certaine analogie. Il existe sans doute des différences, car les larves de Carabes sont plus agiles, plus molles, ont cinq articles aux antennes, les yeux et les pattes sont autrement con- formés, mais ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'elles ont plus de ressemblance avec les larves d'Athous qu'avec tout autre. (Perris). Ajoutons que les divisions établies dans l'ancien genre Elater, basées sur les caractères de l'Insecte parfait, trouvent également leur justification dans l'étude des larves. Les détails précis dans lesquels nous sommes entré dans ces généralités nous dispenseront d'établir une diagnose différentielle pour chacune des larves qui ont été décrites à tort comme appar- tenant aux Pyrophorites, par les auteurs qui nous ont précédé. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 31 S 3. — Des Pyvophoi'ites. Caractères généraux, classification. Les Pyropliorites ne constituent qu'une sous-tribu (ii° sous- tribu) dans l'excellente classification de M. le D"" Candèze qui s'est acquis une si juste notoriété par ses beaux travaux sur les Êlatérides; il les place dans la septième tribu, parmi les Élaté- rides vrais, qui en forment la deuxième section. Tout travail ayant trait à l'étude zoologique de ces Coléoptères doit prendre pour base la monographie du D"" Candèze qui est de beaucoup la plus récente et la plus complète. Celle-ci, qui date seulement d'une vingtaine d'années, avait été précédée de deux autres monographies spéciales des Pyro- phores. La première, due à llliger a été publiée en 1807; elle comprend seulement seize espèces. Celle de Germar, écrite il y a plus de quarante ans (1841), renferme jusqu'à soixante-neuf types spécifiques. Ce nombre a été réduit dans le premier travail (1863) de M. Candèze à une cinquantaine d'espèces, auxquelles il a ajouté des espèces nouvelles importées eu Europe depuis le travail de Germar, ce qui donne un nombre à peu près égal à celui qui avait été fixé par cet auteur. Ce nombre a été porté cà soixante- treize par la découverte récente de quatre nouvelles espèces. Les espèces de la deuxième section des Êlatérides vrais, dont les Pyrophorites forment le premier groupe, se distinguent par leur front dépourvu en avant, au moins sur la ligne médiane, de crête transversale ou carène, en deçà du bord qui donne inser- tion au labre : il est carré, généralement concave, les crêtes sus- entennaires fortes, transversales dans leur portion interne. Dans l'immense majorité des cas on trouve des vésicules phosphores- centes vers les angles postérieurs du prolhorax. Ldi sous-tribu des Pi/rophorites est formée presque entièrement du genre Ptjrophorus 111, à l'exception de deux espèces qui représentent le genre Photophorus et sont également lumi- neuses (1). (1) Ces deux espèces sont le P. Janoni et P. Bokcwelli : la première, habite les îles Viti et la seconde les nouvelles HJbrides. Le P. Montrouzier a également signal'3 un grand Elater lumineux habitant les îles Lifu, auquel il a donné le nom lie Niclerylampia Lifuaniis : il paraît appartenir à la môme sous-tribu. 32 RAPHAËL DUBOIS Genre PYROPHORE. Pyrophorus 111. . 1809 (1). Synonymie : Keça/.oÀ^i^y.Trt; Moufet, 1634 ; Hypsiophtalmus Latr., 1805; Belania Lap., 1840 ; Stilpnus Lap., 1840 ; PJianophorus Sol., ISol. Ce genre est, d'après Lacordaire, en apparence seulement, l'un des plus tranchés de la famille, mais, en réalité, c'est un de ceux qui prouvent le mieux V excessive variabilité des organes chez les Élaté- rides. Il ny a en effet rien de constant chez ces insectes, pas même V existence des vésicules phosphorescentes qui constituent leur caractère essentiel. Les uns Ggurent parmi les plus grands Élatérides d'autres sont tout au plus de taille moyenne, le reste varie dans la même proportion. On ne saurait d'ailleurs en dire rien de général à moins d'entrer dans des détails infinis (Lacord., Gênera). Le D'' Gandèze insiste également sur les difficultés que présente ce genre au point de vue de la classification : « Plusieurs espèces » ont le prothorax dépourvu de vésicules phosphorescentes et » leur faciès seul indique qu'elles rentrent dans le genre Pyro- » phorus. Il en est qui perdent même ce faciès, bien que cepen- » dant certaines raisons obligent à les rapporter à ce genre. Je » citerai spécialement le P. marginicolUs (Brésil), qui est privé de » vésicules phosphorescentes et qui s'écarte par son système de » coloration de la généralité des espèces, mais son affinité avec » le P. cincticollis, du même pays, lequel a des vésicules bien dis- » tinctes, indique incontestablement sa place réelle. On doit donc y> admettre que dans certains cas, Vabsence ou la présence de taches » phosphoriqucs perdent de leur valeur caractéristique . » Germar avait placé quelques-unes des espèces aberrantes parmi les Pristilophus (Corymbites) : il eût dû, suivant M. Gandèze, pour être conséquent avec lui-même, y placer aussi les Pyro- phorus hebes et cœcus, qui n'ont pas de vésicules et qui n'en sont cependant pas moins, pour l'œil, de véritables Pyrophores. Il est regrettable qu'il ne soit fait mention que de la présence (1) ttD^, feu ; (pepoj, je porte. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 33 OU de l'absence des organes lumineux du prothorax: il serait inté- ressant de rechercher si l'absence de vésicules prothoraciques entraîne la perte du foyer ventral. Ces Pyropliorus éteints ne se distinguent plus des Corymhites^ aussi le D"" Candèze fait-il rentrer dans le genre Pyrophore tous les Corymbites propres au Brésil ou plutôt à la région intertropi- cale de l'Amérique. Les rapports que les Pyrophorites affectent avec les Athous sont presqu'aussi intimes. Nous nous bornerons à rappeler ici les caractères les plus sail- lants indiqués par le D'' Candèze. La tête est de grosseur très variable, plus ou moins engagée dans le prothorax, le front subquadrangulaire ou rétréci par les yeux, concave, quelquefois même profondément encavé : les yeux généralement bien développés, parfois très gros : les mandibules simples ou échancrées. Les antennes sont de longueur variable, tantôt faiblement, tantôt fortement dentées en scie, le deuxième article générale- ment petit, le troisième parfois aussi court, parfois semblable au quatrième, le plus souvent d'une taille intermédiaire : le der- nier muni à l'extrémité d'un faux article. Le prothorax et les élytres sont de forme variable, le premier offrant, vers les angles postérieurs, deux tâches jaunes plus ou moins saillantes, arrondies, lumineuses pendant la vie de l'ani- mal et appelés, pour cette raison, vésicules phosphorescentes ou lu- mineuses. Le prosternum est muni d'une saillie arrondie bien développée, et d'une pointe postérieure droite un peu fléchie ; les sutures latérales sont obliques et reclilignes. Le mésosternum est déclive, sa facette petite et à bords dépri- més, les hanches postérieures à lame extérieure linéaire ou à peu près et faiblement élargie en dedans. Les pattes sont médiocrement longues, leurs tarses filiformes, comprimés à articles de 1 à 4, diminuant graduellement de lon- gueur, revêtus en dessous, tantôt de poils courts épars, tantôt d'une pubescence foncée et formant velours. Le corps est parfois tomenteux, parfois simplement pubesceut, plus rarement complètement glabre. Germar n'a pu trouver de ditférences sexuelles extérieures pour beaucoup de Pyrophores, et le D"" Candèze est plutôt porté à penser qu'elles sont si grandes, qu'elles ont conduit à faire des genres spéciaux pour des individus d'un sexe différent. Pour cet .} RAPHAËL DUBOIS LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX LOCALITES 1" Sectios 2" Section =5. 3' Section 4- Section ■„],«! vésicolsires posté 5 t P."lir du troisième S *, conimo dans la sec- "m précédoolo. 5' Section G" Section T Section routes les espS«», '"^^^s' iÏÏSrJ!°enTr.*»0-%l isoi lon^'idiJe. Taille grande; antennes courtes à troisiùmo article plus petit que le quatrièmi- ; prolhoras aussi ou plus large que long, à vésicules latérales et sail- lantes. Taille moyenne, formes sveltes; antennes longues, prothorax allongé, ses vésicules do for- mes diverses, latérales ou angulaires, parfois peu, ex- ceptionnelleiuent pas appa- rentes. Taille moyenne, corps allons svelle, vésicules lalé,.S ou angulaires; an lennoiH,; lees on icio à partir™, troisième article, lequel ei semblable au suivant. Tachos viïsiculaires posto - til iliipriinô ; jinluones Jori- Wos 011 sric i partir du ((ua- Irièino article, le iriiisiemo plus lourt qui3 CL'Iui-ci. Taclios vèsiculaires posiér. ; ant. mcd. dentées; troisième article aussi long que le qua- Inéine, mais plus liiroil ; les maies, mais no débordanl pas le prothorax sur les cotés. Vé-icules postiîrieuros ; yeux globuleux 1res saillants (cbez les mâles au moins), debor- dAot latéralement le pro- thorax qui est fort rétréci au sommet ÉUKs-CalB M' L. N.;.. P. pby^oderw!. —^ Heilioc '30-20 N.) P. strakus. P.slelh.P.onmmfiilum P. Gerinari. «ntilica (23-n N.) P pUtfjioithtalmas. P. hcKpcrus. P. lumiiiosus, lyelimis. lychnifmii, caiisliriis. Vcoeiiicla (10-SN.).... P. riliiiclus. P. }nelaniixuiilhiis. Biiyanne 10-10 N.) P, iiiJudnfdis. P. melaimrm. P. ("iin*:fi. P. fiilgin-ans [Caycnno]. P. om////r. est signa- lée une espèce qui, d'après Alexandre Fry, auteur d'une histoire des Coléoptères, serait inconnue. Murray pense qu'il est douteux que l'on connaisse bien la forme larvaire de la Firefly : il ajoute que si certains arguments peuvent servir à prouver qu'il s'agit de la larve d'une Firefly, il en est d'autres qui semblent contraires à cette opinion. Cette première larve aurait déjà été vue antérieurement par trois observateurs, aux descriptions desquelles elle correspond. En premier lieu, par M. Fry, qui, retournant un soir à Rio de Janeiro, à cheval, aperçut une barre lumineuse brillante rampant devant lui an travers de la route. L'ayant prise dans sa main il constata que la tête produisait une brillante lumière rouge, « comme une lanterne de chemin de fer» ; elle était persistante et spécialement visible en haut, sur la face dorsale de la tête. A. la partie inférieure, sur les côtés du corps, on voyait une suc- cession de points extrêmement brillants ; ils n'étaient pas tous visibles à la fois et à tout moment, « la lumière émanait des stig- mates, » courant de la tête à la queue, suivant les mouvements de l'Insecte qui progressait comme une Chenille. Il y avait égale- ment une autre lumière à cette extrémité terminale, elle était aussi forte, mais non persistante. M. Fry tenta en vain d'élever cette larve : elle mourut au bout de deux jours. Le même auteur en a rencontré une semblable, dans Rio, à Sainte-Thérèse, mais il n'a pas noté ce qui lui était particulier. La description de M. Fry se rapporte aussi à une larve entrevue par Franck Miers et qui portait sur la tête des foyers de lumière grenat. Une autre larve lumineuse, mais différente de celle-ci par la taille et par la forme extérieure, fut encore remise à M. Miers au mois de juin ; elle avait un pouce de long environ et un peu mais manifestement plus courts que les cinq derniers qui diffèrent quelque peu en- tre eux : la partie abdominale des huit premiers segments est divisée en cinq par- ties au moyen de quatre sillons: celui du milieu est le plus large et les deux de chaque côté sont étroits : de sorte que l'on peut se figurer la portion ventrale du corps comme couverte, à la différence du dos, non par un, mais bien par cinq bou- cliers cornés. Il y a de chaque côté neuf stigmates : le premier se trouve sur le côté inférieur du métathorax, tout près du reboi'd extérieur du segment ; les huit autres sur les huits premiers segments de l'abdomen, où ils sont situés sur le bouclier dorsal, tout à fait au point où celui-ci s'infléchit sur le côté ventral. LES ÉLATFÎRIDES LUMINEUX 49 moins d'un demi-pouce de largeur : peut-être s'agissait-il seu- lement de deux états de développement d'une seule et même espèce de larve. Il semble qu'il soit question d'une larve analogue aux pré- cédentes dans le récit du lieutenant Olivier relatif à celle qu'il a observée, en 1867, au Nicaragua, sur la route de Dundee : « La nuit , les Mouches lumineuses étaient magnifiques nous avons vu également un ravissant Ver luisant avQC une lumière semblable, mais plus petite : quand on le touchait, une série de petites étincelles, comme des perles scintillantes, se montrait dans toute sa longueur, sur deux rangs. La larve était pleine de matière lumineuse qui paraissait rouge sur la tête par son passage au travers de ï enveloppe chitineuse. On voyait la couleur naturelle de sa lumière lorsque l'animal, dans ses mouvements respira- toires, entr'ouvrait ses stigmates. » D'après cet observateur, on ne distinguait pas la lumière dans les autres points du corps à cause de l'épaisseur des téguments et des couches muscu- laires. Quant à Murray, il pense que la larve dont il donne la descrip- tion dans sa note est bien une larve de Pyrophore, parce qu'au Brésil on ne connaît pas d'autres Insectes lumineux que ceux-ci et les Lampyrides dont les larves sont également lumineuses. Pourtant, il reconnaît qu'elle diffère du type normal des Élatérides : elle est convexe au-dessus seulement, le dessous est aplati, plus mou que le dessus, la tête est en partie cachée par le segment pro- thoracique et les segments s'emboîtent comme les pièces d'un télescope; d'ailleurs, cette larve ne possède pas les caractères que l'on rencontre à la partie postérieure de celles des Élatérides, pa- pilles, pseudopattes, etc., etc.. En comparant attentivement la description détaillée donnée par Murray, dans sa note, avec celle qui a été publiée antérieurement par Reinhardt, on est conduit à considérer ces deux larves comme très voisines, sinon identiquement semblables. Il n'est pas nécessaire de reproduire ici les caractères donnés par Murray pour établir les différences profondes qui existent entre cette larve et celles des Élatérides ; la figure qu'il en donne (fig. i) suffit à montrer qu'elle se rapproche beaucoup plus d'une larve de Lampyride que d'une larve d'Élatéride, et Murray n'a point raison en disant qu'elle se rapproche plutôt d'une larve d'Élatéride que de toute autre larve de Goléoptère : il pense néan- moins que, pour la classer avec certitude, il faudrait connaître les Î30 RAPHAËL DUBOIS caractères de l'Insecte parfait : aussi, propose-t-il de lui donner provisoirement le nom d'Astraptor illuminator (âizpaTvr]^ éclair). Fig. III. Tête vue en dessous. Fig. I. Astraptor illuminator. Fig. II. Tète vue en dessus. A propos de la note de Murray, M. Roland Trimen a fait con- naître qu'une larve analogue, sinon identique, avait été observée à Buenos-Ayres, par M. Ogilvie, principal du Collège de Cape- Town; elle venait des États de Montevideo. Cette larve avait un peu moins de deux pouces de long et le dos était de couleur brune. Lorsqu'elle traversait la table, elle ressemblait à un train de che- min de fer en miniature, la tête était lumineuse en dessus et brillait d'une lumière rouge, tandis que la lumière du corps était verte : on voyait, à chaque point d'attache des segments, un petit globe lumineux. Elle ne ditierait de la larve de Murray que par la taille plus grande et par la lumière qui était verte au lieu d'être blanchâtre. Selon M. Trimen, la différence de taille est expli- quée, par la présence dans ces parages du plus grand des Pyro- phores, du Pyrophore noctiluque ; quant à la lumière, elle est tou- jours verte, s'il n'y a pas de substance interposée. M. Smith a fait également connaître une larve trouvée dans l'Uruguay, présentant les mêmes caractères et qu'il suppose être une larve de Pyrophore. M. Townend Glower, en 1874, a donné des renseignements sur LES ÉLATÉRIDE3 LUMINEUX 51 la lumière et les habitudes du Pyropliorus phr/soderus, qui habite les États-Unis. Il a décrit et figuré également une larve qu'il pense, sans pouvoir toutefois Taffirmer, appartenir au genre Pyrophore. L'étude attentive de la note publiée, en 1875, par Pickmann, Sur une larve lumineuse d'Élatéride, montre que l'on doit être très réservé quant à la désignation du genre dans lequel doit prendre place l'insecte parfait, qui n'est pas connu de l'auteur de cette note. L'habitat et la manière dont se comportent en liberté, les indi- vidus qu'il a observés, leur couleur, tantôt jaune, tantôt brune (1) et les caractères morphologiques indiqués par l'auteur ne per- mettent pas de les considérer avec certitude comme des larves d'Élatérides ; cependant, au dire de cet observateur, elles difTè- reraient peu de la troisième espèce de larves inconnues décrites par Osten-Sacken (2). Or, dans une note ultérieure (3), cet auteur établit que la larve qu'il a décrite, comme émettant une douce lumière verte, est une larve de Melanotus (Élatérides). Quoi qu'il en soit, comme il n'y a pas, d'après M. Pickmann, identité absolue eutre la larve qu'il a observée et celle qui a été décrite par Osten-Sacken, nous croyons devoir reproduire som- mairement la description qu'il en donne, en faisant remarquer toutefois que, d'après les conseils de M. Austin, M. Pickmann pense qu'il s'agit de larves de VAsaphes memnonius (4). Il) Les larves de Lampyrides indigènes sont brunes, tandis que les nymphes sont jaunes ; les deux variétés décrites par Pickaiann sont très probablement des états différents de développement. (2) Oslen-Sacken, Proceed. of entom. Soc. of Philad., I, p. 129. (3) Osten-Sacken, Proceed of ent. Soc. of Philad., IV, p. 8-9. (4) Pickmann man's, Psyché, I, p. 89. Remarque. — Les larves de M. Pickmann ont été trouvées à Newton Centre, Weston, dans le Cambridge, près Ausburn. entre West Roxburg et Dedham et dans cette localité mémo. Il y en a deux variétés, l'une jaune et l'autre brune. Les larves jaunes ont une lumière persistante, celle des brunes est intermittente. La longueur est en général de SS"™ ; la forme est allongée, les cinq anneaux qui suivent la tète deviennent successivement plus larges, les trois derniers sont bien plus insensiblement rétrécis. Le dernier anneau est uniformément arrondi, de consistance molle. Les côtés des anneaux abdominaux, quelquefois ceux du thorax et du ventre entier, le front et le bord postérieur des segments thoraciques sont jaunes. La tête est rétractile, bien sortie pendant la marche, transversalement dilatée dans la partie postérieure moyenne, qui est d'un brun foncé, qujlquefois noire, plus pâle sur le bord. Le bord supérieur de la tôte bisinué entre la base des mandi- 52 RAPHAËL DUBOIS M. Burmeister dit avoir observé à Paranà, capitale de la Répu- blique Argentine, une larve analogue à celle qui a été décrite par Murray (fig. iv), laquelle avait été vue également par M. Ogilvie douze ans auparavant. Il pense que cette larve est la même que celle d'Azara et de Reinhardt. Fig. IV. Larve lumineuse figurée par Burmeister. Cependant, si l'on compare les descriptions données par ces au- teurs avec celle de Burmeister, on ne peut admettre qu'elles se rap- portent à un animal de même espèce. La figure (fig. iv) donnée bules, la concavité de la courbe étant centrale et les parties latérales en projec- tion. Directement au-dessous de la bouche, le bord inféiieur est tronqué, entaillé au centre. Le labre n'est pas séparément distinct ; le troisième segment des antennes est cylindrique, le second aussi large que long, le troisième aussi long que le second : dans beaucoup de cas, on ne trouve pas trace du quatrième segment. Les mandibules sont fortement incurvées : ce que l'on appelle le second appen- dice des mâchoires n'est pas distinct. Le troisième et le quatrième segment des palpes maxillaires, ordinairement plus petits, sont aussi longs que larges. Le prothorax, dans l'extension, aussi large antérieurement que la tête : le méso- thorax et le métathorax sont égaux en longueur, le dernier cependant un peu plus long. Ils sont plus mous que le prothorax. La ponctuation du thorax est presque nulle. L'extrémité du trochanter n'est pas très rapprochée et elle est plus éloignée dans les membres postérieurs : les jambes postérieures ne sont pas plus élargies que les autres et ont à peu près les mêmes dimensions, elles sont toutes épineuses et hérissées ; mais, avec un anneau incomplet. Les segments abdominaux ne diffèrent guère par leur longueur. Les pseudo- podes ont la forme de troncs de cône, leur texture est molle homogène, les pointes externes sont bituberculées et bifurquées. LES ÉLATfiRIDES LUMINEUX î)3 par Burmeister montre d'ailleurs qu'il ne s'agit pas d'une larve d'Élatéride, bien qu'elle soit tout à fait différente de celle qui représente l'Insecte désigné provisoirement par Murray sous le nom d'Astraptor illuminator. Nous sommes bien certainement en présence d'une espèce nouvelle, mais qui n'appartient pas au groupe des Élatérides (1). (1) Description de BnrmeUler. — Cette larve avait une longueur de deux pouces et un quart de pouce de largeur. Le corps était composé de la tête et de treize anneaux, le plus large près de la tête, le plus petit portant le tube court suppor- tant l'anus. La couleur était d'un brun jaunâtre, la tète plus obscure. Une grande partie du corps et surtout les parties intersegraentaires et la face inférieure du corps était jaune pâle, et la peau, en ces endroits, était mince et molle. A la partie supérieure du deuxième segment, immédiatement en arrière de la tête, existaient deux petites plaques cornées de couleur jaune brunâtre, une de chaque côté du vaisseau dorsal. Le segment prothoracique et le pénultième sont entièrement couverts de plaques cornées continues d'une couleur plus obscure, et le petit segment latéral a une écaille latérale brune plus foncée de chaque côté du corps. Celui-ci est garni de poils courts et hérissés placés sur les plaques cornées dorsales avec les pointes dirigées en dehors, le reste des segments étant lisse et nu. La tête est petite, en comparaison du large segment prothoracique, et quelque peu rétractée dans l'intérieur de ce segment; elle est recouverte d'une peau écail- leuse obscure et a une forme transversalement ovale. Le cou est court et s'encastre dans le commencement antérieur du segment prothoracique. Sur les parties latérales proéminentes de la tête sont situés les yeux qui sont noirs.- Sur le front se trouvent des antennes formées de quatre segments. La lèvre supérieure, plus large que longue, est émargente dans le milieu du bord libre. Sur le côté de cette lèvre supérieure sont situées les antennes. Les mandibules sont formées de forts crochets cornés de couleur très foncée, avec une pointe courbe déliée et très aiguë et un angle denté dans le milieu de la partie interne. Au-dessous des mandibules sont les mâchoires, unies avec les parties intermé- diaires de la lèvre inférieure, en un fort plateau corné, divisé par deux crêtes en trois parties. Les mâchoires, larges à leur base, s'effilent à leur extrémité, où se trouve un petit appendice cylindrique qui paraît être la palpe maxillaire. Burmeister n'a pu, malheureusement, examiner l'intérieur de la bouche qui était rétractée dans l'intérieur de l'animal, celui-ci ayant été perdu avant qu'il fôt mort. La languette était molle, non cornée et non transparente, différant en cela de la pièce basilaire de l'antenne et du palpe. Le corps de la larve n'est pas parfaitement cylindrique, mais plutôt déprimé, ayant un contour elliptique avec un bord tranchant. Il est de consistance molle avec plaques cornées sur chaque segment. Ces plaques soutiennent de fort poils et de courtes soies décrites antérieurement. Le segment qui vient après la tête est long, plutôt trapézoïdal, avec des bords courbes et entièrement couverts par une plaque cornée unique. Les deux segments suivants sont les plus mous de tous ; ceux qui leur succèdent sont un peu accrus 54 RAPHAËL DUBOIS Cette larve émettait une lumière visible même pendant le jour; mais, elle était plus constante pendant la nuit ; l'animal pouvait à volonté en augmenter ou en diminuer l'éclat. Cette lumière pré- sentait également le caractère indiqué partons les auteurs pré- cédents; elle était de deux couleurs. La lumière de la tête était entièrement rouge, comme un char- bon ardent, mais celle du corps était blanc verdâtre, comme celle des Vers luisants ou comme celle du phosphore. Cette lumière partait de dix points du corps correspondants aux espaces intersegmentaires membraneux. Il y avait également une petite tache lumineuse, en arrière des plaques dorsales, sous la peau molle qui les réunit. Le segment situé en arrière de la tête et celui qui précède le tube anal, sont recouverts tous deux par une plaque cornée non divisée et n'ont pas de points lumineux ; mais, la peau, réunis- sant la tête et le segment contigu, émet une brillante lumière rouge. Lorsque l'on regarde cette larve placée à une petite distance, on distingue vingt petits points de lumière blanc verdâtre, de la grosseur de la tête d'une forte épingle, suivant en deux séries parallèles une lumière rouge placée <à leur tête. Malgré la grande analogie existant dans la disposition des points lumineux et malgré sa ressemblance avec les larves dé- crites antérieurement, Burmeister pense que celle-ci est bien réel- lement une larve de Pyrophore, tandis que celle que Murray a fait connaître, sous le nom à'Astt-aj)tor iUuminator, serait une larve de Lampyride. Ni l'une ni l'autre de ces larves ne présente les caractères que nous avons indiqués dans le paragraphe relatif aux caractères généraux des larves d'Élatérides. en longueur jusqu'à ce que l'on arrive au dernier qui est presque trapézoïdal, étant atténué en arrière. Il porte un tube anal très mobile. Les caractères des membres donnés par Burmeistor s'éloignent notablement de ceux qui sont propres aux larves d'Élatérides. Les stigmates apparaissent sous la forme de neuf points noirs sur chaque côté du corps. Le premier est situé sur le segment prothoracique, près du bord, en arrière de la première paire de pattes; les autres, immédiatement en avant du bord inférieur des plaques cornées. La larve de Burmeister avait été trouvée dans du bois pourri, elle était très agile, se défendant des attaques par de rapides mouvements, mordant tout ce qu'on lui présentait et perforant facilement l'épiderme des doigts. Dans ses mouvements de défense, elle lançait de côté et d'autre, vers l'agresseur, l'extrémité de son corps, expulsant par l'anus une liqueur claire, rouge-brun, corrosive. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 55 La description de la larve trouvée par le professeur Weyenbergh, au mois de décembre 1872, sur la route de Cordôba (République Argentine) et la figure qu'il en donne nous ont convaincu qu'il ne s'agissait pas d'une larve d'Élatéride ; et, à fortiori, d'une larve de Pyrophore, comme l'admet cet observateur en s'appuyant sur cet argument, d'ailleurs insuffisant, qu'il n'existe pas dans cette ré- gion d'autres insectes lumineux que ceux qui appartiennent aux Lampyrides et aux Élatérides. M. Ph. Bertkau (1), qui a également étudié la description et la figure données par Weyenbergh, déclare que cette larve n'offre que très peu de ressemblance avec les larves d'Élatérides qu'il connaît et, qu'elle présente, au contraire, les plus grandes analo- gies avec une larve de Téléphoride. M. Weyenbergh, qui ignorait l'existence des faits signalés par les observateurs qui l'ont précédé, fut très surpris de constater que tandis que la tête et l'anneau suivant émettaient une lueur de feu extraordinaire, les autres anneaux brillaient avec une phosphorescence bleuâtre des plus belles et des plus éclatantes, qui, de temps en temps, passait par une clarté plus jaunâtre. Il est regrettable que M. Weyenbergh n'ait pas donné de cette larve une description plus complète ; d'autant plus, que la figure qui accompagne son observation ne peut donner qu'une idée très vague de la conformation extérieure de l'animal. Toutefois on peut être certain qu'elle se rapproche beaucoup plus de la larve décrite par Burmeister que de celle de Murray; mais, elle diffère par certains points de l'une et de l'autre, sans pourtant se rapprocher, en aucune façon, des larves d'Élatérides. Il serait utile que le spécimen identique à celui de M. Weyen- bergh, rapporté depuis par le professeur Stelzner, devint l'objet d'une étude nouvelle. Toutes ces incertitudes ne pouvaient prendre fin qu'en se pla- çant dans les conditions qui m'ont permis d'observer, le premier, le développement d'un œuf pondu par un Pyrophore. Larve du Pyrophorus noctilucus. Premier âge. —Au sortir de l'œuf, la larve du Pyrophorus7iocti- lucics présente déjà les caractères qui permettent de distin- (l) Bericht d. Entom , fur 1875-70. Berlin, 1878, p. 198. 56 RAPHAËL DUBOIS guer les larves d'Élatérides de toutes les autres larves de Coléop- tères (PL I). D'une taille moyenne de trois millimètres, le corps élargi en avant, aminci en arrière, est constitué par douze zonites, sans compter la tête. La présence, entre les mandibules, d'un chaperon ou épistome tridenté (PL 1 et II, ep), la forme du dernier an- neau pourvu d'un pseudopode, au centre duquel s'ouvre l'anus, anneau muni également d'appendices armés, suffisent pour les déterminer avec certitude et les classer à côté des larves de Chal- colepidius et à'Alaus, si bien représentées par Schiodte (1). La tête aplatie, presque triangulaire, se distingue du corps qui est blanc grisâtre par sa couleur jaune ambrée. Elle est armée de puissantes mandibules (PL 1 et II, m) très saillantes et très arquées qui cachent en partie les pièces maxillaires et labiales; le bord interne de chacune d'entre elles est très tranchant et porte, en son milieu, une petite dent; à la face de la région basi- laire sont situés quatre poils disposés en arc de cercle à convexité tournée en dedans. Entre la base des mandibules s'étend transversalement le cha- peron (PL I et II, 673) présentant en son milieu trois dents, une médiane subaiguë et deux latérales à pointes inclinées en dehors. Au fond de la concavité qui se trouve entre chaque dent on aperçoit quelques très petites spinules; en arrière des trois dents, sont situés quatre petits poils disposés sur une ligne transversale. De part et d'autre, le chaperon porte trois poils d'inégale longueur, disposés en triangle , l'interne étant très allongé ; à sa face interne, le chaperon, au-dessous du trident, est revêtu de fines et délicates spinules : il porte une paire de poils très petits ; de chaque côté, près de l'angle interne de la mandibule, est im- planté un long poil. Le labre masqué par le chaperon n'est pas apparent ; d'ailleursi Schiodte ne le mentionne, ni ne le figure dans ses belles études sur les larves d'Élatérides. Au-dessous du chaperon et entre la base des mandibules, s'é- tend une pièce orbiculaire, réunion du menton et des mâchoires; des sillons indiquant seuls les limites des pièces. Cette coales- cence dans les pièces buccales se retrouve, au même degré, dans l'insecte parfait. (1) J.-C. Schiodte, De metamorphosi eleutheratorum observationes , I, pars V (Elateres;. Copenhague, 1861-1872. LES ÉLATÉR1DE3 LUMINEUX 57 Le menton s'étend entre les mâchoires, sous la forme d'un triangle dont la pointe serait tournée vers le bas ; sa base sup- porte la lèvre inférieure (PI. I, l), munie d'une paire de petits palpes (PI. I, pi) à deux articles, dont le dernier est le plus long. Les mâchoires sont constituées uniquement par des tiges : on ne distingue aucun des lobes qui entrent ordinairement dans la composition des mâchoires d'un très grand nombre de Coléoptères. Elles portent un palpe externe de quatre articles (PI. I, pme) dont le dernier est plus allongé et un palpe interne (PI. I, pmi) de deux articles égaux, le dernier surmonté d'un poil; ce palpe re- présente le lobe externe ou galea. Les mâchoires sont garnies de tilameats piliformes, chitineux, insérés sur leur face interne. En arrière de la base du bord externe des mandibules s'insère une antenne de trois articles, dont la longueur est à peu près moitié de celle de ces appendices (PI. I et II, a). Le premier article, le plus gros, est un peu renflé à son extré- mité; le second article, assez court, est surmonté d'un autre article plus long que le basilaire et porte au côté externe de celui-ci un petit appendice oviforme ; il est orné aussi de quelques petites épines ; le troisième article supporte un long style dont la base est entourée de trois grêles spinules. Un peu en arrière du point d'insertion des antennes, sont si- tués les ocelles (PI. I et II, y), en forme de triangle curviligne, tranchant sur le fond jaunâtre de la tète par leur teinte brunâtre assez foncée. Elles sont situées sur les côtés de la tête, à la partie supéro-externe. Sur le milieu de la tête, une ligne claire (PL I et 11), visible surtout par transparence, dessine, à partir du bord interne de la base de l'antenne, une section caliciforme dont les figures seules peuvent donner une idée exacte. Par transparence, on aperçoit également, du côté interne de la base de l'antenne, une pièce chitineuse curviligne (PI. I et 11) dans laquelle s'emboîte l'extrémité articulaire de la mandibule. Quelques très longs poils sont disposés symétriquement sur les deux faces latérales de la tête (PI. 1). Les douze anneaux, qui constituent le corps proprement dit, ont tous une même coloration uniformément blanche et sont transparents : les trois premiers anneaux, presque cylindriques, ont une consistance plus molle que la tète. 58 RAPHAËL DUBOIS Comme sur la tête, quelques longs poils sont disposés symétri- quement. C'est sur ces anneaux que s'insèrent les pattes. Ces pattes au nombre de trois paires sont courtes, constituées par une hanche ramassée, un large et court tranchanter, une cuisse trapue, une jambe courte et épaisse et par un tarse réduit à un seul crochet. Trochanter, cuisse, jambe, sont garnis du côté interne de très fortes épines : le crochet du tarse est entouré à sa base d'une série de fines spinules ; on ne constate aucune ditTérence appré- ciable entre les trois pattes, au point de vue de la structure. Les anneaux suivants jusqu'au douzième, sont exactement sem- blables, mais vont en s'atténuant peu à peu et ne s'emboîtent nullement les uns dans les autres, caractère qui s'observe dans les larves de Lampyrides. De môme que les antérieurs, ils portent quelques longs poils disposés régulièrement. Le douzième anneau vu en dessus (Pi. I, 12), présente des dis- positions caractéristiques qui, à elles seules, méritent d'être par- ticulièrement étudiées. De forme conique, plus long et plus étroit que les précédents, il présente, à l'union des deux tiers antérieurs avec le tiers posté- rieur, un étranglement d'autant plus accusé qu'il est précédé de deux boulons surmontés chacun d'une longue soie raide et très effilée à sa pointe (PI. I, m), à la base de laquelle se trouve une petite pièce cornée irrégulière. Deux paires de petits mamelons (PI. I, m' et m"), situés latéra- lement, précèdent la forte saillie mamelonnée que nous venons de décrire : les deux mamelons de la paire antérieure portent un long style, les deux autres en sont dépourvus. En arrière de l'é- tranglement, l'anneau terminal se bifurque en deux parties symé- triques, qui, à leur tour, se divisent en pointes triangulaires (PLI, pt, p't',) : les deux internes [p't'] plus petites, dirigées parallèle- ment, sont presque accolées par leur bord interne; vers le milieu de leur bord externe, elles portent une saillie d'où part une très longue soie. Les deux externes(/50. P^^s larges et plus longues, sont dirigées en arrière et en dehors : leur bord interne est curviligne et régu- lier ; leur bord externe porte à sa base une éminence dont se détache un long style. Vue de côté, l'extrémité terminale présente un aspect particu- lier : les deux grandes pointes terminales sont dressées en des- LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 59 SUS, les internes plus petites dirigées presque horizontalement, la pointe un peu tournée en haut. Le pseudopode anal se dessine sous la forme d'une saillie co- nique, portant à sa face postérieure une paire de forts crochets dirigés en bas. Le dernier anneau porte en outre des poils disposés régulière- ment à la façon des grands anneaux qui le précèdent. Les stigmates sont situés sur ^les bords latéraux. Dirigés un peu en haut, de haut en bas et d'avant en arrière, ils occupent la partie antérieure de l'anneau. Ils sont au nombre de neuf de chaque côté : un sur l'anneau mésothoracique et les huit autres sur les huit premiers anneaux abdominaux. L'anneau prothora- cique, l'anneau métathoracique et le douzième anneau en sont dépourvus. Deuxième AGE. — Après la première mue, la larve mesure cinq millimètres : elle peut atteindre 15 ou 20 millimètres de longueur et peut-être au-delà, car l'évolution des larves que nous élevons au Laboratoire de physiologie expérimentale de la Faculté des sciences de Paris n'est pas assez avancée et nous n'avons pas encore assisté à la troisième mue. La forme générale n'est pas modifiée, chez les larves qui ont atteint la plus grande taille; la partie antérieure du corps est seulement un peu plus élargie. La coloration de la partie antérieure de la tête et du premier anneau va en s'accentuant de plus en plus au fur et à mesure que la chitinisation augmente. La distribution des poils sur l'ensemble du corps est toujours la même, ils sont seulement un peu plus allongés et plus nette- ment colorés. A la tête, les trois pointes du chaperon sont devenues égales en longueur et de forme identique; sur les mandibules, la dent interne a disparu. Sur les plus grandes larves, la ligne dessinant une section cali- ciforme, sur le milieu de la tête, dans le premier âge, limite au second, une pièce saillante, nettement ditTérenciée, analogue à celle que Schiodte a décrite et représentée chez les larves d'Éla- térides appartenant aux genres Chaleolepidius et Alaus. Un sillon médian parcourant toute la partie dorsale commence à s'accentuer et va en s'accusant de plus en plus. Chez les individus les plus chitinisés, le bord du premier anneau 60 RAPHAËL DUBOIS prend la forme d'une collerette à stries antéro-postérienres. recti- lignes, parallèles et très rapprochées. L'extrémité du corps est beaucoup plus nettement définie. La parlie bifurquée terminale présente un écartement résul- tant de l'éloignement des deux pièces latérales qui la cons- tituent; les pointes chitineuses qu'elles portent en dehors sont plus développées, leur extrémité est redressée et plus nettement accusée et, en se chitinisant de plus en plus, elles commencent à acquérir, chez les plus grandes larves, l'aspect si caractéristique des grandes larves d'Élatérides {Chalcolepidius, Alaiis). Le pseudopode a pris une forme arrondie et les deux crochets qu'il porte se sont développés : les poils qui le revêtent sont devenus plus spinuleux. Plus tard, les mamelons deviennent chitineux comme les pointes et l'ensemble prend une coloration uniforme ; le pseudopode s'accentue de plus en plus, les crochets, de même que les épines, sont devenus plus robustes. Les larves des Pyrophores sont xylophages et lucifuges, elles vivent dans les débris humides du bois pourri très tendre, dans lequel des larves lignivores plus puissantes ont antérieurement creusé des galeries. C'est au mois d'avril 1885 que j'ai trouvé les premiers œufs et vu éclore les premières larves ; mais, les femelles de Pyro- phore que j'ai reçues de la Guadeloupe, au mois de septembre de la même année, contenaient encore des œufs sur le point d'être pondus et la boîte dans laquelle elles me furent ex- pédiées renfermait de toutes jeunes larves, en grand nombre, qui avaient dû éclore pendant la traversée. Il m'est impossible de dire actuellement quelle est la durée normale des diverses phases du développement, en raison des circonstances tout à fait parti- culières dans lesquelles mes insectes se sont trouvés placés; mais, j'espère qu'il me sera facile de combler ultérieurement cette lacune. On sait déjà (v. p. 40) que la jeune larve, en quittant l'œuf, em- porte avec elle toute la substance lumineuse. La production de la lumière continue à se manifester après l'éclosion; mais, chez les larves du premier âge, on ne peut guère l'observer que lorsqu'on les excite mécaniquement. La luminosité des larves de deux millimètres de longueur est assez forte pour qu'on puisse la distinguer à un ou deux mètres de distance, dans l'obscurité absolue ; elle n'est pas suffisante pour être perçue dans les endroits très éclairés. LES ÉLAÏÉRIDES LUMINEUX 61 Elles font, pour ainsi dire, plus de lumière qu'elles ne sont grosses, car on a une peine infinie à les découvrir en plein jour, au milieu des débris de bois jaunâtre qu'elles habitent, tandis que la nuit ou bien dans le cabinetnoirpendantlejour,on arrive assez facilement à les trouver et à les saisir, grâce à la lumière qu'elles émettent d'une manière irrésistible, quand on les excite en remuant les petits fragments de bois avec lesquels elles sont en contact. Je ne les ai vues éclairer spontanément que la nuit ; mais, on peut les forcer à montrer leur lumière quand on veut, soit, comme nous venons de le dire, en les touchant, soit en les excitant par l'électricité, sur un porte-objet muni de deux petites lames de papier d'étain mises en contact avec les deux pôles d'une machine d'induction produisant un faible courant à intermittences peu rapides. Le plus sur moyen cependant et le moins dangereux consiste à élever progressivement leur température à 35 ou 38° G. Le procédé le plus commode consiste dans l'emploi de la pla- tine chauffante, à température constante, imaginée par M. Vignal pour les observations microscopiques. Grâce à cet appareil, aussi simple qu'ingénieux, nous avons pu, M. Vignal et moi , déterminer , au Laboratoire d'Histologie du Collège de France, le point précis où se produit la lumière chez ces toutes petites larves et j'ai pu ainsi vérifier d'une manière très heureuse l'exactitude de mes premières observations. Dans celles-ci, l'apparition de la lumière était provoquée par le choc ou le passage du courant électrique, mais elle était de courte durée et ce manque de persistance, ainsi que les mouvements de l'insecte, rendaient l'observation très difficile. La lumière émise par la larve du Pyrophore, dans le premier âge, a une teinte bleuâtre qui se rapproche plutôt de celle du Lampyre que de la belle clarté verdàtre du Gucuyo : elle est fixe et continue tant que dure l'excitation, dont l'action paraît s'épui- ser rapidement; d'où il résulte que l'intensité lumineuse passe par des maxima et des mininia, sans pour cela être véritablement intermittente. Nous trouverons plus loin l'explication du phéno- mène dont nous parlons. (V. 2^^ Pari., Chap. IV.) La lumière émane d'une région située entre le bord postérieur de la tête et le bord antérieur du premier segment thoracique, au niveau de la partie membraneuse qui les réunit (PI. II). Ge siège peut se déplacer très légèrement, selon les mouve- 62 RAPHAËL DUBOIS ments de l'insecte, tantôt un peu en avant, tantôt un peu en arrière, empiétant toujours plus ou moins sur les régions cépha- lique et prothoracique. Le foyer afTecte, quand il atteint son maximum de développe- ment, la forme d'un accent circonflexe à sommet dirigé en avant (PI. II, ap. l] : l'apparition de la lumière a lieu tout d'abord au sommet de cette figure et va en s'étendant de proche en proche, comme une véritable injection de matière lumineuse liquide, symétriquement à droite et à gauche, vers les extrémités laté- rales. Grâce à des alternatives d'éclairage et d'extinction, on peut, en examinant par transparence au microscope ces larves translu- cides, se convaincre que cette région lumineuse correspond à un point dans lequel on constate uniquement la présence de deux organes accolés, sans analogue dans les autres segments (F. Structure des appareils lumineux, U^ part., chap. IV). En nous plaçant dans les conditions les plus variées, il nous a été impossible de découvrir sur d'autres points du corps la moindre trace de luminosité. Il n'en est plus de même chez les larves du second âge. Après la seconde mue, chez celles qui ont atteint une longueur de douze à quinze millimètres, on voit apparaître dans la région abdomi- nale, depuis le premier segment jusqu'à l'avant-dernier inclusive- ment, des points brillants, dont les contours sont d'abord mal limi- tés; mais, dès que la taille des larves a atteint 15 à 18 millimètres, les endroits d'où s'échappe la lumière sont mieux circonscrits et se trouvent bientôt rangés en séries parfaitement régulières. Le foyer éclairant primitif situé à l'union de la tête et du pre- mier segment thoracique a persisté ; mais sa forme s'est un peu modifiée: elle affecte alors celle d'un 1 avec deux points plus brillants et bien délimités à l'extrémité des branches postérieures: ces deux points éclairent parfois isolément. On ne voit se produire aucune luminosité dans le thorax. Les huit premiers anneaux de l'abdomen portent chacun trois points brillants : deux latéraux très éclairants, et un médian plus faible, qui semble n'être que le reflet des deux autres vu par transpa- rence. Ces points sont disposés en trois séries longitudinales s'éten- dant depuis le bord postérieur du premier anneau abdominal jusqu'au bord antérieur du neuvième segment de la même région. Ce dernier anneau ne contient qu'un point lumineux plus gros et LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 63 plus brillant que ceux de l'abdomen; mais, moins puissant que celui'de l'espace céphalo-thoracique. Quand la larve est éclairante et immobile, on pourrait la com- parer à un bracelet ouvert formé de trois rangées parallèles de perles lumineuses et portant sur chaque fermoir un foyer unique plus'^brillant. Les points abdominaux latéraux correspondent à de petites saillies mamelonnées du tégument dont on fera connaître la signi- fication ultérieurement (F. Structure et développement de l'appareil lumineux). Ces mamelons sont situés à l'extrémité postérieure des bords latéraux de chaque segment, en arrière des stigmates avec lesquels ils n'ont aucun rapport direct. Ce fait peut être facilement constaté en injectant les trachées qui correspondent à ces stigmates, soit en soumettant les larves immergées dans du picro-carminate d'ammoniaque, pen- dant quelques minutes aux énormes pressions de 600 à 700 atmosphères que l'on obtient facilement avec la pompe de M. Cail- letet ; soit encore, en rétablissant brusquement la pression nor- male, après avoir fait le vide dans un tube contenant des larves plongées dans une liqueur colorante. On voit alors que les deux troncs qui partent en divergeant de chaque stigmate contournent les mamelons en formant à leur base un cercle complet, mais qu'ils ne pénètrent pas dans leur intérieur. On ne peut constater à la surface de ces mamelons, ou dans les points voisins, aucune trace d'ouverture autre que celle des stig- mates. Faisons remarquer, dès à présent, que la tête et le segment pro- thoracique, c'est-à-dire les parties les plus voisines de l'appareil lumineux primitif, unique chez la larve du premier âge, sont précisément dépourvues de stigmates. Il en est de même pour le neuvième segment abdominal qui cependant, chez la larve du second âge, possède l'organe le plus brillant après celui de l'es- pace céphalo-thoracique. La lumière a la même couleur dans tous les points éclai- rants, au moins dans les larves du second âge : celle de l'espace céphalo-thoracique est plus stable et se montre ordinairement la première : lors de l'extinction, c'est elle qui disparaît en dernier lieu. L'apparition de la luminosité ne se fait pas simultanément dans 64 RAPHAËL DUBOIS tous les points du corps, elle va en se propageant d'un bout du corps à l'autre ou par places isolées, selon la nature des mouve- ments de l'insecte. Toute excitation, toute irritation provoquée ou spontanée de l'Insecte augmente l'intensité de la lumière : celle-ci ne se pro- duit parfois que dans le point excité; mais, elle se généralise d'or- dinaire et s'exagère avec les mouvements de l'insecte principale- ment pendant la marche, quand il cherche à fuir, à franchir un obstacle ou à se défendre d'une attaque. On ne peut mieux comparer ce qui se passe dans ces conditions qu'à ce que ce que l'on voit se produire sur une rampe extérieure portant des becs de gaz assez rapprochés : quand l'air est agité, on voit les petites flammes bleues et vacillantes s'éteindre succes- sivement ou se rallumer suivant la direction du vent. Rien n'est plus singulier et plus merveilleux que l'étrange illu- mination de cet être bizarre, dans les entrailles duquel semble circuler un métal en fusion. On se figure difficilement l'impression que pourrait produire sur l'imagination l'apparition inattendue d'un être semblable cinquante fois plus long seulement et large en proportion. Il y aura lieu de rechercher quelle est la signification de cet embrasement presque général du corps de la larve au second âge : car, il est bien évident qu'à la suite de la première mue des modifications anatomiques et physiologiques importantes se sont produites dans le jeune insecte. Arrivées à ce degré de développement, les larves commencent à creuser des galeries dans le bois le plus tendre. Je ne saurais dire si elles sont à l'occasion carnivores et si parfois elles se dévorent entre elles, comme cela se voit (F. Géné- ralités sur les larves (JC Élatérides , p. 29) chez certaines espèces appartenant à des genres voisins ; mais ce qu'il y a de bien cer- tain c'est qu'elles se livrent quelquefois des combats acharnés pendant lesquels on les voit faire feu de toutes parts : chaque choc fait jaillir des gerbes d'étincelles et rien n'est plus curieux à observer que cette lutte du feu contre le feu, au milieu de la nuit ! ^^A**.**»^^ ^•'.4 k LIB R AR Y,5 LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 63 CHAPITRE III. ANATOMIE DESCRIPTIVE DU PYROPHORUS NOCTILUCUS (l). § 1 . Du squelette. Considéré dans son ensemble, le squelette des Pyrophores pré- sente les caractères généraux de celui des Coléoptères qu'il est inutile de rappeler; mais il possède, en outre, les particularités curieuses qui sont propres au groupe des Élatérides et sur les- quelles nous aurons l'occasion de revenir à propos de la physio- logie du Pyrophore, en raison des relations qui existent entre l'appareil du saut et ceux qui produisent la lumière. Darwin (2) dit que l'appareil du saut qu'il a observé sur les Pyrophores du Brésil n'a pas été suffisamment étudié : Brown en avait cependant donné une assez bonne description ; mais, elle a plutôt trait à la façon dont le saut s'exécute qu'à la des- cription exacte des pièces de ce curieux appareil. L'appareil du saut (PI. III) est constitué dans ses parties essentielles par une pointe chitineuse (p) prolongement mé- dian du sternum du prothorax qui prend naissance à la base des pattes de la première paire. Ce prolongement sternal, d'abord renflé, se termine par une pointe mousse à face externe rugueuse et couverte de poils qui est susceptible de se loger librement dans une gouttière {g) du sternum du mésothorax. Cette gouttière, qui s'étend sur la ligne médiane jusqu'à la nais- sance de la deuxième paire de pattes, a la forme d'une cavité allongée dont la concavité présente en creux le moule de la pointe thoracique. Sa surface interne est lisse et brillant^ ainsi que la face de l'épine avec laquelle elle est en contact. A la partie antérieure de la gouttière, de chaque côté, se trou- vent deux épais bourrelets chitineux destinés à en assurer la solidité. (1) Remarque. — Ces recherches analomiques, sans lesquelles une étude expé- rimentale comme celle que nous avons entreprise eût manqué de fondements so- lides, ne porte que sur les points qu'il était indispensable de consigner ici. Dans un travail plus général, fait avec la savante collaboration de M. Kiinckel d.'HercuIais, comprenant toute l'anatomie descriptive et comparée des' Insectes lumineux, les parties complémentaires seront traitées avec tous les détails qu'elles comportent. (2) Darwin. Voyage d'un Naturaliste autour du Monde. Paris 1875, p. SCT-Sr. . ■ 66 RAPHAËL DUnOIS Les rapports des diverses pièces de cet appareil sont conserves grâce à la présence, de part et d'autre de la gouttière mésotho- racique, d'une sorte d'arête incurvée [ar] susceptible de se loger dans une concavité correspondante (c) du bord postérieur de la partie basilaire des grandes pointes prothoraciques. Tout le squelette offre une résistance considérable qui protège efficacement l'animal dans les sauts souvent énormes, par rap- port à sa taille, qu'il exécute, dans certaines circonstances, un grand nombre de fois de suite. Cette dure carapace offre en outre un point d'appui solide, au moment de la détente, et une élasticité plus grande quand le corps touche le sol. (V. 2" partie, cliap IV, g 4). Faisons remarquer, en passant, que la mise en évidence de la plaque ventrale (p v) concorde avec la déhiscence des élytres ; dans la position ordinaire, elles ne permettent pas le mouvement de relèvement de l'abdomen. Mais, quand les élytres sont volon- tairement écartées ou entr'ouvertes par un effort violent, la pointe postérieure de l'abdomen peut alors se relever entre les ailes et par son relèvement amener la disjonction des segments, sans laquelle la plaque ventrale n'est pas visible. Pour bien se rendre compte de la façon dont s'opère le mouve- ment, il importe de fixer d'abord très exactement la position ana- tomique de la plaque ventrale. On conçoit facilement que les observateurs qui pensaient, pour les raisons que nous avons indiquées plus haut, à propos de la luminosité des œufs, que tout le corps était lumineux, n'aient pas cherché à préciser exactement les points par lesquels, dans leur esprit, la lumière s'échappait. Mais, on a lieu d'être surpris de voir Lacordaire, qui s'élève précisément contre le défaut d'exactitude des observateurs qui l'ont précédé, placer le troisième foyer à la partie postérieure du mésothorax, alors que le mésothorax et le métathorax sont unis d'une manière intime. M. Gandèze, qui n'a peut-être pas eu l'occasion d'examiner des Pyrophores vivants, partage l'erreur de Lacordaire et place éga- lement la plaque ventrale à l'union du métathorax avec le méso- thorax. Heinemann dit que « chez le mâle l'organe occupe la coupe « transversale de l'abdomen, c'est-cà-dire qu'il remplit le grand <( espace qui est laissé libre à la partie inférieure. » MM. Laboulbène et Robin ne sont guère explicites et se con- LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 67 tentent d'indiquer que « cet appareil se trouve situé sur la face ventrale du corps, entre le thorax et l'abdomen, dans l'espace in- terthoraco-abdominal, entre les segments emboîtés du méta- thorax et du segment abdominal. » En réalité, l'appareil lumineux ventral n'a aucun rapport avec le thorax, il est une dépendance absolue du premier segment abdominal : il occupe la région intermédiaire du sternite du pre- mier zonite de l'abdomen (PI. I, lab). Le tégument de la région qu'il occupe est moins chitinisé que celui de la région avoisinantc, de façon à demeurer transparent. Ainsi formulée, cette détermination ne peut laisser prise à aucune hésitation, à aucune incertitude. La position des organes lumineux prothoraciques, variable d'ailleurs, suivant l'espèce, a été suffisamment indiquée dans le chapitre « Zoologie », en raison de son importance au point de vue de la d 'termination des espèces et de leur groupement, pour qu'il soit inutile d'y revenir ici. § 2. — Appareil digestif. L'appareil digestif des Élatérides a été peu étudié. Léon Dufour seul (1) a décrit et figuré sommairement le canal alimentaire de deux Élatérides indigènes [Elater [Lacon] murinus ; Elater [Agrio- tes\ gilvellus). L'appareil digestif du Pyrophore (PI. IV) rappelle par ses dis- positions générales celles qui no.is sont connues et présente une grande simplicité. Les pièces buccales (PL III) sont constituées par un labre ou lèvre sup^'rieure {ï) masqué par un chaperon ; quand on regarde l'animal en dessus, dans sa position naturelle, le labre est arrondi en avant et saillant entre les mandibules (md). Celles-ci sont assez robustes, bidentées à leur extrémité. Les mâchoires (m a) lamelliformes font corps avec le menton et la lèvre inférieure : elles sont ciliées sur leur face interne et portent un palpe de quatre articles {pm) : le premier est extrême- ment court et le dernier est sécuriforme ; la lèvre inférieure, arrondie en avant, porte un palpe de trois articles (pZJ. le dernier également sécuriforme. Nous ferons remarquer que la coalescence qui existe entre les (1) L. Dufour. Ann. d. Se. nat., 18i?l. 08 RAPHAËL DUBOIS mâchoires et la lèvre inférieure existait déjà dans la larve, mais dans l'Insecte parfait elle s'est exagérée à telle point que le palpe interne indiquant l'existence du lobe interne maxillaire a disparu. Cette disposition des pièces buccales nous enseigne le régime de l'animal que les anciens auteurs croyaient Carnivore et qui est bien évidemment un insecte lécheur. En arrière de la bouche se trouve un très grêle et très court œsophage (PL IV, œ) qui se renfle en une ampoule ovoïde plus large à sa partie postérieure, représentant un jabot rudimentaire (PLIV,j). Cette partie est suivie d'une brusque dilatation du tube digestif (PI. IV, e) affectant la forme d'un cône allongé dont la surface irrégulièrement bosselée est couverte de renflements diversement distribués. La partie amincie de ce cône correspond au mésothorax. A son entrée dans le métathorax, le tube digestif va en s'élar- gissant progressivement pour constituer le reste de l'estomac ou intestin moyen (1) qui est représenté par un long fuseau (PI. IV. é) dont l'extrémité postérieure atteint le niveau du premier anneau abdominal. La surface de l'estomac ou intestin moyen présente des replis transversaux formant des sillons circulaires (PL IV, c) déterminés par la rétraction de ses bandelettes annulaires musculeuses, ce qui lui donne un aspect très différent de celui de la région anté- rieure. A partir du premier anneau abdominal, il prend la forme d'un tube cylindrique régulier (PL IV, e") jusqu'à l'insertion des quatre canaux déférents des tubes.de Malpighi (PL IV, it). Ici commence l'intestin, proprement (\\\, intestin terminal (PL IV, (1) Selon M. Plateau, le nom d'estomac doit être supprimé parce que cet organe est caractérisé chez les animaux supérieurs par une sécrétion acide qui ne se ren- contre pas chez les Articulés (V. inirtie expérimentale, chap. IV, § 2). Adoptant les idées de Gegenbaur, M. Plateau propose de remplacer les termes ù'eRtomac ou ventricule chylifique, par le nom d'intestin moyen qui n'entraîne avec lui qu'une idée anatomique de la position. Le même genre de considérations conduit cet auteur à désigner sous le nom commun d'intestin terminal tout le reste inférieur du tube digestif, depuis l'inser- tion des tubes de Malpighi : cet intestin terminal, se subdivise en intestin termi- nal grêle et intestin terminal large (Plateau, Recherches sur la digestion chez les Insectes. Bruxelles. 1871.) LES ÉLATÉUIDES LUMINEUX 69 m), dont le diamètre plus grand que celui du tube précédent se replie sur lui-même un certain nombre de fois, formant une sorte de spirale irrégulière. Cet intestin terminal grêle va déboucher dans un rectum (PL IV, r) ou intestin terminal large se dilatant gra- duellement jusqu'à sa partie moyenne pour se rétrécir légèrement dans sa partie postérieure. Comme la seconde partie de l'intestin moyen ou estomac, il laisse voir à sa surface de fins plissements déterminés par la contraction des faisceaux musculaires circulaires logés dans sa paroi. Les appareils annexes du tube digestif se réduisent aux tubes de Malpighi qui sont au nombre de quatre paires, enchevêtrés en pelotons, formant deux masses, dont la première (PI. IV, tm) en- toure la partie terminale du deuxième renflement stomacal et dont la seconde masse (PL IV, t'm') occupe plus particulièrement la région de l'intestin. Le développement des appareils génitaux, surtout chez les femelles, modifie la situation relative des tubes de Malpighi par rapport au tube digestif. § 3. — Appareil circulatoire. Il est constitué comme chez tous les Insectes par uù cœur ou vaisseau dorsal traversant le corps entier, depuis le dernier anneau abdominal jusqu'à la tête (PL V). La région du cœur située dans Labdomen est la plus élargie : elle est maintenue en place par une série de ligaments triangu- laires, au nombre de cinq paires (PL V, a, a\ à', a'", a'^) corres- pondant chacun à un segment : c'est dans cette partie que sont situées les chambres correspondantes aux ailes. La partie terminale est maintenue par une bande ligamenteuse (PL V, av) dirigée directement en arrière. A la partie antérieure du premier segment de Labdomen, le cœur prend la forme d'une ampoule ellipsoïdale (PL V, a) main- tenue en avant par une paire d'ailes plus petites. Au point où il pénètre dans le thorax, il s'incurve en bas brus- quement pour prendre la forme aortique (PL V, ao) et vient s'ap- pliquer sur le tube digestif pour passer sous les masses muscu- laires épaisses qui mettent en jeu les ailes. Il prend alors sa forme cylindrique et son diamètre primitif jusqu'à un point du méso- thorax que nous allons définir. 70 RAPHAËL DUBOIri Dans tout son trajet au travers du mésothorax, il est maintenu par un tissu fîbrilloïde relié aux trachées et qui représente les ailes abdominales. Arrivé dans le métathorax, il est surmonté par une petite cupule ovoïde (PI. V, cm), à grand diamètre transversal dont les bords sont chitineux et qui s'insère à la face inférieure du tergum mé- sothoracique ou scutum. Cette cupule, qui n'a été signalée par aucun observateur, joue un rôle important dans le fonctionnement de l'appareil circula- toire ; elle assure au cœur un point fixe qui permet au prothorax d'effectuer sa rotation autour du mésothorax, de telle sorte que la circulation ne soit nullement gênée lorsque s'accomplissent les mouvements violents du saut. Disons de suite, qu'au point de vue de la fonction photogénique, le saut paraît avoir une certaine importance, en modifiant loca- lement les conditions ordinaires de la circulation dans les appa- reils prothoraciques, principalement dans le renversement forcé du prothorax en arrière et en avant (2^ part., chap. IV, § 4). A partir de cette cupule, jusqu'au point où il passe sous le cerveau, le cœur ne présente pas de forme nettement définie ; il est maintenu par des séries de trachées régulièrement disposées, qui semblent délimiter deux ailes rudimentaires, puis il va en s'amincissant jusqu'au point où il se perd dans la tète. § 4. — Appareil respiratoire. Des stigmates. — MM. Robin et Laboulbène ne parlent pas des stigmates du Pyrophore; quant à M. Heinemann, il porte leur nombre à neuf paires, dont sept seraient situées sur l'abdomen et les deux autres sur le thorax (méso- et métathorax). L'étude attentive de ce point d'analomie nous a permis de constater que la description de Heinemann ne présentait ni la précision, ni l'exactitude désiral^les, d'autant plus qu'elle n'est accompagnée d'aucune espèce de figure : disons tout de suite que l'existence d'une paire de stigmates d'une grande importance physiologique, lui a échappée complètement. Les stigmates abdominaux (PI. V) sont en partie situés dans une gouttière longitudinale qui règne sur le bord latéral des ter- gites et qui se trouve transformée en une sorte de canal servant à la distribution de l'air à toutes les ouvertures respiratoires de cette région. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 71 Chacun des stigmates situés dans cette gouttière est logé lui- même dans un petit enfoncement placé à la partie antérieure de chaque tergite. Il est difficile, d'après la description de M. Heinemann, de savoir quels sont les sept stigmates qu'il attribue à la région abdominale, car nous verrons par la suite de cette description que, si le nombre total des stigmates s'élève bien réellement à neuf paires, comme l'indique cet auteur, il existe néanmoins une confusion difficile à expliquer, relativement à la forme et à la position qu'il attribue aux stigmates. D'autre part, selon cet observateur, les stigmates abdominaux se distingueraient des stigmates Ihoraciques par leur forme arrondie, alors que ces derniers seraient allongés. Nous allons voir également que ce n'est pas de cette manière qu'il convient d'interpréter les faits. Il est bien évident que le stigmate, consi- déré par M. Heinemann comme métathoracique, doit être rangé au nombre des stigmates abdominaux, qui sont alors portés à sept paires, ceux-ci affectant des formes et des dimensions di- verses, ainsi que nous allons le voir. Ceci posé, les stigmates de la dernière paire abdominale (PI. V, s"' ) située sur le septième anneau abdominal présentent la même forme et les mêmes dimensions que les stigmates qui les précèdent situés sur les sixième, cinquième, quatrième, troisième tergites abdominaux (PI. V, s" , s'\ s'", s"). Leur péritrème est de forme elliptique, asymétrique, à grand axe transversai : leur ouverture est béante, en raison de l'absence d'élasticité du péritrème. Les stigmates de la seconde paire abdominale (PI. V, s') située sur le deuxième tergite affectent une forme toute différente ; ils sont de dimensions plus grandes, de même irrégulièrement ellip- soïdes, mais à grand axe un peu incliné en arrière et en dehors. Le bord inférieur du péritrème a la forme d'un croissant, le bord supérieur porte un petit appendice constituant une sorte de petit clapet obturateur très peu développé, dont il existe d'ail- leurs des rudiments moins mobiles dans les autres stigmates pré- cédents. Les stigmates du premier tergite abdominal (PI. V, s) s'éloignent encore plus de la forme des précédents. Leurs dimensions sont quadruples de celles des stigmates du deuxième anneau. Ils sont situés tout à fait à la partie antérieure du premier anneau, latéra- lement, tout près de son point de jonction avec le zonite m6ta- 72 RAPHAËL DUBOIS Mioracique. Le péritrème présente un contour réniforme : les courbures de chaque lèvre en croissant, à convexité tournée en avant et en dehors, sont presque parallèles entre elles, de telle sorte qu'ici l'occlusion est déterminée par le rapprochement de ces lèvres qui peut s'etTectuer très exactement. Profondément situé dans une excavation logeant au repos la partie antéro-externe et inférieure de l'élytre et la partie termi- nale antérieure de l'aile, on voit, après avoir enlevé ces organes et seulement dans ces conditions, l'ouverture d'un stigmate dirigé de dedans en dehors et d'avant en arrière, presque transversale- ment. La paroi inférieure de cette cavité correspond aux pièces épisternales du mésolhorax et est coupée par le plan vertical qui passe par l'insertion des pattes de la seconde paire, au-dessus desquelles elle est située (PI. VI, fig. iv, s). L'ouverture de ce stig- mate, dont les lèvres parallèles sont accolées, a la forme d'une petite glotte. Il est évident que cette ouverture ne peut être mise en communication avec l'air extérieur que lorsque les élytres soulevées et écartées permettent aux ailes de se déployer: ce stigmate paraît destiné tout particulièrement à favoriser la respira- tion pendant le vol (PI. VI, fig. i, s). Dans l'espace membraneux situé sur le bord postérieur du pro- thorax et le bord antérieur du mésothorax, de chaque côté de la pointe sternale, en arrière de l'insertion des pattes de la première paire, on distingue la neuvième paire de stigmates. Celle-ci, qui occupe comme on vient de l'indiquer la face ventrale du corps, contrairement à tous les autres stigmates, présente une organisation toute spéciale (PL VL tig. i et n, s). Le péritrème irrégulièrement ovoïde, à grande courbure située en avant et en dedans , plus convexe à sa partie postéro-interne, limite une ouverture (PI. VI, tig. ii, s) qui est fermée par un dis- positif très singulier et sans analogie avec les appareils d'occlu- sion décrits chez les insectes. Il est donc bien évident maintenant, après la description que nous venons de faire, que M. Heiuemann n'a pas reconnu l'exis- tence du stigmate prothoracique : quant au stigmate métathora- cique,il semble avoir fait confusion; car, s'il avait vu le véritable stigmate, il aurait certainement défini la position si spéciale qui lui est propre, ce qui s'explique d'autant mieux qu'il faut enlever les élytres et les ailes pour apercevoir cet organe. Nous allons voir également que ce n'est pas des stigmates tho- raciffues, ainsi que le prétend M. Ileinemann, ni des gros LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 73 stigmates du premier segment abdominal, comme le pensent MM. Robin et Laboulbène, que parlent les troncs trachéens qui se rendent à l'appareil ventral lumineux, mais bien des deuxiè- mes stigmates abdominaux (PI. VI, fig. v, s.) Des trachées. — Considéré dans son ensemble, l'appareil trachéen présente, au premier aspect, trois dispositions ditîérentes, suivant que l'on considère l'abdomen, le méso et le métathorax, ainsi que le prothorax (PI. V.) Dans toute la région abdominale les trachées sont de petites dimensions et disposées de façon à constituer une sorte de lacis qui entoure l'appareil digestif, les organes génitaux, se répandant à la surface de tous ces appareils et se distribuant au cœur et au système nerveux. Au ontraire, dans la région thoracique, on rencontre de gros troncs trachéens, de diamètres incomparablement plus grands et dont le nombre est assez limité. Dans le prothorax on observe un degré de complication plus grand: les troncs trachéens sont encore volumineux, mais leurs ramificalions sont plus étendues. Revenons à l'abdomen où nous allons suivre le trajet parcouru par chaque tronc partant des stigmates de cette région. De chacun des petits stigmates part un tronc très court, qui est relié immédiatement par une assez large branche anastomotique avec celui qui le suit et celui qui le précède; l'ensemble de ces canaux forme un long canal trachéen collecteur (PI. V, tr) pa- rallèle au bord de l'abdomen. Le petit tronc partant du stigmate se prolonge à peine et se dichotomise de manière à envoyer uniformément des branches au nombre de quatre qui se distribuent aux difTérents organes contenus dans la cavité abdominale (PI. V, tr.) De chacun des angles formés par la réunion des troncs stig- matiques avec le canal collecteur part une branche sinueuse (PI. V, ^r^), qui se réunit avec une branche également sinueuse venue de l'angle complémentaire ; cette disposition se répétant sur chaque anneau, il en résulte une série d'anses dout l'en- semble forme une ligne festonnée parcourant chacune des parties latérales de l'abdomen. Le sommet de ces anses s'avance, sur la partie supérieure du vaisseau, au-devant du sommet de l'anse correspondante à laquelle elle est reliée par une anastomose transversale. 74 RAl'llAiiL DUBOIS Une disposition semblable, mais plus réduite, se présente dans le dernier anneau. De ce même point de réunion du Ironc trachéen partent deux autres branches se dirigeant plus profondément. Les deux dernières paires (PI. V, ti\] acquièrent une dimension en longueur beaucoup plus considérable, et vont en se dirigeant longitudinalemenl vers la région antérieure de l'abdomen pour se distribuer à la surface de la portion de l'estomac qui s'y trouve contenue; elles fournissent également des branches à l'appareil génital. Le stigmate de la deuxième paire (Pi. V, s'; PI. VI, fig. v, sa,) offre une importance toute particulière en raison de la distribu- tion du tronc qui s'en détache. Celui-ci, indépendamment des branches que nous venons de décrire, donne naissance à deux paires de rameaux trachéens, de dimensions relativement très petites, dont les ramuscules vont se distribuer à la surface de l'organe lumineux ventral (PI. VI, fig. IV, sa,). Le tronc principal arrivé vers la partie latérale moyenne du bord externe de l'appareil ventral se subdivise en plusieurs bran- ches secondaires qui, en se recourbant, épousent la forme de Ja courbure de la face postérieure de l'organe pour aller ramper à sa surface vers la partie médiane. Nous insistons sur ce point, déjà signalé, pour des raisons que nous ferons valoir ultérieurement : à savoir, que ce tronc, des- tiné à l'appareil lumineux, communique, comme les autres, avec tout le système trachéen par le canal collecteur dont nous avons précédemment donné la description. Le premier stigmate abdominal, celui-là même qui, d'après MM. Robin et Laboulbène donneraient naissance aux branches trachéennes de l'appareil lumineux, correspond en réalité à deux énormes troncs qui ont une destination toute différente. Un tronc commun (PI. V, s) très court, à très large diamètre, se bifurque presqu'au voisinage du stigmate d'où il émane : la bran- che supérieure moins volumineuse se recourbe en croissant à concavité supéro-externe, vers le vaisseau dorsal, sur la sur- face duquel il détache de minuscules trachées parallèles les unes aux autres. Bien que la direction et les dimensions soient différentes, il n'en est pas moins évident qu'elles sont la conti- nuation du grand canal collecteur latéral que nous avons décrit dans la région abdominale; aussi, les voit- on prolonger directe- LES ELATERIDES LUMINEUX /5 ment la branche correspondante partant du stigmate mésothora- cique. La branche la plus volumineuse provenant de la bifurcation du tronc primitif (Pi. V, sa) est accolée au côté postérieur de la branche précédente, dont elle se détache pour plonger dans la cavité thoracique, et se diriger parallèlement vers la partie anté- rieure du tube digestif, auquel elle envoie de place en place des bouquets de trachées. De ces troncs profonds partent également des branches qui se rendent aux pal tes de la deuxième et de la troisième paire. La même disposition générale se retrouve dans les branches partant du deuxième stigmate antérieur ou mésothoracique. Cependant, à première vue, on pourrait croire à des disposi- tions particulières qui ne sont qu'apparentes. D'un gros tronc très court (PI. V, sm)^ se détachent deux bran- ches d'inégal diamètre : la branche postérieure la plus forte, légè- rement recourbée, à convexité postérieure, se dirige directement en dedans et au-dessous et fournit des ramuscules au tube digestif et aux muscles profonds de la région sternale du méso et du prothorax. La seconde branche de bifurcation du tronc primitif se divise à son tour en deux branches plus petites : l'une, dirigée directement en arrière., va se confondre avec la portion corres- pondante du groupe qui précède celui-ci, contribuant, comme dans les autres régions, à la formation du canal collecteur. 11 en est de même de la branche ascendante qui part du même point pour se diriger vers les parties latérales du prothorax dans lequel elle pénètre. A son origine, cette branche envoie un rameau transversal anastomotique à la hauteur de la cupule qui se trouve au-dessus de la partie aortique du vaisseau dorsa\ (PI. V, eu] : ce rameau se réunit, en passant au-dessus du cœur, à un rameau sem- blable venu du point correspondant de l'autre côté. A leur entrée dans le prothorax, ces mêmes branches émettent par leur ccté interne deux rameaux formant une courbure à con- vexité tournée en dedans, qui arrive jusqu'au contact de la branche correspondante de l'autre côté, sur l'aorte prothoraci- que. Les sommets des courbes qu'elles décrivent sont réu- nies par une très courte branche anastomotique qui passe en dessus de l'aorte (Pi. V, ao.) A sa base, chacun de ces rameaux fournit de petits ramus- 76 RAPHAËL DUBOIS cules qui se dirigent en bas, vers l'aorte, à la surface de laquelle ils s'épanouissent. En haut et en dehors, vers les masses musculaires du prothorax le rameau externe continue le tronc principal qui fait partie du canal collecteur ; puis, en passant au niveau des appareils lumi- neux, il donne naissance, en haut et en dehors, à un fort pinceau de fines trachéoles, qui vont se perdre dans les masses muscu- laires prothoraciques. De ce point, mais plus profondément, partent d'autres trachées se répandant autour des organes lumineux de cette région ; c'est lui aussi qui reçoit les rameaux profonds venant du stigmate prothoracique (PI. VI, fig. iiij situé à la face ventrale. Ce même point est un véritable carrefour de trachées. Un examen superficiel pourrait faire croire que ce grand dé- veloppement trachéen est destiné à assurer la fonction photogé- nique : il n'en est rien. La plupart de ces trachées se rendent aux masses musculaires dont le développement est en rapport avec l'énergie déployée dans l'acte du saut. Les anastomoses sont si largement établies avec les branches fournies par le deuxième stigmate thoracique et, par son inter- médiaire, avec tout le reste de l'arbre respiratoire, qu'il ne serait pas juste de dire que ce premier stigmate, ou un stigmate quel qu'il soit, commande exclusivement à un appareil déterminé. La constitution anatomique démontre déjà que si un stigmate était obturé, soit pour une cause, soit pour une autre, le libre exercice de la circulation de l'air ne serait entravé plus particuHèrement dans aucune région du corps. De ce carrefour, une grosse branche supérieure, continuation du collecteur, se dirige dans le plan supérieur, vers la tête, en dessinant une ligne convexe en dehors. Un peu avant sa pénétration dans la tête, elle se divise en deux petites branches, l'externe allant aux yeux, l'interne au cerveau et aux antennes (PI. V). Sur toute la longueur de son bord externe, elle donne nais- sance à des faisceaux qui vont s'épanouir dans les muscles des parties antéro-latérales et supérieures des muscles prothora- ciques. De son bord interne, près de sa sortie du carrefour, elle va en se bifurquant vers la partie moyenne du prothorax en deux rameaux : l'un interne, qui envoie au vaisseau dorsal, dans son extrémité antérieure, des trachéoles; l'autre, passant au-dessous LES ÉLATÉRIDE3 LUMINEUX 77 de la branche céphalique, un peu avant sa bifurcation, pour aller se perdre dans la tète, à la région inférieure. Ces différentes branches anastomosées forment, au-dessus du vaisseau dorsal, des losanges dont la figure seule peut faire com- prendre l'élégante disposition. § 0. Système nerveux. L'étude complète du système nerveux du Pyrophore était né- cessaire à un double point de vue. D'abord, il était impossible de fixer avec certitude le véritable emplacement et la nature même d'un ganglion con.sidéré isolément, ainsi qu'on peut s'en rendre compte en examinant la figure qui les représente (PI. Vil) ; en- suite, parce qu'il était utile de préciser la situation des centres et la direction des branches qui en partent pour se rendre aux appareils lumineux. On comprend d'ailleurs l'importance d'une exactitude rigoureuse quand il s'agit de pratiquer des opérations de vivisection sur des parties aussi délicates. I-^n dehors de ces considérations, disons que le système nerveux du Pyrophore est construit sur le même plan que celui de VAthous hirtus, si bien représenté par M. le professeur E. Blanchard du Muséum (1). Cependant, nous avons observé quelques particularités qui ne sont pas mentionnées par les auteurs qui se sont occupés du système nerveux des Coléoptères. Le cerveau (PL VII, c) est peu volumineux; les nerfs qui en par- tent, pour se rendre au labre, aux antennes et aux yeux, ne présentent rien de particulier à signaler. Il est situé immédia- tement au-dessous du vertex, de telle sorte que son axe trans- versal correspond exactement à une ligne fictive passant par l'axe géométrique des yeux. Le ganglion sous-œsophagien (PI. VII, gsœ) est situé dans la partie postérieure de la tête, partie qui s'engage dans le thorax ; il est placé immédiatement en arrière et au-dessus du menton. Ce ganglion envoie trois paires de nerfs situées dans trois plans superposés: celle des mandibules, celle des mâchoires et la paire de nerfs de la lèvre inférieure. (1) E. Blanchard, Recherches anatomiques et zoologiqaes sur le .lynlème nerveux des animaux sawi vertèbres. — Du système )i"rvei(x des Insectes. Ann. d. se. nat., (3), V, p. 357. pi. 11, llg. 3. 181(1. 78 RAPHAËL DUBOIS De ce même gauglion, part une paire de connecliis qui traverse le prothorax jusqu'à la hauteur des appareils lumineux protho- raciques, pour se rendre au ganglion prothoracique (PI, VII, (jpth). Sur leur trajet, les connectifs émettent à leur entrée dans le prothorax une paire de filets nerveux qui décrivent une courbe parallèle au bord du prothorax (PL VII, n) et dont les filets se distribuent aux masses musculaires prothoraciques ventrales. Le ganglion prothoracique envoie une paire de nerfs aux pattes et un filet nerveux, de chaque côté (PL VI, fig. 3, gpth), qui se dirige en arrière des appareils lumineux pour distribuer ses rameaux aux muscles qui les avoisinent. On n'a pu constater la présence d'aucun filet nerveux se ren- dant directement dans la substance même de l'appareil lumineux (V. structure des app. lumin., L'' part., chap. IV, § 3). Les connectifs qui partent de ce ganglion se rendent au gan- glion mésothoracique fPl. Vil, gmsth) dont la forme est presque quadrangulaire et rappelle un peu celle d'un œuf de Raie : il envoie un nerf aux pattes de la seconde paire et un filet nerveux qui innerve les muscles moteurs des élytres. Les connectifs airectent ici une forme toute particulière : au lieu de rester parallèles, ils s'écartent pour se rapprocher de nouveau, de façon à former un anneau complet entourant une saillie de l'entothorax, pour se rendre ensuite au ganglion méta- thoracique (PI. VII, gmtth) : en longueur, ils n'atteignent guère que le quart des connectifs précédents. Le ganglion métathoracique, intimement uni au premier gan- glion abdominal, semble former un tout avec lui; mais, un exa- men attentif permet cependant de distinguer de la masse gan- glionnaire les ganglions primitifs. Du ganglion métathoracique, proprement dit, part en avant une paire de nerfs se rendant aux muscles alaires, et en arrière, des nerfs qui se rendent aux pattes de la troisième paire. Du gangUon premier abdominal (PI. VII, gaj, partent les deux cordons connectifs accolés l'un à l'autre, qui se rendent au deuxième ganglion abdominal (PL VII, gaJ situé à la hauteur du premier stigmate abdominal; de ce ganglion, les connectifs se continuent de proche en proche et relient les troisième, qua- trième, cinquième, sixième et septième ganglions abdominaux (PL VII, g a,, g a,, ... ga,). Le premier ganglion abdominal émet une paire de longs filets LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 79 nerveux (PL Vil, ^a,), qui suivent parallèlement les connectifs; puis, ceux-ci s'écartent brusquement en prenant une direction perpendiculaire à la première, pour se rendre dans les parties situées sur les côtés du premier anneau abdominal et aux stig- mates de cet anneau; du point de courbure se détache un mince filet qui se rend aux muscles de l'appareil ventral. Du deuxième (^/fl-j), du troisième {ga.^)^ du quatrième ganglion {ga^) abdominal, se détache une paire de filets nerveux se distri- buant aux muscles de chaque segment. Immédiatement au-dessus, de chaque ganglion, part un mince filet nerveux qui va jusqu'aux stigmates. Le septième ganglion abdominal {ga^), comme tous les derniers ganglions de la chaîne nerveuse des insectes, est beaucoup plus volumineux que ceux qui le précèdent, pour cette raison fort simple qu'il est formé par la réunion de deux centres nerveux : il représente, en eiTeL les septième et huitième ganglions abdomi- naux. De cette masse ganglionnaire (7^ centre), part de chaque côté un grêle filet nerveux dont les divisions terminales se distribuent aux muscles du dernier anneau. En dedans, naît une paire de nerfs qui se rend aux organes génitaux (PL VII, ng) ; ce sont les nerfs les plus volumineux. Près de la racine des nerfs génitaux, se détache une paire de nerfs récurrents (Pi. Vil, ur), qui remonte parallèlement à la chaîne ganglionnaire, jusque dans le métathorax, pour distribuer leurs fines terminaisons au tube digestif. Nous appelons particulièrement l'attention sur ces filets ner- veux dont nous n'avons vu nulle part mentionner l'existence. § 5. Organes génitaux. Appareil mâle. On peut diviser en deux groupes les organes qui concourent à la formation de l'appareil génital mâle : 1" or- ganes essentiels spermatogènes ; 2'^ organes annexes, destinés à fournir les sécrétions accessoires et à servir de réservoirs sper- matiques. Les organes spermatogènes du PjTophore (PL VIII, fig. i, os) sont constitués essentiellement par une paire de très longs tubes terminés en cœcum. A leur extrémité terminale, ils prennent l'aspect d'un renflement cylindrique sinueux situé sur les parties 80 RAPHAËL DUBOIS latérales de l'abdomen, de chaque côté de la dernière portion de l'intestin. Au dessus de ce renflement, le tube devient plus mince, grêle, et va en remontant passer au-dessus des organes que nous allons décrire, en formant de nombreuses sinuosités pelotonnées qui leur donnent l'aspect des tubes de Malpiglii. Arrivés vers la réunion des deux tiers inférieurs de la cavité abdominale avec le tier- supérieur, ils se reploient vers la ligne médiane, passent au- dessous de la masse des organes annexes et viennent déboucher à la partie inférieure du carrefour où aboutissent tous les canaux déférents. Les organes annexes se composent de deux systèmes de cœcum glandulaires servant en même temps de réservoirs. Deux supérieurs, beaucoup plus volumineux, se présentent sous la forme de deux cornes épaisses, recourbées, obtuses à leur extrémité qui est tournée en dehors : leur bord antérieur est convexe en avant (PL VIII, fig. i, oa). Ces deux organes débou- chent largement dans le carrefour commun. Quatre autres tubes (PL VIII, fig. i, o,«i), réunis par paires situées de part et d'autre au-dessous des précédents, complètent ces organes annexes. Ils débouchent largement au-dessous des précédents par une ouverture unique un peu au-dessus du point d'arrivée des tubes spermatogènes. De cet orifice commun, part le tronc large et court qui résulte de la fusion de cette paire de tubes. Ceux-ci vont en divergeant, l'un vers la partie inférieure de l'abdomen, l'autre vers la partie supérieure. L'extrémité terminale du tube inférieur se trouve en rapport, par sa face postérieure, avec les dernières portions du cœcum spermatogène qu'elle recouvre en partie, tandis que l'extrémité terminale du tube supérieur va se mettre en contact avec la grande courbure des vastes réservoirs supérieurs. De la partie inférieure du carrefour, part un tube en S, dont l'anse antérieure a sa convexité dirigée à droite, tandis que celle de la seconde, plus courte, est dirigée vers la gauche. Ce tube en S représente le canal déférent commun. Il est en rapport, par sa face supérieure, avec le rectum qui passe au-dessus de lui et ne le recouvre complètement que dans sa partie tout à fait terminale qui seule est rectiligne (PL VIII, fig. i, s). Le canal déférent aboutit à une verge droite sur les côtés de laquelle se trouve une paire de pièces annexes que Léon Dufour a nommée « les forceps » ; ces parties sont recouvertes par le py- gidium(PL VIII, fig. i,py). LES ÉL\TÉRIDES LUMINEUX 81 Le pygidiiim (PI. VIII, fig-. m et iv) est le seul organe extérieur dont la forme soit suffisamment caractéristique pour distinguer le sexe chez le Pyrophore noctiluque. La description du pygidium du mâle sera donnée à propos de celui de la femelle. Appareil femelle. — L'appareil femelle comprend, comme celui de tous les Insectes, des organes ovigères et des organes annexes. Les organes ovigères sont représentés par des gaines fusiformes, au nombre de quatre de chaque côté. L'aspect général de ces gaines change selon l'état de développement des œufs. Au mo- ment de la ponte, au lieu de présenter l'aspect moniliforme ordi- naire dans toute leur étendue, ces gaines s'élargissent vers leur partie inférieure dans laquelle, au lieu d'une simple rangée d'oeufs, on distingue deux séries parallèles d'oeufs o.ccolés par paires (PI. VIII, tig. ii, go). L'extrémité supérieure de ces gaines, qui est occupée par les chambres ovigères, pénètre en s'effîlant dans le thorax pour aller se terminer à la région supérieure du prothorax, où elle va se confondre avec le tissu conjonctif qui rattache le cœur à la paroi dorsale. Les quatre gaines se réunissent au niveau du bord antérieur du cinquième anneau pour former de chaque côté lecalyce dont la partie inférieure tubuliforme se dirige en se recourbant légère- ment vers la région médiane et profonde où il va déboucher à la naissance de l'oviducte (PI. VIII, fig. ii, o). Cet oviducte, renflé en ce point, se dirige directement au-des- sous du rectum, vers l'armure génitale. De chaque côté de la partie renflée de l'oviducte, sont situées deux poches sessiles (PI. VIII, fig. n, rs) qui, dans la figure que donne Léon Dufour de l'appareil génital de VElater [Agriostes] gilvellus, sont représentées par deux cœcum en forme de crois- sant (l). Cet appareil, déjà réduit chez les Pyrophores, n'exis- terait pas chez VElater[Lacon] murinus (2). Léon Dufour le désigne simplement sous le nom de vésicules ou réservoirs particuliers, quand il existe. Dans ces conditions, il ne peut être assimilé qu'à des réservoirs séminaux. La partie rentlée de l'oviducte est surmontée d'un organe ovoïde rattaché au précédent par une partie étranglée (PL VIII, fig. n, pc). De la partie antérieure et moyenne de cet organe part en dessous (Ij Ami. d. Se. nat., VI, pi. 17, ti.i;. 10, 1825. (•2) Lor. cit.. fis. 8. S2 RAPHAËL DUBOIS iiii tube contoiimé d'un diamètre à peu près égal à celui des tubes de Malpiglii (Pi. VIll, fig. ii, t) qui décrit plusieurs circonvolutions appliquées directement sur la face supérieure de l'organe ovoïde. Au sommet de ce même organe, vient déboucher un canal court eu S ramassée, qui reçoit à son extrémité supérieure les conduits d'une glande en grappe, dont les nombreux rameaux se rabattent vers l'extrémité de l'abdomen où ils occupent les régions laté- rales, jusqu'au dessus des calyces (Pi. VllI, iig. ii, gs). Ce sont CCS glandes que Léon Dufour appelle « glandes sébacées ». 11 n'établit pas la nature du tube contourné à circonvolutions, qui, en réalité, est l'homologue d'un tube semblable au cœcum que l'on trouve chez le Dytique, l'Hydrophile, etc., et que cet auteur considère, chez ces insectes, comme une glande sébacée. Quant au corps ovoïde, dont Léon Dufour n'établit pas non plus les homologies, il doit, en réalité, être considéré comme une poche copulatrice. Du pygidium dans les deux sexes. — Ainsi que nous l'avons dit, le pygidium est le seul organe extérieur qui permette de distinguer les deux sexes ; les caractères dillerentiels tirés de la taille des Insectes, des diamètres des yeux ou de leur saillie plus ou moins prononcée, etc., n'ont aucune valeur, tandis que la forme du pygidium est tout à fait différente d'un sexe à l'autre et absolu- ment caractéristique. Le pygidium de la femelle observé par sa face supérieure rap- pelle la figure d'une mitre vue de face et dont le sommet serait dirigé en arrière (PI. VIII, fig. ii et iv). Son bord antérieur et su- périeur est sinueux. Ses bords latéraux présentent, vers l'union des deux tiers antérieurs avec le tiers postérieur, un petit mame- lon blanchâtre dépourvu de poils. Le sommet de la mitre est obtus et bordé d'une bande blanche qui va d'un mamelon à l'autre. La face supérieure, presque plane, d'un brun roussàtre, est cou- verte de poils longs et fins, de même couleur. La face inférieure a la forme d'un lozange tronqué à sa partie antérieure. De chaque angle latéral du lozange, part une ligne sinueuse présentant deux petites concavités latérales et une grande courbure à convexité antérieure. Cette ligne limite un espace blanchâtre. Les bords postérieurs seuls sont garnis de uoilé roussâtres de la même couleur que le reste du pygidium. Le pygidium du mâle présente une forme absolument ditTérente : en dessus, au lieu d'offrir l'aspect d'une mitre vue de face, il LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 83 rappelle la figure de cet objet placé de profil (PL VIII, fig. i et m). La face supérieure est formée par raccolemenl de deux pièces ogivales, un peu irrégulières, réunies sur la ligne médiane par leur bord interne. En arrière, la pointe des ogives délimite un espace triangulaire, à sommet arrondi, qui forme une large échan- crureàla partie postérieure et médiane dupygidium. Cette échan- crure laisse voir la face supérieure des tergites de l'armure géni- tale. Le bord antérieur du pygidium n'est pas sinueux comme chez la femelle, et présente à ses deux extrémités deux pointes dirigées en avant et en dehors, qui forment les angles antérieurs. Les bords antérieurs du pygidium, légèrement curvilignes, sont garnis d'une rangée de poils fins. Dans son ensemble, cette face du pygidium du mâle représente donc une surface plane divisée en deux par une soudure médiane bifurquée à sa partie posté- rieure, où elle -dessine un petit triangle isocèle, à base tournée en arrière et précédant immédiatement la grande échancrure. La face inférieure du pygidium du mâle est représentée par un segment d'ovoïde à pointe postérieure : sa couleur est uniformé- ment roussàtre; elle est dépourvue de poils. Quant aux armures génitales, qui n'ont d'ailleurs, au point de vue qui nous occupe, qu'une importance secondaire, elles sont dans le genre Pyrophore, d'après M. le Professeur de Lacaze- Duthiers, entièrement semblables à celles des Taupins de notre pays et à celles de YAgripnus senegaleasis qu'il a particulièrement étudié dans son travail classique sur l'Armure génitale des Insectes. CHAPITRE IV. AnATOMIE et HISTOLOGIE DES ORGANES LUMINEUX. g 1 . — Historique. Les premières notions sur la texture des organes lumineux des Pyrophores sont dues à Macartney (1810), qui a donné une description de ce qu'il a pu distinguer en examinant à la loupe les organes prothoraciques. Son observation est accompagnée de trois figures : les deux premières représentent Y FAatcr (Pxjro- M RAPHAËL nUBOIS phorus) noclilucus et l'organe lumineux vu à la loupe, la troisième montre YElater (Pyrophorus) ignitins. Il semble ignorer l'existence de la plaque ventrale et ne parle que des organes du corselet. Ceux-ci seraient constitués , d'après cet observateur, par une substance jaune particulière, placée derrière une partie diaphane du tégument, qui laisse voir, par transparence, la couleur natu- relle de cette matière dans le jour et permet le passage des rayons lumineux, quand l'organe est éclairant. « En disséquant » dit Macartney « les organes lumineux de Y Elater noctilucus, on les trouve composés d'une délicate substance jaune, de forme ovale, logée dans la concavité des taches jaunes du corselet, qui sont particulièrement minces et transparentes dans cette espèce. » Cette substance est remarquablement serrée dans sa struc- ture qui, à première vue, apparaît comme une masse inorganisée; mais, avec une loupe, on reconnaît qu'elle est réellement com- posée d'un grand nombre de très petits lobules étroitement ap- pliqués les uns contre les autres : autour de ces masses, la sub- stance interstitielle du corselet est arrangée d'une manière radiée. » Macartney indique également qu'un faisceau musculaire du corselet naît de l'intérieur des masses ovales de la substance lumineuse. Chez V Elater (P y rophoriis) ignitius, d' après le même auteur, la configuration des masses musculaires est tout à fait irrégulière. Ces masses sont situées presqu'à la partie postérieure des angles du corselet : elles sont formées d'une matière plus lâche que celle que l'on trouve chez VElater {Pyrophorus) noctilucus, ressemblant par sa structure à la substance interstitielle qui entoure les masses de cette dernière espèce. Le tégument du cor- selet est mince et transparent des deux côtés et principalement sur les bords latéraux; mais, au-dessus des organes lumineux, il n'est ni bombé, ni plus particulièrement mince et clair, ce qui expliquerait le peu d'éclat de la lumière dans cette espèce. Lacordaire (1830) reconnaît que la substance de l'insecte n'est pas lumineuse comme l'ont prétendu Brown et Latreille ; mais, qu'elle est localisée dans trois « appareils phosphoriques », dont deux en forme de taches arrondies, près des angles postérieurs du corselet et sans communication l'un avec l'autre. Le troisième serait situé à la partie postérieure du mésothorax, ce qui est, nous le savons, une erreur, dans une cavité triangulaire, aplatie et tapis- sée d'une membrane extrêmement fine et légèrement cornée à son LES ELAïEHlDEri LUMINEUX 85 ouverture. « On peut » dit Lacordaire « en s'y prenant avec adresse, après avoir passé l'Insecte à l'eau bouillante, détacher cette membrane et alors elle ressemble à une poche contenant la matière phosphorique. » C'est en 1850, que le premier examen microscopique a été pra- tiqué, à l'aide des réactifs chimiques, sur la Mouche de Cuba, par le docteur Burnett. Cet examen, fait immédiatement après la mort de l'Insecte, lui a montré que la phosphorescence sortait de globules graisseux traversés par des trachées. Il n'a pas trouvé trace de nerfs et de « vaisseaux »; il ajoute qu'il est difficile de préciser le point où se forme la lumière, celle-ci s'éteignant avee les réactifs. En examinant la matière particulière dont dépend la lumino- sité, ou dans laquelle elle se manifeste, Perkins (1867) a trouvé qu'elle est composée, en grande proportion, de graisse dans laquelle existent des trachées et une grande quantité de nerfs : « La matière grasse est comme une craie très blanche et donne l'apparence des globules gras. Si on l'étend sur du papier et si on la chauffe, elle laisse une tache grasse; quand on fait digérer cette masse dans l'éther, la matière grasse se dissout, laissant en grande abondance des nerfs et des trachées. » Perkins indique l'existence de la fine membrane qui recouvre la plaque abdominale et constate qu'elle ferme complètement l'animal en dessous. A l'intérieur, la matière lumineuse n'est pas bien limitée, les vaisseaux des autres points du corps étant contigus avec elle, cependant elle est distincte. Dans le thorax, elle est également distincte et l'auteur indique bien que les deux membranes convexes ovales transparentes, qui sont de nature cornée, sont séparées de l'organe lumineux par une membrane mince et transparente; mais Perkins en fait une enveloppe spéciale, remplie de nerfs, et aussi de trachées auxquelles il fait jouer le principal rôle dans la production de la lumière (V. -l^ part., ch. IV, g 6). On doit àM. Heinemann un travail plus complet que ceux de ses prédécesseurs et qui fut publiée en 1872. Ce savant a étudié l'anatomie et l'histologie des organes lumineux des Pyrophores delà Vera-Cruz sur des individus appartenant à deux espèces, une grande et une petite, mais qu'il n'a pu déterminer. La posi- tion des organes lumineux prothoraciques situés «au voisinage des bords externes, près des angles faisant saillie en arrière », nous 86 RAPHAËL DUBOIS fait supposer, d'après le tableau de la distribution géographique des Pyrophores (V. p. 34 et 35), qu'il s'agit d'individus apparte- nant à la X^ section de M. Gandèze. Cet auteur, le premier, a bien indiqué la position de l'organe ventral. Dans l'espèce qu'il a observée, il a trouvé des différences entre l'organe lumineux du mâle et celui de la femelle; chez le mâle, il remplit complètement la coupe transversale de l'abdomen, tandis que chez la femelle il est plus petit et a la forme d'une lame triangulaire qui « s'est développée par deux moitiés latérales symétriques, comme le montre un fin sillon longitudinal et de légères incisions en haut et en bas : à angle droit sur le sillon longitudinal s'en montre un horizontal. » Nous verrons qu'il y a lieu de donner à ces sillons une signification toute différente. M. Heinemann distingue dans l'organe abdominal deux couches qu'il n'a pu séparer que difficilement par la solution de potasse à 35 p. 0/0, ce qui n'est pas surprenant, car la connaissance de la véritable texture de l'organe lumineux , qui lui a échappée , montre qu'il est inutile de tenter cette séparation. Quoi qu'il en soit, cet observateur admet l'existence de deux couches distinctes : 1° Une couche externe épaisse, éclairante, colorée par un pigment jaunâtre clair, qui, pendant l'éclairage devient transparente ; 2° une couche postérieure, plus mince complètement blanche, comme calcaire, non éclairante. D'après M. Heinemann, les cellules éclairantes de la couche superficielle apparaissent comme des amas arrondis; le champ du microscope est alors rempli de granulations à contours nets et à mouvements moléculaires rapides, ainsi que de grosses gouttes à forte réfringence. 11 a trouvé également, en se servant de sérum artificiel ou de « sang de Coléoptères «, des cellules arrondies ou allongées dont le diamètre oscille entre 2o [x et 42 ;x, consistant en une substance finement granuleuse, avec un noyau arrondi, renfermant un nucléole ou encore une masse finement granuleuse. Ces cellules n'ont pas de membrane : elles sont rarement polyédriques, le plus souvent en parallélogrammes, à angles arrondis, il y a des déviations en rond, en ellipse, en forme de feuille, etc. Le sang des Coléoptères nous paraît un véhicule mal choisi pour étudier les éléments anatomiques de ces organes délicats en raison des globules amœboïdes granuleux qu'il contient. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 87 Il est bien évident que la texture du tissu des organes lumi- neux du Pyrophore n'a pas été comprise par M. Heinemann qui a trouvé les cellules lumineuses très adhérentes aux trachées dont on ne pouvait les séparer par la potasse à 35 p. 0/0 sans en- traîner des fragments des branches trachéennes : « elles sont » dit-il « disposées sur les trachées comme des perles dans un collier ». Les cellules lumineuses seraient donc traversées par les trachées, opinion émise parSchullze autrefois au sujet des or- ganes lumineux de? Lampyres, mais complètement abandonnée aujourd'hui. La couche non lumineuse serait formée de trachées, de conglomérats, de petits granules à contours nets, mais ne contiendrait pas de cellules. Ajoutons que, selon M. Heinemann, le liquide qui baigne les organes lumineux n'est pas identique au sang pris dans le vaisseau dorsal, par exemple : il y a trouvé cependant, à l'état frais, une grande quantité de globules du sang incolores. L'auteur de ces recherches indique en outre l'action d'un cer- tain nombre de réactifs sur les cellules lumineuses ; nous aurons l'occasion de revenir sur cette partie du travail du savant alle- mand à propos de l'examen histochimique des organes lumineux (V. 2° part., chap. V). MM. Robin et Laboulbène ont publié un an plus tard, en 1873, une étude histologique des organes lumineux du Gucujo de Cuba. M. Heinemann a reproché à ces auteurs de n'avoir pas fait men- tion de ses recherches ; il est vrai de dire que lui-même ne parle pas de ceux qui l'ont précédé dans cette voie et dont nous avons cru devoir analyser les travaux au commencement de ce chapitre. MM. Robin et Laboulbène décrivent également deux couches: l'une est profonde et entièrement formée de cellules à parois hyali- nes, à contenu formé de gouttelettes graisseuses, comme dans le tissu adipeux des Insectes : l'autre couche est formée de cellules irrégulièrement polyédriques qui ne diffèrent pas sensiblement de celles des organes lumineux des Lampyres, à angles arrondis, assez molles, friables, difficiles à séparer les unes des autres, épaisses de 4 a à Q'j., sans paroi propre, avec un noyau relative- ment petit de 7a, un peu grenu^ sans nucléole. Elles contiennent des granulations « d'urate d'ammoniaque ou de soude en grande abondance. » Cependant, il est dit, dans cette note, qu'aucun d'eux ne peut être reconnu comme salin (V. 2° part., chap. V). Quanta la structure, MM. Robin et Laboulbène indiquent seule- ment que les cellules sont immédiatement contiguës les unes aux 88 KAPIlAiX DUBOIS autres et qu'entre leurs faces adjacentes on ne trouve que des nerfs et des trachées sans que la masse ainsi constituée soit dis- t'ribuée en lobes ou lobules. 11 est difficile, d'après ces données, de se faire une idée exacte de la texture de l'appareil, ce qui tient sans doute à ce que les savants, dont nous venons de parler, ont recherché l'explication du phénomène lumineux en s'appuyant surtout sur la structure et l'histochimie des éléments histologiques considérés isolément, bien plutôt que sur l'anatomie de l'organe et la texture des tissus q.ui entrent dans sa composition. Dans l'étude qui fait l'objet de ce chapitre nous n'avons cherché à pénétrer la texture et la structure intime de l'organe qu'après avoir examiné avec attention toutes les particularités anatomiques qu'il pouvait présenter (1.) % -l. — De r organe himinetix de la larve du Pi/rophore. Chez la larve du premier âge, il n'existe qu'un foyer lumineux situé, ainsi que nous l'avons dit (chap. II, § 6), dans l'espace occu- pant la partie postérieure du premier anneau (segment cépha- lique) et la partie antérieure du second (segment prothoracique) ainsi que l'espace interannulaire compris entre les deux. Cet organe médian est, en réalité, composé de deux moitiés symé- triques qui, par leur forme et leur disposition, rappellent la figure de section horizontale et médiane de l'encéphale de l'homme. Vues par transparence, elles présentent l'aspect de deux masses protoplasmiques h^^alines remplies des granulations particulières que l'on retrouve dans les organes de l'insecte lumineux par- fait. Ces masses paraissent entourées d'une très fine membrane translucide : elles se rapprochent beaucoup par leur constitution des organes lumineux de la larve des Lampyrides si bien décrits et figurés par Targioni Tozzetti (2) ; mais , elles s'en éloignent considérablement par leur situation anatomique et les rapports qu'elles contractent avec les autres organes. On se rendra faci- lement compte de leur situation et de leur configuration en se reportant au dessin qui en a été donné (PI. II, «p-Z). (!) Les recherches relatives à la testure et à la structure de ror,2;ane ont été faites en grande partie dans le laboratoire d'Anatomie pathologique de l'Hôpital des Quinze-vingt, placé sous la savante direction de notre excellent ami, M. le Doc- teur Henzcl. (2) Targioni Tozzetti Bull, délia Soc. entoni. Ital., III. p. 383 et suiv. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 89 Ainsi que nous l'avons déjà mentionné, la larve du second âge diffère de celle du premier âge en ce qu'elle porte des points lu- mineux sur tous les anneaux. Le foyer médian céphalo-prothora- cique persiste : puis, sur les huit premiers anneaux abdominaux, se développent, de la tête à l'extrémité, trois points brillants pour chaque anneau : leur groupement en séries linéaires forme trois cordons d'illuminations parallèles, quand le phénomène a acquis son complet développement. De plus, le dernier anneau porte un foyer unique. Sur les coupes transversales faites sur des larves du premier et du second âge, au niveau de l'appareil méditin antérieur, on distingue seulement la présence d'une substance possédant des propriétés optiques particulières sur lesquelles nous aurons à revenir et formant une masse elliptique située au-dessous de l'in- testin ; cette substance contient une grande quantité de granula- tions biréfringentes. Au niveau des points brillants latéraux, dans les anneaux sui- vants, la cuticule forme des renflements situés un peu au-des- sous du stigmate. De ce stigmate, partent deux troncs trachéens qui embrassent la base du renflement, sans pénétrer dans sa profondeur (1). Sur une coupe transversale menée perpendiculairement à l'axe du corps de l'animal (PI. IX, fig. !,<:./), on voit nettement que la substance lumineuse est enfermée dans une saillie de la cuticule étranglée à sa base. L'intérieur de cette sorte de poche reste en communication avec la cavité générale. Cet organe larvaire offre une grande analogie, dans ses traits généraux, avec l'organe ventral que nous allons étudier et qui ressemble, comme le disait Lacordaire, à « une poche contenant la matière phos})horique. » § 3. — Situation^ rapports, anatomie, texture et structure des organes lumhieux chez V Insecte parfait. A. Appareil ventral ou ahdoyninal. — Ainsi que nous l'avons déjà dit, l'appareil lumineux ventral n'a aucun rapport avec le thorax, il est une dépendance absolue du premier anneau abdominal : il occupe la région médiane du sternite du premier zonite de l'ab- domen. Il) On ne peut se rendre compte de la disposition de ces rameaux trachéens qu'après avoir fait pénctrei- dans leur cavité un liquide coloré. 90 RAPHAËL DUBOIS La forme extérieure de l'organe varie beaucoup suivant que l'Insecte ouvre ou ferme l'espace compris entre la partie libre de la face antérieure du premier zonite abdominal et celle de la face postérieure du métatliorax. Dans l'attitude du repos, c'est-à-dire quand les ailes sont fer- mées, si l'on pratique une coupe antéro-postérieure médiane divisant l'animal en deux parties égales symétriques , on voit (fig. xvi) que l'appareil lumineux, quand il n'est pas en acti- vité, a la forme d'un bissac dont l'ouverture serait tournée du côté de la cavité abdominale. Les deux saccoches de ce bissac, plus développées dans le sens transversal, occupent une partie de l'espace laissé libre entre l'abdomen et le thorax. Sur la coupe (fig. xvi), on voit que leur section moyenne est comprise dans un espace triangulaire à sommet dirigé en bas et dont la base est occupée par une membrane très mince, tandis que le côté anté- rieur et une partie du côté postérieur représentent une section pratiquée dans une portion chitineuse épaisse du tégument des deux anneaux contigus. Si, au contraire, on examine la plaque ventrale quand l'Insecte est dans l'attitude du vol, c'est-à-dire quand les ailes et les élytres étant écartées, la pointe de l'abdomen est relevée en haut, on constate que l'appareil lumineux ventral a pris l'aspect, vu de face, d'une plaque médiane en forme d'écusson (PI. lll,pv), accolée à la partie antérieure et inférieure du premier zonite abdominal, dont elle occupe presque toute la région moyenne et inférieure. Elle a sa plus grande largeur suivant une ligne trans- versale marquée par un sillon qui divise la plaque en deux parties inégales. Cette largeur est en moyenne de quatre à cinq milli- mètres, tandis que , sur la ligne médiane, l'organe est moins long que large (PI. III , jw). C'est vers l'union du premier tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs de la ligne mé- diane de l'organe que se trouve situé le. sillon transversal. Dans celui-ci s'ouvre à angle droit un second sillon plus court antéro- postérieur occupant seulement le tiers antérieur de la ligne mé- diane, puisqu'il se jette perpendiculairement dans le sillon trans- versal où il se termine. Dans l'espèce que nous avons étudiée, la forme et les dimen- sions sont à très peu de choses près les mêmes chez les mâles et chez les femelles. Le bord antérieur sinueux présente à sa partie moyenne une échancrurc indiquant l'origine du sillon anléro-postérieur. Bien LES ÉLATÉRIUES LUMINEUX 91 que ce sillou se termine en réalité au milieu du sillon transversal, on pourrait croire qu'il se rend jusqu'au bord postérieur, en raison de l'existence d'un repli cutané qui le continue jusqu'à la pointe cliitineuse, laquelle limite en bas la partie médiane du bord antérieur du premier anneau abdominal. Le bord postérieur de la plaque se moule sur les contours de ce bord antérieur du sternite du premier zonite abdominal; mais, il ne s'y insère pas. On peut, en efïet, en promenant entre ce bord libre et le bord sternal de la plaque la pointe mousse d'un crayon, par exemple, s'assurer qu'il existe là un sillon profond indi- quant que l'appareil ventral a gardé sa forme pédonculée et qu'il est bien constitué encore par un sac, mais ce n'est plus un bissac; celui-ci, s'étant déployé par un mécanisme que nous explique- rons ultérieurement (2'' part., cli. IV, § 4), forme maintenant une poche unique. Le bord antérieur, au contraire, se continue direc- tement avec la membrane interanuulaire, mince et transparente, qui réunit l'appareil ventral au métathorax. Cette membrane, qui se trouve tendue par le relèvement de l'abdomen, présente un sillon en relief qui part de la partie moyenne de la face postérieure du métathorax pour aboutir à l'échancrure du bord antérieur de l'appareil lumineux. Le sillon en relief indique la présence d'une gouttière qui met en commu- nication l'appareil lumineux avec la cavité du métathorax, quand l'abdomen est dans l'extension. Vers le tiers antérieur de ce sillon on observe un petit hiatus qui pourrait faire croire à l'exis- tence d'un canal s'ouvrant à l'extérieur, mais on peut s'assurer facilement qu'il ne s'agit que d'un petit cul-de-sac fermé, produit par la rétraction de la membrane interannulaire. Lorsque la plaque ventrale n'est pas éclairante, elle présente une couleur blanc-jaunâtre dans toute sa surface, qui est seule- ment encadrée d'une bordure de substance plus blanche, comme crayeuse. Il est possible, l'Insecte étant dans l'attitude du repos, de forcer le bissac à se déployer sans faire intervenir le mouvement d'exten- sion ; il suffit pour cela de pousser, avec une certaine force, une injection dans la cavité générale (1). Sa section médiane prend (1) Je me suis servi avec avantage, pour la préparation des Insectes destinés à fournir des coupes d'ensemble, d'injections d'une solution épaisse de gomme ou de gélatine colorée soit avec le carmin, soit avec le bleu de Prusse dans la cavité générale : les Insectes ainsi injectés sont immergés ensuite dans l'alcool absolu. 92 RAPHAËL DUBOIS alors la lorme a. Dès lors : Ax = Sin'w, Bx = 6 Sin^a. Calcul de Ax : (1) A. Crova, Journal de physique, VIII, p. 88. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 115 Longueur d'onde Sin*co F.... 48S;x68 496.67 0.00273 508.05 0.00799 E.... 521.64 0.0121 528.56 0.0128 535.88 0.0121 551.97 0.00961 569.67 0.00486 D 589.22 0.00170 636.09 Si l'on prend pour abscisses les longueurs d'onde et pour or- données les nombres de la deuxième colonne, on voit que le maximum de lumière correspond pour le spectre continu donné par l'animal à la longueur d'onde 528^56. L'aire comprise entre la courbe et l'axe des longueurs d'onde peut servir à définir la force vive lumineuse fournie par l'animal. Calcul de Bx : Longueur d'ondo 6 Sin'a 457^l;.34 0.2925 465.93 0.3470 475.46 0.3658 F . 485.68 0.3848 496.67 0.3658 508.05 0.3510 E ... 521.64 0.3470 528.56 0.3510 535.88 0.3470 551.97 0.3376 569.67 0.3012 D . 589.22 0.2836 610.80 0.2706 636.09 0.2328 G....) 664.53 0.1712 B....V'697.06 0.1498 Si l'on prend pour abscisses les longueurs d'onde et pour ordonnées les nombres de la seconde colonne, on voit que le maximum correspond à 496w67. L'aire comprise entre la 116 RAPHAËL DUBOIS courbe, l'axe des longueurs d'onde et les deux ordonnées extrêmes, peut servir à définir la force vive fournie par la bougie. Une construction graphique donne le moyen de comparer aisé- ment les résultats obtenus. La comparaison de ces deux courbes, telles qu'elles résul- tent des nombres trouvés dans les expériences que nous avons faites avec M. Godard, donne lieu à quelques remarques intéres- santes. Elle permet de voir que l'aire comprise entre l'îixe des lon- gueurs d'onde et la courbe est, pour la lumière du Pyrophore, presqu'en totalité occupée par les rayons verts et jaunes; ces derniers comprenant environ les deux tiers de cette aire. On remarque également que le maximum d'intensité corres- pond à la longueur d'onde 528.56 ; or, cette longueur d'onde se trouve être précisément la même que celle qui a été indiquée par M. Charpentier (1) pour le maximum de clarté dans le spectre solaire. On voit également que, pour la bougie, le maximum ne corres- pond plus qu'à la longueur d'onde 496[x67 et se trouve par consé- quent reporté du côté des rayons les plus réfrangibles. On devrait obtenir, d'après les expériences de Dove, un résultat inverse si la composition du spectre des Gucujos devait ses propriétés à la faiblesse relative de son intensité (2). Enfin, l'aire délimitée par la courbe des intensités de la bougie et la ligne des longueurs d'onde n'est occupée que dans une partie beaucoup plus restreinte par les rayons jaunes. En comparant les surfaces limitées par les courbes et la ligne des abscisses, on trouve que la valeur photométrique d'un appareil prothoracique de Pyrophore serait d'environ de ~ bougie du Phénix (de 8 à la livre). Si l'on admet que l'appareil ventral possède un pouvoir éclai- rant double d'un des appareils prothoraciques, on voit qu'il fau- drait trente-sept à trente-huit Pyrophores lumineux à la fois par tous leurs appareils pour éclairer un appartement avec la même intensité qu'une bougie. Mais, il convient de ne pas attribuer à ces données une valeur absolue, qui d'ailleurs ne présenterait qu'un intérêt secondaire. (1) Charpentier, Loc, cit. (2) V. p. lit), Remarque. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 117 L'observation directe démontre que le pouvoir éclairant peut varier d'un insecte à un autre et, chez le même insecte, d'un mo- ment à un autre et d'un appareil à l'appareil correspondant. Le véritable intérêt de ces recherches consiste donc principa- lement dans la détermination de la composition relative de la lumière des Pyrophores. Nous allons voir que pour évaluer la valeur comparative de l'action exercée par la lumière des Cucujos sur la rétine, il serait préférable d'adopter une méthode plus physiologique que celle du spectrophotomètre. g 3. Longueur d'onde moyenne. La longueur d'onde moyenne de la lumière diffractée fournie par un des appareils prothoraciques, donnant le maximum de son pouvoir éclairant, a été déterminée à l'aide d'un réseau: on a trouvé les deux nombres suivants : 0.538 0.522 dont la mo3'enne est 0.530 Ce résultat confirme l'exactitude de celui qui a été obtenu à l'aide du spectrophotomètre de M. Gouy , car, en faisant la moyenne des longueurs d'onde fournies parles diverses zones du spectre, on trouve le nombre très approché de 0.533. Ce nombre est voisin de celui qui a été fixé par Mascart pour la raie verte du thallium et qui est 0.535. On sait que le mot thallium est tiré de « Sa)loq » qui signifie « rameau vert ». Or, l'impression produite sur la rétine par la lumière des Pyrophores ne peut mieux se comparer qu'à celle que donne la lumière du jour tamisée par un rideau de feuillage. M. Lecoq de Boisbaudran (1) a trouvé que le spectre de l'hy- drogène chargé de phosphore donne des bandes : une première à la longueur d'onde : 599.4 (bande presqu'invisible avec une fente étroite), une seconde à la longueur d'onde : 560 ^c'est une des raies considérées par cet auteur comme caractéristique de l'hy- drogène phosphore) ; une troisième correspondant à la longueur d'onde 526.3, notablement plus forte que les autres, surtout si (1) Lecoq (le Boisbaudran, S/JCC/res lumineux, 1874, p. 187. 118 RAPHAËL DUBOIS l'on arecours, pour la produire, au procédé de M. Salet (1); et enfin, une dernière bande correspondant à la longueur d'onde 489. La lumière émise par le Pyrophore donne un spectre qui com- mence et finit aux mêmes points et dont le maximum a la même longueur d'onde sensiblement; mais, entre ces deux spectres, il existe une différence profonde, puisque celui du Pyrophore est continu, alors que celui du phosphore brûlant dans l'hydrogène est discontinu. Quant au spectre de l'acide phosphorique introduit dans la flamme, il donne bien un spectre continu, mais il est beaucoup plus étendu que celui que nous avons observé. g 4. Propriétés organolepiiques. Examinée à l'œil nu, la lumière des Pyrophores produit, comme il a été dit plus haut, à peu près la même impression que celle de la lumière solaire traversant un feuillage vert pâle, mais il n'y a pas identité absolue : en réaUté, cette lumière animale produit sur la rétine une action très vive et tout à fait spéciale. Perkins, ne connaissant pas d'expression convenable, se sert du mot : « intangible » pour rappeler le caractère si particulier de la lu- mière du Pyrophore. Cet effet singulier ne peut être mieux com- paré qu'à celui que déterminent les rayons émanant des corps fluorescents, soit lorsqu'on les examine à la lumière du jour sous une certaine incidence, soit lorsque l'on fait agir sur eux les rayons les plus réfrangibles du spectre. On verra plus tard qu'il n'y a pas seulement analogie mais bien identité absolue entre ces deux phénomènes (V. 2" part., chap. IV, § 3) et que V éclat particu- lier de la lumière des Pyrophores n'est pas causé, comme le pensent MM. Robin et Laboulbène, par « des phénomènes d'inter- férences dûs à des dispositions particulières ». La lumière des Pyrophores est plus verte que celle des Lam- pyres noctiluques qui est plutôt bleuâtre, et elle est beaucoup plus fortement teintée que celle de la Luciole d'Italie qui est plus pâle et un peu dorée, quoique très vive. Il nous sera facile de démontrer (V. composition du sang, 1" part., chap. IV, §3) que ces variations dans la coloration ne doivent pas être attribuées aux différences d'intensité de la lumière émise par ces divers Insectes, ainsi qu'on serait tenté de le croire, d'après les expériences de (1) Salet, Ann. de Chim. et de Phys., janvier 1873. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 119 Dove (1), et aussi, d'après cette considération, que dans l'œuf et dans la larve du Pyrophore, dont le pouvoir éclairant est beaucoup plus faible, la lumière est bleuâtre. Les variations de coloration de la plaque ventrale pendant le vol , dont parle Gosse , sont dues uniquement à la nuance rouge des élytres et des ailes qui réfléchissent la lumière ou la laissent voir par transparence, selon les attitudes variées que prend l'Insecte dans ses rapides évolutions aériennes. On pourrait être surpris en constatant que cette lumière si vive dans l'obscurité, si éblouissante lorsque le foyer d'où elle s'é- chappe est placé près de l'œil, ne laisse pas d'impression persis- tante sur la rétine, si l'on ne savait, d'après les recherches de Plateau (2) que l'intervalle du temps pendant lequel une impres- sion se conserve sans perte sensible est d'autant plus grand que l'impression est moins intense. Ceci nous explique pourquoi, lorsque l'Insecte vole en rond avec cette extrême vitesse qui lui est propre, on ne voit pas un cercle lumineux continu, comme lorsqu'on fait tourner avec ra- pidité un charbon ardent, mais bien une succession extrême- ment rapide de vives étincelles d'une très courte durée qui a pu faire croire que la lumière pendant le vol était véritablement in- termittente. M. Plateau trouve une grande analogie entre le mécanisme de la production des images accidentelles et le mouvement d'un corps écarté d'une position d'équilibre stable, qui y revient par un mouvement oscillatoire. Dans cette hypothèse, qui se trouve être d'accord avec la récente découverte des mouvements du pigment rétinien, l'apparition des images accidentelles devrait être en raison directe de l'intensité du rayon lumineux qui frappe la rétine. Or, par les moyens ordinaires, il m'a été impossible d'obtenir la production des images accidentelles avec la lumière (1) Remarque. — Dos expériences faites par Dove (a) tendent à prouver qu'en général les rayons les moins réfrangibles paraissent prédominer quand l'éclairage est intense et que l'inverse a lieu quand l'éclairage est faible, résultats qui con- cordent d'ailleurs avec ceux que nous avons consignés relativementà l'apparition et à la disparition des rayons rouges dans le spectre des Cucujos. (2) Plateau, Dissertation sur quelques proprie'te's des impressions produites sur la vue. Liège, 1829. {a.) Milnc Edwards, Leçons sur la Physiologie et l'Anatomie comparée , XII, p. 363, 1876-77. 120 RAPHAËL DUBOIS des Pyrophores, ce qui est une nouvelle preuve qu'elle est d'une nature particulière. Il faut se placer dans des conditions toutes spéciales pour que le phénomène se produise. Perkins raconte qu'ayant fixé pen- dant longtemps le foyer lumineux d'un Pyrophore et ayant ensuite porté ses regards sur la flamme jaune d'un réverbère allumé dans la rue voisine, il vit aussitôt cette flamme prendre lire teinte d'un rouge analogue à celle du strontium incandes- cent. J'ai pu répéter l'expérience de Perkins et me convaincre de son exactitude. Or, cette couleur est précisément la com- plémentaire de la lumière verte du Pyrophore (1). Action sur Vacuité visuelle. — La méthode photométrique qui conviendrait le mieux serait celle qui consisterait à prendre pour base, non plus l'intensité lumineuse ou clarté, mais l'inten- sité visuelle (2), ou plutôt, à appliquer à la mesure de la lu- mière animale la méthode de photométrie hétérochrome de MM. Macé de Lépinay et Nicati, qui permet de comparer correc- tement les pouvoirs éclairants de diverses sources plus ou moins teintées, par le rapport des coefficients d'égale acuité aux coeffi- cients d'égale clarté (3), mais nous le répétons, il ne s'agit plus d'une lumière comparable à celle qui nous est fournie dans l'éclairage usuel par des particules incandescentes. Si l'expression de « belle lumière », qui a été donnée à celle que produit les Pyrophores, peut s'expliquer en partie parce fait, (1) L'influence de la lumière jaune du gaz ou mieux de la lueur monochroniali- que du sodium incandescent a une influence très remarquable sur la visibilité de certaines sources lumineuses de très faible intensité. Lorsqu'on pénètre pendant le jour dans un cabinet noir renfei'mant des Poissons morts et phosphorescents, ce n'est qu'au bout d'un séjour dans l'obscurité, d'autant plus prolongé que la lumière extérieure a été plus vive, que l'on peut constater l'existence de la phosphores- cence ; mais, vient on à fixer pendant quelques secondes la flamme jaune d'un bec de gaz ou la lumière du sodium incandescent, aussitôt Ton peut apercevoir la clarté faiblement bleuâtre des Poissons et continuer ses observations aussi faci- lement que la nuit. J'ai constaté souvent cette propriété particulière de la lumière jaune. (2) La première représente le pouvoir excitant d'une lumière sur la Rétine, la seconde répond à la facilité plus ou moins grande avec laquelle cette lumière nous permet de distinguer les formes des petits objets. Ces deux modes d'intensité ne sont pas proportionnels l'un à l'autre, mais différent d'autant plus que la lumière est plus réfrangible (Charpentier, loc. cit.) (3j Macé de Lépinay et Nicati, Recherches sur la comparaison photome'lrique des diverses parties d'un même spectre. Anu. de Chimie et de Physique, (5), XXIV, 1881, p. 289 et suiv. et (5), XXX, 1883, p. 145 et suiv. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 121 qui nous est démontré par l'étude spectrophotométrique, à savoir que l'aire pouvant servir à définir, jusqu'à un certain point, sa force vive lumineuse, est presque entièrement occupée par les rayons verts et jaunes, c'est-à-dire par ceux qui comprennent les régions du spectre qui correspondent à la fois au maximum d'in- tensité lumineuse et au maximum d'intensité visuelle, il n'en est pas moins vrai qu'il faut tenir compte de Vcclaé opalescent caractéristique de cette lumière, qui impressionne certainement d'une manière particulière la rétine. Si l'on sait que les corps lluorescents ont la propriété de ra- mener vers une longueur d'onde moyenne les rayons très réfran- gibles qui font précisément défaut, presque complètement, au moins en ce qui concerne le bleu et le violet, dans le spectre de la lumière des Pyrophores, on ignore si ces rayons particuliers ne jouissent pas, à l'égard de la rétine et des autres milieux lluores- cents de l'œil, de propriétés spéciales. S'il en est ainsi, la superposition ou l'action simultanée des rayons fluorescents et des rayons lumineux, qui émanent direc- tement de la substance propre des organes éclairants du Pyro- phore, peut expliquer pourquoi l'on serait tenté d'employer, pour exprimer Véclat de cette clarté, la dénomination de « lumière condensée. » Ce qu'il y a de bien certain, c'est que la présence d'un corps fluorescent dans les organes lumineux doit accroître singulière- ment leur intensité lumineuse, car la lumière extra-violette de- vient douze cents fois plus intense après avoir été modifiée par le sulfatede quinine, suivant Helmholtz(2); mais, il est impossible de déterminer exactement le rôle que joue cet excitant spécial dans l'évaluation de l'intensité visuelle. Non seulement la diffusion de la lumière qui est propre aux substances fluorescentes, mais encore la disposition particulière des surfaces qui limitent extérieurement les organes lumineux, semblent indiquer que l'intensité visuelle de cette source doit être faible. Cependant, il n'en est rien et les nombreux observa- teurs qui déclarent avoir pu lire et écrire facilement à la lumière d'un seul Cucujo n'exagèrent en aucune façon, ainsi qu'il résulte des quelques expériences suivantes. (1) Remarque. — Il importe de ne pas confondre l'éclat, avec l'intensité lumi- neuse ou avec la sensation chromatique. C'est une sensation absolument spéciale et différente des deux autres. (2) Helmholtz, Loc. cit., p. 309, 325, 353. 122 RAPHAËL DUBOIS Un œil, sensiblement emmétrope, peut dans une pièce obscure lire avec un seul Pyrophore à une distance de 0.33^™, les carac- tères correspondants àD = 0.5 de l'échelle de Snellen, le foyer lumineux étant placé à un centimètre et demi du tableau : on lisait également les caractères D = 1 .20 à cinq centimètres et D = 1 .5 à dix centimètres. Ces relations sont assez constantes pour des Insectes différents, lorsqu'ils donnent leur clarté maxima. Nous avons fait également des expériences comparées de lec- ture à l'aide de l'Insecte et d'une bougie du Phénix sur l'échelle typographique de Donders pour la mesure de l'acuité visuelle. Voici le résultat de ces expériences : I. — Les caractères n° II ont été successivement éclairés à la distance de O^IS*^™ par la bougie et par l'Insecte. Ils ont été lus à la distance de 8'"30, lorsqu'ils étaient éclairés par la bougie, et à la distance de deux mètres, lorsqu'ils étaient éclairés par l'Insecte. II. — L'Insecte étant à 0"i20'^"i de l'échelle typographique, les caractères u'' 12 étaient lus à la distance de 2"'30. A la même distance (2'n30), on pouvait lire les caractères n^ 6, lorsqu'on éclairait l'échelle avec la bougie placée comme l'Insecte, à 0"'20 centimètres. On voit que l'intensité visuelle de cette lumière est assez con- sidérable, si l'on tient compte surtout de la dispersion des rayons lumineux qui s'échappent en divergeant des appareils prothoraci- ques (V. champ d'éclairage, 2" part., ch. IV, § 1) dont on s'est servi exclusivement dans ces recherches (1). Action sur le sens chromatique. — Malgré la teinte verte très manifeste de cette lumière, le sens chromatique n'est en aucune façon influencé ; on reconnaît facilement la couleur propre à chaque objet; sauf le bleu foncé et le violet qui n'existent pas dans le spectre de cette lumière, toutes les autres couleurs dites « à confusion », dont on se sert en oculistique, sont facile- ment reconnues. Champ visuel. — Les rayons venant, soit directement, soit après réflexion, de ces appareils lumineux sont, malgré leur teinte (1) Nous n'avons pas cherché par ces évaUiations purement empyriques à établir une relation photométrique entre le pouvoir éclairant de la bougie et celui du Py- rophore, pour les raisons indiquées précédemment. Mais les résultats obtenus sufG- sent à montrer que la faiblesse du pouvoir éclairant indiquée par le spectro- photoraètre est assez nojable par rapport à l'intensité visuelle. LES ÉLATÉRIDE3 LUMINEUX 123 verte, perçus jusqu'aux limites extrêmes du champ visuel, il y a donc entre cette lumière et celle d'une autre source émettant des rayons verts et jaunes, une différence notable, car on sait que les limites du champ visuel, pour le vert, occupent les points les plus concentriques, tandis que les rayons bleus, au contraire, sont vus dans les limites les plus étendues. § 5. — Recherche de la lumière polarisée. En raison de l'existence d'une quantité considérable de parti- cules, de granulations jouissant d'un pouvoir biréfringent, au sein même des organes lumineux, on pouvait se demander si le plan d'ondulation des rayons lumineux sortant de ces appareils était le même que celui des ra^'ons ordinaires. 11 était d'autant plus intéressant d'être fixé sur ce point que plusieurs auteurs ont pensé que ces granulations brillantes sous le microscope, mais dont ils ignoraient la propriété biréfringente, avaient pour but de disperser la lumière et de la réfléchir en dehors. S'il en était ainsi, la lumière émise en dehors devrait être en grande partie composée de rayons polarisés. On peut s'assurer de diverses manières que la lumière des Pyrophores n'est pas polarisée. Si l'on remplace dans un microscope polarisant le diaphragme polariseur par un diaphragme simplement convergent et que, supprimant toute source de lumière étrangère, on examine avec l'éclairage fourni par les plaques prothoraciques d'un Pyrophore des grains de fécule placés sur un porte objet, on voit facilement la structure de ces grains, avec un objectif n° 2 de Vérick ; mais, si l'on vient à tourner l'analyseur de façon à obtenir l'extinction, on ne voit aucune trace de la belle croix brillante qui apparaît quand la lumière transmise est polarisée. De même, en examinant avec cette lumière des coupes de roches, au Laboratoire de géologie de la Faculté des Sciences, il nous a été impossible de saisir la moindre trace de coloration des élé- ments constituants qui prennent, comme l'on sait, des teintes ca- ractéristiques dans la lumière polarisée. Dans une troisième expérience, à la place d'un polariseur (nicol), nous avons placé l'Insecte lumineux. 1° La lumière analysée par le prisme biréfringent a donné deux images d'égale intensité ; 124 RAPHAËL DUBOIS 2° Cette intensité s'est conservée dans la rotation de l'analy- seur de 90'^ ; 3° L'interposition d'un quartz taillé perpendiculairement à l'axe n'a donné aucune trace de coloration ; 4° Les deux images superposées donnaient une intensité égale à leur somme, c'est-à-dire égale à la lumière totale d'un des appareils. Cet essai, qui a été fait avec M, Bourbouze, montre, ainsi que les deux premiers, que la lumière des Pyropliores ne contient pas de rayons polarisés et que, par conséquent, la lumière des appareils lumineux ne traverse pas la couche des granulations biréfringentes et n'est pas non plus le résultat de réflexions pro- duites par des granulations ou par des corpuscules cristalloïdes. g G. — Rayons chimiques M. E. Becquerel (1), en se servant de l'actinomètre, instrument qui permet de mesurer l'aclion chimique par l'intensité des cou- rants électriques auxquels elle donne naissance, a trouvé que la courbe des intensités des radiations chimiques coïncide à peu près avec celle des radiations lumineuses, depuis A jusqu'en F, où se trouve un minimum. Au delà, et en allant vers le violet, elle remonte, atteint un second maximum entre G et H, puis décroît rapidement jusqu'en P où l'activité chimique devient nulle. Dans le spectre lumineux des Pyropliores, la limite extrême du côté des rayons les plus réfrangibles ne dépassant guère la raie F, on pouvait penser que le pouvoir actinique de cette lumière était faible. 11 était utile de s'en assurer par un essai photogra- phique. Après quelques tentatives, qui furent d'abord infructueuses parce qu'on avait négligé d'immobiliser l'animal, j'opérai de la façon suivante avec l'aide de M. Aubert, alors professeur au lycée du Havre: Une dentelle de papier noirci fut appliquée sur une plaque pho- tographique au gélatino-bromure contenue dans un châssis à épreuves positives. La lumière destinée à impressionner la plaque venait d'un des deux organes lumineux du prolhorax, l'autre envoyait ses rayons principaux à peu près parallèlement à la (1) Becquerel, loc. cit. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 125 surface impressionnable qu'il éclairait cependant un peu d'un côté : l'Insecte était maintenu à environ deux centimètres de dis- tance de la vitre du châssis. Afin d'obtenir un résultat décisif, la plaque fut exposée pen- dant une heure à la lumière de l'Insecte constamment excité : l'action fut des plus intenses, il nous parut évident qu'une expo- sition beaucoup plus courte serait suffisante.; en efTet, nous avons pu réduire le temps de pose, d'abord à vingt minutes, puis à cinq. Depuis ces'premiers essais, j'ai pu obtenir, dans un temps beau- coup plus court (deux minutes), des photographies beaucoup plus grandes (C'^iC^), en me servant de plaques plus sensibles et en utilisant, cette fois, l'éclairage de l'appareil abdominal. La plaque sensibilisée était posée horizontalement sur une table et le cliché à reproduire était appliqué directement sur la surface sensible. Sur ces deux plaques de verre, ainsi disposées, on avait placé un petit trépied eu verre soutenant une petite cuvette de cristal à fond plat, à une hauteur de deux centimètres environ au-dessus du cliché. Un Pyrophore placé dans cette petite cuvette qui contenait de l'eau, exécutait en nageant des mou- vements rapides dans tous les sens ; il mettait ainsi à décou- vert son appareil ventral, qui éclairait fortement la plaque placée au-dessous de lui. C'est de cette façon qu'a été obtenu le cliché qui a servi pour le tirage de l'épreuve positive, représentant le buste de Claude Bernard, placée en tète de ce mémoire. Mais, il n'a pas fallu moins de cinq minutes pour obtenir avec l'appareil le plus éclairant une épreuve convenable , en em- ployant des plaques assez sensibles pour donner, avec la lumière solaire, une image dans une fraction de seconde. Cette expérience est intéressante en ce qu'elle montre que la quantité de rayons chimiques contenue dans la lumière de Pyro- phores est extrêmement faible et, par conséquent, que l'énergie employée aies produire est presque nulle. L'actinomètre deM. E. Becquerel pourrait seul permettre de comparer, avec une précision suffisante, l'énergie perdue en rayons chimiques par cette source lumineuse avec celle qui échappe de la môme manière dans les foyers connus ; mais, il (1) Eii utilisant les rayons produits simultanément par cinq ou six Insectes, on peut obtenir des épreuves en deux minutes seulement. 126 RAPHAËL DUBOIS serait impossible cependant d'obtenir une mesure absolue, puis- que la relation qui existe entre la force électromotrice développée et l'intensité lumineuse n'est pas encore déterminée. Action sur la chlorophylle. — A la lumière du jour, une so- lution éthérée de chlorophylle paraît d'un beau rouge grenat, quand elle est vue par réflexion, tandis qu'elle est d'un vert foncé quand on la regarde par transparence ; elle est, en un mot, di- chroïque et présente, comme l'on sait, l'aspect des corps fluores- cents; avec la lumière des Pyrophores, il est impossible d'obtenir un effet analogue h celui que donne la lumière solaire. Si l'on observe les foyers lumineux d'un Pyrophore au travers d'une ou plusieurs feuilles vertes, on remarque que les rayons qui s'en échappent les traversent facilement, même quand elles forment une assez grande épaisseur, sans subir de modification de teinte appréciable. On pouvait se demander s'il n'était pas possible d'obtenir avec cette lumière la production de la chlorophylle dans les végétaux développés à l'obscurité et par conséquent dépourvus de sub- stance verte; il eût été curieux, en effet, de voir une fonction végé- tale de premier ordre s'exécuter sous l'influence d'une manifes- tation vitale d'ordre animal agissant à distance, le mouvement animal se transformant ainsi en mouvement végétal. Une vingtaine de Pyrophores furent enfermés pendant quatre jours dans une boîte contenant de jeunes pousses incolores de Cresson alénois et de Radis, un peu rougeàtres seulement dans certains points. L'intérieur de la boîte était disposé de façon à ce que la lumière émise par les Insectes fut réfléchie vers les plantes et que la perte fut aussi faible que possible. Malgré ces précau- tions aucune trace de matière verte ne prit naissance, bien que l'éclairage fut supérieur à celui que fournissent les sulfures phosphorescents au moyen desquels M. Regnard (1) a pu obtenir le développement de la chlorophylle. On sait d'ailleurs que ce sont les rayons dont les vibrations sont peu rapides qui favorisent le plus le développmeent de la chlorophylle, or ces rayons font presque complètement défaut dans le spectre des Pyrophores. Fluorescence. — Les expériences de M. Stokes ont démontré la généralité de la loi suivante : les rayons qui déterminent l'ap- (l) p. Regnard, Influence des rayons phosphorescents et fluorescents sur la végé- tation. BulL de la Soc. de Biol., 1882. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 127 parition de la lumière dans les substances fluorescentes ont une réfrangibilité plus forte que celle des rayons qu'ils produisent ; en général, ce sont les radiations chimiques qui, absorbées par la substance fluorescente, se trouvent transformées en radiations lumineuses. Nous savons déjà que la lumière des Pyrophores est dépourvue du pouvoir de déterminer l'apparition de la chlorophylle chez les végétaux et que, d'autre part, mise en présence d'une dissolution de cette substance dichroïque, elle ne donne pas naissance aux rayons rouges qui se montrent toujours sous une certaine inci- dence de la lumière du jour. Cependant, malgré la pauvreté du spectre des Pyrophores en rayons lumineux très réfrangibles et en rayons chimiques, on peut déterminer parfois des phénomènes de fluorescence ; ils se montrent d'une manière très nette, mais avec peu d'intensité, dans les dissolutions d'éosine , de fluorescéine et d'azotate d'urane ; le résultat est négatif avec le sulfate de quinine et l'esculine. Si la nature même du spectre indique que la lumière des Pyro- phores ne peut pas donner naissance, en vertu de la loi de Stokes, à des phénomènes très accentués et très nombreux de fluorescence, il existe, en outre, une autre donnée physique dont il faut tenir compte. On sait que toute lumière quia déjà traversé une substance fluorescente devient par cela même impropre à provoquer la fluorescence dans un second milieu fluorescent : or, tel est, ainsi que nous l'avons dit déjà, le cas des rayons qui éma- nent des appareils lumineux du Pyrophore. La petite quantité de rayons très réfrangibles et de rayons chi- miques dans le spectre, peut s'expliquer de la même manière, les uns et les autres se trouvant transformés eu radiations éclai- rantes. Phosphorescence. — De l'action des corps fluorescents doit être rapprochée celle des corps phosphorescents qui ne diffé- reraient des premiers, d'après M. Becquerel, que par la persis- tance du phénomène lumineux. On sait que diverses substances, certains sulfures calcaires, par exemple, jouissent de la propriété de devenir lumineux dans l'obscurité après avoir été impressionnés par la lumière. Si l'on projette le spectre solaire sur des bandes recouvertes de diverses matières phosphorescentes et que l'on examine dans l'obscurité les effets lumineux produits par les différents rayons 128 RAPHAËL DUBOIS prismatiques, on remarque que le maximum d'action dépend de la nature des substances impressionnées. Mais, dans tous les cas, ce sont toujours les rayons chimiques les plus voisins du violet, les plus réfrangibles, par conséquent, qui donnent le maximum d'intensité. Les rayons calorifiques ont pour résultat d'activer et de continuer l'action des rayons chimiques. Quinze Pyrophores bien lumineux furent enfermés, à l'entrée de la nuit, dans une boîte à parois formées de plaques très sensi- bles au sulfure de calcium préparées par M. Morel. L'intérieur de la boîte était assez lumineux pour que l'on put voir facilement, dans l'obscurité, les objets extérieurs aussi bien qu'avec une veilleuse, grâce à la lumière traversant les parois de verre enduites de sulfure. Au bout de deux heures aucun phénomène de phosphorescence ne s'était produit sur les plaques qui donnaient, après quel- ques secondes d'exposition à la lumière du jour, une belle lueur violette. D'autres échantillons de sulfures calcaires préparés de façon à émettre, après exposition à la lumière solaire, des rayons rouge- orangé, verts, bleus, etc., n'ont donné naissance à aucun phéno- mène de phosphorescence, sous l'influence de la lumière des Py- rophores. L'existence d'une notable quantité de rayons rouges dans le spectre des Pyrophores nous avait fait supposer que l'on pourrait peut-être arriver à déceler la présence de rayons infra-rouges par le procédé de M. E. Becquerel ; mais, pour les raisons indiquées plus haut, les résultats ont été négatifs, malgré les conditions de succès les plus favorables qui nous étaient offertes (1). § 7. — Rayons calorifiques. Les rayons fournis par les douze appareils prothoraciques de six Pyrophores dirigés sur les ailettes d'un radiomètre très sen- sible que la lumière diffuse du jour pouvait mettre en mouve- ment, n'ont exercé aucune influence sur ce délicat instrument. Dans l'obscurité complète du cabinet noir, l'approche de la main suffisait pour faire tourner les ailettes ; ce résultat ne doit (1) Cette recherche a été faite dans le laboratoire de M. Becquerel, au Conser- vatoire des arts et métiers, avec l'obligeant concours de M. Poignot, préparateur. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 129 pas surprendre, puisque l'on admet que ce sont les radiations ca- lorifiques et non les radiations lumineuses qui sont transformées en mouvement rotatoire. Cette expérience nous indique déjà que les appareils lumineux des six Pyrophores placés à une très petite distance du radiomètre, laissent échapper moins de rayons calo- rifiques que la paume de la main placée à une distance de quinze à vingt centimètres. Cependant, la présence de rayons rouges dans le spectre lumi- neux de nos Insectes pouvait faire supposer que les rayons éclai- rants étaient accompagnés d'une notable quantité de rayons ca- lorifiques. La recherche de ces rayons calorifiques a été faite dans le la- boratoire de physique de M. le Professeur Desains à la Sorbonne, avec le concours de notre collègue M. Ledeboèr. L'appareil se composait d'une pile thermo-électrique de Melloni très sensible et bien isolée, sans cornet, eu communication avec un galvanomètre à réflexion. Dans une première série d'essais préliminaires, un Pyrophore bien éclairant, fixé sur un bouchon de liège dont la température propre n'exerçait aucune action sur la pile, était placé à chaque détermination, à une distance de trois centimètres environ de l'ouverture de la pile : le bouchon était tenu à la main au moyen d'une tige de bois de soixante centimètres de longueur environ qui permettait d'agir à distance. Chaque fois que l'on présentait à la pile la partie du prothorax portant les appareils lumineux, l'aiguille du galvanomètre subis- sait une déviation. Cette déviation était extrêmement faible et, dans six déterminations successives, elle n'excéda pas neuf dixièmes de degré, déplacement indiquant une quantité de cha- leur presque insignifiante, étant donnée l'exquise sensibilité de l'appareil. Ces déviations étaient toujours de même sens, mais elles n'avaient pas la même amplitude. On pensa qu'il était nécessaire, pour obtenir un résultat signifi- catif, de disposer l'expérience de telle façon que les rayons de l'appareil lumineux vinssent toujours frapper la surface sensible de la pile suivant une même direction et de manière à ce que l'animal fût toujours à la même distance de l'ouverture de la pile. A cet effet, on construisit un appareil qui permettait en outre de tourner, tantôt la face dorsale prothoracique d'où venait la lumière, tantôt le support de liège, du côté de la pile. 9 130 RAPHAËL DUBOIS Cet appareil comprenait : 1° Une pile thermo-électrique et im galvanomètre très sen- sibles ; la pile, inclinée de 45° dans la direction des faisceaux principaux lumineux, était complètement isolée. 2° Un pivot de bois vertical traversant, selon son axe principal, un cylindre de liège creusé d'une gouttière dans laquelle était fixé l'animal. Ce pivot, entraînant dans son mouvement de rota- tion le bouchon et l'Insecte, était mu par une poulie à gorge hori- zontale placée à son extrémité inférieure. Le support de liège était maintenu à une distance de 1/2 centimètre de la pile. 3° Une deuxième poulie, de même diamètre, fixée sur le même support horizontal à un mètre cinquante centimètres de la pre- mière, était mue par une manivelle : le mouvement imprimé à cette poulie était transmis à la poulie du pivot par un fil de soie. On pouvait ainsi, de loin, faire exécuter au bouchon qui portait l'Insecte une rotation suffisante pour présenter à la pile soit l'In- secte, soit la surface du support par quelque point que ce fût. 4" Une pile en communication avec un chariot de Dubois Rey- mond était mise en rapport avec la face ventrale de l'Insecte par deux fils de platine pénétrant dans le bouchon et venant émerger dans le fond de la gouttière; on pouvait ainsi exciter, à distance, l'Insecte sans avoir à craindre aucune influence étrangère. Dans chaque détermination, la mise au zéro de l'aigaille du gal- vanomètre était obtenue en amenant la surface du bouchon op- posée à la face dorsale de l'Insecte en face de la pile. Dans ces conditions, on nota les résultats suivants : 1° Quatre déterminations successives donnèrent, en présentant la face prothoracique dorsale, les appareils étant lumineux, des déviations, de même sens, d'une valeur de 1°8, 2"?, 1-^8, 1° (moyenne 1°8) de l'échelle du' galvanomètre). 2° L'aiguille du galvanomètre étant immobile et l'appareil éclairant étant en face de la pile, on fit passer le courant électri- que : l'Insecte fit quelques mouvements et l'éclat de l'appareil lu- mineux fut un peu augmenté : l'aiguille du galvanomètre accusa, dans deux essais successifs, des déviations de 0*^2 et 0°4 (moyenne 0°3), de même sens. 3° Les appareils lumineux ayant été obturés à l'aide de boulettes de cire opaques, la face non lumineuse du prothorax fut présentée à l'ouverture de la pile: on observa, dans deux opérations, des déplacements, de même sens, de 1° et de 0o9. 4"^ L'Insecte étant maintenu en face de la pile, on fit à l'aide de LES ÉLATÉRIDKS LUMINEUX 131 celle-ci trois excitations successives : on nota les déviations sui- vantes : 0^3, 0o4, 003 (moyenne 0^33). 5° Les boulettes de cire étant enlevées et l'Insecte étant lumi- neux, la déviation produite fut de i'^8 exactement. Cette dernière détcrminalion établit qu'il n'y a pas eu d'épuisement de l'Insecte pendant l'expérience. De l'ensemble de ces expériences, on peut tirer les conclusions suivantes : a. Les appareils prothoraciques et la surface du protliorax lais- sent échapper une quantité de chaleur rayonnante capable de produire une déviation moyenne de 1°8 (1). p. L'augmentation de la quantité de chaleur dégagée par la surface dorsale prothoracique (parties obscures et lumineuses), sous l'influence de l'excitation électrique, ne dépasse pas 0°3, en moyenne. y. Les parties obscures du prothorax dégagent une quantité de chaleur produisant une déviation égale à la différence des moyennes des expériences n» 1 et n° 3, c'est-à-dire équivalente à 0°85, ce qui réduirait la valeur de la déviation due aux rayons calorifiques obscurs, accompagnant les rayons lumineux, à 0°93. 5. L'augmentation de la chaleur rayonnée par le prothorax et les appareils lumineux, paraît due à l'exagération de calorifica- tion dans toute cette partie de l'Insecte. En résumé, si l'on considère qu'avec un instrument, comme celui dont nous nous sommes servi, on peut obtenir un véritable affolement de l'aiguille sous l'action de variations de température qui échappent à notre sensibilité, on doit considérer comme à peu près nulle la quantité de chaleur rayonnée par les foyers lu- mineux de l'Insecte, surtout si l'on veut bien, par la pensée, établir une comparaison entre la chaleur produite par les organes et le dégagement de calorique qui accompagne la flamme d'un petit bec de gaz d'une intensité éclairante égale. Ajoutons que deux aiguilles thermo-électriques, dont l'une était appliquée sur l'appareil ventral, tandis que l'autre était pro- menée sur ^tous les points du corps, n'ont indiqué aucune dif- férence notable de température entre les diverses régions. De plus, les aiguilles étant maintenues dans deux points fixes, l'une (1) Il ne faut pas oublier qu'une déviation aussi faible, avec un appareil aussi sensible que celui dont nous avons fait usage, n'indique qu'une quantité infinitési- male de chaleur rayonnée. 132 RAPHAËL DUBOIS sur la plaque ventrale, l'autre à la partie postérieure de l'abdo- men, sous les ailes, il ne s'est produit aucun changement appré- ciable, au moment où. l'appareil lumineux ventral a cessé de briller. Ces derniers résultats concordent avec ceux qui ont été obte- nus par M. Maurice Girard, sur les Lampyres (1) ; mais, ainsi que l'a fait remarquer cet auteur, il était nécessaire de se livrer à de nouvelles recherches sur des Insectes plus lumineux que les Lampyres afin d'élucider complètement ce point intéressant de la calorification animale. g 8. — EUctricité. Les expériences précédentes ne suffisent pourtant pas à établir que toute l'activité moléculaire existant dans l'appareil éclairant, au moment où il devient brillant, est employée à produire des rayons lumineux ; d'ailleurs, l'idée émise par quelques auteurs que la lumière animale pouvait bien être un phénomène électri- que, nous imposait le devoir de rechercher avec soin si quelque manifestation électrique particulière prenait naissance dans les organes lumineux. Nous avons reconnu qu'il n'existait aucune différence mesura- ble de potentiel entre l'appareil lumineux et les autres parties du corps. La recherche a été faite au moyen de l'électromêtre capillaire de M. Lippmann, une goutte d'eau étant placée sur l'appareil lumi- neux prothoracique et une autre sur le prothorax, sur la ligne médiane (2). (1) Maurice Girard, Sur la chaleur libre dégagée par les animaux invertébrés et spécialement les Insectes. Paris, 18G9. (2) Remarque. — Les électrodes du même instrument appliquées l'une sur la plaque ventrale, l'autre sur la face opposée du corps de l'Insecte et dans les points circonvoisins, nous n'avons pu noter que de très légers déplacements du ménisque de la colonne mercurielle, mais les déplacements n'offraient pas une valeur suffi- sante pour qu'il fut permis d'en tirer une conclusion positive. Cependant, comme ces légères variations se faisaient dans le même sens et quoiqu'elles pussent être dues à des causes étrangères, on se demanda si elles n'étaient pas déterminées par une combustion lente s'opérant au niveau de l'organe lumineux. Dans lous les cas, cette action chimique se serait produite aussi bien quand l'organe était lumineux que lorsqu'il était éteint ; car, la déviation était manifeste dans les deux cas, au moment où on appliquait l'électrode sur le foyer ventral. Ces déplacements se faisaient toujours dans le sens négatif. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 133 1 Comme on sait d'ailleurs que cet appareil accuse de volt, on peut dire qu'il n'existe pas de différence supérieure à cette valeur. L'existence d'un courant fut également recherché avec soin dans le laboratoire de M. d'Arsonval, au moyen d'un électro- mètre assez sensible dont les fils conducteurs étaient munis d'é- lectrodes impolarisables et trempées préalablement dans l'eau salée. On ne put déceler aucune trace de courant alors que les mêmes électrodes placées sur la langue donnaient lieu à de très sensibles déplacements dans la position de l'aiguille du galvano- mètre. Nous avions un instant songé à introduire des aiguilles dans le sein même des appareils lumineux et dans les autres points du corps pour interroger les parties profondes. Mais, dans ce cas, les dé- sordres produits par cette opération auraient pu causer des perturbations susceptibles de donner lieu à des conclusions erronées (i). Il nous restait à rechercher si les organes lumineux pouvaient exercer quelqu action sur Télectroscope. M. Bourbouze se proposait de son côté, et sans que nous nous soyons concertés, de faire la même recherche sur des Lampyres. L'expérience fut faite dans le laboratoire de M. Bourbouze qui voulut bien se charger de l'exécuter. On se servit d'un électroscope à feuilles d'or très sensible, mais il ne donna aucune indication pouvant faire supposer l'existence d'un état électrique agissant par iniluence. (1) On fit la contre-expérience suivante: Dans une petite capsule de porcelaine â combustion, d'une longueur de quatre centimètres sur six millimètres de largeur, nous avons coulé une gelée de colle du Japon donnant une résistance à peu près analogue à celle que peut présenter le contenu du corps d'un Insecte. Sur un point de la surface de cette gelée, nous avons placé un très petit fragment de phosphore ordinaire. A l'autre extrémité de la capsule plongeait une électrode de platine. Au moyen du second conducteur ter- miné par un fil de platine, on pouvait toucher le petit fragment de phosphore. Or, chaque fois que le contact était établi, un courant assez constant se manifestait avec une intensité véritablement remarquable, s'élevant à des fractions de volt. Ce courant était de sens contraire à celui qui était accusé par l'Insecte et ce dernier, en raison de sa faiblesse extrême, ne pouvait être comparé au premier. Ainsi donc, un très petit fragment de phosphore s'oxydant à Tair libre donnait des résultats diamétralement opposés à ceux que fournissait l'organe lumineux de l'Insecte. 134 RAPHAËL DUBOIS Il est dès lors bien démontré que toute l'énergie extériorée par l'Insecte est convertie en lumière, c'est ce qui explique com- ment ces petits êtres peuvent produire des effets aussi intenses avec une dépense presque insignifiante, ainsi que nous le ver- rons ultérieurement. On est frappé des relations qui existent entre ces résultats expérimentaux et cette donnée physique théorique, qu'un corps qui absorberait les rayons chimiques et calorifiques obscurs, en renvoyant tous les rayons colorés, paraîtrait vert clair (1). Telle est en effet la propriété si remarquable des organes lumineux du Pyropliore dont la lumière est, comme nous l'avons dit, d'un beau vert clair. CHAPITRE II. INFLUENCE DES AGENTS MÉCANIQUES ET PHYSIQUES SUR LA PRODUCTION DE LA LUMIÈRE. § 1. — Action des agents extérieurs agissant mécaniquement. Les Pyrophores se prêtent mieux que les autres Êtres lumi- neux à la recherche de l'influence que peuvent exercer les agents extérieurs, agissant à titre d'excitants mécaniques, sur la pro- duction de la lumière. La difficulté, que présente une semblable étude sur nos Lam- pyres indigènes, est telle qu'il ne nous a pas été permis de for- muler dès à présent les conclusions précises à leur sujet. Les expériences que nous avons faites sur ces Insectes nous ont montré seulement la nécessité de procéder à de nouvelles inves- tigations pour expliquer les divergences d'opinion des principaux observateurs. ' D'ailleurs, chez la larve, chez la nymphe, ainsi que chez l'In- secte parfait, il existe des particularités qui ne sont pas moins importantes à signaler que celles qui tiennent à la différence des sexes, des genres et des espèces. (1) A. de Rochas, Le rayon vert et l'cr/uerre chromatique. La Nature, p. 115, 13"' année, 1885. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 135 Chez les Pyrophores, au contraire, nos recherches ont établi qu'à toutes les périodes du développement, les chocs, les ébran- lements mécaniques avaient pour effet immédiat de provoquer ou d'activer la production de la lumière, qu'il s'agisse de l'œuf, de la larve ou de l'Insecte parfait, à l'état normal. Pourtant, les excitations mécaniques cessent de déterminer la lumière, par suite de l'épuisement et de la fatigue qu'elles produisent, si elles sont trop souvent répétées, ou bien, si l'on exagère la durée et l'intensité de leur action. L'extinction de la lumière par épuisement peut être mise en évidence par l'expérience suivante : On place des Pyrophores dans un flacon de verre cylindrique fixé horizontalement à l'extrémité de l'un des rayons d'une roue tournant dans un plan vertical, de façon à ce qu'il soit animé d'un mouvement excentrique, l'axe du flacon ne se confondant pas avec le prolongement de l'axe de rotation de la roue. Dans ces conditions, les Insectes sont projetés sur la paroi du flacon avec une violence et une rapidité qui varie avec celle de la marche du moteur. Si l'on imprime à la machine une vitesse de GO tours par mi- nute, les Insectes subissent l'influence de soixante chocs succes- sifs d'une intensité toujours la même, à des intervafles de temps égaux, soit un choc par seconde. Dans ces conditions, au bout de deux ou trois heures, les chocs ne produisent plus l'apparilion de la lumière; tous les Insectes contenus dans le flacon sont éteints, les uns ayant déjà cessé de briller longtemps avant les autres selon le degré de résistance qui varie d'ailleurs avec chaque Insecte. Cependant, ces petits animaux peuvent encore exécuter des mouvements, et la sensi- bilité générale ne paraît pas profondément atteinte. Si l'on prolonge l'expérience, on constate, après avoir immobi- lisé l'appareil, qu'aucune excitation nouvelle ne peut faire repa- raître la lumière : celle-ci ne se montre spontanément qu'au bout d'un espace de temps fort long dont la durée peut atteindre 12, 24 ou 36 heures, selon que les Insectes sont restés plus ou moins longtemps soumis à l'influence des chocs. A l'état normal, il suffit de promener à la surface des téguments un pinceau de blaireau ou les barbes d'une plume pour voir aussitôt la lumière apparaître dans les organes prothoraciques. Ce résultat est obtenu, quel que soit le point du corps touché. Cependant, l'action est plus vive sur les bords de l'abdomen et 136 RAPHAËL DUBOIS principalement à l'extrémité du corps, du côté des armures géni- tales ; il n'est même pas nécessaire de toucher le tégument, mais seulement les poils dont il est parsemé et qui jouent là le rôle d'appareils tactiles. La plaque ventrale, touchée directement, s'illumine de même que les plaques thoraciques, mais plus dirficilement cependant : celles-ci réagissent encore sous i'intluence du plus léger attou- chement quand, au moyen d'un scalpel, on a enlevé la petite calotte de chitine transparente qui les protège. Les organes lumineux, séparés du corps de l'Insecte, donnent une lumière un peu plus vive lorsqu'on les frappe légèrement avant leur extinction complète. On peut, de la même manière, faire reparaître, mais pour un temps très court, la lumière dans des organes qui sont éteints depuis peu. Les tractions exercées sur l'organe produisent le même résul- tat. Si l'on saisit avec une pince l'extrémité du pinceau muscu- laire qui se rend aux appareils prothoraciques, ce qui est facile après que l'on a séparé le prothorax du mésothorax par arrache- ment, on voit aussitôt le phénomène lumineux se produire : on peut répéter l'expérience un assez grand nombre de fois, et tou- jours on obtient le même résultat. Le renversement forcé du prothorax en arrière fait de même reparaître la lumière dans les appareils prothoraciques qui ne répondent plus aux excitations périphériques, tandis que le mouvement contraire l'éteint aussitôt. On peut ainsi, en fléchis- sant le prothorax fortement, tantôt en avant, tantôt en arrière, obtenir une série de manifestations lumineuses et d'extinctions alternantes. Une pression assez forte exercée sur l'abdomen ou sur le thorax fait de nouveau briller les appareils éteints soit par les toxiques, soit par épuisement. Sur un Pjrophore qui avait été empoisonné, on put faire un certain nombre de fois de suite l'observation suivante : Quand on exerçait une pression sur l'abdomen, la lumière apparaissait dans la plaque ventrale et disparaissait dans les plaques thora- ciques qui étaient restées lumineuses après la mort; inverse- ment, quand on cessait d'exercer une pression dans ce point, au moment même où la pression cessait, la lumière se montrait dans les appareils prothoraciques et s'éteignait dans la plaque ventrale. Mais, en général, la pression sur l'abdomen n'a d'action que sur la plaque ventrale ; il n'est pas nécessaire, pour que l'effet se LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 137 produise, que cet appareil soit comprimé en même temps que l'abdomen ; au contraire, l'effet indiqué acquiert son maximum d'intensité quand la pression est exercée seulement avec la pulpe du pouce sur les trois derniers segments de l'abdomen. Ce résul- tat peut être obtenu, même après la section de la chaîne ganglion- naire, opérée sur plusieurs points, à la condition que les tégu- ments ne soient pas trop largement ouverts. Nous n'insistons pas davantage, parce que nous aurons l'occasion d'étudier le méca- nisme de cette action à propos du rôle des muscles et de la cir- culation dans la fonction photogénique. Le pincement de la chaîne ganglionnaire exercé, en divers points, immédiatement après l'ouverture de la cavité générale, peut pro- voquer une légère exagération de la lumière tant qu'elle persiste; mais, dès qu'elle est éteinte, cette excitation mécanique est im- puissante à la ranimer: elle provoque seulement quelques mou- vements incoordonnés des pattes. Sur un Insecte entier, normal, on peut dire que toutes les exci- tations mécaniques agissant à la périphérie provoquent la lumière ou exagèrent son intensité. Si l'Insecte n'est pas épuisé, soit par la fatigue, soit par la maladie, il est impuissant à dominer ce résultat immédiat de l'excitation qui dénonce sa présence alors même qu'il cherche à se soustraire aux poursuites dont il est l'objet. On ne peut mieux comparer l'état lumineux qu'à l'état de veille et l'état d'extinction qu'à celui du sommeil : quoi que l'on fasse, on ne peut pas, dans le sommeil normal, se soustraire au réveil qui peut toujours être provoqué par une excitation méca- nique extérieure. Toutefois, en dehors des excitations périphériques et de tout mouvement extérieur apparent, la lumière peut se montrer ; de même, le mouvement peut se produire spontanément sans lu- mière. L'Insecte peut, par exemple, se mettre en marche sans que pour cela la faculté éclairante se manifeste ; on peut même dire que c'est ainsi que les choses se passent ordinairement lorsque l'Insecte marche dans un endroit fortement éclairé. Les larves, ainsi que nous l'avons vu, sont pourvues d'un appareil lumineux, alors qu'elles sont encore contenues dans l'œuf. Elles réagissent de la même manière que l'Insecte parfait sous l'influence des excitations mécaniques. Dans les détritus de bois pourri où elles habitent, leur recherche serait des plus diftlciles au moment même ou peu de temps après leur éclosion, si le froissement des téguments par les particules 138 RAPHAËL DUBOIS de bois que l'on déplace avec précaution n'avait pour effet de les faire briller. Leur couleur blanc-grisâtre, leur petite taille, le peu de lumière qu'elles produisent, leur permet d'échapper facilement pendant le jour ; mais, dans l'obscurité, leur éclat les dénonce et l'on peut s'en emparer alors facilement. Quand on remue doucement le bois pourri où vivent ces larves, on le voit se couvrir tout à coup de constellations brillantes du plus bel effet et l'on est surpris qu'une aussi belle lumière puisse être produite par des êtres dont le corps entier ne mesure souvent pas plus de deux millimètres de longueur; mais, si le mouvement cesse, la lumière ne tarde pas à s'éteindre et tout rentre dans l'obscurité. On peut facilement exciter la luminosité des larves placées sur le porte-objet du microscope en les touchant légèrement avec un fragment de papier. C'est là un des moyens que nous avons em- ployés pour fixer le siège de l'organe lumineux. C'est en procédant de même que pour la recherche des larves que nous avons pu le premier découvrir des œufs de Pyrophore qui partagent, comme l'on sait, avec la larve, le pouvoir de briller spontanément. Le choc a la propriété d'exagérer la luminosité de l'œuf; aussi avions-nous pensé tout d'abord que ce phénomène était dû à la présence d'une larve dans l'œuf; il n'en est rien, car tout se passe de même dans les œufs non segmentés. On peut donc admettre que l'ébranlement moléculaire suffit cà exciter la lumière chez le Pyrophore qui, à cette phase de son développement, n'est encore qu'à l'état de protoplasma non différencié. Sous ce rap- port, la production de la lumière chez l'Insecte offre la plus grande analogie avec ce qui se passe chez le Noctiluque. Aussi pouvons-nous dire, dès à présent, que, dans ce groupe d'Inver- tébrés, l'intervention des systèmes nerveux, respiratoire, muscu- laire ou circulatoire ditTéreaciés ne constitue pas une condition nécessaire à l'exercice de la fonction photogénique, même sous le rapport de l'influence des excitants mécaniques extérieurs sur la luminosité. Action des mouvements vibratoires. — Pour rechercher l'in- fluence des vibrations rapides sur la production de la lumière, nous avons placé des Pyrophores dans une petite cuvette cylin- drique de verre mince qui était fixée à l'aide de la cire à modeler à l'extrémité d'un diapason dont les vibrations étaient entretenues à l'aide d'un électro-aimant. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 139 Dans une première expérience, on se servit d'un diapason don- nant deux cent cinquante vibrations doubles par minute. Le son du diapason était en grande partie supprimé par la présence de la petite cuvette de verre placée à l'extrémité d'une des branches. Quand le diapason entrait en vibration par le passage du courant électrique, très rapidement on vo^-ait la lumière baisser, puis s'éteindre dans les foyers prothoraciques ; mais elle reprenait presqu'aussitôt son intensité ordinaire quand les vibrations ces- saient. L'effet produit dans ces conditions ne peut être attribué qu'à l'ébranlement mécanique, puisque le son qui se produit dans les circonstances ordinaires était aboli. L'expérience fut répétée un certain nombre de fois en présence de M. d'Arsonval dans le laboratoire du Collège de France. J'ai cherché à obtenir le même résultat avec un diapason don- nant seulement cent vibrations par minute; mais je n'ai rien vu de semblable : il y avait plutôt de l'excitation. La rapidité des vibrations paraît donc ici jouer un rôle prépon- dérant; l'iutluence des sons proprement dits sera étudiée à pro- pos des relations des organes des sens avec la production de la lumière. S 2. — Action du froid et de la congélation. En soumettant à l'action du froid des Lampyres vivants, Macaire a constaté que la lumière de ces Insectes diminuait peu à peu et s'éteignait lorsque la température était descendue à environ douze degrés centigrades; ces animaux mouraient à 0", mais il suffisait de réchauffer leur corps à 30° ou 32o pour les voir briller de nouveau (1). Matteucci (2) a trouvé quelques différences entre les résultats obtenus par Macaire et ceux qui proviennent de ses propres expé- riences dans lesquelles il soumettait de la même manière des Vers luisants au refroidissement. Le tube contenant les Insectes était placé au milieu de la glace et, au bout de quinze à vingt minutes, ils brillaient encore ; seulement la lumière était plus faible et sans intermittences. Les Vers luisants retirés du tube et placés (1) Macaire, Ann. de chim. et de phys., XVII, p. 257, 1821. (2) Matleucci, Leçons sur les phénomènes des corps vivants, éd. franc. Parsi. 1847, p. 154. 140 RAPHAËL DUBOIS sur la main redevenaient brillants comme avant : le même phé- nomène se reproduisait en opérant de la même manière sur les derniers segments lumineux. Le tube contenant les Insectes lumineux fut placé dans un mélange frigorifique : le thermomètre plongé dans ce mélange marquait — 5^ Réaumur (— 6'' 25 G) ; après huit à dix minutes, ils cessaient de briller et paraissaient privés de mouvement : retirés et placés sur la main, ils repre- naient la vie et la lumière. Si, pendant que les Insectes sont ainsi maintenus dans ce tube refroidi à — 5° R, on vient à rompre les segments avec un fil métallique terminé en pointe, il n'apparaît plus qu'une lumière passagère et très faible. D'ailleurs, ajoute Matteucci, les segments isolés ou leur matière lumineuse cessent de briller à — 5° R. La matière lumineuse ainsi refroidie est sus- ceptible de redevenir brillante si on la réchauffe, mais pour un instant seulement : avant de s'éteindre, elle passe comme à l'or- dinaire au rouge, si la chaleur employée pour la réchauffer a été assez forte. Des expériences que nous avons faites pour rechercher l'in- fluence du refroidissement chez les Gucujos, il résulte que la soustraction du calorique peut produire des effets différents selon qu'elle est plus ou moins rapide, plus ou moins considérable ou bien qu'elle agit soit sur l'animal entier soit sur l'organe isolé. Quand les Élaters lumineux ont à lutter contre une tempéra- ture inférieure à celle du milieu pour lequel ils sont adaptés et dans lequel s'exercent normalement leurs diverses fonctions, ils ne tardent pas à tomber dans un état de torpeur, de somno- lence pendant lequel on n'obtient que difficilement une faible lueur par les excitants ordinaires. Quand la température du milieu ambiant se maintient pendant quelque temps au-dessous de 15° à 16° G, ils ne tardent pas à succomber , et l'on voit la fonction photogénique s'éteindre avant les manifestations motrices ou sensitives, comme cela s'ob- serve d'ailleurs dans d'autres conditions de misère physiologique, telles que l'inanition, le dessèchement, etc. Chez les Insectes qui ont été tués par ce procédé, on ne peut pas ranimer la lumière aussitôt après la mort, comme on le fait après une mort violente provoquée soit par un toxique, soit par un procédé physique ou mécanique proprement dit. Dans ces conditions de misère physiologique causées par le séjour dans un milieu trop froid, il peut arriver, ce que j'ai cons- taté souvent dans d'autres circonstances, qu'un des deux appa- LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 141 reils s'éteigne longtemps avant l'autre : c'est d'ordinaire l'appareil gauche qui résiste le plus longtemps; mais, si l'expérience est prolongée, les deux appareils s'éteignent définitivement et l'In- secte ne tarde pas à mourir. Le résultat obtenu est donc diamé- tralement opposé à celui que l'on observe quand la mort est produite par une cause mécanique ou physique violente , car nous verrons plus lard que souvent dans ces conditions la lumi- nosité survit aux autres manifestations vitales. Mais, par le refroidissement appliqué d'une autre manière, on peut suspendre momentanément l'exercice de la faculté photo- génique : elle peut disparaître alors après les autres manifes- tations vitales extérieures (sensibilité, motilité) ; dans ce cas, elle ne subsiste pas longtemps. Si l'action du refroidissement a été progressive et assez rapide , on peut voir la sensibilité et les mouvements disparaître avant la lumière : les causes de sou extinction ne sont donc plus de même ordre que celles qui résul- tent d'un refroidissement très lent, ou, pour mieux dire, de la nécessité de lutter contre un milieu dont la température est trop basse par rapport à celle des régions équatoriales. L'ordre suivant lequel s'opère la disparition ou l'apparition de la faculté lumineuse par rapport aux autres fonctions, selon le mode de refroidissement, sont du plus haut intérêt, comme nous le verrons plus tard, pour expliquer le mécanisme de la fonction photogénique. L'expérience suivante montre les différentes phases que tra- verse un Pyrophore pendant le refroidissement rapide. Expérience. — 4 h. 2 m. du soir. — On introduit un Pyrophore femelle dans un flacon de verre où il peut se mouvoir facilement. Le flacon est plongé dans de la glace fondante, et la température de l'air qu'il renferme est de + 1° G. A peine introduit dans le flacon, l'Insecte se met à marcher rapidement en tournant de gauche à droite , il est très lumineux ; renversé sur le dos, il retrouve sa position normale au moyen d'un vigoureux mouve- ment de détente de l'appareil du saut. 4 h. 3 m. — L'Insecte placé de nouveau sur le dos est incapable de sauter et par conséquent de retrouver sa position normale, les plaques abdominales et dorsales sont brillantes, mais déjà les excitations mécaniques sont incapables d'augmenter leur éclat. 4 h. 6 m. — L'Insecte est remis sur ses pattes au moyen d'une tige mobile pénétrant dans le flacon, mais on constate que les. mouvements sont lents et difficiles. 142 RAPHAËL DUBOIS 4 h. 8 m. — Les plaques sont encore lumineuses, mais leur éclat a diminué et des chocs violents de la baguette excitatrice sont impuissants à en ranimer l'éclat. 4 h. 9 m. — On ne constate plus que quelques mouvements très faibles, comme spasmodiques, des extrémités des pattes et des antennes : la lumière continue à baisser. 4 h. 10 m. — Toute apparence de mouvement a disparu : on ne peut les déterminer par voie réflexe ; cependant les appareils brillent encore, quoique faiblement. 4 h. 11 m. — L'extinction est complète : même dans l'obscu- rité, les appareils ont une teinte jaunâtre comme dans le sommeil. 4 h. 17 m. — L'Insecte est retiré du flacon et placé sur une table de bois (température extérieure = 25'' G) ; au bout de quel- ques secondes, on peut provoquer par le choc de légers mouve- ments dans les antennes, les mâchoires, la patte droite, puis la gauche. 4 h. 18 m. — A la suite d'un choc, la lumière reparaît dans les plaques thoraciques d'abord à droite, puis presqu'immédiatement après à gauche, mais elle est peu éclatante, croît lentement et s'éteint rapidement. 4 h. 20 m. — Les mouvements provoqués se montrent dans la troisième paire de pattes, puis presqu'aussitôt dans la plaque ventrale. 4 h. 22 m. — Il n'y a pas encore de mouvements spontanés d'ensemble; seules les antennes reployées en dessous exécutent quelques mouvements très faibles, saccadés, évidemment spas- modiques ; les plaques dorsales sont faiblement lumineuses et le choc augmente leur éclat. 4 h. 34 m. — On plonge l'Insecte pendant quelques secondes dans de l'eau à 35° G; aussitôt, il retrouve simultanément les mouvements d'ensemble et son intensité lumineuse ordinaire. Gette expérience, qui a été plusieurs fois répétée, montre que le système musculaire peut être profondément atteint et que ses manifestations extérieures peuvent être même complètement abolies un peu avant que la lumière soit éteinte. Gependant, il est bien évident qu'il existe une étroite corrélation entre le libre exercice de la musculature et la production de la lumière, puisque ces deux manifestations diminuent ou s'accroissent presque parallèlement sous l'influence du refroidissement ou du réchauffement. On peut en dire autant de la sensibilité, mais elle paraît être abolie longtemps avant la faculté photogé- LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 143 nique, ce qui indiquerait qu'elle n'a aucune action directe sur sa mise en activité propre. On ne peut admettre que la sensi- bilité persiste, et que l'engourdissement des muscles l'empêche de se manifester , car il se produit encore quelques mouve- ments musculaires alors que l'éclat lumineux ne peut être exa- géré par les excitants mécaniques de la sensibilité portés à la périphérie. On peut en conclure que les nerfs sensitifs n'ont pas d'action directe sur la luminosité. Ajoutons que lors du réchauffe- ment de l'Insecte, la lumière s'est manifestée très faiblement, il est vrai, dans les plaques prothoraciques, ainsi que l'exagéra- tion de son éclat sous l'influence d'un choc, alors qu'aucun mou- vement volontaire spontané ne s'était produit. Tels sont les effets du refroidissement brusque s'exerçant dans des limites compatibles avec la vie. Mais, on peut se demander ce que devient la faculté photogé- nique après que la congélation a détruit complètement et défini- tivement la vitalité des tissus. Des tubes de verre ayant été placés dans un mélange frigori- fique de glace pilée et de sel et les thermomètres placés dans ces tubes marquant — 15'^ G, on y jeta brusquement des Pyro- phores. Dans ces conditions de refroidissement brusque et vio- lent, la luminosité ne cessa pas complètement. Je fai vue se main- tenir pendant plus de vingt minutes, alors que les Insectes étaient gelés et cassants. On pouvait observer le même phénomène sur des organes lumineux qui, préalablement séparés du corps des Insectes, y avaient été placés en même temps que les Pyrophores entiers. Il est vrai que la luminosité était faible, mais elle était parfaitement perceptible, alors que dans l'expérience précédente elle s'était complètement éteinte à une température de + 1° G. On eût dit que la lumière avait été gelée, fixée, saisie brusque- ment et emprisonnée dans la glace. Il nous a même semblé que sous l'influence de ce froid intense, les lueurs phosphorescentes qui se produisaient sur les parois du tube dans les points touchés par la substance lumineuse persistaient plus longtemps qu'à la température ordinaire. Quand la température s'élevait dans les tubes retirés du mélange réfrigèrent, la luminosité augmentait rapidement d'intensité pour reprendre son éclat moyen vers — 4° G. Les Insectes étaient tués par cette basse température et leurs fibres musculaires ne répondaient plus à l'excitation électrique. Cependant, on pouvait plusieurs fois de suite recommencer 144 RAPHAËL DUBOIS l'expérience : quatre fois en une heure, on put ainsi geler et dé- geler les Insectes entiers ainsi que les plaques et chaque fois les résultats observés furent de même ordre. Il était important de rechercher si les agents qui jouent un rôle essentiel dans la production de la lumière résisteraient aux froids intenses que l'on peut obtenir par l'évaporation rapide d'un mé- lange d'acide carbonique solide et d'éther dans le vide de la ma- chine pneumatique. L'expérience fut faite dans le laboratoire de M. Ducretet. Un Pyrophore introduit dans un tube de verre fermé fut exposé à une température inférieure à — 100° G et maintenu dans ce milieu pendant un quart d'heure. Au moment même où le tube, débarrassé du givre dont il était recouvert, devenait assez transparent pour laisser voir l'Insecte, on pouvait constater qu'il était lumineux. L'ayant retiré du tube on put le briser en frag- ments comme un morceau de glace et remarquer, dans la cavité générale, la présence de petits glaçons. Le givre qui couvrait le tube nous a empêché de voir si, à un moment déterminé, la lumière disparaissait complètement. Des œufs de Lampyre, récemment pondus et bien lumineux, furent enfermés dans un tube qui fut plongé dans un mélange réfrigérant produisant un froid de — 15'^ C; leur luminosité dis- parut rapidement, mais elle reparut toutes les fois que le ther- momètre placé dans ce tube retiré du mélange frigorifique indi- quait une température de — 3° à — 4°. L'expérience put être re- nouvelée un certain nombre de fois consécutivement, et toujours le résultat fut identique (1). Le phénomène essentiel de la production de la lumière est bien évidemment, dans de telles conditions, indépendant de toute action nerveuse et musculaire : on ne saurait invoquer non plus l'intervention plus ou moins active d'une respiration trachéenne ou cellulaire. Peut-on, après la mort, prolonger au-delà des limites ordinaires l'existence de la lumière dans les tissus qui la produisent? C'est là une question à laquelle nous ne pouvons répondre avec cer- titude. Des expériences, que nous nous proposons de faire ulté- rieurement, nous permettront d'élucider complètement ce point si intéressant du problême qui nous occupe. (1) D'après Spallanzani et M. Balbiani, le contenu des œufs d'Insectes peut rester lluide même à la teuipérature de — 30° C (voir 2= part., chap. VIj. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 145 § 3. — Action de la chaleur. Nous avons vu que chez des Insectes entiers, môme dans des appareils isolés, l'action d'un refroidissement brusque et considé- rable pouvait suspendre toute manifestation physiologique sans éteindre détinitivement la luminosité et que la lumière pouvait reprendre, dans des organes congelés, son intensité primitive lorsque la température s'élevait de — 15° à — 4° : dans ces condi- tions, le retour de la lumière vers son intensité première paraît dû uniquement à la cessation de la congélation par élévation relative delà température. Au contraire, nous avons constaté qu'en maintenant un Insecte entier dans un milieu dont la température est voisine de 0° et en ne prolongeant pas trop le refroidissement, on pouvait suspendre ou diminuer considérablement l'activité de la fonction photogénique sans détruire toutefois la vitalité de l'Insecte et qu'alors, le meilleur moyen pour faire reparaître la lumière consistait à plonger cet animal engourdi et éteint dans un bain à 30 ou 35°, Dans ce dernier cas, comme dans le précédent, on peut donc dire que la chaleur est un excitant de la luminosité, ce qui est exact, à la condition toutefois qu'elle exerce son action dans de certaines limites qu'il faut bien se garder de franchir, ce qui prouve une fois de plus que le mot excitant, dont on fait un si grand usage en physiologie, n'a qu'une valeur relative. En effet, la chaleur qui tout à l'heure ranimait l'activité du foyer lumineux, va maintenant en effacer l'éclat sans atteindre cependant un degré d'intensité incompatible avec la vie de l'In- secte. Expérience. — 10 h. — On place un Pyrophore femelle dans une étuve dont la température est de 36°; les plaques dorsales sont lumineuses. 10 h. 5 m. — Alternatives d'éclairage et d'extinction : quand les plaques dorsales pâlissent, l'Insecte s'arrête, s'il est en marche: on observe le même fait à trois ou quatre reprises. 10 h. 10 m. — 11 entr'ouvre ses élytres légèrement et relève la pointe postérieure de l'abdomen : la plaque ventrale émet alors une vive lumière tandis que les plaques thoraciques sont faible- ment éclairées. 10 h. 15 m. — Température de l'étuve == 40° : l'Insecte est très 40 146 RAPHAËL DUBOIS agité, il se renverse sur le dos et découvre largement sa plaque ventrale. 10 h. 20. — Température = 42° : après un instant d'immobilité et d'extinction, la lumière reparaît, et l'Insecte se remet en marche. 10 11. 25 m. — Température = 43°5 : le mouvement de marche continue, mais la lumière dont l'éclat est cependant très vif n'est plus émise que par intervalles. 10 h. 30 m. — Température = 44''o : l'insecte est très agité : il cherche à étendre les ailes, mais il paraît impuissant à les main- tenir écartées. L'éclat de la lumière diminue. 10 h. 35 m. — Température = 45'^ : par l'excitation mécanique, l'éclat augmente à peine dans les plaques dorsales, mais la plaque ventrale se montre très lumineuse, quand l'Insecte entr'ouvre ses ailes. 10 h. 40 m. — Température = 45''5 : même état; l'Insecte exé- cute fréquemment des bonds du dos sur le ventre et réciproque- ment : l'énergie musculaire paraît considérable. Les plaques prothoraciques ne s'illuminent plus pendant ce mouvement qui d'ordinaire est accompagné d'une vive production de lumière. 10 h. 45 m. — Température = 47° : l'Insecte est toujours très agité ; mais il a perdu la faculté de devenir lumineux même après une forte excitation. On le retire de l'étuve, il recouvre sponta- nément le pouvoir photogénique. La sensibilité s'est manifeste- ment conservée pendant toute la durée de l'expérience. 10 h. 46 m. — On le remet dans l'étuve dont la température est retombée à 46-''5 par suite de l'ouverture delà porte; nouvelle extinction suivie d'une nouvelle émission de lumière dès que l'Insecte est remis à l'air libre. Cette observation montre clairement que, contrairement à ce qui se passe dans un milieu dont la température est voisine de 0", la sensibilité et la motilité peuvent être conservées, sans que la lumière puisse se produire, soit spontanément, soit à la suite d'une excitation mécanique, dès que la température du milieu a atteint 46 à 47° G. A Paris, la température à laquelle ces animaux ont donné, d'une manière constante, leur plus belle lumière était comprise entre ces deux limites extrêmes (0° et 47°), elle était de 20° à 2.5° G (1). (1) Remarque. — En liberté, sous les tropiques, ces Insectes recherchent les endroits frais et humides et la grande chaleur paraît leur être aussi pénible que LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 147 Lacordaire avait prétendu que l'eau bouillante possédait la pro- priété de faire reparaître la lumière éteinte dans les « appareils phosphoriques » séparés du corps du Pyrophore. Nous avons ré- pété cette expérience plusieurs fois et toujours le résultat a été négatif ; il n'est pas douteux que Lacordaire ait commis une erreur relativement à la température de l'eau dont il s'est servi. Si l'on plonge dans l'eau à 90° ou 100° à. la fois des fragments encore lumineux et des organes qui viennent de s'éteindre, la lumière disparaît aussitôt dans les premiers et ne reparait pas dans les seconds. Plongés dans de l'eau dont la température est seulement de 55"^ G, les organes lumineux s'obscurcissent et s'éteignent en quelques secondes et il est ensuite impossible de faire reparaître la lumière : la propriété photogénique est pour toujours détruite; mais, immédiatement avant son extinction, la substance photo- gène prend subitement un éclat plus vif : la dernière étincelle de cet organe, qui meurt, brille avec une force extrême et s'évanouit aussitôt, pour toujours. Il y a beaucoup d'analogie entre ce que nous avons observé chez les Pyrophores et ce qui a été constaté par Macaire et Mat- teucci dans les expériences qu'ils ont faites pour étudier l'action de la chaleur sur la luminosité des Lampyres. Macaire a vu (1) qu'une certaine élévation de température pou- vait provoquer l'émission de la lumière sur les Lampyres vivants qui ont cessé d'être phosphorescents. Ainsi, un de ces Insectes, qui était obscur, ayant été plongé dans de l'eau à 14°, Macaire éleva progressivement la température de l'eau à 26" et la lumière reparut alors. Sous l'influence d'une chaleur plus forte, l'éclat augmenta jusqu'à ce que la température eût atteint environ 41°. En chauffant davantage cette eau, l'animal mourut, mais continua d'être phosphorescent et ne cessa de luire qu'à environ 57" C (2). J'ai souvent constaté sur des Pyrophores en captivité engourdis par le froid de la nuit et qui avaient perdu toute excitatibilité, qu'il suffisait de les tenir pendant quelques minutes dans la main, pour les voir reprendre leur éclat primitif : la lumière re- la grande lumière : c'est peut-être pour cette double raison qu'ils sont crépuscu- laires (V, 2« part., chap. IV, § 1). (1) Macaire, Loc. cit., p. 257. (2) Il convient de faire remarquer que ces Insectes étaient immergés et qu'ils se seraient sans doute comportés comme les Pyrophores dans l'air chaud et humide. 148 RAPHAËL DUBOIS paraissait même avant toute autre manifestation, lorsque l'en- gourdissement avait été profond. Matteucci, de son côté, a constaté que la lumière émise par la Luciole italique, augmentait à mesure que la température appro- chait de ST^o C et qu'alors elle cessait d'être intermittente et devenait continue. Chez les Pyrophores, c'est plutôt l'effet contraire qui se produit et dans ces conditions la lumière ordinairement fixe devient sou- vent intermittente. En chauffant davantage ses Lampyrides, Matteucci vit la lueur devenir roiigeâtre et à 40° R (50° G), la phosphorescence se perdit complètement. Les résultats furent absolument les mêmes, soit que Matteucci opérât sur des individus vivants, soit qu'il ne fit usage que des fragments du corps de ces Insectes contenant des organes phosphorescents (1). § 4. — Action de V électricité . L'influence de l'électricité sur la production de la lumière a été étudiée de trois manières différentes : 1° par les décharges de condensateurs ; 2° par les courants faradiques ; 3° par les courants continus. a. — Décharges de condensateurs. — Foudroiement. Des Pyrophores furent placés sur un plateau de résine: à chaque extrémité du corps était enfoncée une épingle de laiton. Au moyen d'un excitateur, on faisait éclater, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, de fortes décharges d'une batterie de huit flacons condensateurs chargés au moyen d'une grande machine de Iloltz donnant des étincelles de 0.23 à 0.30 centimètres de longueur. Les étincelles traversaient manifestement le corps de l'animal dont tout l'intérieur était à ce moment fortement éclairé. Une seule de ces décharges suffisait pour anéantir immédiatement toute manifestation vitale, autre que la luminosité qui persistait après plusieurs décharges successives. Chez des animaux tués de (1) Matteucci, Op. cit. et Milne-Edwards, Leçons d'Ànat. et de Phys., VIII, 1865, p. 104. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 149 cette façon, la lumière existait encore plus de douze heures après la mort. Des Insectes non munis d'épingles et foudroyés directement volèrent en éclats ; les élytres, les ailes, les téguments furent violemment arrachés et projetés au loin: cependant la lumière persista dans les appareils lumineux, alors même que ceux-ci avaient été directement frappés. [3. — Courants induits. Chez l'animal normal, l'excitation des diverses parties externes du squelette dermique par les courants faradiques ne diffère guère de l'excitation mécanique que par son intensité plus grande. Si Ton applique sur le tégument d'un Pyrophore les électrodes d'une bobine d'induction, le contact seul détermine l'apparition de la lumière ; mais, si à ce moment on lance le courant d'induc- tion dans la bobine, aussitôt l'animal donne des signes d'agita- tion et la luminosité prend un éclat plus grand. La chitine des téguments étant très peu conductrice de l'élec- tricité, il convient de mouiller les électrodes avec un peu d'eau salée et, même avec cette précaution, il est nécessaire d'employer un courant induit correspondant au n° 3 de la bobine de Dubois- Reymond. En se plaçant dans ces conditions, on remarque facilement que le retentissement de l'excitation électrique sur l'organe lumineux est d'autant plus grand que le tégument est plus mince dans les points où les électrodes ont été appliquées. Ce sont principale- ment les bords latéraux de l'abdomen, les articulations des cuisses avec le corps, la membrane intersegmentaire qui réunit le prothorax au reste du corps, etc., qui montrent la plus grande sensibilité. Mais, il est préférable pour étudier l'action des courants induits et aussi des courants continus de fixer dans les divers points du corps de l'Insecte, que l'on veut explorer, de fines aiguilles qui sont ensuite mises en communication avec les deux pôles. Si Ton fixe ainsi une épingle dans la tête, à la partie médiane, et une seconde dans la partie postérieure de l'abdomen, selon l'axe du corps de l'Insecte, et que l'on fasse passer un courant faradique (n° 10 du chariot de Dubois-Reymond) dans le corps d'un Pyrophore, tué par le froid depuis un petit nombre d'heures, on observe une vive émission de lumière dans les deux plaques 150 RAPHAËL DUBOIS tlioraciques à la fois. En général, le phénomène est plus marqué à droite. On observe eu même temps des mouvements des mem- bres : tant qu'ils peuvent se produire, sous l'influence du courant faradique, celui-ci peut réveiller la luminosité. Les manifestations de même ordre du côté de la plaque ventrale sont impossibles à obtenir dans la plupart des cas. Au lieu d'expérimenter sur un Insecte tué de cette façon ou par asphyxie dans un gaz neutre, on peut se servir d'un Pjro- phore anesthésié par le chloroforme. Si l'action de cet anesthé- sique a été poussée un peu loin, on obtient une inertie complète qui peut durer plusieurs heures, la contractilité, sous l'influence du courant faradique, pouvant néanmoins persister aussi plu- sieurs heures. Ainsi que nous le verrons plus loin, les vapeurs de ce liquide font disparaître d'abord la sensibilité générale, puis la contractilité volontaire et réflexe, et enfin l'émission de la lumière. Pourtant, si l'on se place dans l'obscurité absolue, on constate qu'une faible lueur persiste dans les appareils prothoraciques. Cette lueur qui s'observe même dans les organes isolés, placés dans les vapeurs anesthésiques, va en s'affaiblissant de plus en plus après la dis- parition de la contractilité musculaire qui subsiste un peu après la mort, et finit par s'éteindre tout à fait, mais au bout d'un temps parfois assez long. Tant que la contractilité musculaire persiste, on peut à distance ramener la lumière et lui rendre presque son éclat primitif, mais, dès que la contractilité musculaire adisparu, il faut appliquer directement, ou sur des points très voisins des organes, les électrodes pour obtenir une exagération de l'intensité de la lueur dont nous venons de parler, et qui d'ailleurs n'est que passagère. Il y a donc lieu de distinguer une action exercée par l'intermédiaire de la contractilité musculaire, et une action propre, directe du courant faradique sur l'organe. M. Marey m'a dit avoir pu ranimer ainsi, dans les organes lumineux éteints et séparés du corps de l'animal, la lumière disparue depuis quelques ins- tants. Nous avons pu vérifier l'exactitude de cette observation à plusieurs reprises, et nous savons d'ailleurs que les excitants, purement mécaniques, produisent le même résultat. Lorsque l'action du chloroforme n'a pas été poussée trop loin, la contractilité et la luminosité étant seulement, pour ainsi dire, à l'état latent, on peut faire reparaître l'une et l'autre parle passage du courant. Si l'on enfonce, comme précédemment, une épingle au milieu LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX \M de la tête d'un animal ainsi privé de réactions spontanées et une autre à la partie postérieure de l'abdomen, et que l'on fasse passer un courant (n° 9 ou n° 10 du chariot de Dubois-Reymond), on voit les plaques prothoraciques éteintes reprendre leur luminosité et, presque en même temps, avec un léger retard cependant, les pattes se mouvoir. Si l'action de ce courant faradique est prolongée, la lumière ne tarde pas à baisser et même à disparaître ; dans ce cas, il suffit de laisser un instant l'Insecte en repos, et l'on peut renouveler un grand nombre de fois l'expérience avec succès, à la condition de ne pas trop prolonger chaque excitation. L'excitabiUté finit toujours, en effet, par s'émousser : dans nos expériences, l'appa- reil droit a résisté plus longtemps que l'appareil gauche. Si l'on change la rapidité des intermittences, on provoque des modifications importantes dans l'accomplissement du phénomène lumineux. En écartant le trembleur de la bobine, de façon à obtenir des interruptions aussi longues que possible, on voit la lumière devenir intermittente, ce qui n'a jamais lieu à l'état physiolo- gique. On peut dire, d'une manière générale, que les intervalles entre les éclairs sont d'autant plus longs que l'action du courant a été plus longtemps prolongée, et que les interruptions sont moins rapides. Il suffit, étant donné un Insecte dont' les appareils prothoraci- ques sont ainsi rendus intermittents, d'augmenter la rapidité des interruptions du courant pour voir la lumière devenir fixe. L'intensité du courant aune grande influence sur la persistance de la luminosité. Si l'action est plus rapide et plus vive, elle est moins durable avec un courant fort qu'avec un courant de moyenne intensité. Parfois, sur les Insectes déjà épuisés et dont la lumière est in- termittente, on peut observer un défaut de synchronisme entre les deux appareils prothoraciques et aussi une différence d'inten- sité. En général, la rapidité des éclairs est plus grande du côté droit, l'éclat est plus vif, et la résistance plus longue qu'à gauche. Au lieu de placer l'épingle antérieure sur la ligne médiane de la tête, si on l'enfonce dans un des points latéraux, on peut con- stater de véritables phénomènes de croisement. Au moment où une des électrodes touche, par exemple, l'aiguille plantée à droite 152 RAPHAËL DUBOIS dans le cerveau de l'Insecte, c'est la plaque gauche qui éclaire en même temps que les pattes du même côté se mettent en mou- vement (1) ; mais le phénomène n'est pas constant. On n'observe jamais ce croisement quand la tête est enlevée : après sa sépara- tion, si Ton fait pénétrer la pointe de l'épingle dans le milieu du prothorax, et si l'on fait passer le courant, les deux points lumi- neux s'éclairent en même temps, et les mouvements des pattes se produisent des deux côtés. Si l'on transporte à droite le point d'implantation de l'aiguille dans la partie antérieure du prothorax, on constate que l'excita- tion électrique, quand l'intensité du courant est convenable, a pour effet d'allumer seulement l'appareil droit en même temps que les pattes du même côté entrent en activité. Si le courant est intense, on obtient l'éclairage simultané ou presque simultané des deux appareils prothoraciques. D'ailleurs, dans le corps de ces Insectes, il est très difficile, même avec des courants faibles, d'éviter des dérivations ; chez l'Insecte préparé, comme il est dit plus haut, on a pu sectionner la chaîne ganglionnaire entre les deux points excités sans modi- fier sensiblement le phénomène. La plaque ventrale est plus réfractaire à l'action des courants faradiques ; il faut toucher certains points précis pour la faire entrer en activité. J'ai pu cependant provoquer l'apparition de la lumière dans cet organe chez un Pyrophore anesthésié, en fai- sant pénétrer une épingle dans chacun des deux côtés du méta- thorax, une troisième épingle étant fixée à la pointe terminale de l'abdomen. Quand on touchait avec les électrodes une des épingles méta- thoraciques et l'épingle abdominale, on voyait, dans l'organe lu- mineux ventral, la lumière se propager aussitôt de la partie anté- rieure et médiane vers le centre et la périphérie, comme cela se passe quand on exerce une pression sur l'abdomen. Ces résultats purement empiriques recevront plus loin leur interprétation phy- siologique (V. 2° partie, chap. IV, g 4). Enfin, quand l'épuisement produit par des explorations répétées amène la perte de la contractilité, la révivifîcation de la lumière n'est plus possible, bien qu'une légère lueur puisse persister après la disparition de toute autre manifestation vitale. Ces expériences montrent, bien nettement, que l'action des (1) Voir 2" partie, chapitre IV, § 5. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 153 muscles, qui sera analysée (Chap. IV, g 5), a une influence con- sidérable sur la production de la lumière, mais qu'il existe, en outre, une activité propre de l'organe ou tout au moins une inter- vention étrangère à l'activité de la contraction musculaire que les notions acquises jusqu'à présent ne nous permettent pas encore d'interpréter. A diverses reprises nous avons essayé, mais en vain, de revi- vifier la luminosité par l'excitation électrique de la chaîne gan- glionnaire, mise à nu. En touchant directement les difTérents ganglions thoraciques ou abdominaux avec les électrodes, nous n'avons jamais pu obtenir d'effet éclairant bien marqué, et cepen- dant, le courant déterminait des contractions des muscles et des mouvements des pattes. Dès lors, il semble que l'ouverture de la cavité abdominale constitue un obstacle à l'accomplissement de la fonction lumineuse (V. chap. IV, § 3). Est-il utile d'ajouter que nous avons, sans aucun succès, cherché à répéter l'expérience de de Humboldt, dont il est question dans notre historique (page 21)? T- — Courants coyitinus. Un Pyrophore étant placé sur le dos, et fixé sur un morceau de liège au moyen d'une bandelette de caoutchouc, on enfonce une épingle dans le mésothorax entre les points d'insertion des pattes de la deuxième paire ; une seconde épingle est fixée dans le dernier anneau abdominal. L'Insecte étant ainsi préparé, si l'on met le pôle positif en communication avec l'épingle du méso- thorax, et le pôle négatif en communication avec l'épingle de l'abdomen, la lumière ne paraît dans la plaque ventrale qu'au moment du choc de fermeture du courant ; elle s'éteint pendant le passage du courant, et ne reparaît pas au moment du choc de rupture (1). Après quelques excitations, la plaque ventrale reste inerte, alors que le corps tout entier de l'Insecte tressaille au moment de la fermeture : l'organe ne réagit pas davantage, si l'on change le sens du courant. On retourne l'Insecte : on plante une première épingle dans la (1) Le courant était fourni par six éléments au sulfate de cuivre d'une pile élec- tro-médicale à tension d'Onimus (modèle Brewer). Sur le circuit était placé un gal- vanomètre indiquant à chaque expérience le passage du courant, sa direction et son intensité. 154 RAPHAËL DUBOIS région frontale, et une seconde à la base du mésothorax. Le pôle nég-atif de la pile est mis en communication avec l'épingle fron- tale, le pôle positif avec celle du mésothorax. Les deux lanternes prothoraciques étant brillantes, il y a extinction au moment de la fermeture du courant. L'extinction persiste pendant toute la durée du passage du courant au travers du prothorax. La lumière reparaît au moment de la rupture du courant. Disposant l'expérience d'une façon différente, si l'on place le pôle positif en contact avec l'épingle fixée à l'extrémité posté- rieure de l'abdomen, et le pôle négatif en contact avec l'épingle enfoncée dans la région du cerveau, on constate que la lumière se manifeste, au mom-ent de la fermeture du courant, dans les deux plaques prothoraciques. Inversement, le pôle négatif étant mis en communication avec la partie terminale de la chaîne ganglionnaire, et le pôle positif avec l'extrémité céplialique, on voit que c'est le choc de rupture qui fait apparaître la lumière. De ces expériences on peut conclure : 1° Que le courant ascendant ou centripète détermine l'appari- tion de la lumière au moment de la fermeture ; •2o Que le courant descendant au centrifuge la provoque au moment de la rupture ; 3° Ces effets se produisent toujours dans le même sens, que l'on agisse sur toute l'étendue de la chaîne nerveuse ou sur une partie seulement de son trajet comprenant, soit le ganglion en rapport avec les organes prothoraciques, soit le ganglion de l'or- gane abdominal. Notons toutefois que les résultats sont toujours plus nets avec les appareils prothoraciques. Si l'on introduit dans les masses musculaires voisines des appareils prothoraciques un fil de platine en communication avec le pôle négatif, l'autre électrode étant mise en rapport avec un point quelconque du corps, la contraction des faisceaux muscu- laires, et par conséquent, l'apparition de la lumière (V. 2<= part., chap. IV, § 4), se fera au pôle négatif, au moment de la fermeture du courant, ce qui est conforme à ce que l'on sait sur la façon dont les muscles réagissent sous l'influence des courants continus. On obtient un résultat inverse, si, au lieu de fils de platine on se sert d'épingles galvanisées de fer ou de laiton, avec un courant un peu intense. Dans ces conditions, si l'aiguille en rapport avec le pôle positif est placée très près de l'appareil lumineux, ou est LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 155 en contact avec lui, c'est toujours à ce pôle positif que la lumière apparaît, et non au pôle négatif, si celui-ci remplace le premier. De plus, la lumière se manifeste toujours au moment de la fer- meture du courant, et se continue pendant son passage (1). Bien plus, si l'on enfonce deux épingles, de façon à ce que leurs pointes soient en communication avec la face inférieure de chaque plaque prothoracique, et qu'on lance le courant, on voit le foyer en contact avec le pôle négatif s'éteindre, pendant que le foyer en contact avec le pôle positif prend un éclat considé- rable au moment de la fermeture du courant et persistant pen- dant tout le temps qu'il traverse le prothorax. Au moment de la rupture, il y a une apparition fugitive de la lumière au pôle négatif, tandis que l'appareil en contact avec le pôle positif s'éteint. Ce résultat est très constant et très net : on peut, à plusieurs reprises, sur le même Insecte, renverser la position relative des pôles, et toujours on obtient des résultats qui concordent. Ce que l'on observe dans ces circonstances est tout à fait en désaccord avec ce qui se passe d'ordinaire dans les muscles. Mais, si après avoir, pendant un certain temps, fait passer le courant sans intervertir l'ordre des pôles, on retire les deux épin- gles et si on les examine avec attention, on s'aperçoit que la pointe de celle qui était en communication avec le pôle positif est absolument corrodée, comme si un acide puissant avait été mis en contact avec elle. En appliquant cette pointe humide sur du papier de tournesol bleu, on obtient une réaction franchement acide. L'épingle du pôle négatif, au contraire, reste brillante, et le peu de liquide qui humecte sa pointe, donne une coloration bleue au papier de tournesol, indiquant une réaction fortement alcaline. A l'oritice de sortie de l'épingle positive, on voit se former une grosse gouttelette de liquide qui augmente peu à peu de volume. Ce liquide a une réaction acide. Examiné au microscope, il con- tient une quantité considérable des petits corpuscules biréfrin- gents dont nous avons déjà parlé (l""' part., chap. IV, g 3). Au pôle négatif, au contraire, il n'y a presque pas de liquide ; (1) Remarque. — Il faut éviter dans ces expériences de toucher les épingles avec les électrodes au moment de la fermeture du courant, le choc pouvant mettre en jeu la sensibilité locale du point où est enfoncée l'épingle; les interruptions doivent se faire au moyen d'un commutateur. On choisit de préférence des Insectes affai- blis ou chloroformés. 156 RAPHAËL DUBOIS il est alcalin, louche, grisâtre; on y trouve ni corpuscules, ni globules sanguins ; mais, il renferme un grand nombre de goutte- lettes de forme et de dimensions variables, qui ont été prises à tort pour des gouttelettes graisseuses. Ces réactions peuvent s'obtenir sur des Insectes morts sponta- nément ou tués par le chloroforme. Il s'agit donc ici d'un phénomène purement physico-chimique. La mise en liberté d'un acide, de nature encore indéterminée, mais ayant un pouvoir corrosif considérable, susceptible, si l'ac- tion est longtemps prolongée, de donner naissance sur une épingle de cuivre à une épaisse couche d'un sel cuivreux d'un beau bleu, nous paraît avoir une action manifeste sur la production de la lumière. Il n'y a pas lieu d'être surpris de ce fait, car la substance de l'organe lumineux, ainsi que celle de l'œuf, écrasée sur un papier de tournesol, montre une réaction acide des plus manifestes. La formation de cet acide est due à une modification chimique du sang ou des produits qu'il contient, car on obtient sa produc- tion dans des points fort différents du corps de l'animal. Ce n'est donc pas de sa formation que résulte le phénomène lumineux ; mais on peut supposer qu'il constitue une condition de milieu favorable à la production de la lumière, dans les appa- reils qui lui donnent naissance par leur fonctionnement physio- logique, au même titre que l'acide chlorhydrique qui, sans être l'agent principal de la digestion gastrique, n'en est pas moins un élément utile. Ce seul fait suffirait à démontrer que les conclusions de Rad- ziszewski sont inacceptables, en ce qui concerne du moins la lumière des Pyrophores. Ce savant, en effet, admet comme condition essentielle de la production delà lumière, dans les corps organiques et organisés, l'alcalinité du milieu. Ainsi, quand l'huile de succin est fraîche, elle possède une réaction acide et ne brille pas quand on la chauffe, même à l'ébullition ; mais, si l'on ajoute des bases, il suffit de la chaufïer doucement pour qu'elle éclaire vivement et longtemps. Il en est de même, d'ailleurs, des acides sylvique et oléique. L'auteur des belles recherches dont nous venons de parler a soin d'ajouter « Je starker die Base, desto stilrker ist auch das Leuchten : plus forte est la hase, l'élus forte est aussi la lumière. » (1) (1) Radziszewski, loc. cit., p. 212. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX g 5. — Action de la lumière. 157 Nous n'avons à nous occuper dans ce paragraphe que de l'ac- tion directe de la lumière sur les organes photogènes ou consi- dérés comme tels. Tout ce qui a trait à l'influence que la lumière peut exercer d'une manière indirecte sur la fonction photogénique, sera étudie à propos des relations qui existent entre elle et les organes des sens (chap. IV, § !)• . Divers observateurs ont prétendu que les organes lumineux des Lampyrides avaient la faculté de condenser, pendant le jour, la lumière solaire, pour l'émettre ensuite dans l'obscurité. Les corps minéraux phosphorescents tels que certains sulfures calcaires, étant susceptibles de devenir ainsi éclairants, grâce a une lumière d'emprunt, il était utile de savoir s'il n'existait pas quelque relation entre ces deux phénomènes. Une semblable recherche était d'autant plus nécessaire qu il se trouve, ainsi que nous l'avons annoncé déjà, une substance fluo- rescente dans les organes lumineux du Pyrophore. Or, les belles recherches de M. E. Becquerel, tendent à assimiler complètement la fluorescence à la phosphorescence (1). En ce qui concerne les Lampyrides, l'hypothèse d'une conden- sation avait déjà été réfutée autrefois par Peters (2). Ce savant, ayant gardé pendant huit jours des Lampyrides dans l'obscurité, vit qu'ils étaient aussi lumineux au bout de ce laps de temps qu'au début de l'expérience. Matteucci (3) confirma la remarque de Peters, après avoir conservé pendant neuf jours des Lampyres dans les mêmes con- ditions. Il en est de même pour les Pyrophores. Dans les expériences faites pour rechercher l'action de la lu- mière sur la chlorophylle, j'ai maintenu pendant dix jours des Pyrophores dans l'obscurité absolue et ils étaient aussi brillants à la fin de l'expérience qu'au commencement. D'ailleurs, le premier Gucujo arrivé au Havre, dans les circons- tances que nous avons indiquées, avait pu supporter une traversée (1) E. Becquerel, Loc. cit. (2) Peters; Ann. des Se. nat., XVII, p. 255. 1842. (3) Matteucci, Op. cit.; p. 166. 158 RAPHAËL DUBOIS de plusieurs semaines, de plusieurs mois peut-être, dans la cale hermétiquement fermée du navire à voile qui l'avait apporté des régions tropicales. 11 est même fort probable qu'il s'était développé dans le bois que contenait cette cale. Depuis six mois, nous conservons au milieu des débris de bois humides renfermés dans un vase de faïence opaque et bien clos, des larves écloses d'œufs pondus dans l'obscurité. Plusieurs de ces larves ont subi une première métamorphose, pendant laquelle leur luminosité s'est accrue considérablement. Elles sont toutes extrêmement brillantes, bien qu'elles n'aient jamais été exami- nées que pendant la nuit. Les organes lumineux qui ont cessé de briller après avoir été détachés du corps de l'animal ne retrouvent pas cette propriété par une exposition, même prolongée au soleil. L'hypothèse d'une condensation ne saurait donc être renouvelée en faveur des Pyrophores ; elle serait d'ailleurs en désaccord avec tout ce que nous savons sur le genre de vie de ces animaux. Les Lampyrides ne contenant pas la matière fluorescente que nous avons trouvée chez les Pyrophores, il n'était pas permis, sans de nouvelles expériences, d'étendre à ces derniers les con- clusions de Peters et de Matteucci. g 6. — Dépression barométrique. C'est Macaire, de Genève, qui a étudié le premier l'action du vide sur la phosphorescence des Lampyrides. Ce physicien, ayant fait tomber un Lampyre dans un tube de verre recourbé où on avait fait le vide préalablement, vit l'Insecte périr bientôt et cesser d'émettre de la lumière, alors même qu'on le réchauifait doucement ; mais, ayant laissé rentrer de l'air dans le tube, le corps du Lampyre brilla aussitôt d'un très vif éclat. En faisant imparfaitement le vide dans un tube rempli d'air et contenant un de ces Coléoptères, le même observateur remarqua que la phosphorescence diminuait peu à peu et cessait enfin com- plètement pour reprendre son éclat primitif dès que l'on faisait rentrer l'air dans l'appareil. Cette expérience pouvait être répétée plusieurs fois de suite sur le même individu. Dans de semblables conditions, les Pyrophores se comportent comme les Lampyres. LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX lo9 Il en est de même pour les organes lumineux isolés, pour les œufs et pour les larves. Les œufs du Lampyre nociiluque se prêtent également très bien à l'expérience et l'on peut, sans faire cesser leur vitalité, sus- pendre momentanément leur lumière par la dépression baromé- trique et la ranimer ensuite en rétablissant la pression normale. Si l'on veut obtenir une extinction rapide, il faut réduire la pression dans le récipient qui les contient à quatre centimètres de mercure. Ces mêmes œufs, soumis à une dépression de cinquante centi- mètres de mercure, s'éteignent également, mais beaucoup plus lentement. Pour obtenir l'extinction des Pyrophores entiers, il faut pousser la dépression barométrique jusqu'à quatre ou six centimètres de mercure pour les appareils prothoraciques et descendre un peu plus pour l'organe ventral, qui ne cesse de briller qu'avec 2 ou 3 centimètres de mercure, et peut encore résister pendant quel- ques minutes dans ces conditions. ExpÉiuENCE. — Un Pyrophore est placé dans un flacon dont les parois sont couvertes de gouttelettes d'eau. On fait le vide de manière à atteindre en cinq minutes une dépression barométrique de six centimètres de mercure. L'Insecte s'agite, la partie postérieure de l'abdomen s'allonge et l'armure génitale fait saillie à l'extérieur. A diverses reprises, il écarte les ailes comme pour s'envoler et découvre la plaque ventrale qui est très lumineuse. Peu à peu les mouvements de l'animal deviennent Irréguliers et plus difficiles ; en même temps la lueur des organes prothora- ciques faiblit. Au bout de quinze minutes, l'Insecte ne réagit plus sous l'in- fluence d'une forte excitation mécanique ; on ne peut plus pro- voquer ni mouvements, ni lumière. Cependant, les foyers conservent une lueur légère et une bande rougeàtre très faiblement lumineuse persiste à la périphérie de l'organe. Dès que l'on rétablit la pression, la lumière reparaît d'abord, puis les mouvements ; l'Insecte retrouve au bout de quelques secondes son agilité première. Cette expérience, que nous avons souvent répétée, nous a tou- jours donné les mêmes résultats. Si, dans le flacon où l'on a fait le vide on laisse rentrer de l'eau 160 RAPHAËL DUBOIS préléalablement bouillie et refroidie à la température du milieu ambiant, la lumière reparaît dans les plaques prothoraciques de l'animal immergé, mais elle ne possède plus la même coloration; elle est rougeâtre, un peu couleur feu et ne dure que très peu d'instants, pour s'éteindre ensuite. Il est manifeste que dans ces conditions l'eau pénètre dans les trachées et les obstrue. Ce liquide peut même pénétrer jusque dans l'appareil lumi- neux. Si l'on se sert d'un liquide colorant, de picro-carminate d'am- moniaque, par exemple, on peut obtenir de cette façon une très belle injection de toutes les trachées et l'appareil lumineux se colore dans certains points, le liquide pouvant, sans doute par suite de quelques ruptures, pénétrer jusque dans la cavité gé- nérale. Si l'on abandonne à lui-même un Cucujo injecté d'eau par ce procédé, il ne tarde pas à mourir. Mais, en le replaçant aussitôt sous la cloche de la machine pneumatique, après l'avoir retiré de l'eau et en faisant de nouveau le vide, la lumière ne tarde pas à reparaître pour s'éteindre encore, si l'on continue à faire le vide; enfin, elle se rétablit d'une manière définitive dès que les trachées étant vidées de l'eau qu'elles contenaient, on rétablit la pression normale. On peut donc par ce procédé faire une véritable respiration ar- tificielle, qui peut être utilisée quand on veut ramener à la vie des Insectes dont les voies respiratoires sont remplies d'un gaz toxi- que ou d'un liquide qui les obstrue. Il est évident que la dépression barométrique s'exerçant sur un Insecte entier agit à la fois par plusieurs mécanismes diffé- rents sur la fonction photogénique. La raréfaction de l'air respirable, la plus forte tension de la vapeur d'eau, les modifications évidentes que subit le corps de l'Insecte distendu par des gaz, etc., sont autant de facteurs importants qui interviennent à la fois et dont il sera tenu compte à propos de l'intluence des diverses fonctions sur la photogé- néité. Notons, dès à présent, que la fonction photogénique reparaît avant les mouvements, quand toute manifestation vitale exté- rieure a cessé sous l'influence d'une forte et rapide dépression barométrique. II est néanmoins possible d'empêcher la production de la lu- LES ÉLATÉRIDES LUMINEUX 161 mière par le vide pendant un temps fort long sans que pour cela la motilité et la sensibilité des Insectes soit notablement modifiée. Il suffit de maintenir pendant un temps suffisant des Pyro- phores bien éclairants sous une cloche de verre dans l'intérieur de laquelle la pression barométrique ne dépasse pas cinquante centimètres de mercure. On les voit alors perdre leur pouvoir éclairant et conserver cependant leur allure ordinaire. Six de ces Coléoptères furent, par ce procédé, privés de leur lumière pendant trois jours; la pression normale ayant été ensuite rétablie dans la cloche, on les vit briller de nouveau ou bout de quelques instants. Nous avons cru devoir placer au nombre des agents physiques susceptibles de modifier la luminosité, la dépression barométri- que parce que, selon nous, elle peut exercer une action directe sur le processus du phénomène qui nous occupe. Ce qui prouve l'exactitude de cette assertion, c'est que l'on peut faire reparaître la luminosité, chez des Insectes placés dans les conditions que nous venons d'indiquer, en rétablissant la pression normale par l'introduction d'un gaz neutre, tel que l'hydrogène, dans la cloche qui les contient. CHAPITRE III. Action des agents chimiques et des substances toxiques et venimeuses sur la production de la lumière. S 1. — Eau. De tous les agents chimiques qui interviennent dans l'accom- plissement des phénomènes biogéniques, celui qui exerce l'action la plus profonde et la plus générale, c'est l'eau : on peut dire que son rôle est prépondérant et véritablement dominateur. Dans toute étude physiologique ayant pour but de déterminer les conditions physico- chimiques relatives à l'activité propre de la substance organisée, on doit d'abord et avant tout se préoccu- per de la part qui revient en propre